Mots de l'auteure : Vous avez voté sur facebook à propos de mon dilemme : conserver le nom du perso dans les lignes de dialogues ou non. Vous avez choisi de les garder pour plusieurs raisons : car c'est "ma signature", pour mieux s'y retrouver, savoir quel perso parle, pour respecter l'univers "jeux vidéo", "visual novel" ou encore accentuer le côté théâtrale, série, film, etc. Vos commentaires ont été variés et je vous en remercie! Sur ce, bonne lecture !

Pete débarque dans le petit restaurant habituel en compagnie démoniaque. Ce dernier semble se ficher de l'endroit où se retrouver, du moment qu'il est avec lui, au moins il ne pose pas de questions. Peut-être se doute-t-il de quelque chose ? Est-il capable de lire dans les pensées ? Après tout, en tant que fils de Satan, il doit bien avoir des sortes de pouvoirs non ? Henrietta est seule, déjà installée à table, c'est toujours elle qui arrive en premier. Elle fronce les sourcils en s'apercevant de la présence du nouveau venu.

Henrietta: Qu'est-ce que Damien fout là ?

Demande-t-elle sèchement, sans prendre de gants. Pete inspire et lâche dans un souffle :

Pete: C'est mon mec.

Sa langue lui pique tant cela témoigne du mensonge à ses yeux. Mais il doit se faire force pour que son plan soit mené à exécution. La jeune femme manque de s'étrangler avec son café et marmonne un « ok » peu enthousiaste. Une fois assis, Pete peine à tenir sur sa chaise, il tremble presque d'anxiété. Il fait sûrement une connerie, mais lui au moins, n'a pas embrassé une conformiste. Finalement, il appréhende plus qu'autre chose la réaction de Michael. Il sursaute en entendant quelqu'un arriver mais ce n'est que Firkle. Il fait la même tête que Henrietta il y a peu.

Firkle: C'est ton père qu'on essaie d'invoquer d'habitude, pas toi.

Damien ricane, peu affecté par l'antipathie du jeune gothique. Pete soupire et s'explique à nouveau. Ça devient déjà pénible. Comment va-t-il tenir ?

Firkle: Tu vois, je t'avais dit qu'il était aussi pd que moi.

Lance Firkle à Henrietta qui hausse les épaules. Franchement, cette histoire ne tourne pas rond. Pete s'exaspère à sa remarque. Il veut dire quoi par-là ? Qu'il a le physique d'une tarlouze ? La fille de la bande change de sujet, qui franchement devenait houleux.

Henrietta: T'étais passé où hier ?

Le rouge reste muet. Que dire ? Qu'il est parti en chialant et s'est perdu en forêt ? Tout mais pas ça, c'est pas gothique de se montrer aussi faible.

Damien: Il était avec moi.

Répond Damien de sa voix grave et lugubre.

Firkle: Ah ouais je vois, donc trop occupé pour répondre.

Dit Firkle avec un sourire non feint. Il sait de quoi il parle, il a d'ailleurs passé la nuit chez son mec. C'est toujours galère à devoir éviter ses parents et surtout son grand frère qui est assez envahissant. Pete est pris d'un frisson et se fige, cette aura qui vient de se manifester, il ne l'a connait que trop bien.

Henrietta: T'es en retard, Michael.

Ronchonne Henrietta, qui est d'humeur encore plus exécrable que d'ordinaire lorsqu'elle est affamée. Le concerné ne répond rien et prend sa place habituelle. Il dévisage Thorn avec mépris.

Michael: On t'a invité ?

Le questionne-t-il d'un ton macabre. Pete devient de plus en plus mal à l'aise, surtout face au rire maléfique de son « compagnon ». Évidemment, cette situation doit beaucoup l'amuser.

Damien: Figure-toi que oui.

Il jette un regard appuyé sur Pete, qui se crispe au possible. Les yeux de Michael défilent sur Damien, puis sur Pete, puis à nouveau sur Damien et pour finalement interroger Pete. La tension est palpable. Il est obligé de répondre, il ne peut plus faire marche arrière.

Pete: On est ensemble.

Son leader reste bouche bée. Il ne paraît pas le croire et s'exclame :

Michael: Trop paaas !

Pete remet sa mèche en place, agacé.

Pete: Si. Pourquoi je mentirais ?

Aie, son honnêteté vient de se prendre un sale coup. Michael secoue la tête, plus aucun son ne franchit le barrage de ses lèvres. Le cœur du rouge lui fait atrocement mal, c'est quoi cette réaction ? Il pourrait dire quelque chose, n'importe quoi. Mais le plus grand reste là à rien faire, à ne rien dire. Damien rit légèrement et passe un bras autour des épaules de Pete. Il n'a aucune envie de ce rapprochement, pas maintenant. C'est de la torture ! Il ne peut pas vraiment se dégager au risque de foutre en l'air son plan. Il aurait pourtant dû. Damien l'embrasse presque de force, par surprise, si bien que Pete en garde les yeux ouverts, écarquillés de stupeur. Il a la nausée tout à coup. Il voudrait mourir. Le démon met fin au baiser abrupt et sourit à Michael, affichant ses canines pointues.

Damien: Alors, convaincu ?

Michael est comme paralysé, son visage est totalement décomposé.

Michael: Trop paaas. Trop paaaaas !

Pete sent les larmes lui monter aux yeux. Qu'a-t-il fait ?! Il est sauvé par l'arrivée de la serveuse, ce qui lui permet de camoufler sa peine aux autres.

- Bon, vous allez commander quelque chose ou vous vous contentez de rester là à boire du café ?

Demande-t-elle d'une voix aigrie. Chacun cite à tour de rôle ce qu'il souhaite manger. Un silence lourd et gênant ce fait. Michael ne répond pas. La vieille serveuse s'agace. Le leader se lève brusquement et quitte l'établissement, sans rien dire.

- Mais qu'est-ce qu'il a celui-là ?

Henrietta: Heu... Il n'a plus faim ?

Répond Henrietta, tentant de calmer le jeu. C'est vrai ça, qu'est-ce qu'il fout, Michael ? C'est totalement débile ! L'ambiance est vraiment lourde. Elle dévore son hamburger, le sentiment de satiété la calme peu à peu. Pete n'a quasiment pas touché à son assiette. Elle regarde Damien qui a bien meilleur appétit que lui.

Damien: Quoi ? Tu croyais que je bouffais uniquement de la chair humaine parce que Satan est mon père ? Je suis tout autant humain que toi.

La jeune femme ne savait dire si Damien était sérieux ou pas. Ce mec est indéchiffrable. Pourquoi est-ce que Pete ne leur a jamais parlé de lui ? C'est trop bizarre. Louche même. D'accord, sortir avec la progéniture du diable, c'est carrément classe, mais ça reste étrange. Quelque chose lui échappe. Mais quoi ?

Plusieurs jours ont passé et ils sont encore plus sinistres que les autres. Ça fait un bail que Henrietta ait éprouvé le sentiment de solitude. Elle collectionne les peines, parce que c'est gothique, mais celle-là, c'est nouveau. Ils sont toujours unis avec le groupe alors quoi, qu'est-ce qui se passe bordel ?! Elle peut envisager de comprendre que Firkle veuille passer du temps avec son mec, mais d'ordinaire il leur consacre tout de même du temps. Mais tout est foutu en l'air. Finalement, ces derniers temps ils ne se sont retrouvés qu'à deux et s'en est devenu gênant. Pete s'est fait porter malade, reste enfermé chez lui, ça doit être une saloperie vachement contagieuse. Et Michael a tout simplement disparu, évaporé dans la nature. C'est perturbant, mais désormais ça commence à faire trop long. Quelque chose ne va pas, et ça doit être sérieux. Il ne répond à aucun message, ni appel. Cette fois il y en a marre ! Henrietta décide de se rendre chez lui, même si elle sait qu'il n'aime pas trop ça. Il est plutôt en froid avec sa famille et surtout avec son beau-père. Il ne voudrait infliger à personne ce spectacle déplorable. Ses parents sont des idiots de conformistes qui ne le comprennent pas. Il a pris pour habitude de se gérer seul et a vite pris de l'indépendance. Il passe d'ailleurs tout son temps, quand il est chez lui, dans le grenier qu'il a aménagé comme repère, une sorte de chambre secrète. Il ne voulait plus partager le même étage que sa « famille ». Et surtout ça lui permet d'écouter jusqu'à très tard de la musique sans avoir à baisser le volume. La jeune femme sonne, frappe à la porte, attend, tape du pied mais tout cela ne donne rien. Personne ne vient lui ouvrir. Elle décide de passer par la porte de derrière, en franchissant le jardin d'un pas déterminé. Comme elle s'y attendait, ladite porte n'est pas verrouillée. Elle entre et se dirige directement vers l'étage et grimpe jusqu'à la tanière de l'ainé.

Henrietta ne sait pas si elle doit hurler de rage ou pleurer. Michael git sur son lit, dans un état proche de la décomposition. Il fixe le plafond, l'air absent. C'est à peine s'il la remarque, ne lui adresse qu'un bref regard.

Henrietta: Putain, Michael... Tu... Mais ! Tu nous fais quoi là ?!

Pas de réponse. Son allure est déplorable, est-il resté ainsi depuis tout le temps qu'ils ne se sont plus vus ? Il est encore plus pâle qu'à la normale, sa tête fait peur, une barbe naissante s'est installée alors qu'il a horreur de ça. Il se néglige complétement, ça se voit. Elle doit réagir ! Elle se précipite vers lui, le secoue et tente de le remettre sur pied. Elle constate que Michael n'est plus capable de tenir sur ses jambes quand il s'écroule. Quel enfer ! Il est devenu si faible !

Henrietta: T'as pas bouffé depuis combien de jours ?! Merde !

Et vu l'odeur, il ne s'est pas lavé non plus... C'est désespérant. Que faire de cette épave humaine ? Elle se résigne à appeler Firkle, elle n'arrivera à rien toute seule.

Henrietta: Il faut que tu viennes chez Michael, maintenant.

Firkle: Quoi ? Pourquoi ?

Henrietta: Il est salement déprimé.

Firkle: Comme d'habitude quoi.

Henrietta: Non, là je veux dire vraiment, pour de vrai.

Firkle: ... J'arrive.

Elle raccroche et soupire. Qu'est-ce qui a bien pu le mettre dans cet état ? Il faut qu'elle se remémore, remette ses idées en place. Quand est-ce qu'elle l'a vu pour la dernière fois ? C'était au dinner. Et il est parti soudainement, sans même commander quoi que ce soit. Ouais, ça doit être là où ça a commencé à déconner. Le petit gothique débarque, il n'a pas traîné. Il jure en voyant le zombie, qui n'a toujours pas prononcé un seul mot.

Firkle: Faut qu'on le retape, on peut pas le laisser comme ça.

Henrietta acquiesce, c'est justement pour ça qu'elle l'a fait venir. Ils verront de quoi il en retourne plus tard, pour le moment, il y a urgence.

Firkle: Ça doit faire un moment qu'il n'a plus pris de douche.

Ils s'échangent un regard confus. Bon, qui s'y colle ? Firkle toussote, mal à l'aise.

Henrietta: Je m'en charge, mais aide-moi à l'amener dans la salle de bain.

Oui, on aurait tendance à penser que c'est le mec qui devrait l'aider à se déshabiller et se laver. Mais voilà, ce mec est gay et elle est pour les filles. Faut faire avec, ça semble plus logique comme ça. Ils parviennent ensemble à le soulever. Lui faire descendre les escaliers s'est avéré être laborieux, mais ils y sont arrivés. Vive le travail d'équipe. La jeune femme constate avec un pincement au cœur que les yeux du leader sont rouges et gonflés.

Firkle: Je vais lui préparer vite fait un truc à bouffer.

Annonce Firkle avant de s'éclipser, évitant ainsi d'assister au grand nettoyage. Heureusement pour Henrietta, Michael ne porte pas de chemise cette fois-ci, mais un simple t-shirt noir, ainsi qu'un pantalon d'intérieur, qui fait guise de pyjama sans doute, c'est plus simple comme ça. Elle fait couler l'eau, s'assure de sa bonne température et guide le jeune homme dévasté.

Henrietta: T'arrivera à tenir debout ?

Michael: Ouais.

Ah, enfin un mot ! C'est déjà ça, il y a un début à tout. Il est revenu parmi eux. Elle décide de lui laisser de l'intimité en voyant qu'il se débrouille très bien tout seul. Elle rejoint Firkle dans la cuisine qui s'évertue à mijoter un plat potable.

Firkle: C'est quoi cette baraque ?! Y'a rien, tout est vide ! Il reste juste des trucs qui ont pourris !

Râle celui-ci, qui a galéré à dénicher de quoi cuisiner. C'est bizarre ouais, ça peut expliquer aussi pourquoi Michael a cessé de s'alimenter. Un mot sur la table attire son attention.

« Michael, mon chéri, nous sommes partis pour la semaine, on t'a laissé de l'argent pour faire des courses et t'acheter ce que tu veux pour tes repas. Prend soin de toi. »

Voilà qui explique tout. Tsss sa mère qu'il l'appelle « mon chéri » ce que ça peut être mièvre ! Il doit détester ça. Mais visiblement, il ne les a pas faites, ces courses. Et pour ce qui est de prendre soin de lui, n'en parlons même pas... Firkle termine sa concoction, se sont des simples pâtes avec une sauce bolognaise en bocal qu'il a réussi à trouver au fond d'un placard. C'est mieux ça que rien. Michael fait son apparition au bon moment, certainement affamé. Il parait déjà un peu mieux après une bonne douche et après avoir enfilé des vêtements propres. Il s'est rasé aussi, ils commencent à le retrouver. Son regard est emprunt d'une certaine culpabilité, il remercie Firkle pour le repas d'une voix éteinte.

Henrietta: Fais pas cette tête, tu nous as déjà ramassé à la petite cuillère, c'est ton tour maintenant.

Le leader dévore le contenu de son assiette sans un mot et Henrietta commence à perdre patience.

Henrietta: Tu nous expliquerais pas pourquoi t'es comme ça ?

Firkle: Ouais, on est pas du genre à se faire des secrets.

C'est comme si on venait de lui annoncer la fin du monde, mais pas celle provoquée par le seigneur Cthulhu non, quelque chose d'horrible comme Disney Channel. Il ferme les yeux, cherche les mots. Putain pourquoi c'est si dur ?

Michael: J'imagine que je n'ai pas supporté de voir Pete sortir avec ce ringard.

Firkle reste bouche bée et Henrietta se masse les tempes, excédée.

Firkle: Quoi, tout ça pour ça ?

Demande le plus jeune, en totale incompréhension.

Henrietta:Tu es en train de nous dire que tu es jaloux ?

Michael fronce les sourcils.

Michael: Je déteste ce mot, la jalousie. Pete pas un objet que l'on possède.

Henrietta: Tu es amoureux de lui ?

Un silence pesant plane. Elle aurait peut-être mieux fait de se taire, mais elle n'en pouvait plus de cette situation, de savoir que Michael souffrait mais qu'il ne parvenait pas à leur dire pourquoi.

Michael: Je n'approuve pas ce mot non plus. Pfff l'amour.

La jeune femme lève les yeux au ciel, elle doit faire un grand effort pour ne pas s'énerver et envenimer la situation, le plus grand n'a pas besoin de ça après ce qu'il a traversé.

Henrietta: Bon... et tu décrirais ça comment alors ?

Michael prend un moment de réflexion, l'ambiance est lourde, les révélations mettent trop de temps à venir.

Michael: Il fait partie de moi, sans lui je m'éteins. L'idée qu'il puisse partager un lien fort avec quelqu'un d'autre que moi me lacère les entrailles.

Firkle: Ouais donc c'est ce que tu disais.

Murmure Firkle à l'oreille de Henrietta, qui est néanmoins bouleversée par ses paroles.

Michael: Je ne sais pas ce que je dois faire.

Lance Michael dans un souffle désespéré. La gothique a les larmes aux yeux.

Firkle: Donc il faut se débarrasser de Damien, pour que tu reprennes ta place.

Henrietta: Et dire à Pete ce que tu ressens aussi.

Firkle: Mais comment... ?

Les deux sont partis dans une conversation que Michael ne parvient pas à suivre, encore hagard après ses insomnies.

Firkle: Je sais ! Tu as pris conscience de tes sentiments quand un autre est arrivé, alors fais pareil : fais-lui croire que tu sors avec quelqu'un !

Henrietta secoue la tête, elle désapprouve hautement ce plan à la con. Mais évidemment, personne ne prend en compte son désaccord.

Firkle: De préférence, il faudrait que ce soit un mec que Pete déteste...

A suivre...

Mots de l'auteure : bon je sais, je ne suis pas douée pour transmettre des émotions mélancoliques, de la tristesse et tout ça, je suis une mordue des happy end moi ! Je vous assure que j'ai fait de mon mieux cependant! J'espère que vous appréciez votre lecture jusque maintenant, personnellement je suis dans la perpétuelle remise en question "c'est pas un peu pourri ce que j'écris là ?" mais ça, je fais avec, j'y travaille ^^ Comme d'habitude n'hésitez pas à me laisser un petit commentaire, c'est toujours très agréable et ça envoie balader mes hésitations =)