La plupart des personnages sont inspirés de gens réels ou alors appartiennent à L. J. Smith. Cette fiction contiendra probablement des relations homosexuelles. Homophobes s'abstenir. La partie Vampire Diaries se déroule après l'épisode 8 de la deuxième saison, mais prend en compte certains personnages qui arriveront par la suite. Merci à tous ceux qui me suivent et/ou qui ont laissé des reviews.
NB : Les "*" indiquent un changement de statut dans la narration.
Tourner en compagnie de Ian, et des autres, s'avéra plus simple que je ne l'aurais imaginé. Encore plus chouchoutée par l'équipe, encouragée par June, et relogée avec les acteurs, plus proche que jamais de Candice, j'étais aux anges. J'avais tenu la route et le résultat semblait convenir aux directeurs du tournage. J'avais également resserré mes liens avec Nina, la troisième guest star de la série, dont le français parfait me donnait l'impression de ne pas être si loin que ça de chez moi.
Jusqu'à ce qu'arrive le jour où il fallut tourner la fameuse scène entre Elizabeth et Damon. Si jouer la compagne de Ian m'avait énormément plu, j'avais cependant redouté cette scène dès le début du tournage, à cause de cette attirance que je ressentais pour lui et qui s'était accentuée depuis que nous avions commencé à tourner ensemble. Je ne savais réellement pourquoi, peut être par crainte qu'il ne se rende compte de l'effet qu'il avait sur moi, ou peut être aussi par peur de perdre son amitié, je ressentais un mauvais pressentiment.
Le matin même, soucieuse de me détendre, j'étais aller m'asseoir contre le mur de pierres situé à l'arrière de la maison, avec mon Ipod et un paquet de cigarettes. Les yeux fermés, je me laissais bercer par cette musique qui me rappelait tant de souvenirs. Souvenirs de ma famille, des amis que j'avais laissés à l'autre bout de l'Atlantique. Souvenirs de cette vie sur laquelle j'avais fait une croix. Je sentis qu'on s'asseyait près de moi, et quelqu'un s'empara d'un de mes écouteurs. Son parfum et le bras qu'il passa autour de mes épaules, sa façon de respecter mon silence tout en me faisant savoir sa présence, je n'eus pas besoin d'ouvrir les yeux pour savoir que c'était Ian. Ian qui, reconnaissant Under The Bridge, se mit à chanter à voix basse. Je souriais, ouvrais les yeux et m'allumais une nouvelle cigarette.
-Alors Fisher, on a le trac ?
Résolue à lui cacher la raison de mon hésitation, je baissais la tête et rassemblais mes souvenirs douloureux.
-Je crois plutôt que j'ai le mal du pays.
-Tu veux en parler ?
Je me tournais vers lui et plongeais mon regard dans ses sublimes yeux bleus. J'y vis un mélange d'inquiétude, de tendresse et de compassion. Tout disparut alors autour de moi, comme à chaque fois lorsque je regardais ces yeux là.
-J'ai l'impression d'être une petite fille qui s'est perdue loin de chez elle. Tout me manque. Le climat, les paysages, la langue... Mes amis, ma famille... Ma vie d'avant.
-Parle moi d'eux. Tes amis, ta famille, comment ils sont ?
-Tu veux vraiment que je te raconte ma petite vie insignifiante ?
-Oui. C'est ton univers, ça m'intéresse.
-Mon père est espagnol, ma mère anglaise. J'ai un petit frère, Gabriel, qui a 17 ans. Quelques amis, mais pas tant que ça.
-Pourquoi tu n'en fais venir quelques uns ?
-Parce que tout ça n'est plus mon univers. Je suis partie de chez moi du jour au lendemain. Comme ça. Sans prévenir personne, sans un au revoir.
-Pourquoi ?
J'inspirais une grande bouffée de ma cigarette, les yeux perdus dans le vide. Au fond, je n'avais jamais vraiment su ce qui n'allait pas chez moi. Mais la vie que j'avais eu ne m'avais jamais convenue. Je ne m'étais jamais senti bien, ou à ma place. Je n'avais jamais eu la sensation d'être actrice de ma vie, et non spectatrice, d'être moi. Sauf durant cette merveilleuse année avec eux.
-Je ne sais pas vraiment. Ma vie m'ennuyait, je me sentais toujours si vide, si transparente.. Mes parents allaient divorcer, ma meilleure amie était dans le coma, je m'étais disputée avec mon frère qui ne m'a plus parlé pendant plus d'un an... J'étais malheureuse. J'étais là, à attendre qu'il se passe quelque chose, et mon oncle m'a parlé de ce stage aux Etats Unis. Le lendemain, j'étais partie. Pas un mot, pas une lettre, pas une larme. Aujourd'hui j'ai perdu cette sensation que ma vie était inutile. Je me sens bien, avec vous. Mais parfois ...
-Parfois tu te dis que tu aimerais pouvoir les revoir. Etre avec eux quand tu en éprouves l'envie. Vivre ta vie sans te poser de limite.
-Parfois je me dis que ... Je voudrais savoir. Savoir si mon frère m'a pardonnée, savoir comment est sa vie à lui, s'il est heureux, savoir... Savoir si elle ... Si elle ...
En repensant à celle qui fut ma meilleure amie pendant de longues années et que j'avais si lâchement abandonnée, je me mis à pleurer.
Ian glissa sa main sous mon menton pour me relever la tête, et essuya les larmes qui coulaient sur mon visage du bout du pouce. Je me noyais dans ses yeux, incapable de résister à l'attraction qu'il avait sur moi. Tout doucement, il se pencha vers moi, et ses lèvres rencontrèrent les miennes. Les secondes semblaient s'étirer, devenant heures, voir même journées. Sa bouche était chaude, douce, tendre. Les yeux fermés, j'entrouvrais les lèvres, et Ian approfondit le baiser. Dans ses bras, je me sentais bien, en sécurité, comme hors du temps. Je profitais de ce baiser à la fois tendre et violent. Réconfortant et passionné. Ian s'éloigna tout doucement, mettant fin à notre contact. Tentant de reprendre sa bouche, je l'agrippais par la nuque. En souriant, il posa sa main sur la mienne pour la dégager, et m'embrassa sur le front.
-Hey, doucement, gamine. Aller, lève toi, il faut qu'on y retourne.
Le ton amusé ne suffit pas à camoufler le terme employé. "Gamine". J'avais oublié. Au fond je n'étais que ça, à ses yeux. Une gamine. Une pauvre stagiaire, à peine adulte. Un oiseau blessé qui apprenait tout juste à voler. Je me levais et le suivais, renfrognée.
Lorsque j'arrivais sur le lieu de tournage, je me sentis intimidée. Immensément insignifiante. Ian, torse nu, était en train de chercher une chemise, tandis que June lui parlait. L'air extrêmement concentré, il se mordait la lèvre inférieure en hochant parfois la tête. Hypnotisée par ses doigts qui fermaient habilement les boutons de la chemise qu'il venait d'enfiler, je ne pouvais détacher mon regard de son corps parfait, et la seule chose à laquelle j'étais capable de penser était les baisers enflammés que nous allions partager sous la caméra, et les caresses qui allaient s'échanger entre moi et cet homme à la plastique de rêve.
J'en étais là de mes réflexions lorsque la voix de June me fit revenir sur terre.
-Alice ! Alice ! Dépêche toi enfin, tu n'as même pas jeté un oeil aux tenues, et Taylor doit encore te maquiller et te coiffer !
M'attrapant par le bras, June me tira vers l'endroit où était entreposés les "costumes". Lorsqu'elle me montra ce que j'étais censée porter, j'étouffais un hoquet.
-Attends attends attends, June, je vais quand même pas porter un truc pareil ?
-Alors là, pour le temps pendant lequel tu le portes, tu vas pas faire ta difficile, hein ? De toute façon, tu as 30 secondes top chrono avant que Damon ne te l'arrache, ta robe, alors.. Enfin, si Ian ne l'a pas fait avant.
Elle me planta là avec un clin d'oeil. Qu'avait elle encore à se comporter comme si nos personnages étaient indépendants de nous ? Laissant tomber June et sa douce folie pour l'instant, je m'étais tourné vers ma superbe "tenue".
-Pffff. Ma fille, voilà ton heure de gloire : tu vas avoir l'air de faire le tapin. Et ce n'est même pas toi qui l'a voulu.
En soupirant, j'attrapais les vêtements et commençais à me changer. Je sorti de là au bout de 10 minutes, mal à l'aise dans mes chaussures à talons un peu trop féminines à mon goût, et dans ma robe noire-décolletée-outrageusement-sexy. J'avais l'impression d'être déguisée en clown, ce n'était vraiment pas moi, cette fille là. Taylor m'intercepta dès que je fus dehors, boucla mes cheveux rebelles, et me maquilla. Un bref coup d'oeil au miroir me conforta dans la sensation que j'avais : une vraie bête de foire ! Ian apparu à cet instant, et me regarda avec de grands yeux en poussant un sifflement admiratif.
-Hé beh ... Tourne un peu, pour voir ? Tu es ...
Après avoir fait un tour sur moi même, je me tournais vers lui, qui me dévorait des yeux, et tout d'un coup ma panoplie de cirque se transforma en calme assurance de femme fatale. Juste l'envie de lui plaire, de lui appartenir. L'envie de l'avoir prêt de moi. L'envie de l'aimer comme il me plairait. M'approchant sensuellement de mon partenaire, je lui accordais un sourire enjôleur.
-Je suis .. ?
Il sembla se reprendre soudain, et secoua légèrement la tête, pour finalement faire demi tour en me lâchant quelques mots.
-Attendue par June. On va commencer.
*******0*******
Ce jour là, lorsque j'avais vu Alice dans cette tenue, aussi ... époustouflante, j'étais resté sans voix.
Perdu dans mes pensées, je me laissais aller sous le jet d'eau brûlant de la douche tout en repensant à ce jour là. Le pire avait été lorsque nous avions dû commencer à tourner LA scène. L'ambiance entre nous était... Presque orageuse, tant la tension était forte. J'avais envie d'elle comme un fou, et son regard brillait comme celui d'un chat devant une souris. Lorsqu'il avait fallu la plaquer contre le mur et l'embrasser, je m'étais senti comme un adolescent qui connait l'amour pour la premiere fois. Craignant qu'elle ne se rende compte de mon trouble, j'avais gardé tout du long un self controle et une impassibilité à toute épreuve, malgré l'envie furieuse que j'avais de laisser libre cours à mon désir. Les prises avaient été rapidement effectuées. Si le spectateur pouvait être trompé, je vis bien au regard d'Alice qu'elle n'était pas dupe. Aucune passion, aucun désir dans notre contact. Juste du théatre. Et il était clair que cela ne lui plaisait pas. Mais Alice était jeune, jeune et superbe, et j'étais en train de tomber amoureux de cette fille si impulsive et tellement adorable. Amoureux de ses grands yeux verts, amoureux de sa bouche bien dessinée, de ses cheveux bruns, de son visage d'ange, de son corps de déesse. Amoureux de son humour un peu noir, de sa verve, de son mystère, de son énergie si piquante, de sa joie de vivre. Amoureux d'une gamine de 19 ans. Alice sortait beaucoup, flirtait souvent, couchait ici et là sans jamais s'attacher. Elle était indépendante et libre. Elle cherchait à s'amuser. J'avais 32 ans, elle à peine 20. J'aurais dû chercher une compagne pour la vie, une épouse, une femme avec qui fonder un foyer, ce genre de compagne qui correspond à l'éthique de tout le monde. Pas une jeune femme qui repartirait d'ici quelques mois dans son pays, à l'autre bout de l'océan. Tout cela devait rester tel quel. Quelque chose d'innocent, de sans conséquence. Un jeu où tout le monde joue pour assouvir ses désirs, mais où personne ne s'attache.
Oui, tout cela n'était qu'un jeu. Un jeu dans lequel elle me rendait fou. Cette nana enflammait mes sens, elle embrasait mon coeur. Lorsqu'elle était là, rien d'autre n'avais de réelle importance. Je me serais damné pour son sourire, pour son bonheur. Je me sentais capable de décrocher la Lune pour un éclat de son rire. Capable de stopper la Terre juste pour un autre baiser. Capable de tout, pour elle.
Pour ce jeu.
J'entendis quelqu'un toquer à la porte de la salle de bain, et entrer. Partageant la maison avec Michael, Candice et Alice, je ne m'en formalisais pas, jusqu'à ce que la cabine de couche s'ouvre sur Candice.
-Oh, la blonde, au cas où tu n'aurais pas remarqué, je suis à poil ! L'intimité, tu connais ?
-Ca va Sommer, joue pas à ça avec moi. On sait tous que tu aimes exhiber ton corps de rêve, et j'en ai vu d'autres.
L'attrapant par le devant de son T-shirt, je la tirais à moi brusquement, profitant de l'effet de surprise pour l'entraîner sous la douche. Ruisselante, les yeux étincelants, elle me fusilla du regard alors que j'explosais de rire en voyant son haut blanc devenir transparent.
-Bon, bah, maintenant que je ne peux pas être plus mouillée, je reste.
Et merde.
-Qu'est-ce que tu veux, Candice ?
-Ecoute, on retourne à N-Y dans un mois. Pour Noël. On peut pas laisser Alice rester seule dans sa chambre d'hôtel miteuse alors qu'il y a une chambre de libre à l'appart'. Avec Michael, on avait pensé lui proposer de vivre avec nous, jusqu'à ce qu'elle retourne en France.
-Putain Acco, tu fais chier, vous auriez pu me demander mon avis ! Qu'est-ce qui te fait croire que je veux d'une gamine dans les pattes non stop ?
-Peut être le fait que vous soyez proches. Et qu'elle est juste à côté, alors baisse d'un ton.
Candice s'était mise à chuchoter en me regardant avec reproche.
-Ecoute, Candy, je sais pas si c'est une bonne idée ...
-Oh Ian commence pas, j'suis blonde mais pas stupide, tu crois que je n'ai pas remarqué la façon que vous avez de vous bouffer du regard ? Tu crèves d'envie que cette fille s'installe à la maison, ne me dis pas le contraire. Ce dont tu as peur c'est ce que tu ressens. Tu vois, ça fait peur d'être amoureux, monsieur le bourreau des coeurs ? Quand tu as l'impression de ne plus rien contrôler, et que tu sais que quoi qu'elle te demande, tu es capable de tout accomplir pour lui plaire ? Ca fait mal, de ne pas savoir ce qu'elle ressent, pas vrai ? Ca fait mal de te dire qu'elle est si jeune, et que toi au fond tu n'es probablement qu'une passade ?
Fou furieux, je l'attrapais par la gorge et la plaquait contre la vitre de la douche.
-Ne te mêle pas de ça !
-Je me mêle de ce que je veux. Ian, tu es mon ami. Et tu es en train de te compliquer les choses. Pour rien. Et Alice est mon amie, aussi. Et elle non plus n'est pas complètement heureuse. Je te connais, Ian. Je sais que tu vas te lancer dans un de ces jeux ridicules qui consistent à blesser l'autre pour cacher tes sentiments. La faire souffrir pour qu'elle ne veuille plu de toi, pour ne plus être confronté à tes peurs.
-Ferme la, Candice, ferme la ! Tu n'as pas à me dire ce que je dois faire.
-Non, tu as raison. En revanche, ce que j'ai à te dire, c'est que pour moi le choix est fait. Je ne laisserai pas Alice seule dans cette ville de merde, alors qu'elle est si loin de chez elle, et qu'elle n'a personne. Pas alors que Noël, la nouvelle année et son anniversaire arrive. Alors, soit tu dis oui, soit tu dégages. J'espère que c'est clair.
-C'est très clair. Quand on rentrera à New York, j'irai récupérer mes affaires chez toi.
-Alors c'est tout ? Tu ne fais que fuir ? Quand est-ce que tu vas enfin grandir ? Quand est-ce que tu vas enfin être capable d'affronter tes sentiments, au lieu de t'éclipser comme un lâche pour être sûr de ne pas souffrir ?
-Je ne peux pas, Candice. Mais ne t'en fais pas. Dans trois semaines, quand on rentrera, j'aurais dégagé de l'appartement.
