Bonjour ! Voilà le 4eme chapitre tout beau tout frais… ^^

Le narrateur sera donc Mamori (s'il vous plaît, dites moi si son caractère est bien, si elle n'est pas trop OOC, et sinon, dites moi ce qui va pas, que je puisse essayer de le corriger… ^^) et il y aura… oh, vous verrez bien.

Bonne lecture ^^

Chapitre 3 : Masque

Mamori

Je vis une fille rousse, européenne, partir du local en riant, sortant par la suite un sabre qu'elle appuya sur son épaule droite. Je souris tout en me demandant bien ce qui pouvait la faire rire comme ça…

Prenant conscience du sabre dans sa main droite, je me dirigeai vers elle.

- Vous savez, les armes sont interdites dans le lycée, sermonnai-je gentiment.

Elle tourna sa tête vers moi, et je découvris deux superbes yeux vairons. Ils pétillaient, et même dans le premier, le noir, on pouvait apercevoir des éclats dorés. Elle sourit de toutes ses dents (j'ai cru que j'allais mourir, on aurait dit un vampire avec ses canines !).

- Il y en a un autre qui se promène en permanence avec, je vois pas pourquoi je pourrais pas, répliqua-t-elle du tac-au-tac.

- Mais lui… est spécial, on va dire, répondis-je.

- Ah ! C'est que vous me connaissez pas, signorina, conclut-elle avant de partir, suivie de Sena.

Je l'observai s'en aller, abasourdie. Elle m'avait plantée là sans chercher à savoir qui j'étais, ce que j'aurais pu faire contre elle… Elle me faisait penser à Hiruma avec son apparente affection à aller contre les règles… je secouai la tête, tentant de chasser le quaterback de mes pensées.

J'entrepris d'entrer dans le local pour voir si tout était en ordre. J'ouvris la porte, et devinez qui je trouvai, dos à moi, appuyé contre la table au fond du local ? Hiruma. Je soupirai discrètement, faisant frémir au passage l'oreille du capitaine des Devil Bats (zut, il m'a entendue…).

Je suspendis ma veste au porte manteau à ma gauche puis pris un tablier un peu usé et l'enfilai. Je me dirigeai vers le placard à balai, l'ouvris, et m'attendant à trouver les affaires habituelles de ménage je n'eus même pas le temps de pousser un cri qu'une montagne de… choses m'ensevelit. J'entendis Hiruma partir dans un fou rire (démoniaque, le rire), puis je pus apercevoir de la lumière pour enfin voir le visage du quaterback. Il avait son sourire de démon plaqué sur le visage et des larmes perlaient encore au coin de ses yeux suite à son fou rire.

Il dégagea quelques objets puis me tendit sa main (attend un peu, il m'a tendu sa main ?) que je ne pris pas, me relevant avec une moue boudeuse sur le visage, ce qui le fis sourire (démoniaquement… !). Il retourna à son ordinateur, et moi, un peu furieuse, j'entrepris de ranger CORRECTEMENT tout ce qui m'était tombé dessus.

*

Je soufflai de soulagement. Ah, le ménage était terminé, plus rien ne devrait se casser la figure d'ici le lendemain…

Je jetai un coup d'œil à Hiruma, il pianotait toujours sur son clavier. Ses cheveux blonds étaient éternellement en bataille sur sa tête, contrastant terriblement avec sa suprême manie de vouloir tout contrôler. On aurait dit que seule sa mèche blonde qui tombait devant ses yeux montrait un semblant d'ordre sur cette coiffure…

Je me détournai, enlevai mon tablier et me dirigeai vers une chaise à l'opposé du démon, puis m'assis. Je me ravisai, (me relevant avec un soupir exaspéré) allant chercher mes notes et un stylo dans l'armoire, puis enfin pus me poser. Je lus les améliorations des joueurs de l'équipe, puis brisai le silence :

- Hiruma-kun… ? appelai-je.

- Hm.

- Tu sais contre quelle équipe nous allons jouer pour le match du premier tour ?

- Amino Cyborg, fuckin' manager.

Je fis la moue. Encore ce nom.

- Je suppose que tu as déjà trouvé une stratégie contre eux… ? continuai-je.

Je pus deviner le sourire démoniaque qui apparaissait sur son visage. Les tactiques, il les avait sans aucun doute. Pas toutes, mais il les avait, et je savais qu'elles seraient chacune plus tordues les unes que les autres à la façon du quaterback. Je regardai une dernière fois le démon.

- Hiruma-kun ? hélai-je une seconde fois, hésitante.

- Si t'avais pas remarqué j'essaye de bosser, fuckin' manager…

- Tu connais la nouvelle ? demandai-je en ignorant son reproche.

Il s'arrêta littéralement de taper sur son clavier. En fait, il se figea complètement. Il se retourna lentement, aucun sourire sur son visage, sérieux, ses yeux n'exprimant pas même une once de sadisme.

- Oui.

Ce « oui » avait été à peine murmuré, et pourtant ferme et sans retour. La conversation était close.

Il retourna pianoter sur son clavier et moi je sortis du local en restant sur ma faim. Apparemment, il connaissait cette nouvelle fille un peu étrange, mais n'avait pas voulu m'en dire plus. Que signifiait cette expression sur son visage ? Que s'était-il passé que j'ignorais ? Voilà deux questions qui résumaient ce que je pensais.

Sans m'en rendre compte, perdue dans mes pensées j'étais arrivée au milieu du campus près du lycée. Des chemins de gravats s'étendaient ici et là, ayant pour but le lac, le gymnase situé plus loin ou même la bibliothèque en face. L'herbe était verdoyante, et les arbres verts commençaient à s'arborer des couleurs éclatantes de l'automne encore absent. Plusieurs bancs étaient soit disposés à l'ombre, soit, comme la majorité, au soleil. Un lac miroitant et calme brillait sous le soleil, en face de moi. Les oiseaux chantaient, une légère brise soufflait et tout semblait paisible…

Seulement, le campus était vide. Pas une personne n'avait l'air de s'aventurer au travers des chemins, et j'étais seule avec mes questions. Alors, je me dirigeai vers un banc pour profiter du soleil, en face du lac. Lorsque j'arrivai pour m'assoir, je sursautai : une jeune fille observait l'étendue d'eau avec un visage détendu mais empli d'une tristesse incomparable.

Elle avait le regard vide, elle ne clignait pas des yeux. Sa bouche était légèrement entrouverte, comme si elle aurait voulu prononcer des mots mais qu'ils ne parvenaient pas à franchir ses lèvres. Aucune larme ne sillonnait ses joues ; on aurait dit qu'elle n'en avait plus à faire couler. Seul le fait qu'elle respire m'indiquait clairement qu'elle était vivante et non pas une quelconque statue étrangement humaine…

Je sortis de ma transe et fus prise d'un élan d'affection pour cette fille, je voulais la consoler par tous les moyens qui m'étaient donnés même si, il fallait être un peu réaliste, je n'en avais pas toute une pelleté à ma disposition.

Lorsque je décidai de m'assoir silencieusement près d'elle, je me rendis compte que ce n'était autre que la nouvelle, la jeune fille rousse européenne. Je la regardai avec curiosité, scrutant son visage à la peau mate, ne voyant que son œil gauche, doré. Elle avait un joli profil, un nez fin retroussé et une bouche légèrement pulpeuse… mais ses yeux exprimaient un tel désespoir que je n'avais aucune idée de comment essayer de lui changer les idées… ça ne me ressemblait pas. D'habitude, la solution s'offrait d'elle-même. Et voilà que, soudain, je me confrontais à un mur.

- Tu vas rester longtemps à m'observer comme ça ? chuchota-t-elle en se tournant vers moi.

Je sursautai, prise au dépourvu.

- D… désolée, balbutiai-je-je en baissant les yeux, gênée comme une enfant prise sur le fait en train de s'empiffrer de bonbons.

La nouvelle lâcha un petit rire nerveux. Elle essayait de sourire mais la tristesse ne s'en allait par pour autant de son visage.

- Tu es Mamori Anezaki, c'est ça ? demanda-t-elle.

Je hochai la tête en guise de réponse. J'aurais voulu lui poser mille et une questions, mais me mordis la lèvre inférieure pour réussir à me taire.

- Je m'appelle Lee, continua-t-elle.

Lee. Un prénom simple, contrastant sans aucun doute avec la personne assise à ma droite. Elle me lança un demi-sourire accompagné de son regard accablé et dit :

- Je dois vraiment avoir une sale tronche pour que tu me regardes comme ça…

- Mais non ! m'écriai-je. Pas du tout !

- Quoi alors ?

- C'est juste que…, hésitai-je, tu sembles tellement triste. Il s'est passé quelque chose ?

Elle rit une deuxième fois, plus distinctement, mais j'avais l'impression que des sanglots s'étranglaient dans ce rire nerveux. Elle s'arrêta soudainement, reprenant un visage détendu toujours habité de la même tristesse.

- C'est vraiment une trop longue histoire que j'ai pas envie de raconter…

Elle reprit pendant quelques secondes sa contemplation du ciel, puis, se tournant vers moi encore une fois, elle me dévoila ses canines aiguisées en un pauvre sourire.

- Crache le morceau.

- Pardon ? m'étonnai-je.

- Tu tapes du pied depuis au moins cinq minutes, tu tortilles tes mains dans tous les sens possibles et tu n'arrêtes pas d'ouvrir et de refermer la bouche comme un poisson, énuméra-t-elle. Tu dois bien avoir une ou deux questions à poser, non ?

Elle m'avait vraiment devancée…

- Depuis combien de temps tu connais Hiruma ? demandai-je (enfin !).

- Depuis le collège, répondit-elle.

- Et tu le connais bien ? insistai-je.

Elle sourit, cette fois le sourire fut un peu plus énigmatique, à la fois étonné et sincère. Je ne sus pourquoi, ni ce qu'elle devait penser. J'étais partie dans l'idée de la consoler et voilà que la conversation avait déviée sur Hiruma ! (par ma faute, en plus ! Non mais à quoi je pense, moi ?)

- Assez, oui, répondit-elle.

J'insistai d'un regard interrogateur, n'osant pas ouvrir la bouche de peur de dire certaines choses que j'aurais regretté par la suite.

- Disons que je sais ce que les autres ignorent, acheva-t-elle.

- Ah oui ? Et qu'est-ce que j'ignore ? coupai-je, piquée au vif pour je ne sais quelle raison.

Elle tourna la tête, m'adressa cette fois un sourire rayonnant, tout chagrin envolé pour l'instant.

- Tu ne t'appelles pas les autres, que je sache.

J'ouvris la bouche pour répliquer quand je compris pleinement ce qu'elle avait dit.

- Qu… quoi ?

Elle retourna son regard vers l'infinie voûte azur, ignorant éperdument ma question, sachant pertinemment que j'avais très bien entendu ce qu'elle avait dit. Elle prit une inspiration, puis lâcha :

- Il m'a pris en pitié.

- Hein ? sursautai-je. Hiruma ? Prendre quelqu'un en pitié ?

- Lui et tous les autres. ça m'a donné envie de vomir. J'en avais rien à faire de leur pitié.

- Hiruma-kun t'as prise en pitié ? Lui ? Et Kurita aussi ? insistai-je.

- Pas Kurita, soupira-t-elle. C'a d'ailleurs été le seul.

- Mais Hiruma ? relevai-je encore (pourquoi il n'y avait que son nom qui revenait dans ma bouche ? Zut à la fin !).

- Bon, je l'avoue, pas Hiruma. Il m'a plutôt fait comprendre, à sa façon bien sûr, que je ne serais jamais rien dans la vie si je ne m'imposais pas à elle. Mais…

Elle laissa sa phrase en suspens, lâcha un discret soupir, puis son visage fut accablé par une tristesse immense, qui partit aussitôt après avoir marqué sa figure et par ailleurs ma mémoire.

- Il a beau eu me dire que le passé reste le passé, qu'on ne revient pas dessus, le mien m'a toujours poursuivi. Que ce soit en rêve ou autre…

Je la regardai avec une pointe de tristesse, je n'avais qu'une envie c'était de la prendre dans mes bras, pourtant je n'osais pas. Pourquoi ? Aucune idée.

Cette fille avait enduré trop de choses, et j'avais peur qu'elle croit que je la prenais en pitié en la serrant dans mes bras. Pourtant, consoler les gens lorsqu'ils étaient tristes faisait partie de moi… de plus, je n'aimais pas la pitié, je l'avais déjà expérimentée et c'était exactement comme elle avait dit : à en vomir.

Mais mon corps agit de lui-même : sans m'en rendre compte, j'avais entouré le cou de Lee de mes bras. Je faillis la lâcher en bafouillant quelques excuses lorsque, contre toute attente, elle fondit en larmes et agrippa ma veste dans mon dos avec force. Je ne disais rien, sachant que dans ce genre de situation il valait mieux se taire qu'essayer de réconforter. Je berçais doucement cette jeune fille qui m'était encore inconnue, quand elle se releva, me repoussant doucement après quelques minutes de larmes.

- Ça va un peu mieux ? m'enquis-je comme une mère.

Elle opina puis, avec un sourire, effaça les sillons qu'avaient formés ses larmes d'un revers de main. Enfin, toute tristesse disparut de son beau visage et elle m'adressa un regard congratulateur.

- Dis…, murmura-t-elle. Ne t'en fais pas, Hiruma ne m'a pas prise en pitié, il n'est pas assez stupide pour ça.

Je ris de bon cœur puis soupirai de soulagement (décidément, quand est-ce que j'allai enfin en finir avec ce démon ?). Elle me scruta longuement, exprimant une nouvelle fois ce petit sourire en coin énigmatique et sincère à la fois. Elle avait l'air d'aller mieux pour le moment, mais son regard malicieux ne me disait rien qui vaille…

- Qu… quoi ? murmurai-je.

- Oh rien, fit-elle.

Elle sortit un carnet rouge de son sac noir, un peu plus grand que celui de Hiruma et prit le crayon gris de ses cheveux plus en bataille qu'ondulés, les laissant lâchés, toujours ce sourire aux lèvres.

- Un autre carnet de menaces ? soupirai-je.

- Non, un livre de dessins, répliqua-t-elle en riant.

Je me penchai sur son épaule, et vis qu'elle dessinait grossièrement, à petits gestes rapides et précis un visage (pour les bases, je pense…), dans la zone basse à droite de la feuille blanche. Je cernai un autre visage, au-dessus à gauche, mais ne parvins pas à deviner à qui pouvaient appartenir ces deux portraits.

- Tu dessines depuis combien de temps ?

- Depuis très longtemps, répondit-elle, depuis que je sais tenir un crayon, en fait.

Cette fille était vraiment spéciale… Etrange, mystérieuse, aussi. Elle cachait bien plus de choses qu'il n'y paraissait. Rien que sa réaction le prouvait : en quelques minutes, son visage était passé de la tristesse profonde au sourire presque serein. Elle portait sans cesse un masque…

Je levai les yeux de son début de dessin, les fermai et découvris mon visage au soleil. Je sentis ses rayons me caresser la peau, écoutai la brise légère, les oiseaux, le clapotis de l'eau et les cris lointains provenant de la cour et de la cafétéria. Tout était calme et apaisant, j'aurais voulu que cela dure toujours. Malheureusement, la sonnerie me tira de ma douce léthargie et j'allais proposer à la nouvelle de m'accompagner…

Mon inspiration fut coupée par la surprise : mon regard ne rencontra que le vide. Comme si le vent l'avait emportée, cette fille s'était complètement envolée. Etonnée, j'observai les alentours pour voir si elle n'était pas plus loin en train marcher pour rejoindre son prochain cours ; mais non. Elle avait disparu sans aucun bruit, ne me laissant que pour seule trace un message écrit d'une écriture fine sur un morceau de papier déchiré :

« N'oublie JAMAIS que tu ne t'appelles pas les autres. »

Oui, décidément, cette fille était bien étrange…

Je me levai, quittant le banc chauffé par le soleil et le campus pour rejoindre mon cours. Je parcourus le chemin du retour en quelques minutes, et remarquai que la brise auparavant légère avait relativement forci, filtrant à travers mes vêtements et faisant s'envoler mes cheveux.

J'arrivai devant le terrain de football américain, lorsque le morceau de papier se délogea de ma main et s'envola beaucoup plus loin. Je le suivis en instant des yeux, admirant sa danse désordonnée animée par le vent… qui se termina aux pieds d'un démon qui ne manqua pas de remarquer d'où il venait, sans pour autant afficher de sourire démoniaque ou quoi que ce soit…

Je fronçai légèrement les sourcils, me demandant quelle serait la réaction d'Hiruma.

Il prit le papier, le lut. Je recommençai à marcher, lentement, par nervosité, le fixant de mes yeux saphir, ne sachant pas s'il allait venir ou pas, s'il allait se moquer de moi ou pas. Il vint. Un léger (très léger) sourire aux lèvres apparut sur son visage, puis il me tendit le morceau de papier envolé.

- Je crois que t'as perdu ça, fuckin' manager.

Et il me planta là, sa kalachnikov sur l'épaule. Je le regardai marcher pendant quelques secondes, ses cheveux blonds en bataille, sa stature musclée et élancée se déplacer nonchalamment. Puis, je me rendis compte de l'ampleur de la signification de son geste : le fait qu'il m'ait rendu ce morceau de papier déchiré, et ne l'ait pas jeté, était une façon de me dire que pour lui je ne faisais pas partie des autres…

Je souris imperceptiblement. Si cette fille avait voulu que cela arrive, elle s'était particulièrement bien débrouillée. D'une façon ou d'une autre, j'étais certaine qu'elle avait prévu que le quaterback découvrirait les paroles écrites sur cette feuille déchirée…

Je levai la tête et regardai le ciel et les nuages défiler. « Il faudra que je lui pose la question, quand je la reverrais. » songeai-je.

Je calai le papier dans une poche intérieur de ma veste, riant sous cape de la bêtise que je venais de penser. Elle ne dirait rien. Probablement que j'aurais pour seule réponse un petit sourire en coin exprimant à lui seul tout le mystère qu'elle représentait…

Cette fille porte un masque sur son visage, un masque que j'ai fissuré. J'ignore pourquoi, mais j'ai la sensation que cela a été la première et la dernière fois…