4.

Les mains chargées de plats de légumes et de viandes, Marina invita d'un signe de tête ses hôtes à prendre place à table où Alcyn et Achénor réclamaient déjà leur premier repas du matin !

- Arrêtez de faire du bruit avec vos couverts, les petits, le petit déjeuner est là ! Et ne t'y mets pas avec eux, Alie, sale gosse irrespectueux, tu seras de toutes façons servi !

La Mécanoïde aux flux aquatiques posa les plateaux sur la grande table en bois de la salle à manger.

- Régalez-vous, tous !

Danéïre plongea la fourchette vers les plats de légumes, pour servir Alcyn et Achénor qui avaient en un réflexe tendus leurs assiettes, Warius se chargeant de les charger de viande grillée.

Demeuré figé à sa place, Alérian n'avait plus eu aucun geste.

- En réalité, je n'ai pas faim…

- As-tu bien dormi ? s'inquiéta Warius. Après tous ces jours, je ne t'ai pas éreinté au-delà du possible ?

- Non, tu ne peux pas ! ironisa Alérian. Je suis juste un peu déboussolé…

- Quoi, Dana n'a pas pris soin de toi l'autre nuit ?

- Oh que si ! protesta la jeune femme.

- Je suis fatigué, soupira Alérian. Et je n'ai pas faim du tout… Je peux aller respirer de l'air frais sur la terrasse ?

- Je t'en prie, fit Marina, la parfaite maîtresse de maison.

- Merci.

Et le jeune homme à la chevelure immaculée se précipita dehors.

- De l'air, enfin, souffla-t-il en passant la main sous sa chemise, effleurant sa peau moite et soudain brûlante au possible. Mes amis Dragons, où êtes-vous ?

- Là, en permanence.

- Denver, j'entends ta voix. Mais cette présence me submerge, affole mes cœurs, je ne peux pas le gérer…

Les joues ruisselantes de larmes d'impuissance, Alérian demeura figé sur la terrasse de ses amis, seul face à ses démons.


Alcyn s'était agité sur la banquette arrière du tout-terrain rouge vif.

- Veux pas être loin d'Achénor !

- Nous rentrons à la maison, Al, fit doucement son père. Nous allons chez nous. Et Ach a sa propre famille, d'accord ?

- Comprends pas…

- Achénor est heureux avec Warius et Marina, reprit Alérian. Et toi, tu es avec ta maman et moi.

Le garçonnet rit.

- On va être heureux, manger de la glace, des hamburgers et plein de frites ?

- Hum, oui, mais à petites doses ! pouffa Alérian en finissant de sangler son fils à l'arrière du véhicule.

- Je veux tout ! se révolta le garçonnet.

- Oui, à la maison.

Les prunelles émeraude du petit s'illuminèrent.

- A la maison, oh oui ! On aura un molosse ?

- Qui sait… ?

Alérian retourna alors vers Warius.

- La louve que nous avons récupérée à la fin de notre randonnée ?

- Elle va mettre bas. Je te garderai un petit !

- Merci.

Se mettant au volant, Alérian s'assura que tout son petit monde était bien en place, posant un baiser sur les lèvres de son épouse avant d'enfoncer l'accélérateur.

- Nous rentrons chez nous !


Après s'être assuré du bien être de sa progéniture, Alérian était allé retrouver sa femme qui mélangeait des pousses de salade.

- Je sors le grill et je prépare les pièces de poissons, fit le jeune homme.

- Ajoute bien des épices aux papillotes, ça va régaler le petit Alcyn. Les jumelles sont encore chez leurs copines pour une semaine !

- Je suis prêt, s'amusa Alérian en laissant couler un dernier filet d'huile sur les écailles des poissons pratiquement emballés, puis il referma tout avant de glisser les préparations au four.

Le jeune homme passa la langue sur ses lèvres.

- Je peux encore faire quelque chose ?

- Dès que les pommes de terre seront cuites, de la pointe de ton couteau pour vérifier, écrase-moi tout cela avec des jaunes d'œufs et plein d'épices !

- A tes ordres, ma belle !

Et en toute décontraction et plaisir amoureux, Alérian et Danéïre échangèrent un long baiser passionné, même si tous les deux louchaient vers un menu parfumé au possible à venir pour satisfaire en soirée leurs papilles !