Bonjour tout le monde!
Merci à tous ceux qui ont eu la gentillesse de m'écrire une petite review pour me dire ce qu'ils en ont pensé.
Aujourd'hui, nous allons voir comment Hermione vit les trois semaines après sa rentrée, ses relations avec ses camarades, la manière dont elle est amenée à se remettre en question. Le portrait qui sera présenté est plutôt antipathique,à cause de l'amertume d'Hermione, mais il sera nécessaire par la suite.
Bonne lecture.
Cordialement,
Mononoke-chan
Hermione Granger était dégoûtée. Elle avait tant espéré se faire des amies en arrivant à Poudlard, partager des secrets de filles, rire , papoter, partager sa passion pour la métamorphose , la réalité ne répondait pas à son désir.
Elle voulait demeurer première de la classe, major de promotion sans pour autant avoir de conflits avec ses camarades, et pensait que c'était parfaitement compatible avec ses études dans le monde sorcier. Auparavant, à l'école primaire, son statut d'"élève modèle" avait suscité l'admiration de ses enseignants comme l'aversion des élèves, qui ne la supportaient pas, la jugeant prétentieuse, parfois méprisante. En un mot, ils la considéraient comme une plaie.
Ainsi, lorsqu'elle avait reçu sa lettre de Poudlard, elle pensait que cette inimitié était due à ses pouvoirs magiques, dont les autres étaient jaloux. Elle s'imaginait alors qu'en arrivant à Poudlard, les autres élèves seraient des passionnés de lecture, des intellectuels avec qui elle pourrait échanger, et nouer des amitiés sans faille. En même temps, elle s'attendait à devoir travailler pour mériter l'estime des professeurs, qui finalement finiraient par la citer en exemple, à la joie de tout le monde.
La petite fille se rendit compte qu'elle se faisait des illusions.
Oh! bien sûr, elle restait toujours la première de la classe, était citée en exemple par Minerva McGonagall, Filius Flitwick et Pomona Chourave. Mais le professeur de potions ne partageait pas leur point de vue, bien qu'il encourageât ses efforts et sa volonté de bien faire. Il ne l'encensait pas, mais lui expliquait avec une patience infinie les différences entre les ingrédients, comment surveiller ses potions, comment agiter sa baguette, ce qu'il ne faisait normalement qu'avec les élèves de Serpentard. Elle devait s'estimer heureuse d'avoir bénéficié de cette attention de sa part, or elle n'était pas satisfaite.
Elle aurait voulu être la première dans son cœur, jouir de la sympathie avec laquelle il semblait traiter Drago Malefoy, par exemple.
De plus, elle n'avait pas, mais alors vraiment pas apprécié l'avertissement qu'il lui avait lancé à la fin du premier cours.
"- Vous cherchez à être la meilleure, ce n'est pas une bonne tactique car vous ne savez pas de quoi les autres sont capables. Si vous cherchez à surpasser les autres, vous vous ferez inévitablement des ennemis. Enfin, vous vous en ferez , quoi qu'il arrive, ajouta-t-il. L'adversité est comme un serpent à multiples têtes, on en tranche une et..."
Elle avait l'impression qu'il l'avait maudite, destinée à faire son chemin délaissée par les autres, abandonnée, condamnée à ne pas avoir un seul ami.
Bref, elle ne l'appréciait pas vraiment. Elle ne le trouvait pas juste.
Ensuite, elle pensait que ses camarades de chambres deviendraient des amies intimes, avec qui elle pourrait partager ses soucis, sans avoir de conflits de rivalité.
Hélas, Parvati Patil et Lavender Brown, qui avaient ressenti l'une pour l'autre un vif sentiment d'amitié, s'accordaient pour dire que Miss Hermione Granger n'était qu'une pimbêche absolument horripilante qui passait la moitié de son temps à tenter de surpasser les autres par sa soi-disant intelligence, et l'autre moitié à critiquer ceux qui ne lui arrivaient pas à la cheville à savoir le commun des mortels.
Elles ne la supportaient pas, mais se gardaient bien de le lui dire, lui adressant un regard mi-dédaigneux, mi-hypocrite lorsqu'elles la voyaient.
Les garçons de son année ne semblaient pas l'apprécier davantage. Seamus Finnigan ne lui pardonnait pas d'avoir assisté à la séance de torture infligée par le professeur de potions durant deux semaines . ( la lecture à haute voix des deux livres devant Snape et les Serpentard, qui se moquaient en permanence de lui)
Voir la "tête de classe" le regarder d'un air revêche pendant qu'il lisait ne l'avait pas tellement aidé. Au contraire, il avait bafouillé, et avait même fondu en larmes pendant la lecture d'un chapitre difficile. Snape lui avait donné une semaine de retenue supplémentaire afin d'améliorer sa lecture. Or, pour lui, cette semaine équivalait à une humiliation supplémentaire, que sa mère n'avait pas manqué de renforcer en lui envoyant une Beuglante bien sentie. Autant dire que Seamus n'avait plus proposé à Hermione de faire la moindre potion avec lui.
La fillette devait désormais se contenter de la présence de Neville Londubat pendant les cours de potions.
L'aspect positif de la relation résidait dans le fait qu'il était le seul à pouvoir la supporter. Il l'écoutait attentivement, trouvant son point de vue intéressant. L'ennui était qu'il craignait le professeur Snape, le trouvait méchant, cruel et vindicatif. Pourtant, ce dernier ne lui avait pas mis de retenue jusqu'à présent, curieusement . Il se contentait de lui enlever des points et de lui lancer des réflexions amères.
Elle tentait d'aider Harry Potter, de le guider, car elle pensait qu'il n'avait pas bénéficié d'un regard suffisamment attentif de la part de ses éducateurs. Or, le garçon paraissait n'en faire à sa tête, et passait son chemin, comme si les conseils qu'elle prodiguait n'avaient aucune restait avec Ron Weasley, son nouvel ami, qui n'hésitait pas à la contredire. L'autre jour, il lui avait demandé sur un ton brusque de laisser Harry tranquille, qu'elle n'était ni sa mère ni sa sœur, qu'elle avait sans doute autre chose à faire que d'embêter un garçon qui venait d'apprendre du jour au lendemain qu'il était célèbre.
"D'ailleurs, avait-il ajouté d'un ton acerbe, peut-on savoir qui tu es,toi, pour donner des leçons à quelqu'un que tu ne connais que parce qu'il est célèbre? "
D'habitude, elle lui répondait du tac au tac. Mais là, elle s'était tue, ravalant sa colère et son exaspération d'avoir été contredite par un garçon qui se promenait vêtu de robes de sorcier d'occasion, qui se servait d'une baguette tellement vieille que le poil de licorne sortait par l'extrémité et qui ne faisait aucun effort pour suivre en cours, selon elle. Ensuite, elle était repartie sur ses pas,était allée aux toilettes dans lesquelles elle s'était enfermée à double tour. Elle avait fondu en larmes.
Elle lui en voulait d'avoir bénéficié des faveurs du grand Harry Potter alors qu'elle n'avait droit qu'à des regards fermés de la part de ce dernier.
Pourquoi elle, qui faisait tout son possible pour mériter l'attention des autres, ne la recevait pas, alors que cet idiot de Ronald Weasley, qui n'était pas très apprécié des enseignants, recevait l'amitié d'Harry Potter, alors qu'il ne la méritait pas? C'était injuste. Elle, au moins, saurait comment guider Harry, pas comme lui.
Elle le détestait, souhaitait même qu'il fût mort pour avoir droit à l'amitié de Harry. Elle triturait ses neurones à la recherche d'un plan pour se débarrasser de cet abruti et avoir enfin Harry Potter pour elle seule.
Soudain, ses pensées se fixèrent sur un autre visage, lequel était blafard. Un nez crochu semblait avoir poussé dessus. Il arborait une mine sévère, laquelle était accentuée par la masse de cheveux noirs tombant aux épaules qui l'encadrait.
Un éclair traversa le visage de la fillette. Pourquoi n'avait-elle pas pensé plus tôt à cela.
Severus Snape pourrait l'aider à concrétiser son plan de vengeance. Il détestait Harry et Ron. Il serait donc prêt à leur nuire si elle le lui demandait.
Severus était actuellement dans son bureau, en train de corriger une pile de copies de sixième année, qui n'étaient pas particulièrement brillantes. Il espérait vraiment que les rares élèves qui avaient obtenu un Optimal à leur épreuve de BUSES feraient mieux la prochaine fois, étant donné que la plupart d'entre eux étaient issus de Serpentard et parce qu'il ne voulait pas que l'on juge son enseignement comme bon à donner à manger aux chèvres.
Soudain, il entendit quelques coups répétés provenant de sa porte, il se leva lentement, se promettant de faire passer un mauvais moment à l'élève qui osait le déranger pendant ses corrections.
Il afficha un air parfaitement insondable quand il vit Hermione Granger devant sa porte, l'air déterminé.
Il était surpris de voir autant de détermination contenue dans un corps si frêle. Mais il n'en laissa rien voir.
"Professeur, j'ai besoin de votre aide."
Hermione exultait intérieurement lorsqu'elle entendit le professeur des Serpentard dire "Pour quel problème, Miss Granger. S'agit-il d'une potion?"
Il la regardait de son habituel air froid et calme, mais si pénétrant. Décidant qu'il valait mieux ne pas l'énerver, elle se lança aussitôt:
"J'aurais besoin d'un flacon d'Amortentia et un autre de la Goutte du Mort Vivant."
Tout se passa en un éclair. Elle le vit lever sa main et...
CLAC!
Il venait de lui donner une gifle sur la joue gauche.
Il l'observait,son visage affichant une expression de dégoût.
"Vous m'écœurez,mademoiselle. Je pensais que vous valiez mieux que cela. Une petite ordure qui ne se préoccupe que de sa petite personne, voilà ce que vous êtes. Je n'aurais jamais dû vous aider en début d'année. JAMAIS. Cela m'apprendra à faire confiance à une petite vicieuse de votre genre."
Elle pleurait à présent, de rage et de honte.
"Vous...vous êtes au même niveau...v-vous favorisez des élèves de Serpentard...qui sont fourbes, vicieux, des vrais salauds...Comme Ma..lefoy, pa...ar exemple."
"Miss Granger, je sais ce qu'il en est dans leur cas. Croyez-vous vraiment que je les favorise, même s'ils appartiennent à ma maison?
"O..oui, c'est ce que vous m'avez dit en début d'année.. Vous êtes injuste envers moi, je vous demande juste mon aide...
"Une aide pour envoûter un garçon dont vous ne connaissez rien, et que vous réduirez au malheur sans obtenir réellement ce que vous espérez. Pourquoi voulez-vous tant charmer Harry Potter?"
Il avait crié, sa colère contre la jeune fille se déchaînant par sa voix glaciale.
"Vous ne me répondez pas, parce que vous avez honte d'avouer que vous n'avez pas d'amis et vous pensez qu'il vous apportera ce que vous désirez. Des amis célèbres, mais bien sûr! Cela fait toujours bonne impression sur un dossier d'embauche, n'est-ce pas? ajouta-t-il d'un ton mielleux où perçait une ironie on ne peut plus sarcastique.
"Je vais vous dire, vous êtes jalouse de Weasley parce qu'il a ce que vous n'avez pas, à savoir un cœur et une capacité d'empathie supérieure à la moyenne, bien qu'il soit très mauvais dans d'autres domaines. Vous pensez être meilleure conseillère que lui, eh bien je suis au regret de vous dire que vous vous trompez lourdement!
Il avait articulé ces derniers mots avec toute la haine qu'il pouvait y insuffler. Il exécrait vraiment cette petite s***** .
"Vous m'avez déçu, Miss, ajouta-t-il d'un ton amer, je ne vous savais pas rancunière au point d'empoisonner quelqu'un. Même si ce quelqu'un n'a pas votre potentiel, il est hors de question de jouer à ce petit jeu malsain. Vous êtes bien ce que je pensais, une gamine pourrie gâtée."
Elle pleura de plus belle. Il était vraiment cruel envers elle. De son côté elle aurait dû être plus prudente et voler les potions en douce.
"Effectivement, en venir au vol, quelle belle solution. Dommage qu'elle mène dans un lieu charmant, où l'on y laisse plus que le corps, dit-il d'une voix affreusement veloutée.
"Miss Granger, je ne vous prends pas en traître en vous avertissant. Ce que vous comptiez faire est très grave, mérite l'exclusion définitive de Poudlard et même la prison d'Azkaban."
Le ton sentencieux sur lequel il avait prononcé ces deux phrases la fit réagir.
"-Non, vous n'allez pas faire cela? Je suis fichue. Ma scolarité est envoyée en l'air, à cause de vous."
Elle continua à pleurer, ses mains sur ses joues, cachant ses yeux.
"-Ecoutez, Hermione, -elle ne releva pas le regard en entendant son prénom- pensez-vous que vouloir tuer quelqu'un est une bonne chose?
Surprise, elle fronça les sourcils. Comment avait-il fait pour le savoir? Une pensée vint à son esprit: il lisait en elle comme dans un livre ouvert. Elle se résolut de fermer son esprit afin qu'il ne puisse pas y lire. Or, c'était peine perdue.
Severus était littéralement hors de lui. Bien qu'il détestât le fils Potter, il se devait de le protéger, en souvenir de Lily. Voilà que cette chienne de Granger tentait de manipuler ce gamin perdu- car c'était ce qu'il était, un pauvre enfant sans défense, au final, qui devrait porter tout le poids du monde- pour son compte, pour se donner l'illusion d'avoir un ami qui ne lui donnerait jamais sa confiance.
Il l'avait giflée, pour lui montrer les limites à ne pas franchir. Sa seule amie était morte parce qu'il avait voulu la puissance, au détriment de ce qui lui était le plus cher. Elle allait prendre le même chemin, si personne n'agissait.
Bien qu'il n'appréciât pas particulièrement Ron Weasley, il ne le détestait pas non plus et avait même apprécié le fait qu'il essayait d'aider le jeune Potter à lire ses instructions. S'il avait eu quelqu'un au même âge pour l'aider,peut-être n'aurait-il jamais choisi les Ténèbres.
Un déclic se fit dans son esprit. Ces cheveux roux lui rappelaient ceux de Lily. En effet, Ron n'avait pas de capacités et il le dédaignait, mais il appréciait secrètement sa capacité à aider les autres, tout en feignant de la mépriser. Il était le redoutable professeur de potions, pas un tendre Poufsouffle. Mais la vilenie de certaines actions l'écœurait. Il allait faire preuve de courage, pour une fois, en châtiant cette pétasse de...
Il s'aperçut soudain que la môme venait de comprendre qu'il était un legilimens et essayait de fermer son esprit. Furieux, il fit quelque chose que très peu d'élèves avaient subi de sa part.
Sans doute, les parents Granger ne se doutaient pas que leur petite merveille n'était qu'une perverse narcissique en puissance, se dit-il avec amertume.
Il s'avança vers elle et lui tira brusquement les cheveux, les tenant d'une main de fer, comme s'il voulait les lui arracher.
Elle hurla.
AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAHHHHHHHHHHHHHHIIIIIIIIIIIIIIIIIIIEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEE!
Malgré ses cris d'une puissance phénoménale, il ne bougea pas, restant d'un calme olympien.
Il prit sa baguette et lui jeta un sort informulé visant à l'empêcher de fermer son esprit pendant au moins quinze jours. Il lui lança même un très léger sort d'Amnésie afin de lui faire oublier sa découverte de la legilimancie.
Ensuite, il lui lâcha les cheveux et lui dit, d'un ton très calme.
"Miss Granger, jurez-moi que vous ne tuerez jamais personne. Tuer déchire l'âme de celui qui commet un meurtre. Vous n'y gagneriez rien."
Sa voix s'était faite lointaine, comme un murmure.
"Le conseil que je vous donne serait de ne pas fréquenter Potter et Weasley, vous ne gagnerez rien à leur compagnie. Pire, vous deviendrez bête. Potter ne vous causera que du souci et vous ne semblez pas apprécier Weasley, raison de plus pour les éviter tous les deux. Pour de meilleures fréquentations, je peux vous conseiller des élèves de ma maison, avec qui vous gagneriez à devenir amie. Si vous avez besoin d'une personne à l'écoute, je suis là."
Cette dernière phrase avait été prononcée avec sévérité, mais Hermione crut y distinguer quelque chose qui ressemblait à une nuance de bonté. Peut-être n'était-il pas un salopard fini?
Elle se mit à pleurer.
"Tout le monde me déteste...Je demande pourquoi..."
"Beaucoup de gens sont idiots, effectivement, mais vous aussi vous êtes gravement affectée par vos préjugés sociaux. Vous ne fréquentez pas les bonnes personnes. Celles qui pourraient vous être bénéfiques."
L'ambiguïté de ces phases la choqua profondément.
"Que voulez-vous dire? Vous êtes bénéfique?" dit-elle en fronçant les sourcils.
"Certainement pas", lança-t-il d'un ton sec.
Il la congédia.
Puis il se demanda pourquoi il avait réagi d'une façon si inhabituelle? Quelque chose ne tournait pas rond. Soudain, la lumière se fit dans ses esprits. Il venait de comprendre.
Le gamin maltraité de l'Impasse du Tisseur venait de refaire son apparition sous le masque dur et froid du professeur de potions.
Alors, chers lecteurs, qu'avez-vous pensé de ce chapitre? Des personnages?
Une review serait la bienvenue. Je serai ravie de vous répondre.
Cordialement,
Mononoke-chan.
