Déclaration de l'auteure : Mon Dieu, vivent les bonnes résolutions ! Je crois que j'ai jamais publié aussi vite ! J'espère que ce chapitre va vous plaire, 'y a des révélations, alors bonne lecture !

Ecstasy

Mutisme

- Die... Tu me fais mal...

Alors même que ces mots résonnaient dans la pièce, le guitariste blond retira ses ongles, plantés par inadvertance dans la peau de son leader, sans pour autant stopper ses va-et-vient, déjà rapides.

- Je... je... désolé...

- Haaaan... pas grave... continue !

Continuer ? Comme si l'idée même d'arrêter lui avait traversé l'esprit ! Il aimait Kaoru et il le prouvait en cet instant, lui communicant son ivresse totale, en lui faisant l'amour.

Sa main s'était lentement dirigée vers son épaule et il y avait enfoncé ses ongles involontairement, comme par réflexe. Pourtant, loin de lui l'idée de détériorer le magnifique corps de Kaoru... Non... Pas celui-là...

La névrose passagère du guitariste laissa rapidement place à l'enivrement de l'orgasme qui se présentait à lui sous forme de liqueur séminale qui restera en son amant, comme une preuve de son passage.

Die se retira enfin du corps de Kaoru, après cette délicieuse débauche, marquant sa possession. Ses doigts parcoururent instinctivement les blessures de son amour, lui soutirant parfois des cris, qu'ils soient de bien-être ou de douleur.

- Je... t'aime, Die...

- Moi aussi, Kaoru... Si tu savais à quel point...

Puis les quelques minutes suivantes de plaisante et silencieuse indolence ne durèrent pas, au plus grand malheur des deux protagonistes.

- Je suis désolé Kaoru, je dois passer voir Toshiya, tu sais qu'il doit rester au lit...      

- Pas de problème, Die, prends soin de lui et reviens-moi vite !

OooO

Encore une journée anodine dans leur vie, une journée banale, ordinaire, insignifiante... une journée comme ils l'aimaient ? Peut-être, mais ce quotidien était devenu si... neutre.

Kyô et Shinya étaient enlacés sur le canapé, à observer distraitement cette lucarne brillante sans grand intérêt appelée télévision. Le prosaïsme de ce paysage lui donnait presque une façade pittoresque.

Le chanteur n'osait pas briser la sereine atmosphère qui régnait pour une demande qu'il trouvait totalement futile et déplacée.

Pourtant il voulait savoir... est-ce que Shinya lui appartenait ? Depuis quelques temps, cette idée lui trottait dans la tête, mais il hésitait à en parler avec son amant, après tout, peut-être le quitterait-il, peut-être ne comprendrait-il pas, il n'en avait aucune certitude... Aussi avait-il décidé de prendre sur lui en attendant le moment de « marquer » Shinya définitivement comme sien...

Pour en revenir au salon... Aussi tranquilles étaient-ils, l'horloge était probe et sans pitié, l'heure qui avançait les ramenait à la cruelle réalité. Le chanteur quitta son chaleureux nid pour se préparer à sortir.

- Je suis désolé, Shinya, je dois passer voir Toshiya, tu sais qu'il doit rester au lit...

- Pas de problème, Kyô, prends soin de lui et reviens-moi vite !

OooO

Combien de temps s'était écoulé depuis qu'il était allongé sur le lit ? Sa marque le faisait souffrir, mais pourtant, pas une larme n'était autorisée à quitter ses yeux pour parcourir ses joues.

Les couvertures sur son corps formaient un refuge si sécuritaire qu'elles donnaient l'impression d'ouvrir les portes d'un autre monde, un monde utopique où ses rêves devenaient concrets.

Un bruit réussit quand même à venir le rejoindre dans son univers ; quelqu'un sonnait à la porte. Toshiya ne voulait pas ouvrir, il ne voulait pas sortir la tête de son paisible abri pour se retrouver à nouveau dans les ténèbres de sa chambre où seuls les spectres lui tiendraient compagnie.

Le bassiste fut définitivement sorti de son évasion mélancolique par des bruits de pas qui se rapprochaient progressivement.

- Toshiya ?

L'interpelé se figea à l'entente de son nom. S'il avait eu la possibilité de faire un souhait en cet instant, c'aurait été de se fondre entièrement dans le milieu imperturbable de la pièce. Mais malheureusement pour lui, la défense construite autour de lui était bien visible pour son ami qui l'annihila d'un simple geste.

Bientôt, il sentit un poids près de son corps et une main caressa ses cheveux maintenant découverts. Ses yeux, encore clos de peur de l'extérieur, s'ouvraient peu à peu pour apercevoir...

- Kyô ? Qu'... qu'est-ce que tu fais là ?

Un sourire bienveillant vint ensoleiller son réveil.

- Je suis venu voir comment tu allais.

Les deux amis restèrent quelques instants silencieux à apprécier le calme de l'endroit avant que le chanteur ne brise l'insonorité des lieux :

- Tu ne veux pas me dire... ce qui ne va pas ?

L'inquiétude se lisait clairement dans les yeux du visiteur alors que Toshiya restait aussi flegmatique que possible. Kyô essaya encore quelques tentatives d'approche, mais rien ne soutira de confessions au bassiste.

Puis, voyant bien qu'aucune confidence ne franchirait les lèvres de son ami, il n'insista pas, pensant peut-être qu'un isolement temporaire le ferait se confier.

Enfin seul... de nouveau seul... toujours seul...

Bien sûr, Kyô était son ami, mais il ne voulait pas parler pour le moment, il voulait garder ses souffrances pour lui... non... les garder pour eux et espérer, il voulait espérer que ça cesserait, que tout ceci n'était qu'un horrible cauchemar et que bientôt, les tourments laisseraient place à la félicité. Sa préoccupation ne devait pas devenir celle des autres, c'était à lui de tout éclaircir.

De nouveaux bruits de pas... Kyô était vraiment inquiet, il faudrait qu'il pense à la remercier...

- Die ?

En effet, c'était un tout autre visiteur qui se présentait à lui, faisant s'exorbiter ses yeux et faire couler la sueur à grosses gouttes. Le guitariste s'approcha du lit alors que Toshiya reculait vers le bord pour ne pas réduire la distance entre eux deux, la bouche entr'ouverte, sa respiration s'amplifiant qui fut bientôt recouverte par les paroles du blond :

- Je viens de voir Kyô sortir... j'espère que tu ne lui as pas révélé notre petit secret...

Le bassiste ne répondit pas à la question de Die, qui était en fait rhétorique puisqu'il savait pertinemment que son mutisme l'empêcherait de parler.

Alors que le brun restait figé, terrorisé, le guitariste partit chercher un verre d'eau qu'il tendit en compagnie d'un petit comprimé, accompagné de ces mots :

- Tiens, avale ! J'ai pas encore testé l'ecstasy sur toi... Ca promet d'être... jouissif...

Le bassiste ne protesta pas et avala cette drogue, nouvelle pour lui, en se demandant combien de personnes avaient eu droit au même traitement avant lui.

Pendant que sa vue et son ouïe se troublaient de façon spectaculaire, le guitariste déshabilla son hôte, déjà peu vêtu, et le plaça sur une chaise, avant de lui attacher les mains dans le dos grâce à une banale corde et de lui glisser une lame de rasoir entre les doigts.

Planté en face de Toshiya, Die lui expliqua les règles du jeu :

- C'est simple... Si tu arrives à te défaire de la corde avant de jouir, tu gagnes et j'arrête mon petit manège. Dans le cas contraire, tu seras mon jouet pour toujours.

Puis, laissant le temps au joueur, dont la drogue amoindrissait les facultés d'assimilation, de comprendre les règles, il commença à se dévêtir avant de murmurer :

- C'est parti...

Dans un premier temps, Die regarda comment Toshiya s'en sortait, agenouillé devant lui, caressant ses cuisses par instant. La drogue faisait trembler le bassiste qui touchait seulement sa peau avec le rasoir ; aussi, la corde se retrouva imbibée de sang.

Lire la peur mêlée à la souffrance dans son regard était très plaisant pour Die, mais l'aboutissement n'était pas encore atteint. Une de ses mains remonta donc un peu plus haut, histoire d'exciter un peu l'érection de sa victime, déjà assez conséquente.

Un nouveau regard vers ses yeux humides, son autre main sur sa virilité et c'en était trop ; il devait se dépêcher de faire jouir Toshiya ou lui-même ne tiendrait pas. Ce subtil mélange entre les gémissements d'angoisse et de délice contribuait au bien-être du guitariste dont les yeux trahissaient la sadique aisance.

Les attouchements se firent plus sûrs, ce qui déstabilisa grandement la pauvre proie qui se mutilait de plus en plus profondément. Toshiya n'en pourrait bientôt plus, il le savait, c'est pourquoi il lâcha la lame de rasoir, se résignant à être assujetti et laissa ses larmes inonder son visage où se mêlaient paradoxalement traits d'épouvante et de désir.

Son calvaire prit fin après un puissant orgasme cataleptique. Le guitariste, heureux du résultat, détacha son homologue qui tomba, affaibli, sur les genoux, parfaitement bien placé pour une petite gâterie, qu'il ne rechigna pas à faire.

Une fois son érection soulagée, il se rhabilla avant d'admirer tour à tour ses pilules blanches et son esclave. Un sourire naquit sur ses lèvres à l'idée qu'une chose si insignifiante pouvait vous détruire un homme, le transformer, l'espace de quelques instants en pantin ne réfléchissant plus qu'avec son sexe, puis il s'en alla, laissant son nouveau chien tributaire nu, étendu sur le sol, ses précieuses mains en sang et sa marque toujours apparente murmurer un :

- Je t'aime... Die...

Fin du chapitre trois

Voilà, vous savez tou(te)s qui est le fameux sadique. Vous vous attendiez à ça ? Bravo à Totchi-san qui a deviné et en plus, tu as la bonne raison ! Et merci pour vos commentaires, c'est très encourageant ! Voilà, j'attends vos réactions, et qu'est-ce que vous croyez que j'ai prévu pour la suite ?

Ryû, qui va se faire incendier !