Avant de commencer la lecture de ce chapitre, merci de relire le chapitre 2, que j'ai modifié.
Merci de votre compréhension.
Chapitre 3 : Le mystère s'intensifie
Sebastian était à présent dans la bibliothèque, occupé à dépoussiérer les étagères à l'aide d'un plumeau. Il accomplissait ce travail avec minutie, et tenait à ce que toute la bibliothèque resplendisse de propreté. Après tout, s'assurer que le manoir était en parfait état était la moindre des choses pour un majordome de la famille Phantomhive.
Après avoir passé de longues heures à passer le balai, dépoussiérer les étagères, ranger les livres et chasser les rats, Sebastian avait enfin terminé sa tâche. Étant conscient que cela faisait de longues heures qu'il travaillait, le beau majordome sortit sa montre argenté afin de savoir l'heure. Il était onze heures, son jeune maître devait sûrement avoir faim. Que vais-je lui préparer aujourd'hui? se demanda Sebastian tandis qu'il sortait de la bibliothèque. Plus les jours passent et plus le nombre de choix de plats deviennent limités… et puis le jeune maître est plutôt difficile en ce qui concerne la nourriture.
Songeur, Sebastian traversa les longs couloirs du manoir avant de parvenir à la cuisine. Dès qu'il eut entré dans la vaste pièce, il s'empara de son tablier blanc, qui traînait sur le comptoir. Il le revêtit, avant de fouiller les diverses armoires à la recherche d'ingrédients pour préparer le repas du maître. Que vais-je lui concocter aujourd'hui? songea le beau démon. Du poisson, des pâtes italiennes, du veau, de la soupe… qu'est-ce qui pourrait bien faire plaisir à mon cher maître?
Après une petite réflexion, l'élégant majordome finit par opter pour du poisson blanc accompagné d'une salade et d'un thé Earl Grey. Pour le dessert, il décida de cuisiner un délicieux shortcake aux fraises. Oh oui, Ciel Phantomhive allait adorer!
Déterminé, Sebastian coupa la tête du poisson et mit le reste dans le four. Ensuite, il mit dans la casserole tous les ingrédients nécéssaires pour réaliser une délicieuse sauce hollandaise, qu'il appliquera sur le poisson. Lorsqu'il eut fini de préparer la sauce, il plongea une cuillère dans la casserole afin de goûter à son chef-d'œuvre. Lorsqu'il eut porté la cuillère à sa bouche, il eut un sourire fier. Tout simplement exquis, mon jeune maître sera ravi, pensa le majordome.
C'est ainsi que, sitôt cela fait, il commença à concocter la salade. Il lava la laitue qui servira à faire la salade et la mit dans un petit bol. Il s'empara alors d'une tomate avant de la couper en petits morceaux avec un couteau tranchant. Puis, il mit les morceaux dans la salade, et fit de même avec les carottes et les concombres. Sitôt cela fait, il versa sur la salade une délicieuse vinaigrette de son invention.
Tandis qu'il préparait la salade, le majordome ne put s'empêcher de se perdre dans ses pensées. Tant de choses s'étaient passés ces temps-ci… et cette lettre! Sebastian n'arrivait pas à oublier cette mystérieuse lettre de menaces. Qui l'avait écrit? Le majordome avait tant d'ennemis, comment deviner qui aurait bien pu le menacer de la sorte?
Tout en réléchissant, Sebastian s'occupa du thé. Il fit bouillir l'eau et y trempa des feuilles de thé Earl Grey, le thé préféré de Ciel Phantomhive.
Qu'est-ce que l'auteur de la lettre a-t-il voulu dire par : "Tu subiras la pire des tortures"? songea Sebastian tout en plongeant les feuilles dans l'eau bouillante pour en faire du thé. Je n'ai rien à craindre tant que je sais que ces menaces ne sont adressées qu'à moi, mais que faire si mon mystérieux détraqueur s'en prend un jour au jeune maître? Je dois être très vigilant… le jeune maître a beau sembler invincible, ce n'est qu'un enfant… il est tellement fragile.
Lorsque midi sonna, tout était prêt. Sebastian déposa le repas ainsi que les ustensiles de son maître sur un plateau d'argent et admira son travail : un beau poisson blanc orné de succulente sauce hollandaise trônait au centre du plateau. Il était accompagné d'une belle salade verte contenant des morceaux de tomates, de carrottes et de concombres, ainsi que d'un morceau de shortcake aux fraises et une tasse de thé Earl Grey. Fier de lui, Sebastian prit le plateau dans ses mains et parcourut les longs couloirs du manoir afin d'aller retrouver son maître, qui travaillait encore dans son bureau. À présent, Sebastian oublia complètement la lettre de menaces : il allait retourner auprès de son maître et cela l'emplissant de bonheur. Il n'avait plus à s'inquiéter car il sait qu'il ne pourra rien n'arriver à Ciel tant qu'il sera à ses côtés pour le protéger.
C'est ainsi que, dès que le majordome trouva la porte menant au bureau, il cogna à la porte.
- Entrez, répondit une voix venant de l'autre côté de la porte.
Sebastian ouvrit la porte et pénétra dans le bureau, plateau à la main :
- Je vous apporte votre repas, jeune maître, déclara-t-il en s'avançant avec son élégance habituelle.
- Il était temps, grommela Ciel.
N'importe qui aurait été choqué devant ce manque de gratitude dont faisait preuve le jeune Phantomhive, mais Sebastian y était habitué. En effet, Sebastian n'avait pas besoin de « merci », car il savait que, à l'intérieur de lui, Ciel lui était reconnaissant.
Docile, le beau majordome se contenta de déposer le plateau d'argent sur le bureau de son maître.
- Bon apétit, jeune maître.
Ciel baissa les yeux sur son plateau, l'air sceptique. Il s'empara alors d'une petite cuillère en argent et prit un morceau de poisson blanc garni de sauce hollandaise. D'un geste gracieux et élégant, il porta la cuillière à ses lèvres et goûta. Dès que le poisson eut pénétré dans sa bouche, un petit sourire se dessina sur le visage du garçon. Le plat était cuit à la perfection, la texture était agréable et le goût délicieux et savoureux. Un vrai délice! En voyant l'expression ravie de son maître, Sebastian sourit.
- Le jeune maître aime-t-il le repas que je lui ai préparé? demanda poliment le beau démon.
Perdu dans ses pensées, Ciel reprit ses esprits avant de se rendre compte qu'il était en train de sourire. Gêné, il se ressaisit aussitôt et tenta de retrouver son habituel air arrogant et ennuyé, avant de répondre d'une voix neutre :
- C'est… assez acceptable, en effet.
Cependant, cette réponse n'illustrait pas vraiment le fond de sa pensée. Si Ciel n'avait aucun sens de l'honneur, il aurait répondit « oui! » avec enthousiasme. Mais souvenons-nous que l'on parle ici de Ciel Phantomhive. Très préoccupé par sa réputation, ce n'était pas son genre de rire ou de répondre avec un enthousiasme enfantin. Non, le jeune noble était un garçon fier, qui en aucun cas ne laissait paraître ses sentiments ou sa reconnaissance. Sebastian l'avait bien compris, alors c'est ainsi que, à force de passer du temps avec Ciel, le démon connaissait toutes ses expressions faciales par cœur, et pouvait quasiment lire dans les pensées de son maître. Donc, il savait également que se faire dire que ce que l'on fait est « acceptable » pouvait sembler anodin, mais venant de Ciel Phantomhive, c'était un véritable compliment. C'est pourquoi il fut touché, car c'était la première fois que Ciel le complimentait. Visiblement reconnaissant, il s'inclina davant son maître :
- Cela me fait chaud au cœur de savoir que vous appréciez, jeune maître, dit-il sincèrement.
Ciel ne répondit pas (il n'avait jamais été très bavard, de toute façon) et continua de manger. Sebastian rappela alors à son jeune maître le programme de la journée :
- Cet après-midi, vous aurez un cours de danse, ainsi qu'un cours de violon.
- Je déteste la danse, grogna Ciel, mécontent. Annule le cours d'aujourd'hui.
- Pourtant vous n'avez pas le choix, riposta gentiment Sebastian. Si vous êtes invité à une fête, des jeunes filles voudront sûrement danser avec vous. Vous ne voulez pas leur faire honte, tout de même.
Le visage de Ciel s'assombrit. Pourquoi Sebastian avait-il toujours le dernier mot!? Après tout, lui, Ciel Phantomhive, était le maître et Sebastian, un vulgaire serviteur! De quel droit contestait-il ses ordres!? Frustré, le jeune garçon se tut et se contenta de continuer son repas, essayant d'oublier ce qui venait d'arriver. Après tout, perdre ainsi son calme serait indigne de l'héritier des Phantomhive.
Le reste du repas se déroula dans le silence le plus complet, Ciel savourant avec apétit le délicieux repas que lui avait préparé son serviteur. Lorsque le repas fut terminé, Ciel déposa ses ustensiles sur le plateau. Sebastian lui demanda alors, curieux :
- Le jeune maître a-t-il apprécié ce repas? interrogea l'élégant majordome avec un sourire irréristible aux lèvres.
Ciel fit simplement oui de la tête avant de s'adosser davantage à son fauteil, repu. Tout en débarrassant le bureau du plateau, Sebastian questionna, avide de réponses :
- Jeune maître, si cela ne vous dérange pas j'aurais une question à vous poser.
Ciel se redressa brusquement. Il dut avouer que son serviteur venait de piquer sa curiosité.
- Que me veux-tu, Sebastian? demanda-t-il d'une voix neutre afin de cacher son étonnement.
- Vous vous souvenez de la nuit dernière, je suppose? Celle où je vous avais confié mes sentiments…
- N'y pense même pas, coupa brusquement Ciel d'un ton sec. Mon âme t'appartient, certes, mais notre contrat ne va et n'ira pas plus loin. Est-ce clair?
Sebastian fut légèrement déçu, mais n'abandonna pas. Il était convaincu que son maître l'aimait, mais celui-ci refusait de cracher le morceau. Comment le convaincre d'avouer ses sentiments…?
Songeur, le séduisant démon sortit alors de la pièce, plateau à la main. Tandis qu'il progressait dans les vastes couloirs du manoir tout en réfléchissant sur comment séduire Ciel, une vision des plus étranges s'offrirent à lui.
Le beau majordome aperçut Finnian, un jeune jardinier effeminé au cheveux roux et aux yeux verts, Bardroy, un cuisiner viril aux cheveux blonds, et May Linn, une jeune femme gaffeuse aux cheveux rouges et aux grosses lunettes. Les trois compagnons couraient dans tous les sens dans les couloirs, et ils poursuivaient une bande de rats qui avaient réussi à pénétrer dans le manoir. Tout cela donnait une belle pagaille : Finnian tentait d'écraser les rats avec une pelle, May Linn leur donnait des coups de balai, et Bardroy les poursuivait en les menaçant avec son lance-flammes. Les rats partaient dans tous les sens, et les trois serviteurs ne savaient plus où se donner la tête. Coups de pelle, coups de balai, cris, chutes… toute cette pagaille faisait un bruit infernal, un vacarme qui résonnait dans tout le manoir. Les rats couraient à une vitesse folle pour leur petite taille, et Finnian, May Linn et Bardroy peinaient à les suivre.
Sebastian ne put s'empêcher de soupirer bruyament devant cette scène des plus ridicules. Exaspéré, le majordome marcha en direction de la cuisine pour y porter le plateau. Cependant, dès qu'il fut entré dans la pièce, quelque chose capta son attention.
Sur le mur d'habitude impeccablement blanc, un message écrit en grosses lettres rouge sang disaient les mots suivants :
"Tu seras tellement humilié que même Ciel Phantomhive ne voudra plus de toi."
Ce qui se déroula par la suite fila à une telle vitesse que Sebastian n'y comprit plus rien. À peine le démon eut-il lu le message qu'il sentit quelque chose de métallique se fracasser sur sa tête. Il s'évanouit aussitôt, à bout de forces.
