RENDEZ-VOUS

En me réveillant le lendemain matin, j'avais toujours du mal à croire que j'avais accepté ce rendez-vous avec Jasper. Il ne le savait pas, mais ce que j'avais vu de lui ne me mettais pas très à l'aise, surtout les rêves dans lesquelles il avait les yeux rouges. Même si j'avais tenté de ne pas y penser jusqu'à maintenant pour ma tranquillité d'esprit, certains de ces rêves m'avaient réellement terrifiés.

Alors pourquoi avais-je dis oui? Pourquoi étais-je si sur qu'il n'avait aucune intention de me faire du mal? Cela me paraissait si étrange.

Malgré cela, je ne lui faisais pas confiance et si ce n'était pas pour ma sécurité physique, la raison de son insistance pour m'emmener diner me perturber beaucoup. J'avais donc passé plus d'une heure dans la baignoire espérant me détendre tant bien que mal jusqu'à ce que le téléphone se mette à sonner. Je sortais donc promptement de la baignoire, manquant de peu de me casser la figure sur le carrelage pour dévaler les escaliers afin de décrocher.

- Oui? Répondis-je essoufflé

- Bonjour, Alice

Je fronçais les sourcils incapable de reconnaître la voix de l'homme à l'autre bout du fil.

- Bonjour, qui est-ce?

- Je suis peiné que tu m'es déjà oublié

Je fus brusquement happé par une vague de colère telle que je serrais douloureusement le combiné tout en grinçant des dents

- Merde! M'emportais-je. J'ai faillis me casser la figure en sortant de la baignoire et je suis nu au milieu de mon salon, alors je ne saurais que trop te conseiller de cracher le morceau!

- Nu? Grogna la voix. Comme c'est intéressant, compte-tu le rester ou vas-tu porter une jolie robe pour notre rendez-vous?

- Jas... Jasper? Soufflais-je horrifié

- Oui, madame? Répondit-il innocemment

- Qu'est-ce que tu veux?

Je soupirais en m'installant sur le divan, me fichant brusquement de mettre de l'eau partout, j'étais bien trop embarrassé pour ça.

- Je voulais savoir si tu me ferais plaisir en enfilant une jolie robe pour ce soir, quoi que...

Il termina sa phrase par un rire léger

- Je n'ai pas de robe, me pressais-je de répondre. Écoute, pourquoi ne pas me dire ce que tu veux?

- T'emmener diner, peut-être même danser...

- Ce que tu veux vraiment! M'écriais-je las de ce jeu stupide. J'ai déjà dit à ton père que je le préviendrais si je voyais quelque chose, je ne vois pas ce que tu pourrais découvrir de plus alors...

- Je veux passer du temps avec toi, me coupa-t-il. Je viendrais à sept heure

La dessus, il raccrocha sans me laisser la chance de pouvoir répondre quoi que ce soit. Je balançais le combiné sur le divan, énervé de m'être ridiculisé toute seule

- Merde! Hurlais-je en tapant sur l'accoudoir. Il doit bien rire maintenant.

Je remontais dans la salle de bain pour finir ma toilette et m'habiller. Si cet imbécile s'imaginait que j'allais me rendre présentable pour son bon plaisir, il pouvait toujours courir. Pendant un bon bout de temps, je continuais à pester toute seule en rangeant ma chambre. Je ne comprenais pas ce que je devais faire. Même si j'avais du mal à me l'avouer, une partie de moi mourrait d'envie d'aller à ce rendez-vous avec Jasper, mais d'un autre côté, je me doutais bien que cette invitation n'avais rien de romantique, il voulait des renseignements sur moi, peut-être que sa famille lui avait demandé de garder un œil sur moi de peur que je ne bave sur eux?

Cette pensée me rendit soudainement triste. Je n'avais déjà pas envi de sympathiser avec qui que ce soit, encore moins si cela concernait mon don, alors que ce soit avec un homme qui avait occupé mes rêves durant des années... c'était juste étrange et triste. Il est vrai que j'avais souvent voulu partager cette étrangeté qu'était la mienne avec quelqu'un, à de nombreuses reprises, j'avais tenté de le faire avec ma mère, mais elle ne m'avait jamais vraiment cru, à chaque fois que je lui prouvais que j'étais tombé juste, elle pensait soit que je lui faisais une blague, soit que ce n'était là qu'une coïncidence. Le jour ou elle m'avait assuré que si j'étais vraiment doté de ce genre de pouvoir elle s'empresserait de me faire enfermer à l'hôpital psychiatrique, je n'avais plus jamais abordé le sujet avec elle. Bien sur, le jour ou elle avait tenu de tel propos, elle avait beaucoup trop bu, mais cela ne fit pas s'évanouir la crainte, loin de là. Maman était capable de tout ou presque sous l'effet de l'alcool et j'avais toujours prit soin d'éviter d'apprendre jusqu'où elle serait capable d'aller.

Depuis mon arrivé à Forks, je m'efforçais autant que possible de ne pas penser à elle, mais malheureusement, les choses ne pouvaient pas être aussi simples. Mon goût pour la solitude n'aidait pas vraiment à me changer les idées, mais je devais bien m'avouer que j'étais responsable de ce fait, je n'avais aucune envi de voir qui que ce soit, d'ailleurs, j'étais plus qu'heureuse de ne pas avoir à faire face à la pitié de ma tante au quotidien.

J'ouvrais le tiroir de ma commode et attrapa mon paquet de cigarette, depuis la mort de ma mère, il m'arrivait régulièrement de céder à la tentation. Je restais donc un moment sur mon lit à laisser mes pensées voyager entre Jasper et ma mère en fumant. Je souriais en me demandant si je ne pourrais pas faire fuir Jasper si je me mettais à fumer devant lui. Peut-être abandonnerait-il sa mission? Pensais-je en écrasant la cigarette directement sur ma table de chevet.

Quelques pensées plus tard, je m'endormais pour me réveiller à exactement six heure quarante cinq en sursaut après avoir à nouveau rêvé de la famille Cullen.

Je dû prendre de nombreuses inspirations afin de tenter de me détendre. Cette fois-ci, en plus des trois Cullen que j'avais vu mourir dans les bois, le docteur venait s'ajouter à cette vision macabre à la différence que tout se passait en début de journée alors que le soleil était sur le point de se lever, mais il y avait toujours de la neige et les agresseurs étaient toujours les mêmes.

- Merde! Grommelais-je en me rafraichissant le visage. Au moins maintenant il a une bonne raison de me voir ce soir

J'allais enfiler un jean et un chandail et je descendais l'attendre dans le salon. Il arriva à peine cinq minutes après que je me sois installé sur le divan. Je me pressais d'aller ouvrir et fus surprise de le trouver avec deux boites dans les bras. Je levais un sourcil interrogateur tout en lui faisant signe d'entrer.

- Bonsoir, me salua t-il en souriant

- Salut, soupirais-je en allant me réinstaller sur le divan

Il posa les deux boites sur la table du salon et vint s'assoir à côté de moi.

- Je me doutais que tu...

- Arrête ton cinéma! Le coupais-je en roulant des yeux. J'ai une information pour toi, ça nous évitera à tous les deux de perdre du temps

Il secoua la tête prêt à contrer ce que je venais de lui dire, mais je l'arrêtais d'un geste. Poser les yeux sur lui fut vraiment une mauvaise idée, parce que je dû me concentrer pour ne pas me mettre à baver. Il était vêtu tout en noir, un pantalon à pince et une chemise qui le mettait particulièrement en valeur. Je détournais les yeux maladroitement en me demandant pourquoi ce garçon devait être aussi beau et pourquoi il avait eu la mauvaise idée de s'habiller d'une couleur qui faisait ressortir l'or de ses yeux et le blond mielleux de ses cheveux, ce mec était vraiment à tomber.

- Oui... heu, je... j'ai eu une autre vision et cette fois le doc meure avec le reste du groupe et la scène se passe avant le lever du soleil, expliquais-je en scrutant le plancher.

Sans un mot, il prit son téléphone pour relater les informations que je venais de partager avec lui, puis après l'avoir remit dans sa poche, il se leva pour aller prendre les deux boites.

- Je te remercie. Il fit une pause et se réinstalla près de moi. Je me suis permis de t'acheter une robe et des chaussures...

Il paraissait si timide à cet instant que si je n'avais pas eu la bouche grande ouverte dans la surprise, j'en aurais certainement ris.

- Tu n'as rien vu? Me demanda-t-il doucement

- Non, déglutis-je. Je... écoute, tout cela n'est pas nécessaire. Je te promets que si je vois autre chose, je le ferais savoir à ta famille et...

Son visage fut à quelques centimètres du mien en une seconde. Il me mirait avec une telle intensité que je crus fondre sur place. Une fois de plus, je ressentis une vague de calme s'insinuer en moi, ainsi que de... l'euphorie?

- Voudrais-tu s'il te plait monter à l'étage pour enfiler cette robe ainsi que les chaussures?

Il balada son nez sur mon cou en inhalant profondément tendit que je tentais de me reculer un peu de peur de tomber dans les pommes, mais il suivit le mouvement continuant à effleurer ma peau.

- S'il te plait? Répéta-t-il en déposant un baiser furtif sur ma pomme d'Adam

- Qu'est... qu'est-ce que tu fais? Bafouillais-je

- Je crois que je tente de te séduire, répondit-il d'une voix suave. Est-ce que ça marche ou dois-je penser à une nouvelle approche?

Je fermais les yeux un moment me demandant quoi faire, mais sa main glissant sur mon visage me ramena instantanément à la réalité, il avait un sourire moqueur gravé sur le visage et je me sentis soudainement énervé. Sa famille avait-elle peur que j'oublie de leur relater ce que je pouvais voir les concernant au point d'envoyer l'un des leurs en mission de rapprochement? Sérieusement, c'est pas un peu trop?

- Jasper. Tu devrais partir

Il écarquilla les yeux visiblement surpris par mes paroles, mais resta silencieux un moment, se contentant de mirer mon visage avec attention.

- Je te promets que cette invitation à diner n'a rien à voir avec tes visions, je le jure, rétorqua-t-il avec véhémence. Maintenant, monte te changer

Je fus incapable de comprendre pourquoi, mais comme une bonne fille, j'attrapais les boites qu'il avait dans les mains en roulant des yeux cependant et je montais me changer rapidement dans ma chambre.

Je devais bien avouer que la robe était radieuse. Une robe sobre de satin noir avec un léger décolleté et une coupe droite tombant sous le genoux. Je n'avais pas remarqué de suite, mais le dos était nu avec des lacés s'entrelaçant. Je devais reconnaitre qu'il avait très bon goût. Pour couronner le tout, bien évidemment, lorsque je l'enfilais, celle-ci m'aller comme un gant. Quand au chaussures, il s'agissait de jolies escarpins noirs. Une partie de moi était flatté, mais l'autre horriblement irrité à l'idée qu'il puisse tenter de me manipuler de la sorte. Après avoir rapidement arrangé mes cheveux et pris une veste approprié, je redescendais au salon en serrant les dents.

- Magnifique! Lança-t-il en apaisant brusquement devant moi. Il me prit la main pour me ramener au salon et se plaça derrière moi. Je pense qu'agrémenter la tenue avec ça, te rendrais plus parfaite encore, en imaginant cela possible...

Avant même que je n'eus le temps de dire quoi que ce soit, il glissa un collier autour de mon cou, une chaine simple en or avec un pendentif en forme de cœur incrusté de diamants. J'avais de plus en plus de mal à garder mon calme, bon dieu! Pour qui me prenait-il?

Me retournant lentement vers lui, je pus admirer l'expression perplexe qu'il affichait.

- Pourquoi tant d'irritation? Me demanda-t-il en levant un sourcil

- Peut-être parce que je n'aime pas être manipulé?

Il plissa les yeux sur moi, visiblement irrité à son tour par mes paroles et se rapprocha de quelques pas. Il ôta de nouveau mes lunettes sans que je n'ai le temps de l'en empêcher, sourit en réponse à ma gêne et inspira profondément avant de prendre la parole.

- Pourquoi est-ce difficile de me croire? Lâcha-t-il après un long silence

- Certainement parce que je n'ai jamais entendu parler de toi jusqu'à ce que j'ai la bonne idée de vous faire parvenir cette lettre? Dis-moi Jasper, avais-tu l'intention de venir m'inviter à diner sans cela? Serais-tu venu t'assoir auprès de moi à l'école pour me proposer de sortir?

- J'y songeais sérieusement, oui

Je poussais un soupire marquant mon incrédulité, ce mec me prenait vraiment pour la dernière des connes!

- Bien sur, soupirais-je

Il s'empara de ma main et m'entraina avec lui jusqu'à sa voiture et je m'extasiais quelques secondes devant l'engin

- Une Slk 350! M'exclamais-je les yeux ronds, elle est censé sortir l'année prochaine. Qui as-tu assassiné pour faire venir cette voiture d'Allemagne avec un an d'avance?

Cette fois-ci, ce fut lui qui écarquilla les yeux

- Tu... tu aime les voitures?

Je roulais des yeux et le lâcha pour aller m'installer côté passager, mais il apparut devant moi pour me balader les clés sous le nez.

- T'es vraiment un démon! Grommelais-je en m'en emparant

Je l'entendis rire tendit que je me pressais d'aller m'installer derrière le volant surprise qu'il me laisse conduire un tel trésor et j'étirais un sourire avec la ferme intention de ne pas lésiner sur la vitesse. Je devais avouer qu'il ne pouvait pas me faire plus plaisir, cet engin était un plaisir à conduire et les routes pratiquement désertes de Forks se prêtaient à la vitesse. Jasper resta silencieux pendant les cinq premières minutes, les yeux fixés sur moi, il me semblait étrange qu'il ne critique pas la vitesse à laquelle je roulais.

- Où va-t-on? Demandais-je

- Seattle

- Quoi?

- Veux-tu que je prenne le volant?

- Non

Il se mit à rire à nouveau et reporta son attention sur la route. Je ne m'attendais pas à aller jusqu'à Seattle, mais j'étais plus que ravis de pouvoir conduire cette petite merveille pendant une bonne heure, je pensais même à ralentir un peu pour en profiter d'avantage.

- Tu conduis bien pour une...

- Femme? Soufflais-je en roulant des yeux. Je ne savais pas qu'une paire de castagnettes était nécessaire pour tenir un volant et appuyer sur une pédale.

- Et bien... je suis agréablement surpris

- Tu ne devineras jamais, je sais même changer une roue, faire une vidange et recharger une batterie. Incroyable, n'est-ce pas? J'étais peut-être un homme dans une autre vie? Le taquinais-je

- Tu t'entendrais bien avec ma sœur Rosalie, éluda-t-il

- La magnifique blonde?

- Magnifique? Ricana-t-il

- Je peux comprendre que tu ne vois pas ta sœur de cette façon, mais reconnais qu'elle est très belle, elle est d'ailleurs la plus belle femme que je n'ai jamais vu. La voir se faire...

Je m'interrompis en soupirant. Je n'avais vraiment pas aimé ce rêve, voir cette magnifique jeune femme se faire arracher la tête avait vraiment été horrible.

- Puis-je te poser une question?

Je haussais les épaules inquiète par ce qu'il voulait me demander.

- Est-ce que je te fais peur?

- Je devrais, mais non, répondis-je honnêtement

- Tu devrais? Répéta-t-il les yeux rivés sur moi

Je restais silencieuse un moment, pas très sur de devoir lui dire que je l'avais vu en rêve à plus d'une reprises, cependant, j'avais le sentiment que cette famille n'avait pas l'intention de me fiche la paix, pas tant qu'il ne saurait pas tout sur moi en tout cas.

- Prends mon sac à l'arrière

Je le vis froncer des sourcils du coin de l'œil, mais il s'exécuta et attrapa mon sac posé sur la banquette arrière.

- Attrape le cahier à l'intérieur

Il prit le cahier et le garda dans les mains attendant mes instructions.

- Si je te demande de le prendre, ce n'est pas pour le garder sur les genoux, soupirais-je

En m'arrêtant à un feu rouge, j'ouvrais le cahier pour lui, sur un croquis de son visage sur lequel il avait les yeux dorés, il resta silencieux, pas très sur de comprendre pourquoi j'avais dessiné des portraits de lui. Je passais à une autre page, sur le dessin en question, ses iris étaient rouges. Il poussa un petit sifflement étrange qui me fit sursauter et s'immobilisa telle une statue.

- J'ai dessiné ça il y a quelques années, expliquais-je en reprenant le volant en mains. Cinq ou six ans, je ne me souviens pas vraiment. Donc, pour répondre à ta question, je sais parfaitement de quoi tu es capable

Il resta silencieux un long moment, mirant le dessin avec attention.

- Je suis désolé, murmura-t-il

- De quoi dont?

- Que tu es dû voir ça...

- J'ai vu pire, soupirais-je en haussant les épaules

- Pire? Répéta-t-il surpris

Il reporta son attention sur moi. Il est vrai que certains rêves que j'avais fait sur lui était très difficiles à supporter, mais voir ma mère mourir en sachant que je pourrais rien pour l'éviter battait largement les rêves de Jasper dans mon cœur.

- Oui

- Puis-je savoir...

- Non.

Il n'insista pas, se contentant de ranger le cahier dans mon sac. Le reste du voyage fut silencieux, en arrivant à Seattle, il m'indiqua la direction à prendre pour arriver au restaurant et je me garais devant celui-ci.

- J'aimerais que tu me laisse l'occasion d'être galant, marmonna-t-il alors que je venais de sortir de la voiture

Je haussais les épaules et attrapa la main qu'il me tendit. Il paraissait tendu et je me demandais si j'avais bien fais d'être honnête avec lui. Il m'entraina dans un restaurant luxueux en m'expliquant qu'il y avait un club à l'étage et qu'il espérait pouvoir y finir la soirée avec moi.

- Je... je n'aime pas trop la foule, murmurais-je gêné

Alors que je pensais le décevoir, son visage s'illumina comme s'il était soulagé d'apprendre que je n'avais pas la moindre envi de passer une partie de la nuit enfermé dans le noir avec des gens autour de moi.

- Et bien, si tu me le permets, je pourrais t'emmener ailleurs, me proposa-t-il tout sourire

- Ailleurs? Répétais-je en levant un sourcil

Il cligna de l'œil en souriant et m'installa à la table réservé pour nous. La serveuse nous tendit la carte, mais je la refusais poliment.

- Je sais déjà ce dont j'ai envi. Une salade césar et un coca, s'il vous plait

- C'est tout? S'étonna-t-il. Tu sais, je ne pense pas que tu es besoin d'un régime

Je roulais des yeux, pourquoi les mecs pensaient-ils systématiquement qu'une fille était au régime si elle avait le malheur de choisir une salade?

- Je ne suis pas au régime, pour information, j'adore la salade, mais si ça peut te rassurer, j'en veux bien deux et beaucoup de pain, dis-je en tournant mon intention vers la serveuse

- Et pour vous monsieur? Demanda-t-elle en souriant niaisement

- Rien, merci

Elle hocha la tête tendit que je fixais Jasper avec intérêt

- Pourquoi m'emmener diner, si tu ne veux pas diner?

- J'ai... te mirer semble nourrir toutes mes faims, murmura-t-il en étirant d'avantage son sourire. Comme je te l'aie dit, je voulais te sortir, ici ou ailleurs, ça n'a pas de réelle importance pour moi.

- Si tu le dis. Je posais ma serviette sur mes genoux en me préparant aux questions qui allaient forcement venir. Alors, que veux-tu savoir? Demandais-je las

- Tout

- Tout?

- Oui, je veux tout savoir

Je fronçais les sourcils en soupirant, je n'avais aucune intention de lui raconter ma vie

- Il n'y a pas grand chose à raconter, grommelais-je

- Tu ne penses pas que... si tu m'as vu a travers tes visions, ce n'est peut-être pas dû au hasard? Éluda-t-il

- J'ai fait quelques portraits, répondis-je. Pas tous de toi

- As-tu rencontré les autres?

- Non, soupirais-je en jouant avec mon verre. Je ne me souviens pas de tous mes rêves...

- Rêves? Je croyais que tu avais des visions

- En fait, avant de te rencontrer, j'étais sur que mes rêves étaient juste des rêves. Il s'avère que j'ai récemment compris que mes visions m'apparaissaient peu de temps avant qu'elles ne se réalisent, alors que mes rêves semblent me laisser plus de... temps? Je ne sais pas trop en fait, je ne comprends pas moi-même comment ça marche

Il me scruta un instant sans rien dire, il paraissait me jauger. Je remarquais que ses yeux étaient légèrement plus foncés que d'habitude et je me demandais un instant ce que cela pouvait bien pouvoir dire.

- Pourquoi avoir décidé de nous aider après ce que tu as vu de nous? Lâcha-t-il au bout d'un long moment à me mirer curieusement

Je haussais les épaules pas très sur de vouloir répondre à cette question.

- J'aurais voulu, commençais-je en secouant la tête. Parlons d'autre chose

- Bien. Pourquoi te cacher derrière des lunettes et des vêtements trop grands pour toi?

- Pour avoir la paix

La serveuse m'apporta mes deux salades et mon coca et je commençais à déguster en essayant de ne penser au prix quelle devait couter dans un restaurant tel que celui-ci. J'avais beau me régaler, j'étais tout de même un peu gêné d'avoir son regard sur moi pendant que je mangeais, d'autant qu'il restait silencieux.

- Quinze minutes plus tard, je repoussais mon assiette devant moi et releva la tête pour le regarder, son visage était sans expression ce qui n'arrangea en rien mon malaise.

- Peut-être devrais-tu me ramener à présent, murmurais-je en m'efforçant de fuir son regard insistant

- J'aimerais t'amener quelque part d'abord, si ça ne t'ennuie pas

Je fermais furtivement les yeux, irriter de ne pas comprendre ce qu'il attendait de moi, il m'était impossible de croire qu'il pouvait réellement s'intéresser à ma personne, il était parfait et j'étais tellement... sans intérêt

- Pourquoi cette irritation?

- Parce que je ne comprends pas et que je n'aime pas rester dans le flou

- Qu'est-ce que tu ne comprends pas?

- Ce que tu me veux

Il soupira en souriant, se leva, déposa quelques billets sur la table et s'empara de ma main pour m'emmener avec lui à l'extérieur. Mais contre tout attente, il ne me ramena pas jusqu'à la voiture, mais derrière le restaurant, à l'abri des regards.

- Qu'est-ce que tu fais? M'affolais-je lorsqu'il me prit dans ses bras

- Tu me fais confiance?

- Quoi?

- Est-ce que tu as confiance en moi?

- Je... oui, répondis-je à contre cœur

Il se contenta de sourire en me serrant dans ses bras et se mit à courir tellement vite que je dû fermer les yeux de peur qu'ils ne s'échappent. Je n'avais peut-être pas peur de lui pour une raison qui m'échappait, ce qui ne voulait pas dire que je n'avais pas peur de ce qu'il était capable de faire. Quelques minutes plus tard, il s'arrêta et je rouvrais précautionneusement les yeux.

Il me posa doucement sur le sol et en regardant autour de moi, je remarquais que nous étions au milieu de nulle part, dans une sorte de bois.

- Qu'est-ce qu'on fait ici? M'enquis-je

- Tu ne me demande pas comment nous sommes arrivés ici aussi rapidement?

- Peut-être parce que je suis consciente que tu as couru très vite? Raillais-je en secouant la tête

Il lâcha un charmant petit rire et je dû me retenir pour ne pas rire avec lui tant celui-ci était communicatif. Lorsqu'il s'avança vers moi, mon cœur semblait prêt à s'échapper de ma poitrine, je me sentais brusquement confiante et presque euphorique, c'est certainement ce qui m'empêcha de reculer.

- Qu'est-ce que tu m'as fais? Murmurais-je en souriant bêtement

Il caressa doucement ma joue et se pencha sur moi

- Rien de mal, répondit-il doucement. Je te promets que je ne te ferais jamais de mal. Mais... j'ai besoin de t'embrasser

Son aveu me coupa le souffle et je fis un pas en arrière, mais la surprise fut remplacer par la confiance. J'allais ouvrir la bouche lorsque ses lèvres se posèrent brusquement sur les miennes douces mais possessives. Je restais immobile un instant, mais pas longtemps puisque mes mains atterrirent d'elles-mêmes dans ses boucles soyeuses et j'ouvrais la bouche pour approfondir le baiser, me laissant doucement glisser dans l'euphorie du moment.

- Je ne sais pas ce que tu m'as fait, Alice, souffla-t-il en se détachant de moi, mais je ne peux pas rester loin de toi et mes mains ne peuvent pas rester loin de ton corps

Il illustra ses paroles en les faisant glisser le long de mes hanches et je soupirais d'aise, pas très sur de ce que j'étais en train de faire, ni même si j'avais raison de ne pas le repousser.

- Je veux que tu sois à moi, Alice. Dis-moi ce que je dois faire pour que tu m'appartiennes?

Ses paroles déclenchèrent une vague de frissons étranges dans mon estomac, mais elles eurent également le don de me ramener à la réalité. Je reculais donc de quelques pas en inspirant profondément.

- Qu'est-ce que tu m'as fais, Jasper? Exigeais-je en plaquant les mains sur mon visage

Il s'avança à nouveau vers moi pour prendre mes mains et les décoller de mes joues, je n'étais pas sur de comprendre pourquoi, mais j'avais les larmes aux yeux.

- Amplifié ta confiance, principalement, avoua-t-il à demi-mot. Depuis le jour ou nos regards ce sont croisés dans le couloir au début de l'année, je n'arrive pas à te chasser de mon esprit, Alice. Malgré les horreurs que tu as vu sur moi, j'ai besoin de savoir que tu peux m'aimer, j'ai besoin de savoir que tu veux bien me laisser t'aimer

- Mais qu'est-ce que tu racontes? On ne se connait même pas!

- D'après ce que j'ai compris, tu me connais depuis un moment...

- Ce ne sont que des...

Il m'interrompit en reposant ses lèvres sur les miennes et je fus incapable de résister, son goût était si doux, son parfum me rendait folle et j'étais incapable de comprendre pourquoi. Il suça doucement ma lèvre inférieur en grognant comme un animal, puis il se décolla de ma bouche pour me mirer.

- Est-ce que tu sais ce que je suis? Me demanda-t-il timidement

Je soupirais en repassant dans mon esprit toutes les réflexions que j'avais eu au sujet des Cullen

- Je crois le savoir, marmonnais-je le regard fuyant

- Dit-le

Je restais silencieuse quelques secondes, craignant de me rendre ridicule

- Vampire?

Il étira un sourire qui illumina son visage parfait et caressa mes lèvres du bout des doigts

- Je ne sais pas pourquoi, mais l'odeur de ton sang ne m'appelle pas, c'est juste une merveilleuse odeur que je me lasserais jamais de profiter et à mon sens, ça ne peut vouloir dire qu'une chose

- J'ai vus ça, soufflais-je alors que certains souvenirs me revenaient brusquement, j'ai vus ça

Je reculais d'un pas, décontenancé, j'avais vus ce baiser que nous venions de partager, je l'avais déjà entendu me dire ce qu'il venait de me dire et je ne comprenais pas comment j'avais pu oublier une chose pareille.

- Comment ça?

Je déglutis bruyamment, il faisait de plus en plus sombre et je commençais à avoir mal à la tête à force de me concentrer sur ce rêve oublié.

- Je pense... je pense que tu devrais me ramener

- Pourquoi? Si tu en as rêvé, c'est que ça devait arriver. Ne me repousse pas, s'il te plait

- Je suis confuse, lâchais-je. Je ne sais pas quoi penser de tout ça, c'est si étrange

Il soupira dans la défaite et hocha la tête avant de me prendre dans ses bras pour retourner jusqu'au restaurant. Il s'arrêta derrière l'établissement et me posa au sol se contentant de me tenir par la main pour me ramener jusqu'à la voiture.

- Je suis désolé, murmura-t-il sans m'adresser le moindre regard, mon intention n'a jamais été de te faire peur. Est-ce que tu veux conduire?

Il désigna la voiture du menton et je secouais la tête sachant que je serais incapable de prêter mon attention à la route. Le retour à Forks se fit plus silencieux que l'aller, je ne savais pas trop quoi penser de cette soirée, tout avait été si étrange.

- Que voulais-tu dire tout à l'heure lorsque tu m'as fais remarquer que si mon sang ne t'attirait pas, c'était pour une raison précise? Demandais-je brusquement

Il hésita un instant à me répondre, mais tourna doucement la tête vers moi et leva la main pour me caresser la joue.

- Je pense que tu es ma compagne, soupira-t-il en haussant les épaules. Toutefois, je ne t'obligerais à rien et si tu ne veux pas me revoir, je consens à te laisser tranquille. Tu n'as qu'un mot à dire...

Je baissais les yeux sur le tableau de bord, il venait juste de garer la voiture devant la maison. Je n'avais pas la moindre idée de ce que je devais dire, je n'étais pas sur de ne pas vouloir le revoir, mais ce qu'il venait de me dire m'avait choqué et je me demandais si être avec lui voulait dire que je devais devenir comme lui.

- Je ne sais pas, Jasper, dis-je en sortant de la voiture. Je me tournais vers lui qui avait les yeux rivés sur le volant. Bonne soirée, rajoutais-je en claquant la portière derrière moi

Je n'eus pas le temps d'atteindre la porte de la maison qu'il était devant moi, adossé au mur. Je me fis la remarque qu'il était aussi beau à la lumière du jour qu'à la lumière des lampadaires qui illuminaient doucement son visage. Il souriait en se penchant lentement vers moi.

- Puis-je t'embrasser encore une fois?

- Tu me demande maint...

Il me coupa en passant doucement la langue sur mes lèvres, me faisant gémir dans le processus et je m'accrochais à lui comme une noyée à une bouée, ouvrant la bouche pour le laisser entrer, perdu et étonné par mon propre comportement, mais gémissant au contact de sa langue.

Mais je me statufiais brusquement et je le repoussais alors que je me perdais dans la vision d'horreur s'offrant à moi.

- Ta famille... ta famille... ils vont être attaqués, maintenant! M'écriais-je paniqué

- Appelle-les pour les prévenir, m'ordonna-t-il en mettant son portable dans mes mains avant de disparaître

Je cherchais immédiatement le numéro de l'un des membres de sa famille et tombais sur le numéro du médecin que je me pressais de contacter.