Coucou tout le monde. Un grand merci pour vos coms, j'espère qu'il y en aura d'autres. Dans une Chanson aussi vieille que le monde, Bilbon découvre enfin la « vraie nature » de Thorin et prend une grande décision et dans la Montagne de l'Amour, tout se complique. Bonne lecture:)

Cette chambre était plus grande que celle de Bilbon de et il commençait à se demander si les nains n'essayaient pas de compenser leur petite stature à l'aide de leurs bâtiments. Ne pouvaient-ils rien faire qui n'ait une taille normale ?

Il y avait un feu dans la cheminée qui donnait à la pierre bleue du sol et aux murs une ambiance chaleureuse. Des peaux d'animaux recouvraient le sol, démontrant les prouesses de chasse du Prince, quelque chose d'agréable pour les pieds de Bilbon. Un grand lit se tenait au coin de la pièce et il était si haut qu'il touchait presque le plafond.

-Faites un pas en avant pour que je puisse mieux vous voir.

Bilbon était incapable de respirer, et il était à peu près sûr que tout son corps avait frémi au son inattendu de cette voix. Elle venait de quelque part derrière lui, là où il faisait trop sombre pour qu'il puisse voir quoi que ce soit. Il obéit et se rendit vers la cheminée. Le feu était agréablement chaud et Bilbon fixa les flammes dansantes avec gratitude.

-Quel âge avez-vous, semi homme ?

La profondeur de la voix donnait à Bilbon un curieux sentiment de vulnérabilité.

-Trente-trois ans, Sire.

-Nous n'aurons pas besoin de respecter les formalités lorsque nous serons en privé, déclara-t-il alors que Bilbon entendait des pas retentir derrière lui avant de sentir un léger contact sur son épaule. Je vous en prie, appelez-moi Thorin, désormais.

Le Prince se plaça devant Bilbon tandis que son regard glissait sur la silhouette du hobbit. Bilbon ne bougea pas mais réussit à ne pas rester bouche bée comme un poisson hors de l'eau.

-Alors, appelez-moi Bilbon.

Thorin sourit et le coeur de Bilbon se contracta, comme si il voulait se nicher dans sa gorge. Le sourire de Thorin était sublime. Il éclairait ses yeux d'une lumière bleutée et adoucissait ses traits anguleux. La peau autour de ses yeux se plissait et lui donnait l'air plus jeune et moins fatigué.

-Bilbon.

L'accent nanien de Thorin appuyait fortement sur les "b" et rebondissait sur les voyelles, un peu comme si il disait "Beelbone" au lieu de dire "Bilbon" mais ça lui était très agréable.

-Nous n'avons jamais reçu de Sacquet avant. En général, c'était des Touque.

Bilbon n'en était guère surpris : les Touque formaient la plus grande famille de toute la Comté.

-Je suis à moitié Touque, répondit insolemment Bilbon.

Il se sentait moins nerveux qu'il ne l'avait été au dîner. Thorin portait des vêtements simples et, bien qu'il avait encore une couronne, elle n'était pas aussi intimidante que celles que Thror et Thrain avaient porté. Toutefois, la présence de Thorin était bien plus charismatique que celles de ses parents.

-Vraiment ? demanda Thorin, auquel Bilbon répondit par un hochement de tête, puis le nain le considéra pendant un long moment avant de faire un signe de tête vers la table qui trônait au centre de la pièce sur laquelle Bilbon s'assit avec hâte avant que Thorin ne se joigne à lui de manière plus digne. Alors, vous êtes mon nouveau compagnon ?

Bilbon acquiesça une nouvelle fois et essaya de sourire normalement.

-Oui, en effet, dit-il en essayant de paraître digne. Je vous en prie Thorin, je sais que je n'ai pas à le demander mais je ne peux pas m'en empêcher. Qu'est-ce que vous attendez de moi ?

-Je veux que vous me libériez, répondit tranquillement Thorin, toute trace de sourire ayant disparu. Voilà pourquoi vous êtes ici.

Et, une fois de plus, Bilbon fut béat d'admiration face à la capacité au nain d'être vague en étant si majestueux.

-Quoi ? Je vous demande pardon ?

Thorin enfonça un épais parchemin plusieurs fois plié dans ses mains.

-Ce sont les termes de l'accord. Je dois vous faire signer ça avant de pouvoir vous dire quoi que ce soit d'autre.

Les sourcils de Bilbon se haussèrent de surprise lorsqu'il prit le parchemin et le déroula pour découvrir un contrat interminable aux multiples clauses.

Par la Dame Verte.

-C'est un contrat habituel : résumé des menues dépenses, délai nécessaire, rémunération, prise en charge des obsèques, etc. Cela vous engage également à ne révéler à personne la malédiction tombée sur ma maison, expliqua Thorin d'un ton désinvolte.

La tête de Bilbon se releva brusquement.

-Prise en charges des obsèques ? répéta Bilbon avant de déplier un des côtés. Prendra la totalité d'une somme jugée raisonnable ne dépassant pas les capitaux du royaume. Oui, ça me semble honnête... Le présent Royaume ne sera pas tenu responsable des blessures, y compris mais non limité à des... lacérations... une éviscération... incinération ?

A ces mots, l'estomac de Bilbon se noua violemment.

-Oui, nous reviendrons là-dessus, promit simplement Thorin en hochant la tête.

-Que se passera-t-il si je ne le signe pas ?

Une lueur faiblit dans les yeux de Thorin.

-Alors, je vous renverrai dans la Comté avec suffisamment de pièces d'or pour nous excuser de vous avoir causé tant d'ennuis.

Ça semblait parfaitement raisonnable. Bilbon regarda le contrat et prit une grande inspiration. Sa tête lui semblait un peu trop légère et des étoiles dansaient devant lui. Il inspira de nouveau profondément et reposa le parchemin. Il ne voulait pas rentrer, il était possible que Frodon soit choisi et cette fois-ci, il ne pourrait rien faire.

-Avez-vous une plume ?

Thorin lui tendit une plume rouge et un encrier rempli d'encre verte. Bilbon signa rapidement et, d'un grand geste simple, écrivit son nom. Thorin prit le parchemin et signa à son tour au-dessus de la signature de Bilbon avant de plier le contrat pour le mettre de côté. Il se renfonça dans son siège et regarda Bilbon avec un visage blême. Il était pour le moins déconcertant.

Bilbon se tortilla légèrement sur son siège.

-Je suppose que vous savez ce qui a causé mon besoin d'avoir un hobbit ?

-Vous parlez du joyau maudit ? devina Bilbon tandis que Thorin acquiesçait. Oui, j'ai eu les détails de base mais je ne sais toujours pas en quoi je pourrais vous être utile ni en quoi consiste réellement... la malédiction.

Thorin hocha de nouveau la tête et baissa les yeux. Il passa ses doigts le long des symboles gravés.

-Mon grand-père a été consumé par cette pierre maudite. Elle a détruit son esprit tout en refusant de le tuer. Je ne pouvais pas accepter ça. J'ai convoqué le magicien le plus puissant que j'ai pu trouver et lui ai ordonné de supprimer cette malédiction à n'importe quel prix. Il m'a prévenu que les demandes magiques ne peuvent se faire sans contrepartie. Je m'en moquais. Je voulais l'arrêter, quoi qu'il m'en coûte. C'est ce qui arriva et, pendant un an, mon peuple prospéra. Hélas, les jours redevinrent sombres.

Thorin leva les yeux et croisa de son regard inébranlable celui de Bilbon.

-Le jour de Durin, un an jour pour jour s'était écoulé depuis que le magicien avait libéré mon grand-père et j'ai senti quelque chose changer en moi. J'étais dans les Grandes Salles de Thrain. Les salles de mon père n'avaient jamais été aussi splendides qu'en ce jour-là. Heureusement, c'était la plus grande salle de tout Erebor et cela ne dura qu'une partie de la nuit. Dwalin, que vous avez rencontré, était avec moi. Nous finissions notre tour quand j'ai senti la brûlure, narra le nain avec un sourire en coin rempli d'amertume en parlant de ses souvenirs douloureux et, pour la première fois, Bilbon ne voulut pas savoir ce qu'il était sur le point de lui avouer alors que sa voix n'était plus qu'un simple murmure. Je sentais une agonie me consumer. Des goûts que nul ne peut imaginer. Le feu brûlait dans mes veines et mon esprit était englouti sous une chaleur torride. Je devenais de plus en plus fiévreux et je ne savais plus où je me trouvais. Mes collègues gardes se sont précipités pour m'aider mais ils étaient incapables de me toucher car j'étais littéralement brûlant. Mon armure s'est désintégrée et mes vêtements furent en cendres contre la chaleur de ma peau. Je ne pouvais pas crier, j'avais l'impression de devenir fou.

La main qu'il avait posé sur la table se serra et Bilbon était incapable de détourner son regard de la lueur féroce qui flottait dans les yeux de Thorin.

-Je me suis réveillé le lendemain pour découvrir que j'avais détruit la salle. Mes gardes étaient tous à l'infirmerie, déclara Thorin, le regard froid. Ils avaient été attaqués par un dragon.

La bouche de Bilbon s'ouvrit de surprise et d'incrédulité. Thorin ne cilla pas.

-Telle est ma malédiction, semi homme. Parce que mon grand-père a perdu la raison à cause d'une pierre, je suis obligé de me transformer en une créature qui aimera son trésor par-dessus tout. Sans jamais penser à la vie ou aux besoins des autres. Je deviens le Ver de Terreur.

Bilbon savait qu'il avait la bouche ouverte, sans doute de façon très mal élevée, mais il ne pouvait rien y faire. Les termes du contrat prenaient horriblement tout leur sens.

Thorin fixa Bilbon pendant un moment avant de lui offrir un autre sourire désabusé.

-Vous vous débrouillez bien, Bilbon. Tous, à part deux hobbits, se sont évanouis à ce stade de l'histoire.

-Je suis un Touque et un Sacquet. Le Touque ne reculera devant aucun défi et le Sacquet ne laissera jamais une chose aussi inconvenante se produire publiquement, murmura Bilbon, les yeux toujours écarquillés et le coeur battant à vive allure avant d'esquisser un sourire tremblant, en considérant qu'il s'agisse bien d'un sourire. Bien que je me sente quelque peu nauséeux. Est-ce la raison pour laquelle on m'a enfermé la nuit dernière ?

Thorin hocha la tête.

-Oui, c'était la nuit où je me transformais. Je me retire dans la salle du trésor pour que, lorsque je suis en dragon, je n'aille nulle part ailleurs. Tant que personne n'entre, je m'en contente et je ne fais aucun mal, expliqua Thorin avec un léger haussement d'épaules. Voilà pourquoi mon père est maintenant Roi des Montagnes Bleues. Erebor était trop fragile pour subir ma malédiction. J'ai voulu m'exiler mais je devais forcément être soit à Erebor, soit ici.

-Pourquoi un hobbit ?

Il semblerait que ce soit la question la plus importante aujourd'hui.

-Parce que le magicien qui a changé la malédiction m'a dit que seul un hobbit était capable de m'en libérer.

-Vraiment ?

-Oh oui ! s'exclama Thorin d'un rire sec. Il a même chanté une prophétie. Depuis un certain temps maintenant.

Thorin ferma les yeux et pencha la tête en arrière.

Sous l'obscurité de la Montagne Solitaire,

Le roi répondra à son appel !

Le bijou brillant promet années belles

Et jamais son maître de sa folie, ne pourra se défaire.

Son avidité se fera plus forte, et plus longues les nuits,

La chute fut rapide, sa volonté son désir des pierres vainquit.

Pour libérer chez le roi, cruelle haine de fer.

Un nain doit maintenant appartenir au mal.

Contre le joyau furent tissés sorts puissants,

Alors que maintenant, marteaux tombent, sonnant comme cloches de métal

Sombre maintenant chose sommeille dans les endroits profonds,

Non dans les salles, mais l'espoir sous les collines.

Le sort du roi sur un cou, enfilé

D'un nain, tout espoir se termine

Chez le dragon de feu, espoir renaît

La mélodie des harpes plus jamais ne résonna.

Maintenant, le trône de la montagne est libéré !

Mais des avertissements, personne ne se méfia !

Pour le nain qui les a délivrés

D'aide, l'ami du prince a maintenant besoin.

Alors, appelez partout dans froides montagnes,

Pour chercher dans légendes et contes anciens !

Ici, attend, dans la Comté, pays de cocagne,

Un petit être au coeur d'or massif.

Un hobbit marchera dans les Salles des Rois

Hors des Montagnes Bleues, sombre et lascif,

Le Ver de Terreur succombera,

Et le prince, libre de tout, malédiction quittera.

Bilbon sentit de nouveau sa tête s'alléger et il réalisa après un moment qu'il ne respirait plus. Il reprit son souffle et prit une longue bouffée.

Thorin rouvrit les yeux et Bilbon comprit alors pourquoi ils étaient si tristes.

-Eh bien, dit finalement Bilbon, les mots lui semblant lourds dans la salle réchauffée. Je ne sais pas comment je pourrais vous aider ni pourquoi ce devrait être un hobbit qui vous libérera mais je vous promets de vous aider par tous les moyens. Personne ne devrait être réduit à se transformer en dragon parce que quelqu'un a pris une pierre sans prendre en compte les conséquences que cela entraînait.

-Merci, Bilbon, murmura Thorin d'une voix basse et douce.

-J'imagine que vous ne savez pas qui est l'être au coeur massif qui marchera dans les salles ?

A sa grande surprise, Bilbon vit Thorin acquiescer et crut même voir les joues du nain rosir légèrement mais l'idée que ce prince royal puisse rougir était totalement absurde.

-Si, un peu. Je saurai dans une lune ou deux si vous êtes le hobbit que je cherche. Tout sera clair. Je ne sais pas ce que le hobbit doit faire une fois que je l'aurai trouvé mais je sais comment le reconnaître. Je crains n'avoir aucune autre indication. Le magicien ne m'a pas dit le sexe ou l'âge du hobbit. Seulement qu'il me conviendra parfaitement et que je n'aurai aucun problème à l'identifier.

-A l'identifier ? répéta Bilbon.

Qu'est-ce que cela voulait dire ? Thorin hocha la tête d'un air complice.

-Ne demandez jamais conseil à des magiciens. Ils vous répondent oui et non en même temps, avec des mots énigmatiques qu'on met une éternité à déchiffrer.

Bilbon sourit, d'un vrai sourire, cette fois.

-Alors, mon prince, qu'aimeriez-vous faire ?

Thorin sourit pendant un moment, et tout ce qu'il avait besoin de savoir, c'est que Bilbon était prêt à essayer, même en sachant son secret.

-J'ai un entraînement dans une heure. Voulez-vous m'accompagner ?

-Un entraînement ? Comme des combats à l'épée ? interrogea Bilbon et lorsqu'il vit Thorin acquiescer de nouveau, il sentit son estomac se tordre. Est-ce que c'est dangereux ? Je n'ai aucune connaissance de l'art martial ni des combats.

-Les armes sont émoussées. Vous ne serez pas blessé. Peut-être pouvons-nous vous enseigner les rudiments.

Eh bien, ce sera mieux que de rester assis dans sa chambre,

-Très bien.

-Les serviteurs que vous avez eu se sont bien occupés de vous ? s'enquit Thorin et Bilbon s'empressa de hocher la tête, il appréciait tous ceux qu'il avait rencontré à ce jour et il ne voulait surtout pas que Thorin vienne à penser qu'ils ne s'étaient pas acquittés de leur tâche. Choisissez-en un et il deviendra votre serviteur nain attitré. Celui qui s'occupera de vous, vous servira au dîner et dirigera vos autres serviteurs.

-J'ai l'impression d'attribuer beaucoup de travail à celui que je choisirai.

-C'est un poste des plus honorables. Tous les serviteurs seraient ravis d'accepter.

Bilbon opina pensivement du chef. Il choisirait probablement Bofur. Dori le maternerait trop et il ne comprendrait aucun mot de Bifur.

La porte de la chambre s'ouvrit et Balin apparut en s'inclinant rapidement. Thorin se leva et tendit la main à Bilbon. Il la prit, émerveillé par sa taille. La main de Thorin était bien plus grande que la sienne et forte. Très forte. Elle était également calleuse, témoignant du travail du métal auquel s'adonnait tous les nains.

-Je vais envoyer Gloin vous chercher pour l'entraînement dans une heure. Rasup gamut, Bilbon.

Bilbon le salua et lâcha la main du prince.

-Rasup gamut, Thorin, répéta-t-il sans trop de mal.

Thorin sembla à la fois surpris et heureux et Bilbon sentit son coeur se réchauffer à cette vue.

Il suivit Balin hors de la pièce et il fut sur un petit nuage jusqu'à ce qu'il soit de retour à ses appartements. Ce n'est qu'au moment où il jeta un coup d'oeil à l'intérieur de l'armoire qu'il se rendit compte qu'il avait totalement oublié de parler des autres hobbits.

/

-Je pense que vous aimez faire de moi le centre de l'attention, déplora Bilbon.

Bofur rit silencieusement et défit les tresses.

-C'est un style tout à fait acceptable sur les nains. Comment pouvais-je savoir que ça vous ferait ressembler à une souris ?

-Vous m'avez tressé une paire d'oreilles, s'exclama Bilbon.

Il avait dix minutes avant que Balin ne vienne le chercher et il commençait à sentir la brûlure aiguë de la panique s'insinuer en lui. Il allait à un entraînement où il y aurait des épées et où il risquait certainement de perdre un membre. La coordination n'avait jamais été un de ses points forts.

Il n'avait toujours pas pris de petit déjeuner, et maintenant il était sur le point de manquer le second petit déjeuner.

-Je n'y peux rien, répliqua Bofur en fredonnant, ses doigts défaisant rapidement son travail. Vous avez les cheveux si fins et une si belle couleur. J'ai envie de jouer avec.

Le nain se consacra à sa tâche et Bilbon se sentait à l'aise à ses côtés. Il n'avait pas menti en disant à Thorin qu'il avait été très bien servi. Il y avait quelque chose de plus chez Bofur... Il était toujours de bonne humeur mais une sorte de joie de vivre semblait émaner de sa personne. Même quand il avait expliqué à Bilbon la raison pour laquelle il était dans les Montagnes Bleues, il avait eu du mal à s'ennuyer bien que le nain parlât lentement.

Si il devait vivre ici pendant plusieurs mois, si il devait se lier d'amitié avec Thorin et l'aider à lever la malédiction, alors il devait se mettre à l'aise. Il devait rester lui-même et se faire des amis sinon ce séjour deviendrait long et éprouvant.

Il devait aussi savoir où ses compagnons hobbits avaient disparu. Il commençait à soupçonner que les nains n'en savaient rien. Ils n'en parlaient pas mais ça n'avait pas l'air d'être un sujet tabou.

-Que faisiez-vous avant de rejoindre les rangs des serviteurs ?

Bofur s'arrêta à mi tresse avant de reprendre contenance.

-J'ai commencé ma vie en tant que mineur. Je fabrique des jouets aussi. Moi et mon cousin les vendons, raconta Bofur, les yeux fixés sur les boucles de Bilbon, refusant de croiser son regard dans la glace.

Bilbon eut l'impression d'avoir touché un point sensible sans le vouloir.

-Je vous ai vu fabriquer des jouets. Tout le monde doit probablement craindre vos histoires et vos blagues, étant donné que vous êtes un véritable trublion.

Bofur le regarda enfin, les yeux pétillants.

-Trublion ?

-C'est un terme hobbit parfaitement acceptable. Ça signifie tapageur, fauteur de trouble, quelqu'un qui déborde d'énergie et qui aime rire.

Bofur hocha la tête et se concentra de nouveau sur les cheveux de Bilbon.

-Vous visez juste, convint le nain en tordant de façon complexe les boucles du hobbit pour les placer de l'autre côté de la tête mais Bilbon n'avait aucune idée de ce qu'il était en train de faire. Mon frère et moi sommes venus vivre ici après que mon cousin ait été victime d'un malheureux accident.

Il tapota la tête de Bilbon, là où la hache de Bifur était enfoncée. Bilbon tressaillit. Bofur reprit les perles et les mit sur les tresses avant de reculer. Il eut un sourire approbateur.

-Ah ! Dori va crever de jalousie, s'exclama le nain, ce qui fit sourire Bilbon qui leva la main pour en juger par lui-même mais Bofur mit une petite tape sur sa main. Non ! Ne touchez pas ou vous allez tout gâcher. Passez-moi le miroir.

Il indiquait le miroir qu'il avait apporté avec des peignes et de l'huile pour les cheveux. Bilbon s'exécuta et Bofur le tint derrière sa tête. Bilbon le regarda avec confusion avant de se rendre compte qu'il pouvait apercevoir l'arrière de sa tête dedans. Bofur avait fait du beau travail.

Il avait créé un réseau complexe de tresses toutes liées l'une à l'autre jusqu'à ce qu'elles forment une seule grande tresse. C'était tout à fait remarquable.

-Bien, alors c'est décidé, déclara Bilbon avec un petit signe de tête en tirant sur son gilet. C'est vous que je choisis.

-Que vous choisissez ? répéta Bofur, les sourcils froncés en baissant le miroir. Quoi ? Je peux essayer un style différent si vous préférez...

-Non, pas ça. Vous êtes très doué. Je vais vous choisir pour être mon serviteur nain. Le chef des serviteurs, c'est bien ça ? répliqua Bilbon en baissant les yeux pour tenter de se rappeler exactement ce que Thorin avait dit. Bon sang, comment le Prince a dit ça ? Celui qui a un statut supérieur ?

Bofur en fut bouche bée et Bilbon sentit une pointe de satisfaction naître en lui en voyant qu'il avait réussi à moucher le nain qui avait toujours quelque chose à dire. Mais au bout de dix secondes, il commença à s'inquiéter et à croire qu'il avait fait quelque chose de mal.

-Sauf si vous refusez. Je peux fort bien le comprendre. Je ne sais pas très bien ce que ça signifie. Je ne connais pas encore toutes vos coutumes. Je suis désolé si je vous ai offen...

Bofur tira légèrement sur ses cheveux.

-Vous avez tendance à babiller un peu, Maître Sacquet. Je serais honoré d'être votre serviteur nain.

Bilbon ouvrit la bouche pour répondre, mais Balin entra à ce moment-là en s'inclinant et il n'eut pas le temps de dire quoi que ce soit. Ils étaient déjà partis pour le terrain d'entraînement

/

Notes

Rasup gamut : Adieu, au revoir