Je sais ce que vous vous dites : « Quoi ? Un chapitre de Walt Works ? DEJA ? » et pour une fois, j'ai réussi à vous en écrire un en moins d'un mois, quel exploit ! Je me sens obligée de m'auto-applaudir *clap clap clap*.

Trêve de plaisanterie, voici le quatrième chapitre de Walt Works, avec beaucoup de choses nouvelles ! J'espère qu'il vous plaira et je ne vous embête pas plus longtemps, on se retrouve à la fin du chapitre : Bonne lecture !

DISCLAIMER : Les personnages appartiennent aux studios d'animation Disney et Dreamworks, seuls les lieux et l'histoire sont de moi.


« Argh ! »

Cela faisait une dizaine de minutes qu'Anna se débattait avec son fer à boucler, essayant tant bien que mal de donner une forme à ses longs cheveux indéniablement lisses. Mais elle allait finir par penser que c'était impossible : une boucle se formait, une autre disparaissait. Le résultat était pourtant joli, mais pas assez pour Anna, qui finit donc par attacher le tout dans une queue de cheval. L'art et la manière de perdre une demi-heure de sommeil pour rien, se dit-elle.

Elle avait opté aujourd'hui pour une petite robe noire avec un col blanc, qu'elle avait habillé avec une ceinture assortie. Après avoir replacé sa mèche de cheveux blancs derrière son oreille, elle se maquilla légèrement, juste un petit peu de mascara pour faire apparaître ses cils blonds, prit son sac et descendit les escaliers pour aller déjeuner ses Chocapic du matin. Les deux blondes étaient déjà assises à table, prêtes également. Raiponce avait mis tous ses cheveux en natte pour ne pas les faire tremper dans ses tartines de beurre et de confiture de groseilles, tandis qu'Elsa portait son chignon habituel, un peu trop strict au goût d'Anna.

« Bouh, fit-elle en s'asseyant. Bien dormi ? »

Sa sœur et sa cousine répondirent par un hochement de tête, la première étant concentrée sur son téléphone et la seconde sur les différentes vitamines que lui apportait son jus d'orange. Grosse. Ambiance. En voyant leur détermination, Anna se contenta de manger son petit déjeuner sans chercher à leur parler : les Chocapic étaient toujours de meilleure compagnie le matin que deux blondes adolescentes, et ça, Anna l'avait bien compris. Après avoir débarrassé leur table et avoir récupéré leurs affaires, elles sortirent pour aller jusqu'à l'arrêt de bus, comme tous les matins.

« A quelle heure vous terminez aujourd'hui ? demanda Anna.

-Quatorze heures, et toi ? répondit Raiponce.

-Quinze, j'ai escalade en dernière heure. »

Elles se mirent à discuter toutes les deux de la journée qui les attendait, tandis qu'Elsa, qui marchait derrière elles, était toujours penchée sur son téléphone. Ce qui ne lui ressemblait pas.

«Ca y est, toi aussi tu deviens accro à leur appli Pokémon ? » demanda sa cousine en rigolant.

Elsa marmonna un « non » distrait tout en continuant d'écrire. Incompréhensible, venant de sa part. Tellement incompréhensible qu'Anna lui prit son téléphone des mains pour regarder ce qu'elle faisait.

« Rend-moi mon téléphone, Anna !

-Tu pouvais simplement nous le dire que tu parlais à Jack ! A moins que vous vous disiez des choses privées ? » dit-elle avec un soupçon de sous-entendus derrière sa voix.

Sa sœur récupéra son téléphone rageusement et souffla bruyamment avant d'accélérer pour marcher devant elles. Très, très grosse ambiance.

«Etrange. »

Raiponce lui répondit par un haussement d'épaule et elles continuèrent à discuter, Elsa les ignorant superbement. Le bus arriva, et elles rejoignirent comme à leur habitude leurs trois autres amis.

« Salut tout le monde ! fit Raiponce entre deux bises à Mérida. Dites-moi que vous êtes de bonne humeur, vous au moins ?

-Qui est de mauvaise humeur ? demanda Harold à côté d'Anna.

-Blondinette numéro deux. » répondit cette dernière.

La « blondinette numéro deux » n'avait pas l'intention de changer son air grognon, puisqu'elle lança un regard furibond à sa sœur avant d'aller s'asseoir seule derrière Jack. Elle mit ses écouteurs, une chanson de James Bay à fond dans ses oreilles, et se mit à observer le paysage durant tout le reste du trajet. Jack leur expliqua qu'elle était en « période rouge » d'après ce qu'elle lui avait dit, ce à quoi Mérida répondit que ce n'était pas une raison pour se changer en furie dès qu'on lui adressait la parole.

« Toi, tu es énervée tout le temps Mérida, donc on ne fait pas gaffe à tes sautes d'humeur » lui dit Harold tandis qu'ils descendaient du car. La claque qu'il se prit à l'arrière de la tête par la rouquine était amplement méritée, d'après elle.

Après avoir donné rendez-vous à Jack dans le hall à l'heure d'après pour leur option de cuisine, elle rejoignit Anna et elles allèrent ensemble jusqu'à leur salle de maths. Etant séparées pendant cette heure de cours, car monsieur Ego aimait penser que les bavardages étaient la cause première de l'échec scolaire, Mérida passa l'heure à gribouiller dans les coins de son cahier de leçon. A quoi bon écouter ? Elle n'avait jamais aimé les maths. Elle n'avait jamais particulièrement aimé les cours en général, mis à part les langues étrangères où elle excellait plutôt bien. Elle préférait néanmoins bouger, se servir de ses mains et faire quelque chose de concret, plutôt que d'écouter un prof barbant parler de choses théoriques pendant des heures.

Après cette heure interminable, où elle avait somnolé à plusieurs reprises (les fameuses paupières qui se ferment toutes seules), elle redescendit les escaliers pour rejoindre Jack, tandis qu'Anna rejoignait les trois autres pour aller au foyer pendant une heure.

« Prête à cuisiner, chef Dunbroch ? »

Jack l'attendait, adossé au mur, son sourire habituel au coin des lèvres.

« Prête à brûler chaque chose mangeable possible, apprenti Frost. »

L'option cuisine était plutôt dénigrée par les élèves en général. Théâtre, musique, arts plastiques, ou même danse, voilà où la plupart allaient. La mécanique attirait les nouveaux par ce côté étranger de la chose : cette option n'était présente que dans peu d'établissements, et monsieur Nord faisait de cette matière une heure de découverte de machines étranges ou de mécanismes compliqués. Mais la cuisine était en quelque sorte le dernier de la fratrie, celui qui semblait un peu boiteux et très peu attirant. Et si Mérida avait fini ici, c'est parce que rien d'autre ne l'intéressait.

« Je me demande encore pourquoi tu as choisi cette option, demanda-t-elle tandis qu'ils arrivaient devant la salle. Tu fais déjà théâtre, t'aurais pu en rester là !

-J'allais pas laisser ma rouquine préférée toute seule au milieu de professionnels ! Tu serais passée pour quoi !

-Je dirai à Anna que je suis ta préférée, dit-elle avec un sourire.

-Je lui dirai que tu as menti ! » rétorqua-t-il, encore plus souriant.

Ils entrèrent dans la salle attenante aux cuisines du self, où tous les élèves de l'option étaient déjà rentrés.

« Voilà les retardataires ! Entrez, entrez, ne perdons pas de temps ! Mettez tous un tablier et installez-vous par deux à chaque poste ! »

Mérida n'arrivait pas à décrocher son regard du professeur : il donnait l'impression d'être gonflé à l'hélium sous sa blouse blanche, et son cou était si gras qu'il semblait avoir fondu au soleil. On aurait dit que les boutons de son col tentaient de s'échapper du tissu, tant ils étaient tirés au maximum vers l'extérieur.

« Je n'ai jamais vu quelqu'un d'aussi énorme ! souffla-t-elle à Jack tandis qu'ils prenaient leurs tabliers.

-C'est monsieur Gusteau, abrutie ! L'un des plus grands chefs cuisinier du pays !

-Qu'est-ce que ça change au fait qu'il soit gros ? Tu penses qu'on sera pareil à la fin de l'année ? »

Totalement déprimé par le manque de tact de son amie, Jack ferma son tablier avec un nœud simple et alla s'installer tout au fond de la classe avec Mérida. Tandis que Gusteau se présentait aux élèves, celle-ci n'écouta que d'une oreille et en profita pour observer la pièce où ils se trouvaient : les postes de cuisines étaient équipés de lavabos, et des fours et gazinières se suivaient le long des murs. Un immense frigidaire se trouvait au fond de la salle, et à l'avant, autour du tableau blanc où une recette était déjà inscrite au feutre noir, il y avait des silhouettes cartonnées de Gusteau lui-même, où il avait toujours le même visage et la même position, mais où son style vestimentaire changeait à chaque fois : sombrero et poncho sur l'un, chapeau chinois et kimono sur un autre, une dizaine au moins se trouvaient là, ce qui fit partir Mérida dans un fou rire, l'air niais du professeur sur ces publicités étant plutôt marrant.

Jack ne cessait de lui lancer des regards en coin et des « mais tu vas la fermer, Mér' ? », mais la jeune fille fut rapidement interrompue par le professeur lui-même.

«Qu'est-ce qu'il y a de si drôle, mademoiselle… votre nom s'il vous plaît ?

-Dunbroch, monsieur, Mérida Dunbroch, répondit-elle en se redressant.

-Bien. Mademoiselle Dunbroch. J'ai pour habitude de dire que tout le monde peut cuisiner. Tout le monde. Vous m'avez l'air de très bonne humeur, aussi, venez nous faire partager cette bonne humeur ici : vous allez être mon assistante pour cette première heure. »

Cette fois-ci, c'est Jack qui ne put empêcher son fou rire. Et les autres élèves ne se génèrent pas non plus en voyant le visage de Mérida devenir aussi rouge que ses cheveux. Celle-ci lâcha un petit rire nerveux, n'y croyant pas ses oreilles. T'aurais dû la fermer Mér, comme d'habitude, se morigéna-t-elle intérieurement. Cependant, elle tenta de garder un semblant de crédibilité lorsqu'elle descendit de son tabouret, donnant un coup dans le tibia de Jack au passage. Elle traversa la pièce et alla se placer à côté du poste de cuisine du professeur, juste là où il lui avait indiqué.

« Bien ! Nous allons pouvoir commencer. Tout d'abord, vous allez avoir besoin… »

Il se mit à énoncer les différents ingrédients nécessaires à la réalisation de cookies, première recette de l'année : en clair, recette simple pour ne pas les effrayer dès le départ. Enfin, simple, tout était relatif : Mérida disait d'elle-même qu'elle était une énorme quiche en cuisine, sans mauvais jeu de mot. Et son talent totalement absent fût rapidement remarqué par les autres élèves, et par monsieur Gusteau, quand ils en arrivèrent à ajouter l'œuf nécessaire à la préparation. N'ayant jamais fait l'effort de mettre les pieds dans sa cuisine pour faire un gâteau en compagnie de sa mère, elle n'avait aucune idée de comment s'y prendre, et fracassa la fragile coquille contre le rebord du bol, ce qui eut pour résultat de lui en mettre partout sur la main et sur son tablier. Elle tenta maladroitement de remettre ce qui pendait de blanc d'œuf le long du bol à l'intérieur, sans grand succès. Lorsqu'elle releva les yeux, elle croisa le regard de Jack qui pouffait discrètement de rire tandis qu'il ouvrait soigneusement son œuf en deux, sans laisser un seul fragment de coquille entrer dans sa mixture. Après un long soupir d'exaspération, la rouquine continua de suivre la recette pour montrer aux élèves comment faire selon les méthodes du professeur, bien qu'elle ne réussit que très peu de fois à faire ce qu'il recommandait. Après avoir projeté de la farine tout autour en tentant de mélanger la préparation (il avait dit délicatement, elle avait compris violemment), et avoir renversé un peu (énormément) de vermicelles multi-colores au moment de la décoration, elle réussit tout de même à faire ses petits pâtés sur la plaque commune à toute la classe. Ceux de Jack étaient plutôt bien faits, mais les plus beaux et les meilleurs restaient tout de même ceux de Colette et de Tiana, dont les cookies s'étaient révélés particulièrement succulents, ces dernières ayant décidé d'ajouter de la cannelle ou du caramel à l'intérieur.

Le cours étant terminé, le professeur les laissa sortir quelques minutes avant la sonnerie et leur dit au revoir. Jack arriva vers Mérida tandis qu'ils retiraient tous leurs tabliers, et lui enleva la farine qu'elle s'était mise sur le front, avant de lui parler :

« Très réussi, chef Dunbroch, vous êtes officiellement nommée pire cuisinière du pays ! Mes félicitations ! »

Elle repoussa son bras avec un sourire, avant de rétorquer :

« Pas la peine de te la péter, Frost, pour une première fois ils étaient pas si mauvais ! Non ? »

Elle lui lança un regard désespéré, et comprit au regard dubitatif de son ami que c'était un véritable massacre. Cela lui fut confirmé lorsqu'elle vit Gusteau jeter les derniers restes de cookies, une grande majorité des siens n'ayant pas été mangés. Tandis qu'ils sortaient de la salle, Mérida n'arrêtait pas de se plaindre (comme d'habitude) du fait que cette option était encore plus stupide qu'elle ne le pensait au départ. Jack lui proposa des cours de cuisine où il pourrait lui apprendre à faire de délicieuses pizzas à la Frost, ce qu'elle refusa bien évidemment, son argument étant qu'elle n'avait pas besoin de faire des pizzas tant qu'elle pouvait directement les commander.

Ils rejoignirent les autres en discutant, et retrouvèrent ceux-ci au foyer alors que la sonnerie retentissait seulement.

« Vous êtes en avance, fit Elsa. C'était bien ?

-Une catastrophe totale. Je laisse à Jack le loisir de raconter cet enchaînement de choses affreuses qui me sont arrivées durant cette heure de torture » répondit Mérida de son air dramatique.

Bien entendu, Jack prit un malin plaisir à raconter comment Mérida s'était retrouvée devant toute la classe à exploser des œufs et à désespérer leur professeur dès le premier cours. Elsa ne fit que sourire mais ne dit rien, ne sachant pas cuisiner non plus, mais Raiponce se mit à rire lorsqu'elle apprit qu'ils ne faisaient que des cookies, et que Mérida avait réussi à les rendre aussi peu comestibles. Anna et Harold étaient penchés sur le téléphone de celui-ci, aussi Mérida alla jeter un petit coup d'œil à ce qu'ils faisaient :

« Ne me dites pas que vous avez aussi téléchargé cette application ? »

En effet, Harold était en train de lancer une PokéBall sur un énième Roucool, agrandissant ainsi sa collection de Pokémons. L'application n'était sortie qu'il y a quelques jours, mais tout le monde semblait y jouer : dans la rue, dans le bus, au lycée ou même dans les parcs. Mérida s'était déjà moquée de Jack en le voyant faire des zigzag sur le chemin de leur arrêt de bus, dans le but de faire éclore son œuf, mais en voyant Anna et son meilleur ami y jouer également, elle perdit espoir : elle ne comprenait vraiment pas leur intérêt pour ces petites créatures étranges et virtuelles.

Elle observa cependant ce qu'ils faisaient, essayant de comprendre le but du jeu. Elsa et Raiponce étaient penchées sur le cahier de Jack, qui essayait de terminer son exercice de français rapidement avant la sonnerie. Il n'avait vraiment pas envie de finir collé encore une fois, ayant entraînement ce week-end.

La sonnerie retentit tandis qu'il gribouillait une dernière phrase que lui dictait Elsa, et ils se levèrent tous pour aller en cours encore deux heures avant de pouvoir manger. Après une heure de géographie et une autre de physique, où Mérida avait failli s'endormir, elle et Anna sortirent enfin de leur salle pour se rendre au self. Elles discutaient tranquillement en descendant les escaliers de pierre pour se rendre au premier étage, Mérida enlevant l'élastique qui retenait tous ses cheveux en chignon, et Anna replaçant une mèche rebelle derrière son oreille. Raiponce leur faisait des signes depuis l'autre bout du couloir, aussi, Anna se mit à accélérer pour la rejoindre, quand elle sentit quelque chose de massif lui rentrer dedans violemment.

« Aoutch ! Eh ! »

Elle avait atterrit lourdement sur son postérieur, ce qui avait fait résonné la douleur jusque dans son crâne. Le jeune garçon qui lui avait foncé dedans était encore flou à ses yeux, et elle patienta quelques secondes pour voir clair à nouveau. Mérida et Raiponce coururent vers elle pour l'aider, mais le jeune inconnu les avait devancées. Et même si elle avait encore affreusement mal, Anna ne put s'empêcher de penser que sa chute était plutôt de bonne augure : le garçon faisait bien une tête plus qu'elle, et avait un très beau visage. Ses cheveux auburn étaient parfaitement coiffés, et on pouvait facilement deviner une musculature imposante sous ses vêtements classes (et Anna l'avait bien senti, la musculature imposante).

« Je suis désolé ! Tu es blessée ? demanda-t-il légèrement affolé.

-Euh, hésita-t-elle, non, non non non, tout va très bien !

-Tu en es sûre ? »

Anna vit que ses deux amies dévisageaient le nouvel arrivant du même air qu'elle il y a quelques secondes, et celles-ci, en voyant que la rouquine allait bien, se reculèrent légèrement pour lui laisser le temps de discuter avec cet illustre inconnu.

« Oui, je… j'ai avancé sans regarder devant moi mais tout va bien, merci ! Enfin, je crois ? ajouta-t-elle avec un sourire.

-Oh, je suis rassuré dans ce cas. »

Ils se regardèrent quelques secondes, sans rien dire, chacun souriant après la chute qu'ils venaient de faire, mais il interrompu ce silence pour se présenter à elle :

« Oh, heu… je m'appelle Hans.

-Et moi Anna.

-Content de te rencontrer, Anna. Je… je pense que tes amis t'attendent, je ne veux pas te retarder, dit-il en voyant les deux autres filles qui avaient été rejointes par Jack, Harold et Elsa.

-Oh, bien sûr et bien… à bientôt, peut-être ? fit-elle, un semblant d'espoir au fond de sa voix.

-A bientôt… sûrement. »

Il lui refit un grand sourire avant de lui ramasser son sac qui était toujours à terre. Elle le remercia encore une fois, et tandis qu'il partait rejoindre un ami à lui dans la direction opposée, elle se retourna vers ses amis qui la dévisageaient.

« Pourquoi vous me fixez ? »

Ils portaient tous un sourire en coin, qu'elle fit semblant d'ignorer tout au long du repas lorsqu'ils l'interrogèrent sur le fameux 'Hans'. Jack les informa du fait qu'il se trouvait dans son équipe de football américain, ce qu'elle compta intérieurement comme étant un point positif supplémentaire. Et pour une fois, Anna était contente d'avoir mis une robe aujourd'hui.

Les journées passaient, et chaque matin, elle prenait soin de se faire plus belle que d'habitude : les traces de mascara laissées sur les paupières par flemme matinale, ce n'était plus possible. Les joggings trop larges non plus, d'ailleurs. Elle faisait toujours attention à marcher droit et à ne pas faire de grimaces ridicules lorsque le jeune homme se trouvait dans les environs. Et chaque matin également, elle quittait ses amis quelques instants pour aller faire la bise au fameux Hans, qui lui demandait comment elle allait, et à quoi elle répondait avec un énorme sourire. Enorme sourire qu'Elsa n'avait plus vu depuis que leurs parents avaient quittés ce monde, il y a de cela presque cinq ans.

Alors qu'ils étaient tous autour du casier d'Harold et qu'Anna partait vers son nouvel ami, Elsa fit remarquer cela à ses amis :

« Je ne l'ai pas vue sourire autant depuis bien des années…

-Notre Anna semble avoir trouvé chaussure à son pied, comme on dit ! dit Jack.

-Il a l'air bien ce gars, ajouta Raiponce, non ?

-Aucune idée. En tout cas, elle lui parle tout le temps ! Elle a sorti son portable en cours pour lui répondre, raconta Mérida, je l'ai jamais vu faire ça de toute ma vie ! »

Ils arrêtèrent de discuter d'Anna lorsqu'elle revint vers eux, un petit sourire aux lèvres qu'elle tenta de leur dissimuler, ce qui fut loin d'être efficace.

« Alors ? Du nouveau ? Hansounet va bien ? demanda Harold en la taquinant.

-Ne l'appelle pas comme ça, fit-elle en rigolant, et… il m'a demandé à ce qu'on aille au cinéma samedi prochain, tous les deux. Aaaah ! Je suis tellement contente en fait, aha ! »

Elle trépignait sur place alors que les trois autres filles participaient à son bonheur en la prenant dans leurs bras. Harold et Jack étaient également contents pour leur amie, qui méritait grandement un peu d'attention. Car Anna n'était pas laide, loin de là : son visage en forme de cœur, ses yeux turquoise et ses tâches de rousseurs la rendaient vraiment mignonne. Bien que pas très grande, elle était plutôt fine, s'habillait toujours joliment et restait naturelle dans n'importe quelle situation. Son seul défaut majeur était son sens de l'équilibre désastreux, et sa maladresse qui la suivait au quotidien.

Après une journée de cours bien chargée, comme d'habitude, ils prirent tous ensemble le bus, et une fois arrivées à la maison des Corona, les trois filles montèrent directement dans la chambre d'Anna.

« Tu as hâte d'y être ? demanda Elsa en s'asseyant sur le lit de sa sœur.

-Je suis… mi-excitée, mi-apeurée, on va dire… il est tellement… génial, et beau, et intelligent, et grand, et… beau ! Ohlala, magnifique… »

Elle s'était laissé tomber sur son matelas à côté de sa jumelle, observant le plafond en s'imaginant tout ce qui pourrait se passer durant ce rendez-vous. Raiponce, pendant ce temps, fouillait dans l'armoire de sa cousine pour lui trouver une tenue convenable pour son premier rendez-vous.

« Alors… il te faut quelque chose de pas trop habillé, mais pas trop banal non plus. Une robe pourquoi pas, mais il faut que tu t'épiles. Ou que tu mettes des collants. Ou tu restes naturelle, mais tous les mecs n'aiment pas ça. Tu peux aussi mettre ce petit chemisier avec quelque chose… »

Anna la coupa avant qu'elle ne vide l'intégralité de son armoire sur le sol, en lui disant que ce n'était qu'un rendez-vous entre amis, et que ce n'était pas la peine de choisir sa tenue deux jours à l'avance. En entendant cela, Elsa et Raiponce la regardèrent avec un air peu convaincu, et elle finit par admettre qu'elle aimerait bien que ce rendez-vous d'amis se transforme en rendez-vous romantique d'ici quelques temps.

« Je pourrai te prêter mes bottines noires, si tu veux, lui proposa Elsa. Qu'est-ce que vous allez voir ?

-Je ne sais plus, heu… un film d'action il me semble, avec cet acteur là… tu vois ?

-Pas du tout. Mais c'est pas grave. »

Elles allèrent aider Raiponce à trouver un pantalon assorti au petit chemisier en question, et cette dernière se décida à lui prêter un jean slim à elle, un peu foncé, qui lui ferait « un fessier d'enfer pour ton Roméo » d'après elle. Après avoir discuté encore quelques minutes, elles se séparèrent chacune dans leur chambre respective pour travailler un peu.

Elsa avait sorti toutes ses affaires pour se mettre à travailler, quand la lumière de son téléphone attira son regard. C'était un vidéo qu'Harold venait d'envoyer sur leur conversation de groupe qu'ils avaient sur Whatsapp tous les six, et où ils passaient leurs soirées à parler. La vidéo montrait Emma, la petite sœur de Jack, debout sur une chaise en train de hurler «TUE-LA ! TUE-LA ! » tandis que Jack, un balai à la main, regardait le plafond d'un air dégouté et tentait d'y déloger une araignée. Le moment drôle fut quand l'araignée bondit en quelque sorte sur le jeune homme, celui-ci hurlant tout comme sa sœur et sautant sur place pour enlever l'arachnide, Harold continuant de filmer et riant aux éclats derrière son téléphone. Elsa répondit à la vidéo et verrouilla son téléphone pour travailler, rigolant encore de ces abrutis qui étaient, il fallait le dire, ses meilleurs amis.

Quelques heures plus tard, Raiponce toqua à sa porte pour lui demander si elle voulait regarder un film avec elle et Anna, et Elsa lui répondit qu'elle les rejoindrait plus tard. Sa cousine referma doucement la porte, et Elsa se dirigea vers la salle de bain, souhaitant prendre un bon bain pour se reposer de cette semaine qu'elle avait eu. Ses maux de ventre avaient continués pendant plusieurs jours, et quel bonheur ce matin-même de découvrir que ses règles étaient enfin terminées ! S'il y avait bien une chose qu'elle détestait dans le fait d'être une fille, c'était bien cela. Et les poils. Et bien d'autre chose, mais un classement complet prendrait probablement des heures.

Elsa mit l'eau à couler dans la baignoire, ni trop chaude ni trop froide, et rajouta du bain moussant pour faire comme lorsqu'elle était enfant. Elle se démaquilla précautionneusement pour ne laisser aucune trace de maquillage, sa peau étant plutôt fragile. Ses quelques boutons étaient enfin partis, en même temps que ses règles pour ce mois-ci, et c'était vraiment un soulagement de plus, car même si elle n'en avait pas beaucoup, elle détestait en avoir. Elle défit son chignon et ses longs cheveux platine dégringolèrent le long de ses épaules. Après s'être déshabillée, elle se plongea dans la baignoire, et après quelques minutes, réussit enfin à se relaxer, prenant bien son temps pour prendre soin d'elle.

Pendant ce temps, Anna et Raiponce s'étaient installées dans le grand salon familial, leurs parents n'étant pas encore rentrée du travail. Après de longues minutes de débat pour savoir quel film regarder, elles décidèrent de mettre Bridget Jones une énième fois, étant le film préféré de la blondinette. Cependant, elles ne suivirent pas beaucoup le film, préférant discuter garçon, cliché typique des adolescentes, mais au final, pas si cliché que ça :

« Honnêtement, fit Anna, j'espère vraiment sortir avec lui…. Je veux dire, il semble vraiment parfait et… j'ai vraiment hâte d'être à samedi !

-Dès que tu sors du cinéma, tu rentres et tu nous racontes absolument tout, et c'est pas une question ! lui dit Raiponce. J'aimerai tomber sur quelqu'un comme ça aussi…

-Pourquoi pas Jack ? » demanda Anna.

Sa cousine sembla hésiter avant de répondre :

« Eh bien... Jack est génial, c'est clair, il est gentil, super drôle, plutôt mignon, c'est bien mon genre de garçon, mais… c'est mon meilleur ami, je sais pas si on y arriverait, je veux dire… ce serait bizarre, non ?

-Ben, tu portes ses pulls, tu lui sautes dessus quand tu le vois, vous passez votre vie ensemble, les seules choses qui viendraient en plus seraient les bisous et… plus de choses si affinités ? »

En comprenant le sous-entendu d'Anna, Raiponce lui balança un coussin à la figure en la traitant de « petite dévergondée perverse », ce qui les fit bien rire toutes les deux. Elles finirent par regarder leur film en compagnie d'Elsa qui venait de les rejoindre, jusqu'à ce que leurs parents rentrent et qu'ils passent à table une petite demi-heure plus tard.

Le père de Raiponce, Edward, était très grand et plutôt imposant. Son visage qui semblait agressif et renfermé au premier abord, avec ses sourcils froncés et sa barbe, était en fait celui d'un homme tout à fait gentil et même plutôt joyeux. Il avait tendance à être très protecteur avec Raiponce, même s'il le devenait de moins en moins avec les années. Cela faisait une vingtaine d'années qu'il travaillait en tant que restaurateur renommé dans le centre-ville, aidé par sa merveilleuse épouse. Cette dernière, Helga Corona, pouvait aisément passer pour la jumelle de Raiponce tant sa beauté était bien conservée, malgré quelques rides apparentes. Même visage, même yeux verts, la seule chose qui les différenciait était leur couleur de cheveux, la mère ayant de longs cheveux bruns. Elle avait toujours beaucoup aimé ses nièces, et depuis le décès de sa sœur et son mari, elles avaient considéré Elsa et Anna comme ses propres enfants.

Durant le repas, Anna demanda la permission à ses parents adoptifs pour sortir le samedi après-midi au cinéma, permission qui lui fût donnée rapidement. Ils lui posèrent quelques questions sur le but de ce rendez-vous et la personne avec qui elle y allait, mais avec le soutien de ses deux alliées, elle réussit à les convaincre qu'elle ne craignait absolument rien. Après manger, elles débarrassèrent la grande table de la cuisine et retournèrent au salon pour terminer leur film avant d'aller se coucher.

Les cours passèrent bien vite jusqu'au samedi, autant pour Anna que pour les autres, et tandis que l'heure fatidique approchait, la jeune fille ne pouvait s'empêcher d'avoir un peu le trac, et ce malgré les encouragements de ses amis avant de partir. Etait-elle assez bien habillée ? N'était-elle pas trop vulgaire avec ce maquillage ? Elsa avait insisté pour lui faire un trait d'eye-liner, et elle avait la constante impression qu'il coulait le long de ses yeux. Alors qu'elle vérifiait son reflet dans son téléphone toutes les deux minutes environ, remettant tantôt sa veste en cuir sur ses épaules, tantôt ses cheveux en place, Hans la rejoignit enfin devant le cinéma.

« Hey ! Je ne suis pas trop en retard ? demanda-t-il en s'approchant d'elle.

-Non non, pas du tout ! répondit-elle en souriant. Tu es parfaitement à l'heure ! »

Tu es parfait tout court…et qu'est-ce qu'il sent bon. Anna, arrête de penser !

Ils se firent la bise, ce dernier semblant s'attarder sur la joue de la jeune fille un peu plus que nécessaire (non pas que cela la dérange), et ils partirent chercher leurs billets ainsi qu'un petit pot de popcorn, qu'il prit soin de payer. Elle avait insisté pour au moins payer sa propre place, ce à quoi il avait dû consentir.

« Tu es vraiment ravissante en tout cas, dit-il.

-Je te remercie ! Et tu es très beau aussi, euh enfin je veux dire… tu es très bien, enfin… »

Il se mit à rire en voyant la jeune fille rougir alors qu'elle s'emmêlait les pinceaux. Elle préféra ne rien dire jusqu'à ce qu'ils arrivent dans la salle, qui était presque vide. Ils s'assirent au centre d'une rangée, discutant tous les deux des cours, de leurs amis, de leur famille, et d'autres choses du quotidien. Elle savait qu'il était en première, et qu'il faisait du football avec Jack, mais elle apprit bien d'autres choses à son sujet durant ces deux heures vingt-quatre de films, où ils ne prêtèrent pas grande attention à l'écran géant. Cependant, elle se souvint parfaitement de ce moment du film où il posa sa main sur l'accoudoir, juste au-dessus de la sienne. Ce moment où Anna se rendit compte à quel point elle était bien.

Et tandis qu'ils quittaient la salle, qu'ils se séparaient devant les portes du bâtiment, elle réalisa qu'elle avait passé une superbe après-midi, et encore plus une fois qu'il déposa un baiser sur sa joue.

« Au revoir, Anna.

-Au revoir, Hans. »

Elle avait toujours ce sourire sur son visage, ce sourire de bonheur qui ne semblait vouloir partir pour rien au monde, et elle ne pût s'empêcher de pousser un mini cri de joie alors qu'il disparaissait à l'autre coin de la rue.

Rejoignant son arrêt de bus, sautillant à moitié sur le trottoir, elle sortit son téléphone et commença à enregistrer un message vocal pour la conversation groupée avec ses amis :

« Les gars… j'ai mon Hans dans la poche, et j'ai passé le meilleur après-midi de ma vie ! »


Et voici ! Ça vous a plu ? Vous en voulez plus ? *ouaaaaaaais!* ne vous en faites pas, je vais dorénavant tenter de tenir une allure d'un chapitre toutes les deux semaines environ, juste pour vous ! (j'ai même laissé Harry Potter 8 le temps de cet après-midi pour vous finir le chapitre rapidement, si ça c'est pas de l'amour !)

En tout cas, vous m'êtes toujours d'une grande aide dans mon écriture, toutes vos reviews me font chaud au cœur, et les nouveaux lecteurs, merci aussi d'arriver et de lire mon histoire, je ne vous dirai jamais assez merci.

Comme d'habitude, les fameux remerciements :

Merci à Night Bloody, Miss Homme Enceinte 2, PizzaChelou et Plume De Pan pour vos reviews, vous êtes toujours là, et ça fait plaisir ! Merci également à AmandineReader pour sa review et son follow.

Je me répète, je sais, mais n'hésitez pas à partager cette fanfiction autour de vous si vous connaissez des gens qui affectionnent cet univers, et les reviews me sont toujours utiles pour avancer !

A très bientôt je l'espère,

-Delenya

PS : J'ai ouvert un compte Tumblr si vous voulez, où je raconte ma vie, et où je compte mettre des extraits de mes chapitres en 'avant-première' si cela vous intéresse, dites-moi ce que vous en pensez ! (tapez Delenya sur tumblr, vous devriez me trouver)

PPS : Rien à voir, mais j'ai commencé The Cursed Child : fan de HP, et très heureuse du travail de Rowling (c'était ma parenthèse Potterhead)

Bisous bisous !