Chapitre 4
Clint sortit du café tout en répondant au message qu'il avait reçu de Natasha. Elle lui rappelait l'adresse de son nouvel appartement et lui précisait qu'elle avait prévenu le portier qu'il était en route.
Un portier. Natasha venait de s'installer dans un loft sur Manhattan, un appartement avec portier et ascenseur privatif. Rien n'aurait pu laisser supposer cela quand Clint l'avait rencontrée pour la première fois il y a sept ans, en Afghanistan.
Elle défendait un orphelinat d'enfants de la guerre. Elle le défendait bec et ongles. N'ayant pas peur de faire face aux militaires en armes ni aux insurgés.
Et là, Natasha se la jouait grande bourgeoise dans son super appartement. Comme quoi, les choses changeaient.
Elle l'attendait à la sortie de l'ascenseur, l'enlaçant quand elle l'aperçut.
Il n'avait jamais été quelqu'un de tactile et Natasha non plus, mais entre eux deux, c'était différent.
Natasha était son âme-sœur, la seule personne en mesure de le comprendre, et il savait que le sentiment était réciproque.
-Tu es presque à l'heure, dis-moi !
Il la frappa gentiment à l'épaule.
-Alors, t'as du taff pour moi ?
Clint terminait de fixer le lustre au plafond. Natasha l'observa, s'arrêtant de ranger ses vêtements en voyant les traces rouges apparues dans le bas du dos de Clint lorsque son T-Shirt était remonté de quelques centimètres sur sa peau.
-Encore une soirée mouvementée à ce que je vois.
Il se tourna vers elle avec un sourire moqueur.
-Tu peux pas comprendre.
-Tu as raison, je ne peux pas comprendre. Pourquoi chercher à avoir mal ?
Clint descendit de l'escabeau et se tourna vers elle, son sourire moqueur disparu.
-Nat, je t'ai déjà expliqué. Ce que je recherche c'est le plaisir qui va avec.
-Et ? Je vous ai dérangé ?
-Quoi ?
Natasha lui lança un regard évocateur tout en tapotant de son doigt sur sa montre.
-Ah... Non, j'étais avec ce mec dont je t'ai parlé.
-Phil c'est ça? Demanda-t-elle avec un sourire.
Évidemment que Clint lui avait parlé de ce fameux Phil, et plus d'une fois même.
-Ouais... Puisqu'on n'arrête pas de se croiser, on a décidé de sympathiser.
-Tu penses aller plus loin avec lui?
-Quoi ? Oh non.
-Et pourquoi ça ? Il est beau et marrant, non ?
Clint acquiesça, sachant qu'il était inutile de discuter avec Natasha quand elle avec ce ton de plaidoirie dans la voix.
-Tout à fait ton genre donc.
-Oui, il est tout à fait mon genre. Il a tout pour me plaire, soupira Clint en se laissant tomber sur le sofa.
-Où est le problème donc ?
-Je ne le mérite pas.
-Oh putain, pas encore Clint ! S'énerva Natasha. On en revient toujours à cette discussion.
Il haussa les épaules.
-Alors arrêtons de discuter de ça.
Phil récupéra les documents de la main de Pepper et en vérifia les signatures.
-Vous voulez du café, Phil ?
-Avec plaisir, dit-il en rangeant les papiers dans son porte-document.
Ils s'installèrent dans les fauteuils avec une tasse de café et Pepper sortit une boîte de chocolats fins.
-Alors ? Comment cela s'est passé avec Monica ? demanda-t-elle avec un sourire aux lèvres.
Depuis que Phil était entré dans son bureau, Pepper n'avait qu'une envie, demander des nouvelles de sa vie sentimentale. Elle voulait absolument savoir comment c'était passé le rendez-vous avec Monica.
Phil fit la grimace.
-Pour tout vous dire, nous ne nous sommes pas revus après notre premier rendez-vous.
-Oh ? Pourquoi ? demanda Pepper en choisissant un chocolat fourré à la pâte d'amande, ses préférés.
-Elle est... surfaite et peu intéressante, lâcha Phil en prenant une gorgée de café.
-Par rapport à qui ?
-Excusez-moi ?
-Vous avez forcément quelqu'un en tête. Je veux tout savoir !
-Vous êtes redoutable, Miss Potts.
-Je sais. Alors ?
-C'est une personne que j'ai rencontré... Plusieurs fois maintenant.
-Plusieurs fois, hein… sourit Peppers.
Phil méritait de rencontrer quelqu'un, il était une bonne personne.
-Mais toujours par hasard... En fait, pour tout vous dire, j'ai cru que c'était la personne que vous vouliez que je rencontre.
-Vraiment ? Comment s'appelle-t-elle ?
Phil resta un instant silencieux.
-Clint.
Peppers se figea un instant avant d'éclater de rire.
-Oui, évidemment. Je comprends mieux pourquoi vous n'avez pas revu Monica. Vous auriez dû me dire plus tôt que vous jouez dans l'autre camp, Phil.
-Pour être franc, je joue dans les deux équipes. Demandez à mon ex-femme.
Peppers sourit.
-Parlez-moi de ce Clint.
-Oh oui, parlez-nous en, Coulson.
Ils se retournèrent pour voir un homme appuyé contre le chambranle de la porte.
-Vous nous espionnez depuis longtemps ? demanda Peppers tandis que Phil posait la tasse sur la table basse avant de se lever.
Il tendit une main assurée vers l'homme.
-Monsieur Stark.
-Alors, on est à voiles et à vapeurs, Coulson ?
-Il me semble que le terme politiquement correct soit bisexuel, monsieur Stark, répondit froidement Phil.
Tony sourit.
-Oh du calme. J'suis pas là pour vous brûler en place publique parce que vous voulez prendre du bon temps avec des belles choses. Ça serait hypocrite de ma part, non ?
-En effet, Monsieur Stark. Surtout si l'on croit les rumeurs qui courent sur une possible idylle entre vous et un certain pédiatre. Le docteur Rogers, non ?
Tony grimaça.
-Touché, Coulson. Vous m'avez bien eu, reconnut-il en se laissant tomber dans le sofa. Alors, il a un nom de famille ce cher Clint ?
Phil attrapa sa tasse et but une nouvelle gorgée de café.
-Clint Barton. Et si vous voulez bien m'excuser, je dois y aller. Monsieur Stark. Miss Potts, ce fut un plaisir, comme d'habitude.
Peppers sourit et une fois Phil passé la porte, se tourna vers Tony.
-Non Tony.
-Mmmm, marmonna-t-il, les yeux fixés sur son Starkphone.
-Tony non, il s'agit de sa vie privée. Ne vous en mêlez pas.
Il releva la tête de son smartphone avec un grand sourire. Peppers soupira.
-C'est trop tard, c'est ça ?
-Exactement. Oh Peppers, ne me dites pas que vous ne voulez pas en savoir plus sur ce mystérieux inconnu qui a su faire craquer notre si ... professionnel Coulson.
Elle réfléchit un instant.
-Tenez-moi au courant, dit-elle en se réinstallant à son ordinateur.
Après tout, ce n'était pas comme si elle n'avait pas l'habitude des égarements de son patron. Et puis, pour tout dire, elle mourrait d'envie de savoir qui était cette personne qui donnait le sourire à Philip Coulson.
