Note de l'auteur : Petit chapitre « surprise », j'avais envie de le poster aujourd'hui, pour aucune raison ! Je n'en suis pas très fière, mais j'avais envie de faire un Dean dur à cuire sur ce coup-là (et comme les Winchester sont les maîtres dans l'art de se foutre dans les pires crasses du monde...). Merci barjy02 et Arielmine pour vos commentaires qui me font très plaisir, car vous interagissez avec la fiction et je trouve ça super ! Et vous autres, les gentils petits fantômes, laissez-moi votre avis ! :p (again, désolée pour les fautes s'il y en a.)
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« Take your time… don't live too fast – Troubles will come, and they will pass.
Prends ton temps... ne vis pas trop vite – Les ennuis viennent puis s'en vont. »
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Dean en était sûr à présent, ce qu'ils affrontaient était bien un vampire. Non, toute une meute de vampire. Car il était bien connu qu'ils n'aimaient pas faire cavalier seul, ou alors, ils étaient des sortes d'ambigüités dans leur famille de monstre.
Tel le bon Winchester qu'il était, il avait voulu finir cette affaire au plus vite, se pensant plus fort et plus rusé que des monstres ayant plusieurs siècles d'avance. Ce n'était que des vampires de premier grade après tout, pas de quoi effrayer.
Et tel le bon Winchester qu'il était, il s'était enroulé dans de beaux draps, s'était enfoui dans les ennuis jusqu'au cou. Il n'avait pas testé la température, non, jamais. C'était bien plus simple de sauter dans la friture à plus 90 degrés sans savoir si ça allait piquer. Non, voyons !
Donc voilà, Dean était actuellement assit sur une chaise en fer – ces vampires essayaient peut-être de faire un remake de Game Of Thrones – des nœuds parfaitement accrochés autour de ses poignets, privant ses mains de toute circulation sanguine.
Plus d'une fois on lui avait dit de réfléchir avant d'agir, il se souvenait même d'une fois où sa mère l'avait grondé car il avait traversé la rue en courant pour récupérer un ballon. Elle l'avait sermonné sur la route du retour. Il avait été « inconscient » de faire ça, il aurait certainement pu se faire retourner par une voiture. C'était l'un des rares conseils qu'il n'avait jamais écouté, car il préférait foncer avant même de voir si tout allait bien se dérouler.
Dean avouait qu'il aimerait y songer à deux fois, certains jours. Mais il remettait toute la faute sur son tempérament ainsi que la lignée dont il descendait : « Un Winchester qui pense avant d'exécuter ? Connais pas. »
Un vampire sortit de l'ombre, le sortant à son tour de ces pensées qui le faisait fulminer.
« Parish aurait attrapé un Winchester ? Mais quel beau présent nous fait-il là. De plus, il me laisse m'en occuper tout seul, magnifique !
- Je ne peux qu'acquiescer. Si j'étais vous, je me garderais très longtemps en vie, mon sang serait encore meilleur atteint la vieillesse ! Quoi qu'il doit déjà l'être, meilleur.
- Arrête de jacasser, veux-tu ? J'aurais préféré qu'il attrape l'iceberg au lieu du perroquet.
- Pourquoi me comparer à un perroquet alors qu'il est évident que je suis un aigle. Et vous savez ce qui n'est pas bien ? Stopper un aigle en plein vol. Parce qu'il est furieux après ça, et tous ses amis le sont aussi. Et je ne pense pas que vous ailliez envie de vous heurter à un iceberg ainsi que de faire la rencontre d'un Ange du Seigneur enragé. Moi je dis ça, mais je ne dis rien. »
Dean était à presque une centaine de pourcent sûr que Castiel et Sam viendraient à sa rescousse. Ils ne le laisseraient pas à la merci d'un buveur de sang fan de Game Of Thrones.
Le vampire s'approcha du jeune homme et lui colla un ruban gris sur la bouche. Manière plutôt élégante de faire taire une proie. Même s'il avait plus envie de crier à son droit de s'exprimer, ce que le monstre n'aurait probablement pas écouté.
« Je commence à te tailler avec quoi ? Une machette trouvée parmi des civilisations anciennes, sculptée dans le fer d'autrefois et ayant comme manche du bois de chêne ? Ou un couteau rustique de cuisine, mais ayant la capacité d'ouvrir jusqu'à l'os ? Je pense que je vais partir avec la machette. C'est vrai, tu le dis toi-même, on ne va pas te vider de ton noble sang sans un magnifique instrument ! »
Dean parlait autant que ce vampire ? Alors il comprenait bien pourquoi Sam avait parfois l'envie de se taper la tête contre une table, que Castiel était pris d'envies subites de disparaître, et les monstres des désirs de le faire taire en lui privant de sa parole.
Même dans son for-intérieur il ne faisait que parler ! Cela lui déplaisait, mais il ne pouvait rien faire d'autre. Et les nœuds étaient bien trop serrés pour qu'il puisse tenter quelque chose.
Les pieds restaient aussi bien collés contre le bois. De ces jours, les monstres étaient beaucoup trop prévenants, ça en devenait lassant.
« Cette chaise provient de mon père. Vous vous souvenez, celui que vous avez décapité, ainsi que tous ces collègues, dans un manoir ? »
Génial, un vampire cherchant vengeance, il ne manquait plus que ça. Dean allait souffrir, Sam et Castiel devaient à tout prix bouger leur cul plein de cellulite !
Le monstre incisa lentement l'avant-bras du châtain, en soutenant un bol en dessous de sorte qu'il puisse récupérer le sang. Il n'avait pas envie d'attendre mais de se jeter sur lui pour le boire le plus rapidement possible, Dean pouvait l'apercevoir dans ses yeux.
Mais ce dernier savait que le monstre voulait le faire durer le plus longtemps possible, jusqu'à ce que la douleur soit insoutenable.
La machette vint inciser tout aussi lentement son pectoral gauche – qui était cependant protégé par le tissu, et Dean sentit sa vision se flouter pour un instant, la souffrance étant peu supportable pour un humain normal.
Tandis qu'il soufflait tant bien que mal à travers le ruban – scotch, le vampire enleva son t-shirt (à croire qu'il avait lu dans ses pensées) pour enfoncer un couteau dans sa côté, profondément et sans ménagement.
Dean avait envie de crier, le vampire le sentit et il lui enleva l'objet qui lui obstruait les cordes vocales. Il avait envie de l'entendre s'époumoner, geindre, crier à s'en perdre la voix. Et quand il le jeta à terre – le scotch, le châtain serra fortement les dents en fermant le plus possible ses paupières.
Jamais un monstre ne l'entendrait se plaindre. Peine perdue si c'était ce qu'il recherchait.
« On veut faire son dur à cuire Winchester ? Mais regarde ce bol remplit à ras-bord ! C'est ton sang, et bientôt, il coulera dans ma gorge lentement, et je n'ai même pas fini. Je vais te faire souffrir comme jamais tu n'as souffert ! Pour mon père !
- Mince alors, je t'apprends que j'ai déjà souffert plus que ça, je ne ressens que des petits picotements là... dit Dean en déglutissant tant bien que mal. Je suis allé en enfer face de fion, j'ai vécu pire. D'ailleurs, j'y ai croisé ton papounet, il braillait comme une tapette. »
Le couteau transperça une nouvelle fois sa chair, un gémissement plaintif sortant de ses lèvres. Le vampire savait où il frappait, et ce n'était pas des organes génitaux, il pouvait donc survivre. Mais il avait mal, très mal, et ça, ça ne pouvait pas changer.
Le bol était plein, comme la douleur qui transperçait de toute part le corps de Dean. Il avait envie de lâcher prise, mais le vampire prendrait ça pour une victoire et le tuerait sûrement dans la seconde. Il ne devait pas lâcher.
C'est pour cela qu'il se souvint d'une phrase de sa mère, toujours comme une prise pour se raccrocher et ne pas tomber : «Prends ton temps... ne vis pas trop vite. Les ennuis viennent puis s'en vont. » Oui, les ennuis venaient, faisaient leur tour, et s'en allaient quand ils s'en débarrassaient. Car ils s'en débarrassaient toujours.
Leur temps était toujours compté, c'était pour ça qu'ils vivaient vite. Mais des fois, il avouait qu'ils devraient apprendre à ralentir, pour écouter ce que leur cœur voulait, pour une fois dans leur vie, ils pouvaient le faire.
Troisième coup de couteau, dans la cuisse cette fois-ci. Quatrième coup de couteau, dans l'épaule gauche. Dean divaguait, il sentait ses forces le quitter petit à petit. Son esprit était lourd, ses pensées se confondaient et se détachaient, il n'entendit même pas la tête du vampire tomber et rouler sur le sol. Il sentit à peine les mains qui le libéraient de l'emprise des cordes, ainsi que les doigts de Sam qui parcouraient son visage pour tenter d'intercepter son regard.
Mais il était déjà trop loin, tombant dans les pommes.
Sam le retenu dès qu'il s'effondra sur lui, comme il le faisait à chaque fois. Il n'y avait pas que lui qui le protégeait et qui faisait tout pour le sauver. Les rôles étaient souvent inversés même si Dean ne voulait pas y croire.
Castiel avait ce regard attristé de voir qu'il n'était pas arrivé à temps pour que son protégé échappe à ces tortures. Il n'avait pas fait son travail. Sam était affolé, malgré qu'il puisse sentir les légers tambourinements de cœur de son frère. Ils étaient faibles, mais il était toujours vivant.
Ils l'emmenèrent donc directement à l'hôpital, et ils expliqueraient plus tard aux passants choqués comment ils avaient fait pour apparaître devant les portes coulissantes de l'entrée en un battement d'aile.
Les chirurgiens avaient fait vite. Sam et Castiel s'étaient appliqués à transformer une torture de vampire en une agression de rue au couteau. Et Dean allait vivre.
C'est pour cela que les deux hommes purent entrer dans la chambre, quand on leur assura que le châtain était hors danger et qu'il était en possession de ses capacités linguistiques. Castiel s'accroupit et fixa le visage de Dean en attendant que ce dernier se mette à parler, tandis que Sam lui attrapait la main et la serrait fort, pour ne pas la perdre.
« Est-il vrai que je ressemble à un perroquet parce que je ne fais que parler ? » demanda Dean pour être fixé.
