Voili voilou... Je suis malade et coincée au lit, alors autant que ça profite à quelqu'un! Dernier chapitre de Barcelone. Avec enfin la scène que vous attendez tous. La suite arrivera bientôt, à Londres (Je ne sais plus si je vous l'ai déjà dit.) J'espère que ce chapitre vous contentera autant que le précédent. Vos reviews m'ont toutes fait TRES plaisir.
Bonne lecture et vive les reviews!
Chapitre 4 : Nouveau départ.
Elle leva les yeux en direction du ciel, et y distingua péniblement les étoiles à travers ses yeux mouillés de larmes. Elle ne voyait que des millions de petits points dorés qui brillaient dans l'obscurité de cette nuit. Elle ferma les yeux une seconde, puis tenta de se ressaisir. Elle regarda les alentours.
Elle était toujours au milieu de cette route. Elle n'avait pas remarqué combien cette avenue était large la première fois qu'elle l'avait traversé, tant à ce moment elle s'était montrée déterminée. Elle continuait de se mouvoir, faisant tantôt un pas sur sa droite, tantôt un pas sur sa gauche, tentant de regagner sa voiture.
Mais elle serrait la mâchoire. Cette situation lui paraissait bien trop injuste pour être vraie. Comment un dieu pouvait-il exister et lui faire subir cette épreuve? Elle ne cessait de pleurer, elle ne parvenait à se calmer. Elle entendait le bruit provoqué par ses très légers talons sur la chaussée. Elle porta une main à son front et la laissa là, complètement perdue.
Depuis combien de temps était-elle ici, sa lèvre inférieure coincée entre ses dents, sa main serrée sur une poignée de cheveux à la hauteur de son front, la tête légèrement penchée en arrière, les yeux mi-clos, alors qu'un torrent de larmes s'en échappaient, son sac à main qui pendait au bout de sa main droite, complètement perdue. Quelques secondes très certainement, pas plus. Et pourtant elle le ressentait comme une éternité tellement la douleur était vive. Elle avait honte de son comportement. Elle se serait trouvée bien ridicule si elle s'était vue. Depuis quand se conduisait-elle ainsi?
Elle entendit alors ces pas précipités derrière elle, mais elle n'y prêta aucune attention. Elle se sentait si seule au monde. Plus rien ne comptait. Elle l'avait revu, mais maintenant ses yeux, ses traits n'étaient une fois de plus qu'un souvenir.
Un cri retentit dans la nuit, brisant le silence de la rue où quasiment personne ne se trouvait.
- Ziva!
Elle reconnut instantanément sa voix masculine, et immédiatement sa respiration se bloqua. Elle avait oublié qu'il la suivait toujours. Elle avait traîné sur cette route, oubliant que lui n'avait cessé de se battre contre la foule et le temps, qui lui avait paru passer si vite. Tout cela dans le seul but de la rattraper.
Elle ferma les yeux et serra ses paupières fermement. Elle aurait tellement aimé pouvoir céder à cet appel, ou bien être une fois de plus dans un de ces nombreux rêves qu'elle avait pu faire depuis qu'ils s'étaient quittés.
Elle eu à peine le temps de se remettre à se diriger vers sa voiture, en courant cette fois, qu'elle sentit déjà sa présence derrière elle. Elle n'avait fait qu'un pas lorsqu'elle sentit une main puissante lui empoigner le bras et la retourner. Elle n'eu pas le temps d'aligner plus d'une pensée cohérente que déjà elle se trouvait bloquée contre ce corps musclé qu'elle avait tant désiré, un bras passant derrière son dos, la retenant contre lui. Elle n'eu pas le temps de dire un mot que déjà l'autre main se posait sur une de ses joues. Elle n'eu pas le temps d'avoir la moindre réaction, elle n'eu pas le temps de lever les yeux que déjà ses lèvres se posaient sur les siennes, comme si il s'était agi là d'un besoin vital.
Elle se sentit fondre en une seconde dans ses bras, alors qu'elle n'avait pas eu le temps d'apercevoir son visage. Elle restait raide contre lui, se laissant aller à ce baiser, oubliant tout le reste. Elle ne sentait plus que cette langue qui déjà cherchait à s'immiscer entre ses lèvres. Elle expira profondément, laissant s'évader toute sa peine, son chagrin et sa douleur, et écarta ses lèvres, n'attendant qu'une chose, que sa langue entre en contact avec la sienne.
Elle ouvrit alors les yeux, et vit qu'il avait fermé les siens. Elle posa sa main droite dans son dos, faisant redescendre son sac à main dans le pli de son coude, et plaça sa main gauche sur son épaule forte. Elle le sentit la serrer encore plus fort contre elle. Elle sentit leur baiser s'enflammer. Elle apprécia le goût de ses lèvres alors qu'elle les lui mordillait doucement.
Elle partagea le même sentiment que lui. Elle voulait le sentir. Le toucher. Le savoir là, tout contre elle. Que tout son corps en ait la certitude. Elle désirait s'enivrer de sa présence.
Elle laissa ses mains parcourir son corps, alors qu'elle sentait l'air lui manquer. Comme si il avait compris ce à quoi elle pensait, il s'écarta d'elle et rompit leur baiser. Il remonta doucement sa deuxième main au niveau de son visage, et une main sur chacune de ses joues, il serra son visage entre ses mains, le remontant, pour qu'enfin elle quitte sa bouche de ses yeux et que son regard plonge dans le sien. Il voulait voir son regard, alors qu'il tentait de reprendre sa respiration, l'excitation de la revoir et de la savoir là contre lui dans ses bras n'aidant pas.
Elle croisa enfin ses yeux, et ses lèvres s'étirèrent dans un fin et large sourire, elle respirait le bonheur. Il sourit à son tour à la vue de son visage brouillé par les larmes. De son pouce il les essuya, et le sourire de Ziva s'agrandit.
Elle passait tout son visage en revu. Elle ne voulait en perdre aucune miette. Elle voulait se souvenir à vie de la chaleur de ses mains sur son visage à cet instant. Elle voulait voir chacune des parcelles de sa peau. Le sourire de Tony s'agrandit lui aussi, et enfin il retrouva sa voix.
- Il y a longtemps que tu pleures? Lui demanda-t-il, serrant toujours son visage.
Il la vit amorcer un rire et se sentit comblé à cet instant, à l'abri de tous les massacres et de toutes les épreuves.
Il la rapprocha contre lui, étouffant son rire dans son cou, où il sentit son souffle chaud venir s'y perdre. Il se mit alors à rire lui aussi, et son nez se perdant dans sa masse de cheveux brun, il en sentit l'odeur qu'il avait tant aimé et qui lui avait tant manqué.
Ils restèrent ainsi de longues minutes, à simplement sentir la présence de l'autre et s'y agripper le plus fortement possible, désirant plus que tout avoir la preuve que l'autre était bien là contre soi. Ils se moquèrent bien d'être au milieu de la rue et de l'avis des rares passants qui pouvaient les observer. Ils étaient ensemble, rien d'autre n'avait d'importance. Jusqu'à ce qu'une voiture ne les klaxonne et qu'ils doivent reprendre contact avec la réalité qui les entourait.
Leurs doigts entrelacés, ils se dirigèrent alors vers la voiture de Ziva et gagnèrent rapidement la chambre d'hôtel de Tony, Ziva partageant la sienne avec Hadar.
Le bonheur de se retrouver laissa peu à peu place à la passion durant le trajet, et c'est avec ferveur que la porte de la chambre de Tony s'ouvrit, les deux amants échangeant un baiser fougueux. Les gestes avaient remplacés les mots.
Ils s'aimèrent dans cette pièce, passionnément, pendant de longues minutes, comme deux amants qui ne s'étaient pas vus depuis deux bien trop longues années, prenant le temps de réveiller chacun de leur sens et de se prouver tout leur amour. Chacun profitant au maximum de la présence de l'autre.
Ziva se cala ensuite confortablement dans les bras de Tony, refusant de plonger dans le sommeil. Un bras autour de ses épaules, il lui caressa doucement le bras alors que sa main à elle se perdait sur son torse. Chacun profitait paisiblement de la présence de l'autre.
C'est alors que, doucement, les premiers mots furent échangés. Doucement elle lui expliqua les raisons de sa présence à Barcelone, puis pourquoi elle avait fuit lorsqu'elle l'avait vu s'approcher. Doucement, elle lui exposa ses peurs. Doucement, elle lui avoua enfin devoir partir à 4 h 30 du matin, car son avion partait à 8 h.
Difficilement elle prononça ces paroles qui lui arrachèrent le cœur, et alors il comprit réellement ce qu'elle avait ressenti lorsqu'elle l'avait vu approcher dans cette salle noire de monde. Elle se sentit cruelle à cet instant d'ainsi briser chacun de ses espoirs, de ne pouvoir lui dire si un jour ils auraient l'occasion de se revoir.
Elle se contenta de lire cette tristesse dans son regard, et de le sentir la serrer un peu plus fort dans ses bras, comme si il refusait qu'elle lui échappe de nouveau. Elle l'entendit alors pour la première fois lui dire ces quelques mots.
Elle les pensait pour lui plus que tout à cet instant. Elle les ressentait pour lui dans chacune des parties de son corps, de sa vie. Ils lui avaient brûlé les lèvres plus d'une fois ces quelques mots depuis la dernière fois qu'ils s'étaient vus. Elle les ressentait pour lui depuis très longtemps. Et lui aussi. Elle se sentit sienne lorsqu'il le lui dit. Elle savait qu'il le pensait. Il savait qu'elle le pensait. Mais il le dit. Il lui avoua ses sentiments, comme quasiment jamais il ne l'avait fait. Elle savait être une des très rares personnes qui avait pu entendre ces trois petits mots sortir de sa bouche, elle en mesura toute l'ampleur.
C'est pourquoi elle lui répondit. Elle ne se contenta pas d'un « moi aussi » en réponse à ce « je t 'aime ». Elle voulait le lui dire elle aussi. Elle voulait qu'il s'en souvienne, qu'il en ait la certitude. C'est pourquoi elle aussi lui dit « je t'aime ».
Ils s'embrassèrent ensuite, sachant tout deux que ce baiser serait un des derniers qu'ils échangeraient. Il écarta alors légèrement ses lèvres des siennes, et lui expliqua qu'il allait s'endormir, qu'il le devait. Qu'il était 3 h du matin, et qu'il allait tout simplement fermer les yeux, et se laisser aller dans les bras de Morphée comme chaque soir. Il allait fermer ses paupières et ne plus les rouvrirent jusqu'au matin. Qu'il se réveillerait quand elle serait parti, et qu'il se contenterait de rester entre ces draps imprégnés de son odeur. Qu'ainsi il n'assisterait pas à son départ.
Il lui avoua ne pouvoir supporter de la voir partir et le quitter. Il ne pouvait simplement pas se faire à cette idée. Il lui demanda de ne pas le réveiller lorsqu'elle s'en irait, ainsi ce serait plus facile pour eux deux. Au pire il ferait semblant de dormir comme elle l'avait fait la dernière fois. Car ils ne pourraient supporter de se dire au revoir sur le pas de la porte, ils ne pourraient dans ce cas se faire à l'idée de se quitter, peut-être pour la vie.
Ils se regardèrent de longues minutes, puis la jeune femme rompit le contact et se serra contre lui. Il déposa un baiser sur ses cheveux et quelques minutes plus tard, il ferma les yeux et fut transporté au pays des rêves, tenant dans ses bras ce qui comptait le plus pour lui
Ziva sentit sa respiration suivre un rythme plus calme et régulier, et une larme glissa sur sa joue. Elle releva la tête et le regarda s'endormir. Elle releva la tête, et jusqu'à la dernière minute resta à le regarder dormir, à contempler les traits détendus de celui à qui elle laissait son cœur.
Elle se leva à contre cœur et s'habilla sans bruit au dernier moment, lorsqu'elle ne pu plus remettre à plus tard cet instant qu'elle avait déjà repoussé au maximum. Prête à partir, refusant l'idée de ne plus jamais avoir aucun contact avec lui, elle fouilla dans son sac à main, en sortit un vieux ticket de caisse et un crayon. Elle y écrivit péniblement qu'elle l'aimait, et ce pour la vie, que son cœur lui appartenait. Elle y écrivit des mots qu'elle n'avait jamais adressé à personne, et s'en étonna elle-même. Elle écrivit les mots qui lui paraissaient les plus justes. Elle déposa le petit bout de papier sur l'oreiller où elle se trouvait encore quelques temps auparavant.
Elle s'attarda une dernière fois à admirer son corps et son visage, puis vint délicatement poser ses lèvres sur les siennes. Elle s'assura qu'il dormait bien, puis le cœur en pièce se dirigea vers la porte de la chambre. Elle l'ouvrit et sortit en le regardant. Elle ferma doucement la porte puis se dirigea d'un pas automatique vers la sortie, vers Hadar, vers le Mossad et sa vie qu'elle haïssait tant.
Dans sa voiture elle arpenta les rues de Barcelone, songeant aux souvenirs qu'elle garderait à jamais de cette ville, et à la partie d'elle-même qu'elle y laissait. Elle alluma l'autoradio de sa voiture de location pour se distraire, en vain. Elle songea à Hadar alors qu'elle traversait cette ville vide de monde en cette heure. Même si il l'avait laissé partir plus tôt dans la soirée il devait guetter son retour. Elle se demanda ce qu'il penserait en la voyant revenir dans cet état, car bien qu'elle vienne de passer la meilleure nuit de sa vie, son visage était ravagé par la tristesse. Elle ressemblait à un fantôme plus encore que lorsque cela faisait deux ans qu'elle ne l'avait pas vu.
Puis inévitablement, ses pensées revinrent vers lui. Il ne quitta pas ses pensées durant de longues heures. Elle agit automatiquement, ne répondant que par monosyllabes à Hadar, jusqu'au moment ou enfin, dans l'avion, elle se laissa aller au sommeil, et la paix la gagna pour quelques heures. Elle n'était plus que l'ombre d'elle-même. Elle ne vivait plus que pour ce souvenir de Barcelone.
Tony s'éveilla tard dans la matinée, alors que Ziva somnolait déjà, quelque part au dessus de la mer méditerranée. Il comprit qu'il n'avait pas rêvé lorsque sa main heurta le tiqué de caisse posé sur l'oreiller à ses côtés, et il sentit à ce moment une boule se former dans sa gorge. Peut-être aurait-il mieux valu que tout ça ne soit qu'un rêve, pensa-t-il alors qu'il enfouissait sa tête le plus loin possible dans son oreiller, désireux de regagner la sérénité qu'il possédait encore à la première seconde de son réveil. Il voulait pleurer mais n'y parvenait pas. Il aurait tant aimé pouvoir encore tenir sa main. Il lut et relut le mot qu'elle lui avait laissé à s'en user les yeux, mais n'y toucha qu'au dernier moment, lorsqu'il dû quitter la chambre et y abandonner les dernières traces de la jeune femme.
Jamais plus ils n'évoqueraient Barcelone sans se remémorer cette nuit, ce ticket de caisse et ces quelques mots, sans repenser à tout cet amour qu'ils s'y étaient donné, à tout ce qu'ils y avaient laissé. Sans ressentir ce manque, ce sentiment cruel d'injustice leur brûler les entrailles. Sans penser à ces milliers de kilomètres qui les séparaient, sans se demander ce que l'autre était devenu, et où les aléas du métier l'avaient mené. Sans s'interroger sur la distance réelle qui les séparait à l'instant où ils pensaient à l'autre, sans se demander si, un jour, de nouveau, leur chemin se croiseraient.
