Bon. Je vous amène enfin le chapitre trois... Enfin bref. Enjoy


Étendue dans les draps, ses longs cheveux bouclés encadrant son joli visage, Baby fixait le plafond. Ça faisait trois jours qu'Otis s'était enfui lâchement. Et ça faisait trois longs jours qu'elle restait couchée dans son lit à regarder la peinture s'écailler. Trois jours qu'elle n'avait pas tué quelqu'un. Trois jours qu'elle ne s'était pas envoyée en l'air. La vie lui semblait vide de sens dans cette chambre.

Plusieurs fois par jour, sa mère venait la voir, discuter, lui amener sa nourriture. Baby n'était pas incapable de se lever. Elle n'avait seulement pas la volonté de bouger inutilement. L'étincelle de vie dans ses yeux semblait s'être éteinte, même Tiny l'avait remarqué, Elle n'était plus la même. Elle était amorphe, et n'avait toujours pas dit un seul mot. Ainsi, personne ne comprenait pourquoi Otis était parti. Personne ne savait ce qui s'était passé entre, ni n'était à même de le soupçonner.

Chaque fois que quelqu'un prononçait le nom de l'albinos, elle serrait les dents avec rage. "La maison me semble bien vide sans Otis" ou "J'ai hâte que notre grand gars revienne à la maison". Ce genre de phrases, sorties tout droit de la bouche de sa mère, lui faisaient mal. Elle préférait entendre la voix de Spaulding qui hurlait dans la maison à qui voulait l'entendre que cet "enculé d'Otis" n'était jamais là quand on avait besoin de lui.

Ce matin-là, le début du quatrième jour, Baby en eut assez de ne rien faire. Sa vie d'avant lui manquait, et l'air de sa chambre lui semblait lourd. Plus longtemps elle y resterait, plus elle aurait de difficulté à se remettre d'aplomb. Bien décidée à ne pas se laisser abattre plus longtemps, elle attrapa une vieille paire de jeans et se tira lentement hors de son lit.

La mine lasse, elle descendit l'escalier. C'est Tiny qui la vit le premier, assit juste en face. Sa mère se retourna et étira sa bouche en un large sourire, découvrant des dents jaunies.

-Tu vas enfin mieux?

Baby hocha doucement la tête. "Un peu mieux" aurait été plus juste, mais elle n'avait pas envie de jouer sur les mots. Elle s'assit à sa place pendant que sa mère s'activait à lui préparer une assiette pleine de vivres. La porte de la salle de bain s'ouvrit et le vieux clown en sortit en grognant et en remontant ses pantalons.

-Cet idiot est parti avec la camionnette. J'en avais besoin aujourd'hui.

Baby piqua du nez dans son assiette et planta avec violence sa fourchette dans un morceau de patate rôtie. Mais Tiny fut le seul à remarquer sa soudaine contrariété.

-Tu n'auras qu'à prendre l'autre voiture, proposa la femme en se réinstallant à sa place.

-C'est de la camionnette dont j'ai besoin.

Le capitaine arracha un lambeau de lard à son assiette et l'engloutit avec une tranche de pain. Il remarqua enfin la présence de Baby et il lui fit cadeau de son rire grotesquement clownesque, à la fois maladif et heureux, témoignant de sa joie de la revoir parmi eux.

-En tout cas, j'aimerais qu'il me la ramène bientôt.

Baby baissa encore plus la tête, semblant trouver un intérêt soudain à son assiette. Cette fois, tout le monde remarqua son malaise.

-Qu'est-ce qu'il y a ma chérie? demanda la mère en lui prenant doucement la main.

Attentif, et soudain très sérieux, le clown s'assit à l'autre bout de la table, les bras croisés devant lui sur la table. Baby resta silencieuse un moment, la tête toujours baissée, ses ongles enfoncés dans sa paume. Tout le monde se regardait, ne sachant visiblement pas quoi faire, ni quoi penser. La voix de la jeune blonde perça enfin le silence.

-Tu peux toujours rêver pour le camion, dit-elle.

Le timbre de sa voix était triste, brisé, très inhabituel chez elle. Un silence pesa dans la pièce durant quelques instants.

-Pourquoi tu dis ça? demanda le clown, une pointe d'agacement dans la voix.

-Laisse-la donc. Tu ne vois pas qu'elle n'a pas envie de parler, dit la femme, courroucée. Laisse-lui un peu de temps.

-Ça va maman, coupa Baby.

La grande blonde tourna son regard vif vers le capitaine, le visage crispé, l'air déterminé. Les flammes de la colère brillaient dans ses yeux.

-Je veux que tu retrouves Otis pour moi. Je veux que tu lui casses les deux jambes et que tu le ramènes ici.

Un malaise passa dans les yeux de tout le monde. Dans quelques instants, madame Firefly et son mari bombarderaient Baby de questions. Mais elle était prête à y répondre maintenant.


Un autre chapitre qui se termine. Postez vos reviews. Le prochain est en cours d'écriture.