Recovery Girl a remporté l'album photo souvenir de leur belle relation. Quatre ans, et tant de mémorables instants. Quel dommage qu'Izuku ne sourie pas davantage, mais bon il le lui a dit, il n'est pas photogénique, il est nul. Bakugo Katsuki, 26 ans, bourreau et héros déchu, emmêlé dans des draps qu'il a choisi pour linceul, tord ses lèvres cruellement, secoué d'un rire silencieux, sans plus savoir de qui il se moque.
C'est tellement absurde.
Il y a quelque chose de féroce qui remue en lui, quelque chose qui n'est pas de la colère, plutôt un désir, comme une démangeaison, de gratter et creuser au niveau de son ventre, là où cela noue, de creuser et voir quels serpents vont en sortir, quelles couleuvres, quel nid grouillant de vipères peut se cacher là. Surement, leur venin noir jaillirait d'abord sous ses ongles, un venin noir dont il est tout rempli, qu'il peut sentir clapoter derrière ses oreilles, quelque chose de répugnant qui croupit à l'intérieur de lui. Surement, les viscères sortiraient en se tortillant et pousseraient des sifflements, surement il pourrait alors voir au grand jour cette hydre qui le bouffe de l'intérieur, la preuve du mal doit être inscrite en lui, quelque part, dans sa chair. Il faut bien, il le sent, que cela ait une forme, une réalité tangible. Ce serait un soulagement de lui faire face et de se dire : "ah, voilà le monstre que je tue."
A vrai dire, il ne se souvient pas des "incidents". Quand il ferme les yeux, ce sont les photos qui dansent devant lui - il sait qu'il l'a fait, mais il peine toujours à donner une réalité à ses actes. Il peut retracer des moments avant, après. Des éclats de violence. Des cris. Des échos de ses pleurs. Mais les explosions, les crises elles-mêmes, se dérobent à sa conscience. Il essaye de comprendre. De réaliser.
Il revoit une nuit.
C'était après. Après une de ses explosions.
Il ne dormait pas depuis que la porte d'entrée avait claqué. Il restait les yeux grands ouverts. Les chiffres digitaux du réveil indiquaient, luisant d'un rouge fluorescent, 03 : 28. Il les fixa sans cligner des paupières jusqu'à ce que le 8 se mue en 9.
Deku était parti. Il avait eu de lui ce qu'il voulait - tout ce qu'il voulait. Et maintenant la place à côté de lui se refroidissait ; là où son érection irradiait l'ardeur dans tout son corps, le membre ramolli lui inspira un vague dégoût. Ses membres étaient lourds, dolents ; le sexe brutal et pulsionnel avait éteint colère comme désir ; il aurait dû s'assoupir d'un sommeil de plomb, écouter son corps qui s'endormait - mais le bruit de sa propre respiration lui semblait trop bruyant, il frissonna, la sueur glacée sur lui.
Il attendit - en général, il lui fallait deux, trois heures. C'était long, il aurait voulu dormir - il avait du travail le lendemain, mais le sommeil ne voulait plus de lui.
Trois heures. Sauf s'il avait eu la main trop lourde. Les soins duraient plus longtemps, et il ne rentrait pas.
Parfois il envisageait aussi que peut-être, il ne voulait pas revenir.
Les minutes passèrent. Il avait ouvert la fenêtre. Lentement, laborieusement, le remord se frayait un chemin dans son champ de conscience étréci. Il se heurta vite à son égo. A aucun moment, Katsuki n'était capable d'envisager qu'il aurait pu agir différemment. Chacune de ses actions avait eu, avait toujours une justification.
Plus le temps passait et plus l'anxiété le menaçait, comme une marée qui monte par une nuit sans lune, tout doucement, dont on perçoit uniquement le clapotement, de plus en plus proche, qui vous lèche les pieds, et sans s'en apercevoir, on est déjà isolé, sur un rocher obscur, entouré par cette immensité noire, et bientôt les vagues balayeront et emporteront tout.
Il détestait les ploucs, les minables, les nullards qui l'entouraient. Il détestait être seul. Il détestait être seul, la nuit, quand il ne pouvait pas dormir. Il était de plus en plus réveillé. Deku ne revenait pas. Son estomac se noua à l'idée que cette fois, peut-être...
Bon débarras, songea-t-il sans conviction ; qu'il se barre. Il l'avait pensé tout à l'heure, quand il avait explosé. Qu'il puisse le vouloir, son départ, le désirer avec autant de hargne, de dépit et d'obsession, pour qu'il se vide ensuite comme un ballon plein d'air - que du vent - pour qu'il en vienne au regret ? C'était n'importe quoi.
Faut que j'arrête de péter les plombs, je pourrais le détester tout le temps.
Il se leva, alluma toutes les lumières, mit des gants, un foulard autour de ses cheveux, un tablier, et se lança dans un grand nettoyage. Le bordel qu'il avait mis dans le salon était indescriptible. Il allait falloir refaire poser du carrelage, racheter des assiettes (il se traita d'imbécile en constatant qu'il avait cassé des bols en céramique auxquels il tenait, pourquoi ne pouvait-il pas s'en tenir à la vaisselle bon marché ?).
Il récurait soigneusement chaque centimètre de l'appartement. Il n'eut presque pas de vertige quand l'eau de son seau se teinta de rose
- ce n'est rien - s'il ne revient pas ? - qu'est-ce que tu as fais ? - c'est bon, c'est rien, rien du tout, faut pas abuser, il va bien, pas la peine d'y penser -
il effaçait toutes les traces de sa colère, minutieusement, avec une application maladive, et il mit la radio en fond pour se donner un peu de nerf. Il était quatre heures trente du matin et Katsuki lavait, frottait et récurait comme la parfaite ménagère des années 50. Il se mit même à fredonner absentément un refrain à la mode en rythme sur la musique. Une fois qu'il eut fini, il commanda sur internet du carrelage, les assiettes. Tout devait revenir à son état d'origine, comme ça quand ce minable reviendrait, il n'aurait pas de reproche à lui faire. Il replaça une grande figurine qui avait glissé de quelques centimètres à son emplacement d'origine. All Might le fixait avec son grand sourire depuis son étagère. Ça avait quelque chose d'un peu morbide. Il le tourna de l'autre côté. La pièce de collection préférée de Deku. Peu importe à quel point il avait protesté qu'il n'allait pas avec la déco, sur ce point, le nerd n'en avait jamais démordu, All Might trônait sur le meuble télé. Katsuki entreprit de le dépoussiérer avec une attention maniaque, et un brin masochiste. Comme s'il cherchait à l'intégrer à son univers mental, son petit monde domestique bien sous contrôle, comme si c'était un objet qu'il avait choisi. Pas l'icone souriante d'une ancienne idole qui le fixait sans rien dire.
Il était six heures.
A huit heures, il se rendit au boulot.
A 10h34, il n'y tint plus. Il lui envoya un texto. Il patienta très précisément trente minutes, sans réponse, avant d'en renvoyer un autre. Les deux arrestations qu'il fit ce jour là se déroulent dans le brouillard ; il n'y avait que la sensation du portable dans sa poche, qui ne vibrait pas. Plus le temps passait, plus il se forçait à augmenter l'intervalle de ses messages. Il ne voulait pas montrer de dépendance, mais plus il se retenait, plus le courroux revenait et les messages se faisaient de plus en plus violents, au point qu'il en oublie toute prudence.
12h20 : Si tu me donnes pas de nouvelles dans 5mn je te jure je me pointe à ton agence je tape un scandale.
12h33 : Tu veux vraiment me pousser ? Tu joues au con ?
14h52 : Je vais foutre toutes tes affaires dehors et faire changer la serrure.
16h02 : Tu te crois si malin, t'as pris la grosse tête avec tous tes fans, mais tu serais jamais arrivé là sans moi. Tu n'es capable de rien. Tu crois que quelqu'un voudrait de toi pour quoi ? Ta conversation de cassos ? Ton corps ? Tes mains toutes déformées ? Eijiro au moins était baisable ! T'es jamais content, tu te plains sans arrêt, tes sourires sont faux, tu joues la comédie mais je vois clair dans ton jeu, t'as tiré le bon numéro de loterie mais c'est tout ce qui fait de toi un héros, un homme, tu me fais pitié pauvre tache
16h48 : Si tu me trompes, si jamais tu me fais ça, si même tu y penses, je vais te buter
18h12 : Deku sale petite merde réponds moi
Il n'y avait pas de trace du numéro 1 dans les news sur internet. Ce n'était pas normal. Il craignit le pire. Est-ce qu'il était à l'hôpital ? Est-ce qu'il avait tout déballé ?
Pourtant à 18h45, dans le taxi, il reçut :
Désolé Kacchan, j'avais oublié mon tel en silencieux. Je rentre dans 30mn. Désolé.
Menteur.
Il serra les poings. Il allait lui payer.
C'était avant. Avant qu'il le frappe de nouveau. Il en est certain, malgré la suite qui s'embrouille dans sa mémoire, ce soir-là, il a attendu son compagnon pour un surcroît de violence.
Toute sa vie peut s'enchaîner de la sorte, fragments de récit entre crochets, parsemée de points creusés en négatif, dont il n'est pas difficile de deviner le contenu. La colère comme une mélodie sous-jacente, avec ses hauts et ses bas, relie les scènes absentes. On peut tout interpréter de la sorte : c'était après, c'était avant. En fait c'était toujours après et avant, et dans les derniers mois, le rythme avait atteint une cadence paroxystique, s'était emballé au point que ce qui semble entre parenthèse, ce ne sont pas ses crises de violences, mais les histoires dont il les enrobait, sa "vie", son occupation de héros, ses pseudo-efforts pour vivre avec Deku. Il n'est pas schizo, il savait ce qu'il faisait. Il l'acceptait comme si ça avait été une force de la nature, une tempête ou un orage. "Si je suis poussé à bout, je vais craquer. Deku le sait. Il n'a qu'à faire attention." Il était résigné à suivre sa nature violente et, à force, se complaisait dans son sadisme. Lorsqu'il était trop sur les nerfs, son esprit se délectait à lui présenter des images de ce qui pourrait arriver à Deku en représailles, une fois rentré. Il n'était pas sans ressentir une certaine épouvante - il sentait la pente glissante sur laquelle il était engagé, et les pulsions qui lui donnaient cette illusion de contrôle et de puissance étaient de fait ses pires tyrans ; il le percevait confusément, qu'il n'était pas libre, et s'agitait parfois contre ses liens, pressentant la catastrophe à venir. Mais le mal irréparable qui avait été commis, les cruels réflexes figés par les années, son mode de pensée abruti de narcissique qui répète encore et encore les mêmes discours, tout cela rendait impossible son changement. Il aurait fallu admettre qu'il avait fini par détester son travail, mais s'acharnaît néanmoins à regagner quelques places dans un classement dont il devinait pourtant la vacuité ; reconnaître qu'il avait failli sur toute la ligne, que sa vie était un échec et que rien n'avait de sens. Et cela n'était encore que la destruction programmée de son égo. Il aurait fallu, surtout, affronter ce qu'il y avait dans les yeux de Deku. Redevenir humain, c'était reconnaître les sentiments des autres ; et voir la destruction qu'il avait semé autour de lui. Il aurait fallu se souvenir de sa promesse, de ce qui aurait pu être différent ; ce qu'il lui restait de coeur, quand il n'était pas un animal piloté par la rage, le désir et la peur, il l'employait à s'apitoyer sur son propre sort. Si l'on devait retenir la vraie dominante de son caractère, ce n'était ni la force ni la fierté, sa confiance en lui s'avérant aussi inconstante que la fluctuation de ses affects - non, c'était la lâcheté, la fuite permanente de la réalité, ce refus de voir les autres et ce qu'il était devenu, qui le définissait le mieux.
De l'extérieur pourtant, Bakugo Katsuki était un homme ombrageux et cynique, efficace et perfectionniste, aussi dur avec autrui qu'il l'était envers lui-même. Il incarnait l'un des héros les plus puissants de sa génération et ce n'était que son comportement parfois anti-social, ainsi qu'un échec à faire les compromis nécessaires avec le système en place, qui l'avait condamné à ne jamais atteindre le sommet de l'échelle. Il avait beau tenter de "juste faire son travail", la réalité impliquait qu'on trempe dans des affaires louches, des intérêts privés, qu'on se soumette à un tas d'influences et de luttes de pouvoir, pour obtenir les fonds ou la marge d'action nécessaire à la réussite. Briller sous les projecteurs, c'était le résultat autant d'une dévotion exceptionnelle à l'héroïsme, qu'il avait, que d'alliances, d'entreprises de séduction, de manipulation, tout un agenda de l'ombre que Katsuki n'avait pas la subtilité de suivre. Ou, pour être plus juste, il avait trop d'intelligence pour ne pas voir les ficelles tirées dans l'ombre, et trop de fierté pour accepter de n'être qu'une marionnette. Cela l'avait conduit à faire des erreurs, froisser les mauvais appuis, et quand il s'était résolu à ravaler son orgueil, il était déjà trop tard. Deku, qui avait toujours été son souffre-douleur, permettait de lâcher du leste et de supporter sa décevante existence ; il lui en voulait personnellement, et leur intimité ne faisait que rendre le poison plus violent.
Voilà ce qu'était la vie du jeune héros, avant que l'attaque de Shigaraki et la rébellion de son copain ne porte un coup d'arrêt à ses abus. Une surface ; un secret ; et dans les interstices, des abîmes de noirceur qui n'en finissaient plus de se creuser.
Et comme on passe sa langue sans cesse sur le trou d'une dent qui vient d'être arrachée, il trompe à présent sa douleur en cherchant ces failles dans ses souvenirs. Il prend peu à peu conscience de ce qu'il a occulté ; ces photographies dont les images surviennent parfois comme des coups de poignard, de brusques flashs qui le font sursauter dans la brume qui voile son esprit sous l'effet des médicaments et de l'infection.
Le souvenir qui lui est revenu date d'il y a un mois sans doute. Il ne sait plus, il était trop occupé avec le boulot pour vraiment faire attention. Il ne pensait qu'à ça. Sa carrière de héros. Sa carrière qui foutait le camp. Rattraper le coup. Travailler plus. Il valait mieux ne pas rentrer, parce qu'il n'aurait pas à voir Deku et le temps, l'attention qu'il désirait. Il valait mieux ne pas rentrer, parce qu'alors, alors ça allait péter, et il a perdu le compte, il ne faisait pas attention, sans doute, plusieurs fois par semaine, désormais...
Plusieurs fois par semaine, Izuku était la victime de ses poings, de sa rage.
Plusieurs fois par semaine, il - il revoit les images morbides- il le torturait.
Il serait faux de dire qu'il est amnésique ; partiellement, peut-être. C'est simplement qu'il s'arrangeait pour ne pas y penser après coup. Qu'il ne ramenait jamais ces souvenirs-là à la surface. En somme il gérait la violence domestique comme il gérait sa carrière ; ça le préoccupait, il avait des bouffées de remords, il planifiait, tempérait, retardait ou précipitait l'inévitable. Mais il refusait de voir le résultat, de s'attarder sur ces moments, de constater les conséquences. Donc il a tout simplement cessé de regarder Deku ; autrement que comme son fantasme honni, autrement que comme son ombre.
Non.
Non, il n'arrive pas à imaginer la souffrance d'Izuku. Ce qu'il pouvait ressentir. Ça le dépasse totalement.
Il a toujours été une merde pour ces histoires d'empathie.
Je te jure, quand tu te mets à la place des autres, tu te rends compte que tu n'es pas si nul, qu'ils ont les mêmes problèmes que toi.
"Ta gueule, Tête d'Orties." marmonne-t-il à l'ampoule qui le surplombe, qui lui brûle les yeux. Quand ils étaient encore au lycée, quand ils étaient encore amis, quand ils étaient, même, un peu plus que cela, Eijiro a tenté de l'aider. Il ne l'a pas vraiment écouté, à ce moment ni jamais, et c'est sans doute pourquoi ça n'a pas marché. Pendant un temps, ça a été différent. Une de ces occasions, une de ces éclaircies, où quelqu'un est venu à sa rencontre lui apporter un peu de lucidité. Mais le garçon égaré n'a pas voulu écouter : il voulait rester fort. Il devait rester fort. Même si c'était faire semblant. Et puis les masques se sont confondus avec lui. Il savait qu'il était un genre de connard, il assumait, il pensait que ça n'était pas une tare. Qu'il était quand même un héros. Deal with it. Il était lui point barre. Colérique, désinhibé, impatient, franchement désagréable, la plupart du temps. Il n'avait pas compris jusqu'où cela allait. A quoi ça le mènerait.
Honnêtement, il ne pige pas pourquoi, ni comment. Il est fatigué, et il a mal.
Entre ses paupières lourdes la lumière au plafond s'estompe. Un visage qui n'a pas de visage lui apparait sans prévenir.
Lui. C'est de sa faute.
La récidive des criminels, la sécurité de l'état... Des conneries. Des arguments en l'air. C'est pour lui qu'il a dit ces conneries sur la peine de mort, ces quelques phrases maladroites qui ont achevé de briser sa carrière. Cette opinion polémique, qui a entaché sa réputation, s'est refermée comme un plafond au dessus de lui, s'assurant qu'il ne remonterait plus dans le classement.
L'idée qu'il soit enfermé à jamais le mettait mal à l'aise. Qu'il puisse un jour s'échapper.
L'idée qu'il soit toujours en vie, après ce qu'il a fait.
Il voulait qu'All for One paye pour ses crimes. Ce monstre. Celui qui a dévoré l'espoir, tué les idéaux de ce monde. Les leurs. Les siens. Alors il a dit, lors d'une interview, qu'il faudrait réautoriser la peine de mort. Peut-être que si on l'avait exécuté, la haine qui le rongeait aurait enfin disparu.
"Tch."
Il faut être cohérent. Cette haine n'est qu'un voile d'illusion qui le sépare de l'ennemi public. Shigaraki avait raison.
Shigaraki avait raison, et il faut aller jusqu'au bout de ses convictions. Les vilains ne peuvent pas changer. Et les monstres, les monstres méritent la mort.
Il prend un cachet qui endort la douleur, qui atténue tout, le plonge dans le coton d'un brouillard vague et nauséeux. Il ne veut plus penser. Il n'y a plus qu'à attendre. Il ne comprend pas, ne comprendra jamais. Ni la douleur d'Izuku, ni son erreur, ce qui ne tourne pas rond chez lui, et surtout pas comment il a pu tordre et brûler cette main, cette main déjà blessée et meurtrie, meurtrie de trop tendre vers lui, de toutes ses forces.
Cette main tendue vers lui, cette main, celle qu'il avait saisie.
Notes :
Bonne année à toutes et tous ! J'espère que vous allez bien et que vous avez aimé ce nouveau chapitre :3
Je réponds ici aux commentaires vu qu'un certain nombre n'ont pas de compte. Désolé pour le "gonflage artificiel de mots", j'aime trop discuter des personnages ! xD
Cali :
"J'aimerai beaucoup un flashback voir leur début en vie de couple pour avoir un apperçu de la cruauté grandissante de Katsuki et les reactions d'Izuku avant le soir de la fameuse attaque et puis ils ont quand même du avoir des bons moments ensemble je suppose"
Bon bah tu as un flash-back de leur relation, mais pas des bons moments !... Il y en aura un autre dans le chapitre 5. Plus tard, j'ai l'intention d'en inclure sur leur relation avant qu'ils soient officiellement en couple, parce que la période à UA est déterminante pour comprendre comment on en est arrivé là. Comme on est du point de vue de Katsuki, et qu'il réalise peu à peu la gravité de ses actes, on ne se concentre pas vraiment sur le "positif", d'autant que je ne veux pas donner la fausse impression que "malgré les mauvais côtés, ça en valait la peine". Leur relation est un beau gâchis et même s'ils ont clairement une relation passionnelle (et co-dépendante), c'était une erreur de se mettre ensemble dans les circonstances où ils l'ont fait. L'autre raison c'est que la fic devient très introspective et tournée vers le passé ; c'est normal vu mon thème mais je veux aussi faire avancer l'histoire et il faut que je fasse attention à ne pas trop surdévelopper le passé par rapport au présent. Je vais donc plutôt te répondre ici car je ne suis pas sûr de montrer ça dans la fic.
Katsuki s'est mis en couple avec Izuku quelque temps après avoir été rejeté par Eijiro, pour des raisons qui seront explicitées plus tard. C'est arrivé par la force des choses, les deux partageant un très fort lien, ils étaient attirés l'un par l'autre et... ce qui devait arriver arriva. A la base Katsuki était réticent vis à vis de ce qu'il éprouvait pour Izuku, il a toujours eu des sentiments très ambivalents à son égard, et de fait leur relation était d'abord charnelle et n'a jamais été totalement dénuée de violence. Mais Bakugo a beaucoup souffert d'avoir perdu Kirishima et s'est retrouvé très angoissé par l'idée d'être seul. Il a essayé de bien faire ; de jouer et le jeu et de sortir officiellement avec Izuku, pour ne pas répéter les mêmes erreurs. Il a donc passé du temps avec lui, il s'est montré protecteur et possessif, et il a traité sa relation comme une part de sa vie qu'il voulait réussir au mieux, même si c'était compliqué pour lui de gérer la façon dont ils étaient perçus de l'extérieur. Il y a donc bien eu l'effet "lune de miel", une période où la relation était plutôt positive même si dans les faits, le besoin de contrôle de Katsuki était déjà un problème. Au moins il faisait des concessions et considérait son compagnon suffisamment pour l'observer et essayer de lui faire plaisir. Surtout, il essayait de construire quelque chose avec lui et il avait de réels sentiments à son égard ; il y a eu un moment où il a appris à connaître Deku d'une façon nouvelle par le biais de cette relation et où ils ont été réellement intimes ; en particulier parce que Katsuki s'est reposé sur Izuku et s'est autorisé à être vulnérable. En étant cynique on peut dire que c'est pour panser les plaies de sa relation précédente, ça n'a pas duré, car il y avait des dangers inhérents au lien entre Izuku et lui. Leur installation ensemble a marqué la dégradation de leur lien, et tout en prétendant que Deku avait changé, Katsuki a renié son attitude "saine" comme une erreur, une faiblesse qui lui aurait, entre autre, coûté sa carrière de héros. Sa capacité pour la paranoïa et le déni ensuite, on les connait...
Merci pour ton retour 3 je suis ravi que ça te plaise autant et que tu trouves le personnage bien retranscrit ! "tout étant toujours un gros enfoiré il arrive à inspirer de la pitié" : Ne nous leurrons pas, j'adore faire ça xD
Kayn :
Merci beaucoup ! Clairement le sujet est peu propice aux fleurs et aux paillettes. Le chapitre 3 en particulier était dur, je voulais exposer clairement la "laideur" de ce qu'il se passe réellement, de quoi on parle, en fait. Je pense que les photos sont un bon moyen de couper court à la "romantisation" qui a lieu avec la fiction, oui il y a des raisons, et on tend à s'identifier aux personnages et moi, en tant qu'auteur, je prend le point de vue de Katsuki et j'ai tendance à m'identifier à lui pour le plaindre ou essayer de le comprendre. Mais comment dire, ce n'est pas qu'une histoire, on est pas "un peu violent", "par accident". J'aime bien pour le pire et je suis assez content de la première partie parce qu'elle rend bien la tension qu'il y a dans une situation de violence, la façon dont la personne violente accule l'autre pour en venir à lui faire du mal. Mais j'ai ellipsé la violence elle-même et la suite, au delà du message, est très cathartique.
Il fallait, à un moment, mettre Katsuki et le lecteur face à la réalité matérielle de ses actes. J'ai pu voir ce genre de photos dans des documentaires, et c'est vraiment insoutenable. Alors j'aurais pu faire le choix de rendre Katsuki moins antipathique ; de ne pas le faire aller aussi loin dans les abus ; de juste (?) cogner Izuku, mais au final c'est une pente inexorable, du contrôle à l'humiliation, de la violence à la torture, et cela inclut aussi le viol, parce que dans de telles circonstances, comment des actes sexuels pourraient être consentis ? Et si les choses avaient suivi leur cours, Izuku serait mort. C'est de ça que l'on parle. Et je n'ai pas d'autre choix que de le dénoncer et de montrer toute l'horreur qui se cache derrière. Je vois beaucoup d'histoires qui montrent Katsuki ou d'autres personnages masculins "forts" se montrer surprotecteurs, voulant contrôler leur partenaire ; ou encore lorsqu'on voit Katsuki et Izuku en couple sans que Katsuki change d'attitude vis à vis de lui, continuant à l'insulter et à se comporter comme un bully (je me comporte en connard mais dans le fond je t'aime bien et tu le sais). Mais ce qui se cache derrière ce genre de comportement, c'est ça. C'est tout ça. C'est inacceptable et inexcusable. Et ce n'est pas un hasard si Bakugo est le produit d'une mentalité de la performance et de la compétition, un parfait petit exemple de masculinité toxique. Trop souvent, on décrit la violence domestique comme une espèce de phénomène endémique, comme si c'était le fait d'individus tordus, sur le même plan, disons, que la pédophilie. Et on a beau parler de "pervers narcissiques", on n'a pas affaire à des psychopathes cachés parmi les "gens normaux", mais à une construction sociale qui est inhérente au patriarcat. La violence et le besoin de domination ne sont pas réservés aux hommes, mais la société pousse ces derniers dans ce sens depuis quelques deux millénaires. Breeef, comme tu peux voir, je prends ce sujet très au sérieux même si mon but reste quand même de raconter une histoire et de voir ce qui va arriver x) Je pense que ton ressenti est tout à fait justifié, moi même je suis quasiment dissocié quand je lis ce chapitre et quand j'écris ma fic. Il y a la part qui juge impardonnable ce qu'il a fait et, je suppose, ressent une forme de haine pour ce personnage. Et une autre part qui est profondément triste pour... l'être humain mutilé qu'il est, et je ne parle pas de son bras. J'essaye de rester plus neutre dans ce que j'écris, ne pas systématiquement céder à la facilité du pathos (en particulier parce qu'il y a des moments pour ça). Pour être franc, il m'arrive d'avoir mal physiquement quand j'écris et que je me mets à sa place. J'ai plutôt tendance à juguler mon empathie du coup et j'écris parfois de façon détachée pour éviter cela xD
Ookami : Je suis très content qu'il t'ait plu x3 Recovery Girl est tellement un personnage bienveillant (quoi que sévère) dans le manga, je trouvais ça très intéressant de la développer sous un jour plus sérieux via le biais de cette fic. Je ne sais si les gens ont vu venir le fait qu'elle va rembarrer Katsuki, ou si comme lui on s'attend à ce qu'elle l'aide. C'était aussi un... symbole fort, qu'un personnage qui est défini par le fait d'aider les autres, d'être bienveillant etc, le juge aussi sévèrement, bref, je voulais une sorte d'effet "baffe dans ta gueule" ^^' Et tout de suite après, on comprend pourquoi. C'est presque inimaginable qu'elle refuse de soigner quelqu'un qui en a besoin, non ? Limite une faute professionnelle, totalement antihéroïque... Et pourtant. Vu le rôle qu'elle a joué auprès d'Izuku, je trouve ça... compréhensible. Ni Izuku ni elle ne s'acharnent sur lui ou ne se vengent ; simplement, ils ne vont plus user leur compassion sur lui, il ne la mérite pas, point.
N'hésite pas à partager tes hypothèses, je suis curieux :3
