Lavande se recroquevilla sur elle-même, entourée d'une épaisse couverture de coton bordeaux. Des larmes se mirent à couler sur ses joues blanches, torrent de tristesse, tandis que d'insupportables frissons lui parcouraient le corps. Elle sanglota. Dehors, le ciel reflétait les blessures de son cœur. La pluie fine devint averse diluvienne et l'orage se fit plus violent.
Le visage de Lavande n'avait plus de ressemblance avec ce qu'il avait été autrefois. Elle avait perdu sa beauté lorsqu'elle la joie avait déserté son visage. Elle était seule malgré le monde. Elle était seule et il y avait le monde.
La vague de tristesse se mua en douleur mortelle. Et Lavande crût succomber, à chaque respiration. Mais elle était toujours là, vivante et emplie de souffrance. Les souvenirs prirent possession de son esprit et la douleur devint supplice. Amour déchu, mémoire calcinée, agonie infinie.
Comme pour la ramener à la réalité, un éclair aveuglant déchira le ciel. Dans son esprit meurtri, dans les morceaux de son cœur éclaté, dans son âme ensanglantée, un nom restait gravé. Ron.
