Sirius lui était rentré vers midi, mais il n'avait pas vu Remus. Et donc depuis midi il traînait chez Lily et Léannia, avec James et Peter. Tout le monde se demandait où était Remus mais personne n'osait en parler, après tout ils ne savaient pas ce qu'il était sorti de la dispute de Sirius et Remus. Ils jouaient et discuter tranquillement, devant un vieil James Bond. Sirius lui n'écoutait qu'à moitié, il avait décidé d'avoir une nouvelle discussion avec Remus pour s'excuser, et s'il en trouvait le courage lui avouer ses sentiments, ou du moins à moitié.
Remus atterrit dans une petite ruelle adjacente à son immeuble. Il espérait que peu de ses amis étaient chez lui. Normalement le dimanche c'était chez les garçons qu'ils traînaient. Mais, quand il ouvrit sa porte il sut qu'il allait avoir droit à un interrogatoire.
« Remus ! Où étais-tu ? » Demanda Lily.
Remus qui cherchait ses mots, enleva son manteau, et quand il vit le regard de ses amis, il comprit qu'il venait de faire une connerie. J'aurai du garder ma chemise…
Ses amis étaient hébétés.
« Tu as passé une bonne nuit Remus ? » Demanda James avec un sourire moqueur.
Remus se contenta de rougir, et ses amis prirent cela – à raison – comme un aveu.
« Moi j'aime bien le tee-shirt ! Il doit être cool ce mec ! » S'exclama Léannia, voulant apporter un peu de soutien à son ami, mais elle souriait elle aussi.
« Je vais me laver. » Répondit Remus en reprenant contenance.
Il traversa le salon sous les rires et les remarques de ses amis, mais Remus se contenta de leur faire un clin d'œil.
« Tu as raison. Tu empestes la cigarette et l'alcool. » Grogna Lily.
« Au moins, j'ai un tee-shirt propre ! » S'exclama Remus en souriant avant de disparaître dans la salle de bain.
Sirius avait senti son cœur tomber dans sa poitrine quand il comprit que Remus avait passé toute la nuit et toute la journée avec un mec. Qui a des goûts de merde en plus. Il en oublia toutes ses bonnes résolutions et décida de ne pas adresser la parole à Remus, tout le monde mettrait ça sur le compte de leur dispute de la veille.
Remus se déshabilla rapidement et se laissa tomber dans la baignoire. Andy avait réussi à lui faire oublier Sirius pendant une journée, mais dès qu'il le revit il avait senti ses sentiments revenir, et il se maudissait pour ça. Il était très fort pour faire taire ses sentiments, mais ceux qu'il éprouvait pour son ami était bien trop forts. Il pleura sous la douche, il ne voulait pas quitter Sirius, mais pour sa santé mentale il le devait.
Le reste de la journée passa tranquillement, Remus avait raconté rapidement son histoire de la veille à Léannia qui adorait les détails croustillants. Il ne parla pas non plus de son voyage à Paris, il fallait mieux éviter les sujets qui fâchent. Il alla se coucher tôt ce soir-là, et s'endormit rapidement.
Pendant les deux semaines qui suivirent, Remus passait tout son temps à travailler, tout comme Léannia et Lily. Les deux premiers avaient leur partiels et Lily devait rendre la première partie de son travail de recherche. Ils ne sortirent donc pas beaucoup. James et Sirius avaient eux aussi des examens à réviser et pour une fois ils travaillèrent. En plus de réviser Remus devait faire ses papiers pour pouvoir aller en France, il passa deux bonnes heures à s'énerver auprès des gens du Ministère, jusqu'à ce que James lui donne un petit coup de pouce. Il devait aussi prévenir sa mère et son beau-père, ainsi que ses trois demi-sœurs moldues. Ils firent cependant une pause pour l'anniversaire de Remus puis ensuite pour l'anniversaire de James. Quand toutes les épreuves furent passées, il ne restait à Remus que deux jours avant son départ en France. Il ne s'était toujours pas réconciliés avec Sirius et cela le travaillait, il ne voulait pas partir fâché.
La veille de son départ ils firent une fête, juste entre eux, ils avaient réussi à convaincre Remus qu'il pourrait dormir plus tard. Ils avaient décidé de faire les adieux le soir et Remus ne voulait pas qu'ils les accompagnent à la zone de départ, il n'arriverait jamais à partir sinon. Et donc en ce jour du 31 mars ils firent la fête comme jamais. Léannia pleura que Remus allait beaucoup trop lui manquait. Même si elle le reverrait dans deux semaines, elle devait aller aux quarante ans de mariage de ses parents et en profiterait pour passer voir Remus. Lily retint mieux ses larmes, mais était aussi très ému et elle alla se coucher directement après. James après une étreinte puissante, était parti rejoindre Lily. Peter serra Remus dans ses bras et partit se coucher. Léannia dormait depuis longtemps, Peter avait été la coucher après qu'elle ait fondu en larme et qu'elle ait vomit.
Dans le salon il ne restait que Sirius et Remus, et la tension était à son comble. Au bout d'un moment leurs regards se croisèrent et ils ne se lâchèrent pas. Ils ne se lâchèrent pas quand Sirius se rapprocha de son ami. Leurs regards se lâchèrent seulement quand ils se jetèrent avec passion sur les lèvres de l'autre et qu'ils rentrèrent précipitamment dans la chambre de Remus.
Quand Remus se réveilla le jour se levait. Il éteignit rapidement son réveil, il ne voulait pas réveiller les autres. Il se dégagea doucement de l'étreinte de Sirius et le recouvrit de la couette. Il ne se rappelait pas être allé à la chambre. Il mangea rapidement et mis dans son sac les sandwichs que lui avait préparé Léannia. Il retourna dans la chambre et prit ses valises avec précaution. Alors qu'il allait quitter l'appartement en laissant ses clés sur le meuble, il entendit du bruit derrière lui. Il se retourna brusquement et vit un Sirius mal réveillé qui se tenait contre le mur de sa chambre.
« Tu pars alors ? »
« Pourquoi je resterai ? Et puis tout est déjà prévu. Léannia a prévenu sa famille… »
« Oui, c'est vrai pourquoi tu resterai. » Cracha Sirius.
« Sirius. On ne va pas recommencer à se disputer ! » Chuchota nerveusement Remus.
« On ne se dispute pas ! On…discute… C'est ce que font les gens après avoir passé la nuit ensemble… »
« Oui, je sais. » La voix de Remus était suppliante. « C'est bien la première fois que tu veux discuter. Et forcément tu veux faire ça quand je dois partir ! »
Remus darda son regard sur Sirius, les deux s'affrontèrent du regard, et aucun des deux ne souriait. Les deux amis ouvrirent la bouche en même temps, mais ils n'arrivèrent pas à en faire sortir les mots qui leur aurait pourtant fait tant plaisir. Chacun regardait l'autre, comme s'il attendait que l'autre se lance en premier. Mais aucun des deux ne trouva le courage, après avoir chassé les larmes qui arrivaient, Remus fit un sourire à son ami et quitta l'appartement. Il courut jusqu'en bas et transplana.
Léannia avait arrangé le voyage grâce à ses connaissances. Elle avait fait en sorte qu'il prenne un portoloin pour arriver chez sa famille, en graissant quelques pattes bien sûr, mais cela Remus ne le savait pas. Il avait au départ refusait d'aller chez la famille de son amie, mais celle-ci lui avait assuré que sa tante et son mari n'y voyaient aucun inconvénient, il serait une sorte de jeune homme au pair.
Léannia n'allait pas envoyer Remus chez ses parents, ils ne l'auraient jamais accepté. Mais sa tante et son oncle étaient les parias de la famille, la sœur de son père avait épousé un moldu. Ils avaient de nombreux enfants, certains étaient les siens, et les autres étaient les enfants de Beauregard qui ne remplissaient pas les conditions pour appartenir à leur famille. Il était bien sûr prévu que Remus rentre en Angleterre pour chaque pleine lune. Remus se dépêcha d'aller jusqu'au Portoloin, il réfléchissait à cette nuit.
Il se sentait mal après sa nuit avec Sirius, il avait l'impression d'être parti comme un connard. Il maudissait Sirius d'avoir voulu ''discuter'' aujourd'hui, ils auraient pu discuter toutes les autres fois, mais non c'était aujourd'hui qu'il voulait… Mais Remus savait pourquoi Sirius voulait discuter, parce qu'il ne voulait pas que Remus parte, et Remus était sûr que Sirius aurait été prêt à dire n'importe quoi. Les yeux de Remus commençaient à briller, pendant quelques secondes il avait cru que Sirius allait lui dire ses sentiments, ou quelque chose comme ça. Mais non, Sirius n'avait rien dit, parce qu'il n'avait rien à dire. Remus avait senti son cœur se détruire et les larmes monter, pourtant il serait resté si Sirius lui avait dit qu'il l'aimait.
Remus ne retint pas ses larmes, ça allait être tellement difficile de vivre sans eux. Les pleurs lui brouillaient la vue, il reconnut la lumière rouge du portoloin et s'y agrippa, toujours en pleurant. Il fut éjecté dans une ruelle où il atterrit dans les poubelles avec ses valises. Il se releva en pestant, tandis qu'une femme d'environ quarante ans se précipitait vers lui.
« Oh ! Je suis désolée… Je vais vous aider… » Elle parlait un anglais correct, mais Remus se dit qu'il lui faudrait du temps pour s'habituer à son accent, qui déformait les mots.
« Ce n'est pas grave… » Toussa Remus en essayant de se rendre présentable.
« Vous êtes adorable Remus. Par contre, je tiens à vous dire que mon mari tiens à ce que vous parliez français avec nous, et anglais avec les enfants. »
« Pas de soucis Madame… »
« Madame Dupont. Mais appelez-moi Aliénor je vous en prie. Mon mari c'est Hector. »
Aliénor l'épousseta et l'aida à porter ses valises jusqu'à la maison. Remus apprécia la maison dès qu'il vit l'immense jardin, il était un capharnaüm organisé. La maison semblait grande aussi, devant l'œil admiratif de Remus, Aliénor rigola.
« C'est grâce à l'héritage de ma mère… Mon frère était furieux quand il a vu que j'en avais 50%. Ça lui a fait les pieds à cet imbécile ! Chéri ! C'est moi ! Je suis avec Remus ! »
« Maman ! » S'exclamèrent plusieurs voix.
Remus ne comprit pas ce qu'il se passait, juste qu'il était entouré de nombreux enfants, qui le regardaient avec leurs grands yeux et leurs doudous pour les plus petits. Aliénor prit la plus petite, à peine 1 an dans ses bras et emmena tout ce petit monde dans le grand salon. Remus compta les enfants, sept ! Aliénor présenta ses enfants et Remus essaya de retenir les noms. Les enfants saluèrent Remus puis leur mère leur demanda d'aller se laver les mains pour le petit déjeuner, puis elle alla montrer à Remus sa chambre, le bébé toujours dans les bras. Quand ils furent seuls, elle lui chuchota :
« Il y seulement Marie, Jean, Sophie et Billy qui sont nos enfants biologiques. J'ai recueilli Luc, Jeanne et ma petite Capucine. Ce sont des Beauregard, qui ne correspondaient pas aux exigences de leurs parents. Maintenant on ne les tues plus. » Dit Aliénor avec un sourire triste tandis que Capucine jouait avec ses cheveux.
Devant l'air hébété de Remus elle expliqua.
« Léannia ne vous a pas expliqué ? Ce n'est pas à moi de le faire mais comme vous êtes là… Tous les enfants qui portent le nom de Beauregard doivent avoir les yeux bleus, les yeux verts sont maintenant acceptés. »
Le visage de Remus se contracta en une grimace entre l'effroi et l'hébétement.
« Je savais que les familles de sang-purs étaient bizarres, mais là… »
Aliénor eut un rire sans joie.
« Je suis contente que ma nièce ait épousé le seul sang-pur qui ne soit pas un abruti fini… Vous connaissez son mari ? »
« Euh. Oui, c'est un très bon ami. » La bouche de Remus se tordit.
« Alors vous pouvez me dire… Ils s'aiment ou elle a fait ça pour que ses parents lui fichent la paix ? »
Remus hésita, mais finalement décida de dire la vérité.
« C'est bien. C'est mieux d'épouser son ami qu'un parfait inconnu, croyez-moi ! Enfin, moi je me suis mariée par amour. Rendez-vous dans dix minutes pour le petit déjeuner. »
Remus la regarda partir, il se rendit compte que même si elle avait été renié, c'était visible qu'elle faisait partie d'une famille comme les Beauregard. Elle avait un air quelque peu hautain, mais heureusement son sourire chaleureux contrastait cet aspect. Remus se dit qu'elle ressemblait à son amie. Au début Léannia ne se laissait aller qu'avec les Maraudeurs et les filles de leur année. Dès qu'il y avait d'autres personnes, elle reprenait son masque impassible et hautain de sang-pur. Elle se faisait très discrète et n'intervenait que rarement, éducation de sang-pur typique pour une fille. Remus se rappelait la première qu'ils l'avaient entendu rire d'un vrai rire, et même si son rire était pour le moins pas naturel, ils avaient été touchés qu'elle se laisse aller avec eux. Ses pensées dérivèrent vers le rire semblable à un aboiement de Sirius, et Remus se sentit soudain très las. Il chassa les larmes et se débarbouilla pour rejoindre la famille dans la cuisine.
