Les jours passèrent, puis les semaines. Aussi étrange que cela puisse paraître, Hermione s'adapta à sa vie chez au Maoir Jedusor, et en vint même à ma trouver fabuleuse. Son père l'adorait, les Mangemorts la vénéraient et ses gardes étaient devenus de très bons amis. Théodore, le compréhensif au sourire si touchant, Adrian et son humour qui parvenait toujours à la dérider, Blaise et Drago, charmeurs et protecteurs à souhait, toujours là pour elle. Mais tous les quatre savaient bien qu'elle souffrait de sa future séparation avec le reste du Trio d'Or. Et elle le comprenait. Elle leur avait expliqué qu'ils avaient été ses meilleurs amis, ses frères, pendant des années, et qu'elle appréhendait le fait qu'ils l'insulteraient copieusement dès la rentrée, et qu'ils ne sauraient rien de sa condition. Tous les habitants du Manoir faisaient leur possible pour la distraire, sans vraiment y parvenir, quand vint la semaine de la rentrée et le jour du rendez vous avec le Professeur Dumbledore. Il avait été décidé qu'elle irait accompagnée de son frère ainsi que de Séverus. Sa Garde pourrait transplaner exeptionellement en cas de problèmes, et être près d'elle dans la seconde. Hermione attendait donc son Professeur de Potion qui arriva comme à son habitude quelques minutes en retard. Le mystérieux professeur lui adressa un grand sourire avant de lui tendre son bras.
-Mlle Jedusor, votre frère est dans un bar avec vos gardes, nous passons le prendre et nous partons.
-Parfait Sev !
Ils transplanèrent pour arriver dans une petite sale miteuse attenante à la salle principale d'un bar sous-terrain, obscur et poussiereux. Tous les occupants portaient de longues capes grises et gardaient la tête baissée sur leurs verres. Severus jura.
-Hermione, restez ici je vous prie. Vos amis se sont visiblement mis dans l'embarras.
-Que font ils dans un endroit aussi sordide ?!
-Le Seigneur leur a confié une mission diplomatique, d'où leur présence ici. Mais je ne pensais pas qu'il y en aurait autant... Restez ici.
Il sortit de la pièce en rabattant sa cape sur ses épaules, laissant Hermione seule. Elle tourna en rond dans la pièce jusqu'à ce que la porte s'ouvre sur une grande silhouette vêtue d'une cape. Hermione le jaugea du regard et sortit sa baguette.
-Que voulez vous ?
-Je crois que vos amis ont besoin de vous...
Sans plus l'écouter, elle se rua hors de la pièce pour trouver ses amis entourés de baguettes menaçantes et Severus ligoté à terre. Leurs yeux s'emplirent de terreur lorsqu'ils la virent et ils la supplièrent mentalement de fuir. Mais elle n'en fit rien elle se racla la gorge.
-Puis je savoir ce que vous faîtes ?
L'un des assaillants éclata de rire.
-Et toi, petite humaine ? Sais tu au moins qui nous sommes ?!
Mauvaise idée. Si on pouvait reconnaître de nombreuses qualités à Hermione, la modestie n'en était pas une et son égo était terriblement grand. Elle baissa sa capuche, fusillant les autres occupants du bar du bar.
-Je me fiche de savoir qui vous êtes. Relâchez les où je vous tue, mission diplomatique ou non.
Là encore, ils ricanèrent.
-Que nous donneras tu en échange ?
-Leur vie n'a pas de prix. Libérez les.
Elle raffermit sa prise sur sa baguette et continua d'essayer de divertir les hommes encapuchés pour que ses amis essayent de rompre leurs liens. Celui qui parlait et semblait être leur chef leva ses mains et se débarassa de sa cape. Il était d'une beauté surhumaine, avait les yeux rouges et semblait particulièrement vicieux. Un seul mot s'imposa à l'esprit d'Hermione.
-Vampires...
-Bien deviné. Maintenant, pourrais tu nous dire qui tu es petite humaine ? Car malgré le fait que tu sois particulièrement désirable, ça ne te sauvera pas, ni toi ni tes amis. Nous ne voulons pas prendre part à cette guerre, ce combat n'est pas le nôtre.
Ce fût au tour d'Hermione de ricaner.
-Regardez leurs avant bras.
Dit elle en pointant les prisonniers du doigt. Le chef hocha la tête et fit signe à l'un de ses hommes de lui obéir. Sur l'avant bras d'Adrian pulsait sa marque, devenue pourpre, sentant la fureur d'Hermione. Le vampire recula, un air horrifié plaqué sur le visage.
-Qu'est ce que... ?!
-Explique toi humaine. Que sont ces marques infâmes ?!
-Ces marques, comme vous dîtes, sont mon blason. Elladora Hermione Jédusor, fille du Seigneur des Ténèbres en personne. Vous devez bien vous douter que si vous touchez à un seul de mes cheveux...
La tention dans la salle était palpable.
-Elle dit la vérité. Relâchez là où nous souffrirons tous. J'ai une idée.
Hermione se tourna vers le nouvelle arrivant et reconnut la silhouette de celui qui l'avait prévenue. Il murmura quelques mots à l'oreille du chef, qui acquiessa vivement avant de reculer pour laisser parler le nouvel arrivant.
-Mon frère est d'accord avec ma proposition. Nous vous libérons, et acceptons de discuter avec vous, et seulement discuter. Mais nous ne voulons que cette jeune fille pour intermédiaire. Dans le cas contraire, les négociations seront rompues. Et nous ne donnerons pas de raisons.
Hermione réfléchit quelques secondes : son père la tuerait mais elle devait sauver ses amis. Les vampires étaient connus pour être les créatures les plus dangereuses qui soient, bien plus forts que les loups. Et Hermione voulait tout savoir au sujet de ces êtres mythiques si peu présents dans la politique magique.
-Bien, j'accepte.
Son sauveur claqua des doigts et Severus fut libéré, et ses gardes purent à nouveau bouger. Le chef et son « frère » s'inclinèrent devant elle.
-Nous nous reverrons très bientôt, pour les négociations, Mademoiselle Jédusor. Et veillez à respecter nos conditions...
Deux secondes plus tard, la salle était vide. Hermione se précipita pour vérifier que personne n'était bléssé, tremblante. Elle ne cessait de parler toute seule en sanglotant. Blaize la prit dans ses bras pendant que Théodore lui frottait le dos. Drago se tourna vers Rogue.
-Sev ! Qu'est ce qu'elle a ?
-Contrecoup émotionnel. Tout ce qu'elle a vécu depuis juin vient de lui revenir en pleine figure. Elle se rend compte qu'elle est passée de l'autre côté.
Hermione sanglota de plus belle. Son professeur de potions disait vrai. Elle s'était choquée elle-même en acceptant de négocier avec les vampires, de vouloir rendre son père fier d'elle, d'avoir eut si peur pour ses amis... Elle se rendit compte que rien ne serrai plus jamais pareil, quoiqu'elle fasse : elle était passée du côté des Ténèbres, moins par convictions que par affiliations, et ne pouvait plus en revenir. Non qu'elle le souhaite ! Mais c'était tellement éloigné d'Hermione Granger, fière Gryffondor à la morale et à l'éthique irréprochables qu'elle n'arrivait pas à le concevoir. Elle ne se voyait nulle part ailleurs tout en pensant à Harry, et à Ron. Ron, qu'elle avait tant aimé, et qui ne l'avait jamais vue. Ses deux amis qui avaient été tout pour elle.
Tom s'approcha et caressa doucement la joue de sa sœur.
-Princesse, reprends toi. Père est fier de toi, Je suis fier de toi. Tu es chez toi au Manoir, ta place est avec nous, avec Dray, Blaize, Théo et Adrian. Tes parrains t'adorent, tout le monde t'adore. Tout va bien ok ?
Hermione ferma les yeux et souffla. Elle les rouvrit quelques secondes plus tard, planta un baiser sonore sur la joue de son frère avant de se tourner vers Rogue.
-Sev, je crois que nous allons être un peu en retard chez Dumbledore. Nous devrions y aller. Tom, ne t'inquiètes pas, nous nous en sortirons très bien tous les deux.
Elle attrapa le bras de son professeur de Potions et le serra un peu plus fort que nécessaire, avant de se laisser transplaner.
Restés dans la salle déserte, les cinq amis se regardèrent. Drago se tourna vers Tom.
-Tom, ta sœur est... Fabuleuse.
Tom le regarda de travers.
-Je suis bien d'accord... D'ailleurs, ne t'avises pas de la toucher. Ou préviens moi avant. Et c'est valable pour vous quatre.
Ils hochèrent gravement la tête avant de transplaner vers le Manoir.
-Miss Granger, Severus ! Entrez je vous prie.
Il les fit entrer dans son grand bureau et leur proposa un siège, avant d'aller s'asseoir en face d'eux.
-C'est Mlle Jésudor maintenant Professeur.
Le professeur la regarda quelques instants, troublé, tout pétillement disparu de ses yeux bleus.
-Ainsi, il vous a eut. Vous lui ressemblez tellement...
-On me le dit souvent.
-Beaucoup plus qu'à votre mère d'ailleurs.
Hermione plissa les yeux et sa voix se fit glaciale.
-Dans la mesure ou vous l'avez tuée, je ne pense pas qu'il soit judicieux que vous osiez parler de ma mère.
Son ton mordant surpris le directeur, qui la fixa avec... Tristesse?Remord ?
-Je n'ai pas eu le choix Hermione...
-On a toujours le choix Professeur, il suffit de faire le bon. Il suffisait de faire le bon.
Dumbledore se racla la gorge, un air gêné plaqué sur le visage. Il baissa la tête et murmura.
-J'ai fais ce qui étais juste... Pour un monde meilleur.
-Et en tuant ma mère, vous avez réveillé un démon que l'amour avait enfouit. Le fléau qui s'abattra sur votre petit monde hypocrite...
Rogue prit la parole à son tour, avec ce ton doucereux reservé aux gens qu'il haïssait le plus.
-Nous ne sommes pas ici pour remuer le passé Professeur. Nous souhaitons qu'Hermione soit ré-inscrite à Poudlard sous son premier prénom, qu'elle repasse par le Choixpeau et qu'elle fasse sa huitième année ici, accompagnée et protégée par ses quatre amis et son frère, Tom Jédusor. Son ancienne identité sera bien sur un secret et vous la laisserez rentrer chez elle quand elle le désirera.
Le directeur se leva et fit les cent pas dans son bureau.
-Au nom de quoi laisserais-je entrer dans mon école les Héritiers de Lord Voldemort ?! Et un groupe de Mangemorts ?! Je ne suis pas si sénile, je refuse que mon école soit envahie... Donnez moi une seule raison valable d'accepter cette folie, ces mensonges.
Rogue s'éclaircit la voix.
-Vous savez très bien que Poudlard fut le premier foyer du Seigneur des Ténèbres. Il y a apprit l'ouverture et le respect, l'honneur et surtout, il y a découvert sa véritable identité et son monde. Toutes ces raisons font qu'il ne s'attaquerait pas à Poudlard une deuxième fois, tant que vous ne referez pas l'erreur de le provoquer bêtement. Il ne veut pas voir couler le sang sorcier, pas encore. Mais si vous rejetez cette trêve dans Poudlard, il sera sans pitié. En outre, Miss Jédusor et Tom ne sont pas des Mangemorts.
-Et Drago Malefoy ? Théodore Nott ? Adrian Pucey ? Blaize Zabini ?!
La voix du Directeur était montée dans les octaves.
-Vous allez me dire que ce ne sont pas des Mangemorts ?!
Hermione soupira.
-Ils sont mes Gardes, et non plus des Mangemorts. Ils n'obéissent qu'à moi et le Seigneur des Ténèbres n'a plus aucun pouvoir sur eux. Et je ne vois pas pourquoi vous me refuseriez de revenir. On ne choisit pas sa famille, Professeur...
Son dernier mot, craché avec haîne, fit fermer les yeux de Dumbledore. La tristesse pouvait se lire sur son visage déjà marqué par les années.
-Miss Granger...
-Jédusor. Une question, Professeur. Saviez vous que mon père adoptif me battait ?
Une larme roula sur la joue du plus Grand sorcier de tous les temps.
-Miss Grange... Jédusor... Je n'avais pas le choix... Aucune autre famille de l'Ordre ne pouvait vous prendre en charge... Tout ce que j'ai fais, c'était pour le plus grand bien, et vous le savez. Et même si j'en avais vaguement eu connaissance... J'avais confiance en eux...
Hermione le regarda, glaciale, et seuls ses yeux ,remplis d'une tristesse incomensurable, la différenciait de Tom Jédusor II, autrement appellé Lord Voldemort.
-Vous le saviez. Je vous faisais confiance et vous le saviez. Vous avez ruiné ma vie, Professeur.
Dumbledore se rassit dans son fauteuil, et prit sa tête entre ses mains. Il semblait porter le poids du monde sur ses frêles épaules. Rogue regardait cet échange, un air froid plaqué sur le visage. Si il avait eu des doutes quand à son allégeance dans le passé, ils s'étaient éteinds avec l'arrivées d'Hermione au Manoir : il avait eut la preuve de la duplicité de Dumbledore et un aperçu de ses choix désastreux. Avant que l'intervue ne tourne au pugilat, il posa sa main sur l'épaule d'Hermione et la caressa doucement, tout en parlant à Dumbledore.
-Nous sommes donc d'accords Albus. Miss Jédusor, son frère et ses amis seront de retour à Poudlard dans trois jours. Rien ne sera révelé sur leurs activités ou leur passé, et ils feront leur année dans le calme et la trêve.
Dumbledore hôcha la tête, et se tourna vers Hermione, le poids de ses décisions et la culpabilité se lisant sur son visage.
-Je m'excuse Hermione. Je m'excuse mais je ne regrette rien. Vous avez souffert par ma faute et je m'en voudrais toujours, mais c'était écrit et tracé. Je n'ai pas su lire les signes...
Ils transplanèrent devant les grilles du Manoir, Hermione toujours profondément bouleversée, silencieuse et immobile. Elle tomba à genoux dans la poussière, et dit d'une voix brisée :
-Il le savait. J'aurais donné ma vie pour lui, pour l'Ordre, alors qu'ils m'ont mise sciemment dans cet Enfer.
Rogue la rattrapa et elle s'évanouit dans ses bras.
