Chapitre 4 : Tempête

Gaara referma son livre et jeta un coup d'œil au-dehors à travers sa fenêtre ronde. Il devait être neuf heures passées; la chambre de Gaara était orientée plein est, du côté du soleil levant, et donnait non pas sur l'Avenue Shukaku, mais sur les maisons des ruelles en contrebas et sur le désert au loin au sud-est, et le début des falaises à l'ouest qui bordaient jusqu'au nord de Konoha, faisant obstacle, ainsi qu'avec la forêt, aux vents du désert.

Comme toujours, Gaara n'avait pas dormi de la nuit. Il déposa son livre sur la table de nuit, s'étira lentement avec un bâillement et se leva. Il avait déjeuné depuis longtemps avec Temari et Kankuro qui devaient être au théâtre en train de répéter. Au bout d'âpres discussions, Temari avait fini par accepter que Gaara ne reprenne pas tout de suite son poste de metteur en scène, mais à condition qu'il se repose. Gaara y avait mis toute sa bonne volonté, mais le sommeil continuait de le fuir.

Gaara descendit l'escalier, flegmatique, ses clefs à la main, alla boire un verre d'eau et sortit, enfilant son long manteau avant de refermer la porte à clé derrière lui. Il déambula tranquillement sur le trottoir, se hâtant lentement vers l'arrêt de bus.

- Gaara-senseï ! cria une voix aiguë.

Il leva les yeux au ciel, ignora l'appel. Peu de temps après, de hauts et larges talons résonnèrent sur le béton, et une fille arriva en courant, pilant net lorsque Gaara se retourna brusquement pour planter son regard vert dans le sien. Elle baissa aussitôt les yeux, se tordit les mains en glissant d'une voix douce;

- B-bonjour, Gaara-senseï, où allez-vous ? Je peux venir avec vous ?

- Tu ne répètes pas avec Temari et Kankuro ? répondit Gaara.

- Non, ça y est, j'ai fini ma matinée, dit-elle avec un sourire qui découvrit toutes ses dents, je peux venir avec vous ?

- Je vais chercher mes diapos, dit-il d'un ton égal.

- Je peux venir ? répéta t-elle pour la troisième fois.

- …

Il haussa les épaules, et elle le suivit. Il fut vite envahi d'un flot de paroles; Matsuri en grandissant avait gagné beaucoup d'assurance, il est vrai, mais était surtout devenue extrêmement bavarde. Les quelques souvenirs qu'il avait d'elle étaient ses débuts au théâtre, où elle avait été la seule à lui demander des conseils, jusqu'à l'appeler son sensei. Il faut dire qu'à l'époque, Gaara avait une sacrée mauvaise réputation. Il ne connaissait Naruto que depuis un an, et peu auraient fait confiance à sa « renaissance », assez semblable à celle de Neji. Gaara sourit imperceptiblement à ce souvenir. Vraiment, il n'y avait que Sasuke sur qui les directs à la mâchoire de Naruto ne faisaient aucun effet !

En fait, Gaara se souvenait parfaitement de Matsuri. Mais pas de cette Matsuri excitée et féminine ! Il lui jeta un regard en coin, cherchant ce qui avait bien pu changer en elle. Le visage ? Plus fin peut-être, mais c'était toujours la même coiffure, les mêmes yeux bruns…et non ! Elle portait du mascara noir, discret mais qui changeait tout de même son expression, et ses lèvres brillaient un peu…à part ça ? C'était le même type de vêtements : une minijupe et certainement un débardeur caché sous le pull épais, l'écharpe rouge et la veste couleur sable.

- Gaara-sensei, on monte dans ce bus ? demanda t-elle en tournant brusquement la tête vers lui.

Il hocha la tête. En montant, il comprit ce qui avait changé : c'était sa manière de marcher, de bouger…elle était devenue une véritable jeune fille, et Gaara ressentit un peu de déception. Il avait beaucoup apprécié son caractère timide et effacé, enfant et innocent, et voilà que sans qu'il s'en soit aperçu son élève s'était muée en une jeune fille comme tant d'autres. C'était peut-être inconsciemment pour ça qu'il avait cessé de lui parler depuis sa sortie du lycée…en fait, d'une certaine manière, elle lui faisait peur.

Ils descendirent l'Avenue Sarutobi. Elle leva la tête, ravie.

- Vous avez vu, Gaara-sensei, Konoha est bien mieux décoré que Suna ! Blablabla…

Il ne l'écoutait pas, mais elle ne s'en apercevait même pas.

- Et Tobi a trébuché et est tombé dans les marionnettes de Kankuro-sempai, il a mis trois heures à démêler tous les-

- On entre ici, coupa t-il.

Matsuri cligna des yeux, un peu surprise, et le suivit dans le magasin des photographes Kotetsu et Izumo.

- Bonjour, fit Gaara.

Kotetsu était en train de ranger des pellicules sur les étagères, et se retourna avec un sourire avenant.

- Bonjour ! Vous désirez ?

Gaara lui lança un regard mi-blasé, mi-curieux, car Kotetsu avait un gros pansement sur le nez. Matsuri étouffa un pouffement en enfouissant le nez dans son écharpe. A ce moment, Izumo entra par la porte de derrière, un paquet de photos à la main;

- Ko, j'ai tiré les photos de classe d'Anko. Je suis sûr qu'elle traumatise ses élèves, regarde !

Il lui mit une photo sous le nez, lança un regard vers Gaara et Matsuri et sourit

- Ah oui, je vous reconnais, dit-il, vous nous aviez amené des diapos il y a trois jours. Je vous les apporte tout de suite !

Il sortit, Kotetsu se mit à rire en regardant les photos de classe, et Izumo rentra, une boite à la main.

- J'ai essayé de récupérer celles qui avaient reçu du café mais…un café aussi noir…je n'en ai sauvé que deux, et elles sont peu lisibles. Je ne vous les fais pas payer, bien sûr.

- Merci, répondit Gaara en sortant son portefeuille.

Pendant qu'il réglait, Matsuri regardait les photos affichées sur le mur.

- Gaara-sensei regardez, c'est trop chou ! s'écria t-elle.

Il l'ignora, prit la boite et franchit la porte. Ding ! fit la cloche. Ding ! fit de nouveau la cloche, et Matsuri sortit en courant.

- Gaara-sensei ! Je voulais vous montrer le bébé !

- …

- Vous auriez pu m'attendre…murmura t-elle.

Gaara sentait la déception dans sa voix, mais que pouvait-il y faire ? C'était elle qui avait changé, pas lui. Lui, il avait toujours été silencieux et replié sur lui-même. Si elle n'était pas capable de le supporter comme il était, elle pouvait tout aussi bien s'en aller !

- Et maintenant ? On fait les boutiques, Gaara-sensei ?

- Non, je rentre.

- Mais pourquoi ? L'avenue est chouette, les vitrines superbes ! Détendez-vous un peu, Gaara-sensei, vous n'avez pas mis le nez dehors depuis votre arrivée !

- …

Il se planta devant un arrêt de bus. Le vent commençait à souffler fort, et il frissonna malgré lui; il avait beau avoir mis un manteau, il avait toujours le cou à l'air.

Ils rentrèrent en silence. A Suna, le vent prenait plus de force encore, et du sable commençait à tourbillonner dans les rues. Lorsque le bus s'arrêta devant le théâtre Shukaku, il devint évident qu'une tempête se levait. Matsuri suivit Gaara, car elle devait répéter l'après-midi et ne pouvait rentrer chez elle dans ces conditions. Qui sait combien de temps pouvait durer la tempête ? Ce ne serait pas la première fois que l'équipe dormirait au théâtre.

- Je peux vous aider ? demanda t-elle, un peu désabusée.

- Non.

Ils s'installèrent dans le salon, et Gaara commença à trier les diapos, les rangeant dans l'ordre. Heureusement, Izumo était consciencieux et les diapos étaient donc par séries, ce qui facilitait le travail. Matsuri s'était assise à côté de lui, les jambes croisées, son livret à la main, révisant pour l'après-midi.

Gaara mis de côté la première série, satisfait, quand soudain son nez picota et…

- Atchoum !

- A vos sou…commença Matsuri.

- Atchaaa !

- A vos amours, reprit-elle en se levant, vous avez pris froid Gaara-sensei.

- Non, répliqua t-il.

- Si, rétorqua t-elle derrière lui, et il sentit son souffle sur sa nuque, elle passa ses bras autour de son cou et l'enveloppa de laine rouge.

Elle lui avait donné son écharpe. Gaara reprit son souffle, gêné tout à coup d'avoir retenu sa respiration pendant un instant pour une raison inconnue…

- Voulez-vous un chocolat chaud ? dit-elle gentiment, laissant sa main reposer un instant sur son épaule.

- Haï, merci Matsuri, murmura t-il.

Il avait très chaud au cœur, tout à coup.


- Hmm, minette ! Minette ! Réveille-toi !

On la secouait…Sakura cligna des yeux, se dressa sur son séant complètement perdue avant de comprendre où elle était et qui la secouait;

- Oh, désolée Deidara-san…je…je me suis endormie !

- ça se voit, hmm ! Est-ce que tu sais où est danna ? Il ne m'a pas répondu.

- Euh ? Mais…

Elle regarda autour d'elle, cherchant l'artiste des yeux, mais l'atelier était vide. Soudain, elle prit conscience des sifflements du vent au-dehors et des battements sourds contre les murs;

- Que se passe t-il ? s'écria t-elle.

- Relax, hmm ! C'est juste une tempête de sable, rien de grave minette ! fit Deidara.

Il se redressa, les mains sur les hanches, se mordant la lèvre inférieure.

- Bon…puisque danna est introuvable, hmm ! Tu vas m'aider à fermer les volets, hmm !

Elle s'empressa de le suivre au-dehors, enfilant à la hâte un pull dans la serre, le vent s'engouffrait violemment en lacérant les feuilles des plantes de milliers de grains de sable; le sable s'infiltrait dans les mailles de son pull, piquaient sa peau et desséchait sa bouche. Elle aida Deidara à rentrer la marionnette de l'entrée et à refermer la porte de la serre, puis ils retournèrent à l'atelier, le traversèrent jusqu'à la porte du fond que Sakura n'avait jamais franchie. Deidara l'ouvrit et la laissa entrer, jeta un dernier coup d'œil derrière lui pour s'assurer que tout allait bien et éteignit la lumière de l'atelier.

Sakura était dans le hall d'entrée. En face ce devait être la buanderie, à gauche le salon et la cuisine. Deidara l'y mena en quatrième vitesse pour fermer tous les volets, puis il bourra le dessous de la porte d'entrée de vieux chiffons – qui étaient rangés dans l'armoire de l'entrée probablement à cet effet – avant de pousser Sakura dans l'escalier. Ils grimpèrent les marches deux à deux, et tournèrent à gauche pour fermer les volets de la salle de bain, après quoi Deidara ouvrit la porte du palier, fit un pas mais s'arrêta net sans prévenir, alors Sakura lui rentra dedans. Le blond n'y fit pas attention, se contentant de s'écrier d'une voix inquiète;

- Mais Danna tu étais là ! Ça ne va pas ?

Deidara dépassant Sakura d'une bonne tête, il lui bloquait totalement la vue. Tout ce qu'elle pouvait voir, c'est que la chambre de Sasori était plongée dans une obscurité dense. Seule la lumière du palier perçait un peu les ténèbres, jetant un rectangle blanc sur le mur d'en face, et Sakura put y distinguer un tableau représentant un homme roux et une femme brune, tendrement enlacés, un bébé dans les bras. Une voix rauque répondit alors à Deidara, l'inquiétant elle aussi par l'essoufflement qui y perçait;

- Un…peu de fatigue…ça va, Deidara, ça va.

- Tu veux que je t'amène un verre d'eau et-

- C'est déjà fait, coupa Sasori, laisse-moi dormir s'il te plait, Deidara.

- Attends danna, je vais vérifier que tes volets sont bien bloqués, dit doucement le blond.

Il étendit la main derrière lui, pour signifier à Sakura qu'il ne souhaitait pas qu'elle entre. Sakura n'osa pas regarder dans la chambre, comprenant que c'était un lieu que Sasori devait vouloir intime. Deidara échangea quelques mots encore avec Sasori, toujours d'une voix étonnamment douce pour une tête brûlée comme lui, avant de refermer silencieusement la porte derrière lui. Il posa ses yeux bleus sur Sakura et frappa dans ses mains avec un sourire forcé;

- Allez, vite minette ! Ma chambre doit être dans un état !

C'était effectivement le cas, mais la faute n'en était pas à la tempête; Deidara n'avait visiblement pas une grande conception du rangement. Des vêtements traînaient un peu partout au milieu d'un fatras de papier et de sculptures en argile à moitié éclatées comme s'il les avait balancées intentionnellement contre le mur, le lit n'était pas fait, l'armoire ouverte sur un épouvantable fouillis de caleçons, t-shirts, blocs d'argile et pétards. Tout ce bazar n'était pourtant pas ce qui pouvait le plus choquer l'œil, non, c'étaient plutôt les horribles couleurs flashantes que l'artiste avait choisi pour barioler ses murs nus de formes abstraites et d'un gigantesque ART IS A BANG.

Sakura l'aida à fermer les lourds volets, après quoi il lui proposa un remontant et ils descendirent dans la cuisine.

- C'est toujours comme ça ? demanda la rosette en s'asseyant sur un tabouret.

Deidara posa vivement deux tasses et deux soucoupes sur la table avant de faire bouillir de l'eau dans une casserole.

- Haï, hmm ! Ces dernières années, les tempêtes sont de plus en plus nombreuses et durent de plus en plus longtemps…

- Est-ce que je vais quand même pouvoir rentrer chez moi ? s'inquiéta Sakura.

- J'en sais rien, hmm ! Ça peut durer jusqu'à trois jours.

- Trois jours ! s'écria t-elle, horrifiée.

- Bah, t'inquiètes pas minette, hmm !

Il fourrageait dans le placard.

- Mais où est ce foutu…

- Que cherchez-vous ? demanda la rosette.

- Ben, le café, hmm !

- Vous l'avez déjà sorti Deidara-san, sourit Sakura.

Il se retourna, un peu vexé.

Bientôt la cuisine prit un aspect plus accueillant grâce au fumet du café chaud et fort, et Sakura arrivait presque à ne plus sursauter à chaque hurlement du vent. Deidara sortit des biscuits au chocolat et ils conversèrent joyeusement.

- Vous avez trouvé ce que vous cherchiez ?

- Mouais, moyen. Ils ont essayé de me refiler de la peinture pleine de plomb, pouah ! Quitte à payer plus cher, j'ai acheté ce que préfère Danna, hmm ! Et-oh quel idiot !

Il se leva en hâte et se rua dans l'entrée. Il revint un instant après, portant la toile sur laquelle Sasori avait travaillé toute la matinée.

- Faut pas la laisser dans l'atelier pendant la tempête, on sait jamais, hmm ! Heureusement le reste est bien rangé. Regarde comme t'es belle, minette, hmm !

Il lui présenta la toile et Sakura rougit; Sasori l'avait peinte en train de dormir. Au départ, il lui avait juste demandé de s'allonger sur le sofa, mais comme elle s'était levée très tôt ce matin, que ses cours d'anatomie l'avaient complètement abrutie, que le trajet en bus avait été long et sinistre et que Sasori ne parlait jamais quand il travaillait, elle avait fini par tomber endormie sans même s'en rendre compte. Aussi l'avait-il peinte ainsi, et elle était stupéfaite de découvrir tant de sensualité dans son propre corps; c'était pourtant bien elle, qui dormait ainsi allongée sur le côté, la hanche saillante, la taille souple et courbe, la tête posée sur ses bras blancs, les yeux fermés et la bouche entrouverte…

- T'es jolie, hmm ? insista Deidara.

- Oui, oui c'est vrai, admit-elle, mais il m'a embellie, je ne suis pas comme ça en vérité.

- tch, fit Deidara en posant la toile à terre, contre le mur.

Ils entendirent alors un léger son de pas dans l'escalier, et Sasori entra dans la cuisine, les paupières battantes encore, étouffant un bâillement dans sa main gauche. Ses cheveux pourpres étaient tout ébouriffés et ses vêtements un peu froissés.

Deidara lui céda aussitôt sa chaise;

- Hmm, danna, installe-toi ! Tu veux du café ?

- Non, baka.

- Pardon, tu veux du thé ? De la tisane ?

- Haï, une tisane s'il te plait, gamin.

Deidara s'empressa de le servir. Sakura remarqua le teint un peu cireux de Sasori, mais ne dit rien. Il lui adressa un demi-sourire;

- Je crains bien t'avoir laissée dormir, Sakura-chan. Je suis désolé.

- Ce n'est pas grave, Sasori-san, le rassura t-elle aussitôt.

Deidara servit une tisane à son partenaire et déposa un pot de miel sur la table. Sasori y plongea sa cuillère, en tira un long ruban doré qu'il laissa couler dans la tisane odorante, baissant ses yeux brun-rosé. Sakura se surprit à contempler l'artiste, et détourna la tête vivement, pour voir Deidara revenir du salon avec une chaise supplémentaire.

- Alors, danna, hmm ?

- Alors quoi, gamin ? répliqua Sasori avec une pointe d'impatience.

- Satisfait de ton œuvre, hmm ?

Sakura pouvait sentir la taquinerie dans le ton de Deidara. Après s'être comporté en mère poule quelques instants plus tôt, il agissait maintenant comme un enfant qui veut ennuyer ses parents simplement pour qu'ils s'occupent de lui.

- J'aurais pu faire mieux, répondit pensivement Sasori en laissant ses yeux vermeils errer sur le visage et le cou de Sakura, ce qui la fit rougir.

- Hmm, il manque quand même quelque chose d'essentiel à ton tableau, danna, hmm !

- Quoi ? claqua Sasori, détachant ses yeux de son modèle.

- On dirait qu'elle ne va jamais se réveiller, dans ton tableau, hmm ! Quelque chose d'aussi figé…

- Si tu dis un mot sur l'art éphémère je t'assomme, coupa net Sasori, fronçant ses fins sourcils.

Deidara lui adressa un sourire moqueur et se tourna vers Sakura;

- Dis-moi, Sakura-chan, selon toi, qu'est-ce que l'art, hmm ?

Elle s'agita sur son tabouret, mal à l'aise. Elle ne s'était jamais posée la question. A quoi reconnaissait-on de l'art ? Elle pensa à Hinata; comment la jeune héritière aurait-elle défini l'art ? L'art…en fait, Hinata ressemblait à une d'œuvre d'art elle-même, mais d'où lui était venue cette pensée ?

- L'art…pour moi, c'est…ce doit être…beau, reposant, vivant…ce…ce doit parler directement au cœur…vraiment, je ne sais pas comment vous répondre, Deidara-san.

Il y eut un léger silence, qui fut brusquement brisé par le hurlement d'un tourbillon au-dehors.

- Dis-moi, Deidara, tu as bien fermé la lucarne du grenier ? demanda alors Sasori.

Le blond se figea, la tasse de café à quelques centimètres de sa bouche grande-ouverte.

- MEEEEEERDE ! hurla t-il.

En un millième de seconde, la tasse de café se retrouva dans la soucoupe et l'escalier résonna d'un pas de course. Sakura ne put s'empêcher de rire tant l'expression de l'artiste avait été comique. Sasori se leva tranquillement pour ranger le pot de miel, puis passa derrière elle pour déplacer sa toile.

- Vous m'avez peinte plus belle que je ne le suis, ne put s'empêcher de dire Sakura.

Il tendit le bras, plaçant le tableau devant elle, contre le mur auquel la table était accolée.

- Non, Sakura-chan. Je peins toujours ce qui est. Si vous vous trouvez belle sur ce cadre…

Sa voix se déroulait tout doucement, comme une mélodie, le long de son oreille. Elle pouvait presque sentir la chaleur de son corps derrière le sien.

- …c'est que vous devez l'être, acheva t-il dans un souffle.

Le cœur de Sakura battait de plus en plus vite sans qu'elle arrivât à comprendre pourquoi; est-ce que Deidara ne le lui avait-il pas dit, lui aussi, sans que cela lui fasse cet effet ? Elle ouvrit la bouche pour répondre, ne trouva rien a dire et fut sauvée de l'embarras par le retour de Deidara.

- Bonne nouvelle, Sakura-chan, hmm ! La tempête semble se calmer ! D'ici quelques heures tu pourras rentrer chez toi, hmm !

- Merci, Deidara-san, sourit-elle.

à suivre...