Chapitre 3 : Tu es une enfant !

Coucou ! Me voilà avec le chapitre 3 !

J'ai vraiment été contente des nombreux compliments que j'ai reçus pour le chapitre précédent. Apparemment le lemon ne vous a pas si dégoutée que ça … ^^

Merci une nouvelle fois à Choupiechou qui corrige mes chapitres !

Voilà je vous laisse et on se retrouve en bas !


Chapitre 3 : Tu es une enfant !

PDV Edward

Je n'avais pas vu le temps passer avec Irina dans la bibliothèque. J'avais beaucoup ri avec elle. Quand la sonnerie avait retentit, je n'avais pas eu envie de partir mais je n'avais pas eu vraiment le choix. J'avais des cours à assurer et je me devais de le faire. J'adorais mon métier et même si parfois j'avais des envies de meurtre envers certain des élèves, d'autres étaient doués et c'était pour moi une joie de leur apprendre quelque chose.

De toute façon, je savais que je finirai par la revoir dans tous les cas. Le lycée de Forks n'était pas grand.

Rare étaient les fois où j'avais pu discuter comme ça avec une femme. En général, je n'abordais pas tous ces sujets, mis à part avec ma mère, mes sœurs et Bella parfois. C'était une bouffée d'oxygène.

A la fin des cours, j'étais un peu dans les nuages et bien entendu c'est à ce moment-là que je me fis littéralement coincer par Tanya dans un des couloirs désert. Tous les élèves devaient déjà avoir quitté les lieux, je suppose.

Ma sœur, Jasper et Bella devaient m'attendre près de ma Volvo, ce n'était pas le moment que cette bimbo au 90 D se mette en travers de mon chemin.

- Bin bébé, tu ne réponds plus au téléphone ?

Je n'eus pas le temps de protester qu'elle attrapa mon sexe à travers mon jean. Cette femme ne pensait qu'à ça. Je ne sais pas comment j'avais pu la garder aussi longtemps !

- Tanya, il faut que j'y aille !

- On se voit ce soir ?

Elle roucoula comme les pigeons sous mes fenêtres et resserra sa prise sur moi. J'essayais de la repousser mais rien à faire, elle était une véritable sangsue quand elle s'y mettait. Je crois qu'être avec elle avait été une belle erreur. Comment j'allais faire pour m'en débarrasser une bonne fois pour toute ? Et dire que ce matin encore j'envisageais une relation … non mais des fois je devrais vraiment apprendre à ravaler mes idées.

- Tanya je crois qu'on devrait se donner un peu d'air tous les deux.

Elle me regarda l'air de ne pas y croire du tout.

J'aurais voulu qu'elle lâche une certaine partie de moi, mais je ne pouvais tout de même pas devenir violent. Jamais je ne pourrais frapper une femme, même la plus horrible de toutes. Ma mère m'avait élevé comme ça et je ne supporterais pas de faire défaut à cette éducation que j'avais reçue.

- Ecoute Tanya … ce matin j'ai fait une erreur … toi et moi … une relation … ce n'est pas possible.

Elle me lâcha complètement et recula de trois pas.

Elle me fixait droit dans les yeux et je poussais un soupir.

- Je m'y attendais, souffla-t-elle.

Il y eut un long silence et je ne savais absolument pas comment le rompre. De toute façon c'est elle qui s'en chargea.

- Je ne suis pas vraiment le genre de femme que l'on présente à sa mère.

- Tanya …

Je me sentais mal. Je n'avais pas joué franc jeu avec elle. Dès le départ j'avais voulu l'utiliser. Tanya avait beau être une bimbo, elle avait tout de même le droit à un minimum de respect et je ne lui avais même pas donné ça.

- Je suis désolé Tanya … je n'aurais pas dû jouer avec toi comme je l'ai fait. J'ai été con et je m'en excuse.

- Heureusement que je ne t'ai pas pris au sérieux pour tes parents … et pour une histoire … de toute façon je ne suis pas vraiment la femme d'une vie mais plutôt celle qu'on prend pour une nuit.

Elle avait les yeux baissés. Jamais je n'avais vu Tanya comme cela auparavant.

- Tanya …

- Non Edward, tu sais que j'ai raison et puis de toute façon cela ne me gêne pas. Je ne me vois pas avec mari et enfant … j'aime trop m'amuser et sortir … j'aime coucher avec des tas d'homme et être désirée …

- Tu es sûre que tu aimes tant que ça Tanya ?

Elle n'en avait pas l'air en tout cas. Je la sentais mal dans sa peau, et c'était bien l'une des premières fois où je la voyais vraiment pour ce qu'elle était, sans ce masque de chatte en chaleur qu'elle arborait tout le temps quand j'étais avec elle.

- C'est ma vie …

Elle plongea ses yeux dans les miens et me souris.

- En tout cas, on s'est bien amusé tous les deux … c'était cool cette année …

Elle riait et je me joignais à elle. J'aurais dû lui parler dès le départ. Je n'avais pensé qu'à ma petite personne et non à elle. J'aurais dû être honnête autant avec elle qu'avec moi-même. J'avais agi égoïstement et je le regrettais. J'avais de la chance que Tanya réagisse comme elle le faisait.

- Bon je vais y aller, je vais sortir ce soir il faut bien que je m'amuse de nouveau. Après toi ça va être dur de trouver un plan aussi bon.

Sur ces mots, elle disparue et je ne pouvais m'empêcher de rire. Tanya ne perdait pas le nord en tout cas.

Je rejoignis les enfants sur le parking du lycée. Ils n'avaient pas l'air super contents mais je grognais une vague excuse avant de démarrer. Je déposais Jasper et Alice chez mes parents. Le premier devait discuter avec mon père de je ne sais trop quoi. Je me retrouvais donc seul avec Bella. Je la raccompagnais jusque chez elle.

- Tu veux boire quelque chose Edward ? me proposa-t-elle gentiment. Papa ne devrait pas tarder à rentrer !

Au départ je voulais refuser mais je n'avais pas envie de me retrouver seul dans mon appart' à corriger des copies qui étaient pour la plupart des navets. Ni de réfléchir à ce qui s'était passé avec Tanya ou dans ma vie en général !

- Si tu veux.

J'avais besoin de parler à Charlie. Je savais que lui se payerait moins ma tête que si j'en parlais à Emmett.

Je la suivis dans sa maison puis dans la cuisine.

- Une bière ?

Elle avait posé son sac sur le sol et ouvert le frigo.

- Oué si tu veux.

Je m'installais sur une des chaises de la cuisine pendant que Bella débouchait ma bouteille. Elle semblait gênée par ses cheveux qui ne cessaient de retomber vers l'avant. De la façon dont je la voyais en cet instant elle n'avait rien d'une petite fille. Cela me fit sourire. Bientôt des garçons vont tourner autour d'elle comme des rapaces pour obtenir ses faveurs. C'était vraiment une belle jeune fille, l'homme qui allait conquérir son cœur serait chanceux d'avoir une femme pareille.

Elle posa la bouteille devant moi avant de prendre pour elle un verre d'eau. Elle s'installa en face de moi et leva ses yeux chocolat pour me fixer.

- Tu as l'air épuisé Edward ! murmura-t-elle.

Je soupirai. Elle n'avait pas tout à fait tort.

- Et toi Bella ?

Je préférais parler d'elle que de moi !

- Pas de petit ami ?

Elle piqua un fard ce que je trouvais bizarre. Je n'étais pas au courant qu'elle avait quelqu'un. Pourtant, en général, les rumeurs tournaient dans le lycée et même les professeurs étaient au courant. Si Bella était avec quelqu'un il était étrange que tout le monde ne le sache pas.

- Bella ?

Je souris amusé par son air gêné.

PDV Bella

Je n'étais pas une personne courageuse. Je préférais éviter les obstacles plutôt que les affronter.

Je ne prenais pas non plus de décision en général, je laissais les autres s'en charger à ma place.

Je ne me battais que rarement pour ce que je voulais.

Mais Edward c'était différent. Je devais au moins essayer. Je me l'étais promis à moi-même. Si je n'étais pas capable de faire face à l'homme que j'aimais, alors nous resterions dans cette impasse encore de longues années, jusqu'à ce qu'il se marie un jour.

C'était le moment ou jamais. Je me levais de ma chaise et me dirigeais droit vers Edward sans marquer de pose. Je ne réfléchissais même plus à ce que je faisais. Si je le faisais je n'aurais pas le courage d'aller jusqu'au bout.

Je posais mes lèvres sur les siennes. Jamais auparavant je n'avais été si téméraire. Mais il devait comprendre une bonne fois pour toute que je n'étais plus une gamine. J'étais prête à avouer mes sentiments.

Ses lèvres sur les miennes étaient si douces. Des milliers de papillons voletèrent dans mon ventre et me réchauffèrent. Edward avait l'air hébété, ses bras le long du corps, et ne bougeait pas d'un pouce alors que je l'embrassais doucement. J'aurais aimé poser mes mains sur son visage, mais je ne voulais pas qu'il reprenne ses esprits en constatant que je m'enhardissais. C'était peut-être la seule et surtout l'unique fois où je sentirai Edward aussi proche alors j'en profitais au maximum.

La porte d'entrée claqua soudain et je sentis les mains d'Edward me repousser brutalement. Ses yeux étaient écarquillés comme si il venait d'éprouver un véritable choc.

Je me détournais de lui et attrapai mon verre d'eau pour le vider d'un coup. Il fallait à tout prix que je m'occupe.

Mon père pénétra dans la cuisine avec un grand sourire aux lèvres.

- Edward, je me demandais ce que la Volvo faisait dans l'allée de mon jardin. Tu voulais parler de quelque chose, mon gars ?

Edward avait toujours les yeux rivés dans les miens. Mais il se ressaisit quand mon père lui tapa dans le dos. L'homme que j'aimais réagit comme un ressort et attrapa sa veste avant de se précipiter vers la porte d'entrée.

- C'est rien Charlie … je … je t'appelle !

Avant que mon père ou moi puissions réagir, il était déjà sorti.

Je me retenais de verser des larmes. Je ne pouvais rien faire. Mais je savais que je n'avais plus aucune chance maintenant.

Il était parti comme si il avait le diable aux fesses.

PDV Edward

Elle m'avait embrassé.

Bella !

La petite avec les couettes de travers et le visage enfantin m'avait embrassé !

Je n'arrivais pas à y croire. Ce n'était pas possible !

Je roulais vite, aussi vite que je le pus pour rejoindre mon appartement.

Arrivé à destination je m'écroulais littéralement sur le canapé et pris ma tête entre mes mains. Je ne sais pas ce qui m'avait le plus choqué.

Le fait que la petite Bella - une gamine ! - m'embrasse ou le fait que … j'avais ressenti quelque chose.

Parce que oui pour la première fois de ma vie, j'avais ressenti quelque chose de différent avec une femme. Quelque chose que jamais je n'avais pensé ressentir un jour.

Et elle n'avait fait que m'embrasser !

- Mais merde ! C'est une gamine ! Me lamentai-je.

Qu'est-ce que j'étais en train de faire au juste ? Fantasmer sur une gamine ? Sur la petite Bella ? Ce n'était pas possible pas ça ! J'entendis vaguement mon portable sonner. Mais je n'avais aucune envie de répondre à qui que ce soit ! J'étais en train de me rendre compte que je venais d'embrasser une gamine, que je risquais la prison pour ça ! J'étais prof, je faisais partit du corps enseignant, je risquais la radiation pour ça voir même la prison !

- AAAAAAAAAHHHHHHHHHHHHHH ! M'écriai-je.

Il était hors de question que je renonce à mon métier pour une gamine qui ne savait pas rester à sa place. J'allais lui parler et remettre les choses à leur place, enfouissant mes réactions et surtout ces picotements dans mon cœur au plus profond de moi.

POV Bella

J'étais allongée sur mon lit et je tentais de calmer mes larmes mais c'était peine perdue. Je n'arrivais pas à m'arrêter. Je venais de perdre l'homme de mes rêves. Il n'avait certes jamais été à moi, mais ça revenait au même. Il était celui sur qui je fondais énormément d'espoirs depuis tant d'années. Je n'étais encore qu'une gamine que je rêvais déjà de lui.

Je le savais, pourtant, que je finirai par souffrir. Je me berçais d'illusion depuis longtemps. Il fallait que j'arrête de vivre dans mes rêves comme je le faisais.

Je ne voulais pas y mettre fin. Je voulais continuais d'espérer. Je n'en avais pas du tout envie mais quelles options me restait-il à part renoncer à Edward, pour toujours ? Même si cela faisait mal.

Mais plus facile à dire qu'à faire justement.

Je ne savais même pas comment j'étais censé faire ça. J'aurais tant voulu avoir quelqu'un à qui me confier et qui pourrait m'aider à sortir de cette impasse. Quelqu'un à qui je pourrais parler, qui pourrai m'aider sans me juger.

Mais je n'avais pas le droit à ça.

- BELLA ! Hurla mon frère du salon.

Je me redressais sur mon lit avant de courir vers mon miroir. Mes yeux étaient bouffis, il allait forcément remarquer que j'avais pleuré. Je ne pouvais pas me présenter comme ça devant lui. Je courais vers ma trousse de maquillage pour tenter de cacher un tant soit peu tout ça.

- BELLA !

Cette fois je n'avais pas le choix. Je rangeais en vitesse avant de descendre dans le salon où m'attendaient Alice et Jasper sur le canapé. Mon père était en train de nettoyer ses cannes à pêche et prenait un soin minutieux avec ses cotons tiges à astiquer les moulinets ! Beaucoup plus de soin qu'il le faisait avec la maison en tout cas.

- Et bin tu en as mis du temps ? s'exclama Alice en sautant sur ses pieds.

Elle se tourna vers moi et fronça les sourcils. Je lui fis signe de se taire et elle parut le comprendre. J'allais avoir le droit à une sacré discussion avec elle quand on se retrouverait toutes les deux. Je ne voulais pas subir un interrogatoire, mais je savais que je n'allais pas avoir le choix et qu'elle ne me laisserait de toute façon pas tranquille tant que je ne lui avouerais pas tout.

- Je bossais, mentis-je sans honte.

Je n'avais jamais su vraiment mentir, mais depuis le temps que j'aimais Edward, et surtout que je pleurais pour lui, apprendre à camoufler mes larmes était devenu une habitude. Ma meilleure amie ne fit aucun commentaire et se tourna vers mon père.

- Merci Charlie de nous laisser sortir !

Elle se pencha vers lui et lui embrassa la joue avant de sortir dehors pour rejoindre sa voiture. Je n'eus d'autres choix que de la suivre. A la moitié du trajet je savais déjà qu'elle nous emmenait chez elle. Heureusement qu'Edward ne vivait plus chez ses parents, je ne risquais donc pas de tomber sur lui. J'ignorai où mon amie nous emmenait ensuite et franchement je ne voulais même pas le savoir. Je n'avais même pas envie de le savoir de toute façon.

Une fois arrivée chez les Cullen, Alice m'entraina vers sa chambre si vite que je n'eus même pas le temps de saluer ses parents. Mon frère, lui, fut rejeté au salon. Il ne protesta pas, il connaissait sa copine et savait que de toute façon il n'aurait pas le dernier mot avec elle.

- J'ai le droit à des explications Bella ! M'attaqua-t-elle dès la porte refermée.

Je poussais un gros soupir et levait les yeux au ciel guère coopérative.

- Bella ?

- Quoi ? Tu veux savoir quoi ?

Elle haussa les sourcils guère habituée à mon ton.

- Qu'est ce qui se passe, Bella ? Est-ce que ça aurait un rapport avec … mon frère ?

Je fermais les yeux voulant à tout prix disparaitre. Bien sûr elle m'avait percée à jour. Cette fille avait un radar à la place des yeux. Je me demandais même comment elle ne s'en était pas aperçue avant. Je ne savais pas comment le lui dire. Je n'avais pas honte d'aimer Edward, mais j'avais simplement peur de sa réaction. Il était assez probable qu'elle réagisse mal.

Après tout il s'agissait de son frère qui avait 13 ans de plus que moi. Je n'avais que 16 ans, 17 dans quelques mois et elle pourrait mal le prendre.

Alice et moi étions très différentes, et la plupart du temps elle pouvait m'exaspérer, surtout en ce qui concernait les fringues et l'apparence, mais elle était ma meilleure amie et je ne voulais pas la perdre. Elle me connaissait mieux que quiconque. Certes elle ne connaissait pas tout mais elle en savait déjà plus que mon père ou mon frère réunit.

- Alice …, murmurai-je plus si sûre de moi.

Ma meilleure amie ne fit aucun commentaire et s'installa près de moi. Elle se tortillait les mains, chose très rare chez elle. Elle était nerveuse. Mon dieu, comment j'allais faire pour lui en parler ?!

Je ne pensais pas que je serais stressée comme ça.

Ce n'était pas facile de lui parler de ça, surtout que j'avais passé une bonne partie de ma vie à le cacher, même aux personnes dont j'étais le plus proche.

- Es-tu amoureuse de mon frère Bella ?

Elle savait. Je n'étais pas plus étonnée que ça. Je m'en doutais en fait. Il était donc inutile que j'invente un bobard, de toute façon je ne savais pas mentir à ma meilleure amie.

Je baissais la tête, je ne savais pas comment elle allait réagir, mais de toute façon il était trop tard pour me préoccuper des conséquences. Je lui avouai la vérité, sans résistance, d'une petite voix.

- Oui.

Ce n'était qu'un chuchotis mais il était suffisamment audible pour qu'elle puisse l'entendre. Le silence dura plusieurs minutes et je n'osai pas le rompre. J'aurais voulu me tourner vers elle pour savoir à quoi elle pensait mais je n'en avais pas vraiment le courage.

- Ça change beaucoup de chose.

Je me sentais mal tout d'un coup. Cet amour que j'avais pour lui n'était pourtant pas malsain. Il était sans doute peu commun, mais il n'était pas horrible. Je l'aimais tellement, et même si je ne faisais pas ma vie avec lui, il y aurait toujours une place pour lui quoi qu'il arrive dans ma vie. Alors pourquoi avais-je cette impression désagréable qu'il pouvait être mal interprété ?

Je le savais parfaitement, pourtant. Si pour moi il était naturel, ce n'était certainement pas le cas de tout le monde.

- Pourquoi ne me l'as-tu jamais dis ? Parce que je suppose que ça ne date pas d'hier ?

Son ton était neutre, il n'exprimait pas de sentiment particulier, ce qui me fit encore plus peur. Alice était toujours enthousiaste, même quand la situation n'était marrante pour personne elle réussissait à rire là où tout le monde pleurait, et c'était ça que beaucoup de personnes aimaient chez elle. Cette constante envie de mettre de la joie partout où elle passait, moi-même quand je voyais ma meilleure amie, j'oubliais ma tristesse aussitôt.

Alors la voir comme ça, je savais que la situation ne devait pas lui plaire.

- Depuis toujours, je crois, non je sais que j'aime ton frère. Ce n'est pas nouveau.

Ma voix était toujours aussi basse. J'avais peur de parler plus fort, non pas parce que les autres risquaient de m'entendre, mais seulement parce que le dire à haute voix rendait tout ceci trop réel.

- Alors pourquoi tu ne m'en as jamais parlé ?

- Alice ! Soupirai-je en me prenant la tête dans les mains.

Ma meilleure amie se leva et se planta devant moi.

- Pourquoi Bella ?

Elle ne lâcherait pas le morceau, ça je le savais.

- Parce que Alice ! Que veux-tu que je te dise ? J'aime Edward, je ne peux rien y faire. Je ne peux pas supprimer ces sentiments du jour au lendemain … je ne peux pas… mais en parler … comment aurait-tu réagi ?

- BELLA !? cria-t-elle.

Je me stoppai net et me rassit sur son lit, sans faire de commentaire, fixant le sol comme si je pouvais y trouver la solution d'une équation particulièrement difficile.

- Arrête deux minutes, s'il te plait. Je ne suis pas en train de te juger Bella. La situation … n'est pas idéale, je te l'accorde mais … l'amour … l'amour ne se trompe pas.

Je la regardais dans les yeux sans comprendre vraiment où elle voulait en venir.

- Bella … si tu es amoureuse d'Edward alors je ne dirai rien. De toute façon je n'en ai pas le droit. La seule chose que je veux te dire, c'est que tu dois faire très attention, votre différence d'âge est assez importante. Il est adulte, tu as à peine 16 ans, vous allez devoir faire attention. Les conséquences pourraient être énormes, surtout pour lui.

Est-ce qu'elle se rendait compte de ce qu'elle disait ? Elle croyait vraiment que son frère et moi avions une relation.

- Euh … Alice ? Tu ne comprends pas …

- Si je crois que si.

Elle se réinstalla à mes côtés et me regarda droit dans les yeux. Je voyais bien que son enthousiasme était en train de la gagner. Pour ma part, je ne voyais pas trop ce qu'il y avait de positif dans le fait d'aimer quelqu'un aussi fort, tout en sachant que je n'aurais jamais cette personne. C'était plutôt pathétique comme situation.

- Si tu es amoureuse de mon frère …

- Qui a 13 ans de plus que moi. J'ai beau le vouloir comme une folle, il ne me verra jamais autrement que comme une gamine, Alice. Pour lui je me fais toujours des couettes, je suis toujours aussi petite. Le pire dans tout ça c'est que … le pire c'est que ça me tue ! Je n'arrive même pas à me détacher de lui ! J'ai essayé … je te jure que j'ai essayé, mais à chaque fois j'ai échoué … Je ne sais pas comment faire pour passer à autre chose …

Les larmes étaient réapparues. Je pensais à ce qui s'était passé un peu plus tôt dans la journée. Je l'avais embrassé, j'y avais mis tout mon cœur et … rien, il n'avait absolument rien dit. Je me pris la tête dans les mains. Je sentis vaguement les bras de ma meilleure autour de moi.

- Bella, tu sais, ce n'est pas en pleurant qu'il pourra comprendre que tu n'es plus une gamine.

Je relevais la tête et la regardai droit dans les yeux. Mon cerveau était embrumé et je n'arrivais pas à comprendre ce qu'elle cherchait à me dire.

- Pourquoi tu ne dis rien Alice ? Tu devrais être en train de hurler, non ?

- Est-ce que tu te fais l'effet d'un monstre Bella depuis que tu sais que tu aimes mon frère ?

Je secouai la tête. Non jamais jusqu'à aujourd'hui je n'ai pensé que l'amour que je portais à Edward était malsain. Certes nous avions 13 ans de différence, mais pour moi ce n'était pas une question d'âge, mais de maturité. J'avais grandi sans mère, au milieu de deux garçons qui ne s'embarrassaient pas vraiment que je sois là ou pas.

J'assumai pratiquement toute seule la maison, parce que ni mon père ni mon frère ne prenaient en charge l'entretien. Je ne réagissais pas comme tout le monde, parfois j'avais même l'impression d'être une vieille. Bien entendu, j'étais quand même une ado de 16 ans, et je réagissais en tant que telle dans certaines situations.

- Non. Je l'aime, je n'y peux rien.

- Jamais je ne pourrai te juger. Tu es ma meilleure amie et je te connais par cœur, je sais qui tu es. Mais tu aurais dû m'en parler avant. J'aurais pu t'aider si j'avais su avant.

- Ca n'aurait pas changé grand-chose tu sais.

Elle soupira et de nouveau se leva pour arpenter la pièce alors que je me tordais les doigts.

- Si, j'aurais été là pour toi. Tu aurais eu quelqu'un à qui te confier au lieu de tout affronter toute seule.

Je reconnaissais bien là mon Alice. Elle serait toujours là quoi qu'il puisse se passer. Elle ne me laisserait pas tomber. J'eus soudain honte d'avoir douté d'elle. Je savais que même si la situation n'était pas idéale, elle me soutiendrait quoi qu'il arrive.

- Oh Alice !

Elle me prit dans ses bras et me consola comme elle le pouvait. Je n'étais plus toute seule, c'était une certitude. Elle sera là et ne m'abandonnera pas.

J'avais tant espéré avoir quelqu'un à qui parler, avec qui tout partager, sans réaliser que j'avais déjà quelqu'un. Quelle amie pitoyable j'avais fait pour Alice, je n'avais même pas cru en elle et en sa tolérance. Je n'avais pensé qu'à moi et à ma douleur. Il ne m'était même pas venu à l'esprit que ma meilleure amie aurait pu tout à fait comprendre, et qu'elle aurait pu m'aider depuis le début.

Il fallait juste que j'ai un peu plus confiance en elle et surtout en moi.

- Je vais t'aider Bella. Je ferais tout pour que tu sois heureuse, tu le sais. Après tout je suis amoureuse de ton frère, tu peux bien être amoureuse du mien…

Elle parvint à me faire rire. J'attrapai un mouchoir pour essuyer mes yeux. Elle avait raison, cela ne servait à rien de pleurer, je devais agir et non m'apitoyer sur mon sort.

Dès qu'un obstacle s'était dressé sur mon chemin, je m'étais écroulé et je n'avais même pas cherché à analyser la situation.

Elle me lâcha d'un coup et se dirigea en sautillant vers son bureau croulant littéralement sous les tissus et surtout vêtements qui y étaient posés. Elle attrapa un calepin – qui sortait de je ne sais trop où – et un stylo – impressionnant qu'elle s'y retrouve dans tout ce bazar ! – et s'installa sur le sol.

Elle tapota la place à côté d'elle et me fit signe de m'asseoir.

Je ne protestai pas, trop curieuse de savoir ce qu'elle avait en tête.

- Bon, avant de lui faire comprendre tes sentiments, il va d'abord falloir que tu lui montres qui tu es devenue …

Elle mâchouillait son crayon et levait les yeux au ciel dans une intense concentration.

- Alice je pense qu'il le sait déjà ce que je ressens pour lui.

Je ne voulais plus rien lui cacher. Elle savait déjà, alors je pouvais bien aller jusqu'au bout et puis j'avais besoin de quelqu'un à qui me confier.

- Je te demande pardon ?

Son ton était stupéfait et ses yeux encore plus écarquillés que tout à l'heure.

- Je l'ai embrassé … tout à l'heure.

Elle resta silencieuse un long moment à me fixer, avant de reporter les yeux sur son calepin.

- Bon, alors vu que tu es passé à l'étape 2 du plan avant d'avoir entamée la 1, on va dire que … il va falloir sacrément lui en mettre plein la vue.

- C'est-à-dire ? Demandai-je, surprise que ma révélation n'ait pas l'air de la perturber plus que ça.

- Bella ! Tu es passé directement au dessert. On ne mange jamais le dessert avant le plat principal et l'entrée ! Enfin mis à part les tordus ! Bon au moins tu n'es pas passé directement au café. Remarque pas sûr qu'il se serait laissé faire. Bon bref … Edward t'a vu grandir, pour lui tu es toujours une gamine. Il faut que tu lui fasses d'abord comprendre que tu es loin d'en être une, que tu es une femme, et que tu es en train de changer. Si tu fais des trucs comme tu as fait tu vas le braquer.

Je réfléchissais à ses paroles, et elles n'étaient pas dénuées de sens. C'était dur à accepter, mais peut être qu'Edward n'avait jamais pensé à moi de cette façon-là. Sa métaphore avec la nourriture m'avait quelques peu embrouillé, je ne voulais même pas savoir ce qu'elle voulait entendre par « café », mais pourtant elle était représentative. Je devais sans doute laisser le temps à Edward d'analyser les choses, et lui monter ce que j'étais devenue. Le fait de porter des tenues féminines n'était sans doute qu'un début, il y avait encore du chemin à parcourir.

J'avais probablement été trop vite. C'était dur à accepter, mais je devais être patiente. Peut-être qu'avec l'aide d'Alice les choses allaient évoluer. Un semblant d'espoir se forma au fond de mon cœur, mais je m'empressais de le refouler. Cela ne servirait à rien si Edward ne ressentait pas la moindre chose pour moi.

- Alors qu'est-ce que je dois faire ?

- D'abord lui montrer que toi aussi tu peux séduire et être sensuelle.

PDV Alice

J'avais tout mis en place avec Bella. Mon frère n'allait pas pouvoir lui résister.

Ma meilleure amie amoureuse de mon frère ? Qui l'aurait cru ? Sûrement pas moi. Bella était toujours si réservée, il était rare qu'elle fasse des bêtises ou dise un mot plus haut que l'autre. Elle était calme, tout le contraire de moi je le savais. Mais je l'aimais comme une sœur, comme Rose en fait, et je voulais qu'elle soit heureuse.

Je me doutais bien que si Bella et Edward devaient avoir une relation avant sa majorité et avant qu'elle ait quitté le lycée, ça allait être dur pour les deux. La situation pouvait très vite devenir dangereuse, autant pour l'un que pour l'autre. Mais j'avais confiance en eux deux. Les conséquences, surtout pour mon frère, pouvaient être désastreuses.

Je ne savais pas si il allait se passer quelque chose, mais j'avais une sorte de prémonition, je sentais que cette histoire n'était pas qu'un rêve de ma meilleure amie. Malgré la différence d'âge, je sentais que ça pouvait coller. J'avais toujours été comme ça, je sentais quand quelque chose allait tourner bien ou pas.

Mon frère était quelqu'un de très droit, et je doutais qu'il tente véritablement quelque chose. Enfin pas si il n'aimait pas Bella. Autant que je puisse en dire, je crois qu'Edward n'avait jamais eu de véritable petite-amie. Oh des coups d'un soir bien sûr que oui, des filles dont il se servait pour s'amuser aussi –la secrétaire de l'école par exemple– mais à ma connaissance jamais une fille dont il était amoureux.

Pour prendre des risques aussi énormes, je me doutais que la passion allait devoir les unir. Pour savoir si elle pouvait exister je devais donc voir d'urgence mon frère. Je n'avais rien vu jusque-là, peut-être parce que pour moi jamais Bella – ma meilleure amie aussi docile qu'un agneau – ne pourrait être attirée par mon frère qui est un homme.

Mais maintenant que l'idée m'avait traversé l'esprit j'avouerais qu'elle ne me déplaît absolument pas. Ce serait même plutôt cool je dirais.

En dehors de mon jazzou et de mes parents bien sûr, Bella et Edward étaient les deux personnes que j'adorais le plus sur cette terre, et je voulais qu'ils soient heureux. Hélas en ce moment ils étaient loin de l'être !

Alors l'idée qu'ils puissent un jour former un couple en dépit des points noirs –non négligeables- je trouvais ça super méga giga cool !

Oh là je m'emballe !

Bref, direction l'appart d'Edward. Bon jazzou et Bella, tout comme mes parents, étaient en bas et on devait tous dîner ensemble, mais bon, ils pouvaient attendre. Je me devais de faire mon rôle de petite sœur et de meilleure amie. Il fallait donc que j'aille voir mon frère chez lui.

Tant pis pour les autres !

Je partis tellement vite que je crois que personne n'a compris où j'allais. Mais bon ils savaient comment je fonctionnais.

Je devais d'abord savoir dans quel état il se trouvait après ce baiser de la mort qui tue.

Je sonnais chez lui et il fallut plusieurs minutes avant qu'il ne daigne répondre.

- Ah Eddy, tu m'as presque fait peur !

Bon autant que je puisse en juger, il n'avait pas la meilleure tête qui soit. Ses cheveux étaient un véritable carnage, ses yeux étaient cernés, et il avait la marque de l'oreiller sur la joue. Et bin ça avait dû cogiter dans la tête de mon frérot.

- Alors, comment vas-tu Ed' ? Demandai-je avec ma bonne humeur habituelle.

J'entrais dans son appart' sans même qu'il me le dise, le poussant au passage. Il n'avait qu'à être réactif et m'inviter à entrer plus vite.

- Mais fais comme chez toi Alice, grogna-t-il en se passant la main dans les cheveux.

Apparemment monsieur n'était pas de la meilleure humeur qui soit, mais bon ce n'était qu'un détail parmi tant d'autres. Et j'étais venu pour chercher des réponses, pas pour le brosser dans le sens du poil. De toute façon, il était rarement de bonne humeur ! (j'avoue j'exagère !)

- Faut pas être si grognon, maman ne t'a pas élevé comme ça, Eddy.

Il détestait ce surnom, je le savais, mais j'aimais l'employer pour le mettre en rogne. Ce rôle de petite sœur casse pied me convenait parfaitement et je crois que voir mon frère fulminer me faisait littéralement mourir de rire !

- Arrête avec ce surnom ridicule. Mon prénom c'est Edward pas Eddy ni Ed' ni Eddy je ne sais trop quoi. Maman et Papa m'ont donné un prénom, ce n'est pas pour le déformer ! Alors arrête.

Bon, monsieur était vraiment de très mauvaise humeur. J'allais devoir me calmer si je voulais des réponses à mes précieuses questions. Ce n'est pas en le poussant dans ses retranchements que j'allais atteindre mon but.

- Bon tu étais en train de faire quoi ?

Je posais mon sac sur le canapé et me dirigeai vers la cuisine comme si j'étais chez moi.

- Tu n'étais pas en train de faire le repas visiblement.

- Alice ? Tu ne devrais pas être avec papa et maman à la maison ?

Il s'affala littéralement sur le canapé –sur ma veste Louis Vuitton en plus- et alluma la télévision.

- Petit détail. Bon alors comment vas mon frérot ? Ça n'a pas l'air d'être la grande forme.

Il fit une grimace et continua de zapper les chaînes à toute vitesse.

- Il ne t'est pas venu à l'esprit que justement ça ne l'était pas et que j'avais besoin de calme et de tranquillité ?

Je balayais sa remarque. J'étais là pour mes réponses, pas pour son humeur de chien que je connaissais déjà en plus.

- Bon alors qu'est ce qui t'as mis dans cet état ?

Les choses sérieuses commençaient. Je rentrais dans le vif du sujet.

- Alors ? Insistai-je après un grand silence.

- Une fille ! Que veux-tu que ce soit d'autre ? A votre âge vous êtes de vrais aimants à problème. Je vous jure, je ne sais pas ce qu'il vous prend, mais vous êtes toutes les mêmes ! Si un jour j'ai un enfant, je te jure que si c'est une fille elle marchera droit et je ne la laisserai pas faire un écart !

La seule chose que je retins de son discours, c'est que tout ne se présentais pas sous les meilleures auspices. M Cullen était remonté et pas qu'un peu.

Bella n'aurait pas dû l'embrasser, mais je n'étais pas Alice pour rien. Je ne connaissais pas le mot « impossible » pas plus que le mot « non » d'ailleurs.

Ce qu'Alice veut, Alice l'a.

J'étais tout à fait consciente que parfois je poussais le bouchon un peu trop loin, mais j'étais comme ça. J'allais devoir expliquer à ma meilleure amie qu'elle avait fait une bêtise en embrassant Edward alors qu'il ne s'y attendait pas. J'imaginais tout à fait ce qu'il pouvait ressentir, mais j'espérais qu'il était sous le choc, et que les choses n'étaient pas aussi négatives qu'il le pensait au premier abord.

En ce qui concernait Bella, j'allais devoir la convaincre de ne pas baisser les bras après la discussion salé qu'elle allait avoir avec mon adorable frère.

Ensuite, seulement, j'allais pouvoir travailler sur leur cas à tous les deux.

Tout un programme moi je vous le dis !

PDV Edward

J'étais de retour au lycée avec une classe de terminale qui allait passer l'examen d'ici quelques mois. Aucun d'entre eux n'était une lumière c'était certain mais normalement avec un minimum de travail je devrais arriver à faire quelque chose d'eux.

Une fois le cours terminé, je me dirigeai vers le bureau du proviseur; il fallait que je lui parle pour les bacs blancs que nous comptions mettre en place.

- Bonjour Edward ! s'exclama une douce voix.

Je reconnus Irina qui posait son téléphone fixe sur son support. Elle affichait un grand sourire et je ne pus m'empêcher de lui répondre. Cette fille avait une joie de vivre intérieure qui me rafraichissais.

- Bonjour Irina, alors comment se passe ton nouveau boulot ?

Son sourire se fit encore plus large. Elle se concentra sur ses papiers et mit de l'ordre dans toutes ses affaires.

- Et bien, il est intéressant. … je trouve surtout que certaines personnes se perdent souvent dans les couloirs et atterrissent ici par le plus grand des hasards.

Je ris franchement. Ces ados parfois. Ca me faisait songer à Bella.

Je chassais bien vite cette idée de la tête, je ne devais plus penser à ce qu'il s'était passé la vieille. Je l'avais enfouie dans un coin de mon cerveau et je ne voulais plus y penser. Du moins pas tant que je n'en serais pas obligé.

- Tu as déjà mangé ?

C'était sorti tout seul avant que j'ai pu me retenir. Mais c'était ce que je voulais.

- Non pas encore.

- Tu veux manger avec moi ?

Elle hocha la tête et attrapa son repas.

Tant pis, j'irai voir le proviseur plus tard. Je voulais vraiment partager un moment avec cette femme. De toute façon, j'avais plus important ici tout de suite. Je proposais à Irina de manger dans ma salle de littérature, au moins là nous ne serions dérangés par personne, et nous aurions un minimum d'intimité.

Alors que je me dirigeai vers celle-ci, j'eus le temps d'apercevoir Tanya qui me fit un léger sourire et un signe de main. Si je m'étais attendu un jour d'avoir des relations amicales avec elle surtout après tout ce qui s'était passé entre nous !

Dès que nous fûmes dans ma salle, je verrouillais la porte derrière nous.

- Alors, Edward ? Tu n'as pas l'air en forme dis-moi ?

Elle avait légèrement penché la tête et m'étudiai avec curiosité. Elle avait cette lueur dans ses prunelles qui me réchauffait le cœur.

J'esquissai un sourire, mais je n'allais pas lui dire pourquoi j'avais des cernes énormes sous les yeux et une tête à faire peur à un mort, et je ne voulais plus y penser de toute façon. Enfin pas tant que ce ne sera pas nécessaire.

- Ah, mauvaise nuit !

Je restai évasif, mais en contrepartie je lui servis mon sourire en coin. Puis je croquais dans mon sandwich sans la lâcher des yeux.

Cette femme était vraiment belle. Ses cheveux blonds tombaient librement sur ses épaules et ses yeux brillaient d'un éclat particulier. Elle avait un joli visage ovale très délicat. Je baissais le regard vers ses mains. Elles étaient délicates.

Quand je relevais les yeux vers elle, je tombais sur son regard. Cramé ! Si j'étais du genre à rougir je serais rouge pivoine –comme Bella- mais moi je me contentais de lui servir mon sourire en coin.

Le repas passa tellement rapidement que je ne me rendis même pas compte que ça allait bientôt sonner. Je rangeai au plus vite et fis disparaitre les traces de notre repas.

La sonnerie allait retentir mais je devais faire quelque chose avant.

- Irina ? L'interpellai-je alors qu'elle attrapait son sac qu'elle avait posé sur mon bureau.

- Oui Edward ?

Toujours son magnifique sourire.

- Est-ce que tu viendrais dîner avec moi ce soir ?

C'était sorti tout seul sans que je ne m'en aperçoive vraiment, mais de toute façon c'était ce que j'avais eu envie de faire. A en juger par son air, elle était ravie, et moi aussi d'ailleurs.

PDV Bella

Je n'en revenais pas qu'Alice me fasse porter une tenue pareil !

Bon ce n'était pas indécent, mais disons qu'à mon goût ce haut qu'elle m'avait forcé à enfiler était plus serré que ce que j'avais l'habitude de porter, mais c'était loin d'être indécent. Quant au jean il ne valait pas mieux, lui aussi me moulait trop. Tout ceci laissait trop de place à l'imagination.

Pourtant je me sentais très féminine, surtout avec la paire de talons confortables qu'elle m'avait prêtée. Ils n'étaient pas très hauts et je l'en remerciais. Je ne voulais pas me battre pour rester debout, surtout avec ma maladresse légendaire.

- Ouah Bella, tu es magnifique ! Me souffla Angela une amie proche que j'avais au lycée.

Elle sortait avec Ben, un intello qui passait beaucoup de temps derrière ses bouquins, et qui était super sympa. Angela était douce et très timide, un peu comme moi, mais nous avions réussi à sympathiser quand même. Je ne la voyais pas beaucoup en dehors du lycée, peut être que je pouvais changer les choses.

Je lui lançais une grimace avant de m'installer à mon bureau pour suivre ce merveilleux cours de maths. Je détestai les maths au plus au point, et d'ailleurs c'était la matière où ma moyenne peinait à décoller. Je devais travailler deux fois plus pour arriver péniblement à la moyenne.

A midi je retrouvais ma meilleure amie avec mon frère en train de se bécoter, je ne suis même pas sûre qu'ils remarquèrent ma présence, au moins je pu manger en paix. J'avais un peu peur de voir Edward après le déjeuner. Je ne savais pas comment il allait se comporter avec moi. Alice m'avait fait un topo la veille quand elle était rentrée de chez son frère et ce n'était pas bon.

Il m'en voulait et n'avait pas du tout apprécié ce que j'avais fait. J'avais eu envie de pleurer, mais je ne pouvais rien faire, et de toute façon je ne voulais plus m'apitoyer sur mon sort, je voulais être forte. Enfin autant que je le pouvais.

Alors je n'avais fait que hocher la tête. Je ne croyais plus au père noël depuis longtemps. Le plan d'Alice était vraiment tordu, peut être trop pour pouvoir fonctionner, mais au moins elle m'aidait à me battre un tant soit peu.

C'est avec une boule au ventre que je rejoignis mon cour de littérature. Edward était en train d'écrire la leçon du jour au tableau. Comme d'habitude je me dirigeai vers le fond et sortis en silence mes affaires. Quand il se tourna vers nous, j'eus la nette impression que son regard faisait tout pour ne pas croiser mes yeux.

- Bon, les jeunes j'ai corrigé vos dissertations (il y eut un brouhaha général, apparemment certains auraient préféré qu'il s'abstienne) … vous avez raison de râler parce que ce n'est pas fameux.

Il commença à les distribuer une part une. Quand il appela mon nom et que je me levai pour aller la chercher, il ne me jeta pas un seul regard et se contenta de me donner la copie avec un vague «bien». D'habitude il m'aurait chaudement félicité. J'avais eu un A+ quand même, mais là rien, et j'eus vraiment mal au cœur.

En me rasseyant à ma place j'avais juste envie de prendre mes affaires et de courir dans la direction opposée de lui. Il n'avait pas à réagir ainsi, je n'avais rien fait de mal !

A la fin du cours, je me dépêchais de ranger mes affaires. Je n'avais envie que d'une chose, rentrer chez moi et ne plus le revoir avant très très longtemps. Le plus longtemps possible même.

Mais je n'eus pas cette chance, puisqu'il m'appela devant tout le monde, ne me donnant ainsi aucune possibilité de m'éclipser. Je n'eus donc pas d'autre choix que de me diriger vers lui. J'aurais voulu le regarder droit dans les yeux pour me rendre compte de ce à quoi il pensait, mais comme depuis le début, il ne me regardait pas, et de toute façon je n'étais pas encore assez téméraire pour faire quoi que ce soit. Apparemment le mur de la classe qui se trouvait derrière moi était plus intéressant.

- Bella il faut qu'on parle, me lança-t-il une fois que tout le monde fut sorti de la salle et qu'il ait fermé la porte à clef.

- Vas-y je t'écoute !

J'aurais voulu que ma voix claque sèchement, qu'elle soit dure et forte, mais elle n'était qu'un murmure et rien d'autre. Un pitoyable chuchotis qui me rendait plus pathétique que je ne l'étais déjà.

Il se passa la main dans les cheveux, signe qu'il était nerveux et qu'il ne savait pas quoi dire. Et bien je n'allais pas l'aider !

- Bella … soupira-t-il. Tu dois comprendre que ce que tu as fait … ce n'est pas bien je …

- Et pourquoi ? Me mis-je à hurler.

J'avais les larmes aux yeux. Je le savais pourtant. Mais ça ne m'empêchait pas d'avoir mal, même très mal. Edward me regardait droit dans les yeux cette fois ci. Son regard était dur. Je n'obtiendrais rien de lui. Il avait fait son choix et tant pis pour moi.

- Bella, tu as 16 ans, merde ! Je suis un homme de presque 30 ans. Est-ce que tu réfléchis ?

- Tu crois que je n'y ai pas déjà songé ? Tu crois que je peux contrôler ce que je ressens ? Je ne peux rien y faire !

Il serra les poings l'air de vouloir frapper quelque chose. Je pense qu'il avait compris que j'étais amoureuse de lui mais qu'il refusait catégoriquement d'y croire.

- Tu es une gamine Bella ! Il faut que tu grandisses, tu ne peux pas t'amouracher d'un homme !

Ces mots me firent l'effet d'une gifle. Au moins on ne pouvait pas l'accuser de ne pas être clair avec moi. Il mettait les points sur les I et les barres sur les T. Ses poings étaient toujours serrés et son visage était un masque de dureté. Certes il ne m'aimait pas mais il n'avait pas à être aussi cruel. Je ne le méritais pas. Au lieu de lui voler dans les plumes, je me contentais de le fixer sans dire un mot.

- Bella, reprit-il plus doucement. Je suis désolé mais tu aurais dû t'en douter … Tu ne peux pas t'attendre à ce que je te réponde autre chose. Tu es une enfant et tu devrais embrasser des gens de ton âge et non des hommes comme moi. Tu veux donc que ce qui s'est passé la dernière fois se reproduise?

J'aurais dû m'en douter. Ses mots étaient très durs à entendre mais c'était ce qu'il pensait. Une enfant … je n'étais rien d'autre que ça pour lui, une gamine qui jouait à la grande …

Je m'approchais encore de lui et me retrouvais à moins d'un mètre de son corps. Plus qu'un pas et je pourrais atteindre son merveilleux visage. Je levais ma main mais il la rattrapa au vol.

- Qu'est-ce que tu fais encore ? N'as-tu donc pas compris ?

- Si, tu as été très clair.

Je baissais la tête et me reculais. J'attrapais mon sac et me dirigeai vers la porte. J'étais tellement fière de mon calme et de ma maîtrise. C'était la première fois que je ne m'effondrais pas.

Mais je devais lui poser la question qui me trottait dans la tête. J'en avais besoin pour ma tranquillité d'esprit.

- Tu crois que ça aurait pu marcher si je n'avais pas eu 16 ans ?

Il resta la bouche ouverte un long moment et baissa de nouveau le regard pour ne pas affronter mes yeux.

- Je ne sais pas.

- C'est mon âge Edward, uniquement mon âge …

Je souris mais il n'y avait aucune joie. Je l'avais perdu définitivement. De toute façon il n'avait jamais été à moi. Je poussais la porte.

- Au revoir Edward.

Je n'avais plus envie de le revoir avant un long moment. J'aurais voulu lui dire tellement de chose.

Si on faisait attention, les choses pourraient marcher. Je n'avais même pas essayé de me défendre, c'était peine perdu. Je connaissais suffisamment Edward pour savoir qu'il était comme sa sœur. Quand il avait décidé quelque chose, il s'y tenait. Il avait décidé de me rembarrer alors je n'allais pas insister.

A quoi bon le plan d'Alice ? A quoi bon se battre ?

Certains diraient que je suis lâche et quelque part je le suis. Je n'avais pas fait grand-chose pour inverser les choses, mais on ne pouvait pas forcer quelqu'un à tomber amoureux de vous.

Oui, il me voyait toujours comme une gamine, mais même si il arrivait à ouvrir les yeux, qui me dit qu'il ressentirait quelque chose ?

Rien ne changerait jamais en ce qui concernait notre différence d'âge. J'aurais toujours 13 ans de moins que lui. Je serai toujours la fille de Charlie et je serais toujours une fille qu'il avait vu grandir. Ce n'est pas quelque chose qui allait changer.

La lueur qu'Alice avait réussie à rallumer dans mon cœur la veille s'éteignit aussi rapidement qu'elle était apparue.

PDV Edward

Après le départ de Bella, une sensation étrange m'avait envahi.

Pourtant c'était ce qu'il fallait faire. Comment pouvais-je encourager de tels sentiments ou même un tel comportement ? Si quelqu'un le savait … mieux si Charlie le savait j'étais condamné à me faire démembrer sans même un procès équitable.

De toute façon, je n'étais absolument pas attiré par une gamine. Bella devrait sortir avec des garçons de son âge au lieu de jouer au feu avec un homme de mon âge. J'avais 30 ans dans moins d'un mois, je devais trouver une femme de mon âge, et commencer à construire ma vie comme j'en éprouvais bizarrement l'envie.

Je secouai la tête de nouveau avant d'ouvrir la porte et de faire rentrer les terminales dans ma classe. A bout d'une demi-heure, j'avais oublié cette sensation étrange qui m'avait envahi. J'avais adopté la seule solution possible, et j'avais très bien agit face à elle. Un homme de mon âge ne pouvait définitivement pas s'intéresser, de près ou de loin, à une relation avec une gamine de 16 ans.

Ce n'était tout simplement pas possible.


Alors qu'est-ce que vous en pensez ?

Première désillusion pour Bella et elle n'est pas au bout de ses peines je vous le dis !

Laissez-moi une petite reviews pour me dire votre avis !

Le prochain chapitre, on à l'arrivée d'un nouveau personnage dans l'histoire et dans la vie de cette chère Bella !

A plus tard ! ^^