Disclaimer: L'intégralité des personnages et de l'univers appartiennent au Studio SUNRISE et à CLAMP

Note aux lecteurs:Hello mes lapins!

Mon dieu que ce chapitre fût long à écrire et à corriger! J'en voyais pas le bout. Surtout entre plusieurs fictions et chapitres je ne savais plus où donner de la tête! Mais bon, il est là, tout frais tout bien (normalement! Depuis le temps que je le relis quand même) comme je le visualisais.

J'espère donc qu'il vous plaira!

Petite note d'intention: Lorsque vous lirez la réplique suivante de Suzaku "Je ne crois pas en Dieu", vous mettrez pour la suite de la lecture en fond sonore l'OST "Choir Mozart Wet" du jeu "OUTLAST 2". ^^

Vous me donnerez vos impressions ^_^

Bonne Lecture!


Bien que les remontrances de Guildford à son égard soient des plus justifiées, le prince autorisait les soldats revenus de guerre à prendre quelques jours de repos tout au plus. Etant donné la situation de Suzaku et au vu de son lien étroit avec la famille royale, quelque jours supplémentaires lui furent accordés. Même s'il parvenait à s'occuper durant la journée, pour ce qui était de ses nuits, c'était plus compliqué. Il ne lui restait que 2 jours de repos.

Une matinée d'hiver ordinaire. N'ayant pas trouvé le sommeil de la nuit, Suzaku s'était levé aux aurores pour faire une promenade matinale en compagnie de Lancelot. Le soleil n'était pas encore totalement levé. Suzaku portait une tenue de ville mais néanmoins officielle. Lorsqu'il n'était pas en armure, Suzaku portait une tenue bouffante d'un vert foncé avec des rayures verticales noires grisées. Des manches amples et bombées jusqu'aux coudes, des gants noirs allant jusqu'à la moitié des avant bras et un pantalon noir près du corps. Même hors du palais, Suzaku portait son épée à la taille, comme tout bon chevalier. Il s'enveloppa dans une cape avant de se rendre à l'écurie et de partir en direction de la forêt. Il ignorait où les pas de Lancelot le guiderait, mais tant qu'il revenait avant la tombée de la nuit, c'était l'essentiel.

Lancelot marcha de longues heures au pas et sur son dos, Suzaku observa le paysage. Ils traversèrent en premier lieu la petite ville à proximité du palais. Les rues étaient encore bien désertes. Puis de vastes plaines et champs, parsemés de plusieurs petites fermes et villages, avant d'atteindre le commencement de la forêt et de s'y engouffrés. Suzaku observait le paysage hivernal défiler devant ses yeux. Le blanc de la neige avait recouvert le cœur même de la forêt. Les quelques rayons de soleil percèrent à travers les feuillages denses des sapins, faisant ainsi briller la neige comme des milliers de diamants. Seul le chant de Mère nature retentissait dans ces bois. Le silence était roi. La neige était reine. Se laissant bercer par les pas de son compagnon, Suzaku ne comprit que bien plus tard que son destrier l'avait amené jusqu'à l'orée de la forêt. Devant une bâtisse qui ne lui était pas étrangère. Il descendit de sa monture, comprenant qu'il était de retour au monastère où il avait été soigné. Suzaku se sentait rassuré. Tout ceci n'avait pas été qu'un rêve.

« T'es vraiment sournois toi » Suzaku caressa la tête de Lancelot, lequel semblait apprécier au plus au point les marques d'affection de son maître. « Toi aussi tu voulais le revoir ? »

Le chevalier regarda en direction du domaine. Il est vrai qu'il avait prévu de revenir un jour ou l'autre. Il aurait juste aimé avoir le temps de se préparer psychologiquement avant. Mais maintenant qu'il était ici…

Il inspira un grand coup et se tapota violemment les joues pour se ressaisir. Il était chevalier que diable ! Revenir pour remercier son sauveur n'était rien comparer à tout ce qu'il avait pû vivre ou voir jusqu'à maintenant.

Ce qu'il avait pu vivre… Ou voir…

Enfin c'est ce dont il essayait de se persuader. En réalité Suzaku était tétanisé sur place. Nerveux comme il ne l'avait jamais été. Qu'allait-il penser de lui ? Allait-il rire de lui ? Être mal à l'aise ? Voire dans l'indifférence la plus totale ? Suzaku se triturait la tête quand son cheval décida de donner de petits coups de sabots contre la porte en bois, jugeant le temps de réaction de son cavalier bien trop long à son goût. Avant même qu'il ne réagisse, une voix résonna de l'autre côté de la porte.

« Qui est là ?

-C-Chevalier Kururugi. Je…je souhaiterai parlé au jeune prêtre prénommé Lelouch » Sa voix était tremblante. Pourquoi diable cette soudaine incertitude ? Ressaisis-toi bon sang ! Aucune réponse ne lui revint. Serait-ce un refus ? Il sursauta en voyant la porte s'entrouvrir.

-Tu es revenu, Suzaku. » La seule vue du visage souriant de Lelouch suffit à calmer sa nervosité.

-Excuses-moi d'être venu sans prévenir. A vrai dire, c'est lui qui m'a conduit ici ».

Suzaku désigna son cheval du regard, d'un regard presque accusateur. Il l'avait mit dans une bien embarrassante posture. Une véritable mule dans un corps d'étalon. Il entendit un léger rire.

« Tu étais aussi impatient de revenir ? » Lelouch affichait un sourire farceur.

Suzaku devint aussi rouge qu'un piment. C'était malvenu de sa part de revenir dans la hâte ? Il mettait la faute sur son cheval, mais ce n'était pas loin de son idée première non plus. Il comptait bien y retourner. Il ne savait juste ni quand ni dans quelle circonstance. Au détour d'une promenade matinale et hivernale. Ce n'était pas plus mal finalement. Enfin promenade, une expédition serait plus exacte.

« Vous avez dû faire une longue pour arriver jusqu'ici. Entre je t'en prie. Fais aussi entrer ton ami, il pourra se restaurer dans la grange. » Fît-il simplement en regardant l'animal, un hennissement joyeux lui répondit. Il avait entendu le mot « restaurer », il était aux anges.

En passant le pas de la porte, Suzaku vit un magnifique bouquet de roses blanches dans les bras de son hôte. Lelouch lui indiqua les écuries, prévenant qu'il avait une affaire personnelle à régler avant de le rejoindre. La raison du bouquet de fleurs peut être ?

Suzaku hocha la tête en guise de réponse et se dirigea vers les étables. Il apporta de l'eau fraîche à son compagnon de voyage. Tandis qu'il se restaurait, s'abreuvant et broutant goulument la paille disposée ça et là devant lui, il profita de l'occasion pour s'occuper de Lancelot. Tout en peignant le poil doux et lisse de son compagnon, Suzaku affichait un sourire nostalgique. C'était une sensation de déjà vue. Leur première rencontre avait eu lieu dans les écuries. Le jour de son arrivée, le jeune homme s'était exilé des autres soldats et avait gagné les étables dans l'espoir d'être seul. Il avait fini par s'assoupir dans l'un des enclos, avant d'y être réveillé par son occupant. Pour être plus exact, il avait été réveillé par une sensation étrange dans ses cheveux, comme si quelque chose lui mâchouillait ses mèches en bataille. L'animal les avait très probablement confondu avec de la paille. Lancelot n'était qu'un poulain à l'époque, et Suzaku n'avait que 8 ans.

De retour dans la réalité, Suzaku chercha Lelouch du regard. Que pouvait bien être cette affaire personnelle ? Suzaku se sermonna lui-même d'être aussi curieux. Ce n'était pas dans ses habitudes. Non pas qu'il ne se préoccupait guère de ses compagnons. Mais il n'y pouvait rien. Dés que cela semblait avoir un rapport de près ou de loin avec Lelouch, il voulait savoir.

En attendant que celui-ci vienne à sa rencontre, Suzaku décida d'explorer le domaine. La dernière fois, il n'avait vu que très brièvement les jardins depuis la fenêtre du dortoir et Evangeline avait alors menacé de le ligoter au lit s'il tentait de bouger tout en étant blessé, cela avait suffit à le dissuader de toute tentative. Guider par des pas inconscients, le chevalier arriva dans une magnifique roseraie de fleurs blanches. Elles n'avaient rien de comparables à celles du palais. Contrairement aux roses rouges des jardins royaux, les pétales de ces roses-ci allaient d'un rose très clair vers un blanc immaculé. Une chevelure noire détonna parmi les fleurs. Comprenant qu'il s'agissait de Lelouch, il le suivit discrètement. Ce dernier le vît alors entré dans une pièce, mais d'ici difficile de savoir ce que contenait celle-ci. La porte se referma sur le jeune prête.

S'enfonçant un peu plus dans la roseraie, Suzaku distingua finalement la fameuse pièce. Une chambre. Pour une personne seule si l'on en croyait la taille. Il s'avança encore davantage avant de s'arrêter. Quelqu'un reposait dans le lit. Une jeune fille d'à peine 16 ans. Elle avait de beaux cheveux long bouclés couleurs noisettes, un petit visage en amande et un teint très pâle. Cette dernière avait les yeux fermés. Sans doute dormait-elle encore. Il vît alors Lelouch prendre place auprès de la jeune fille avant de lui prendre la main et de lui parler. Forte heureusement pour lui, la fenêtre était grande ouverte mais il ne percevait que des bribes de leur conversation.

« …Tes yeux…..toujours fermés….. ? …guérira bientôt….te le promets…. »

Son cœur se serra. Ils semblaient très proches. Si proche que Lelouch semblait hors d'atteinte pour Suzaku. Il avait de la peine pour la petite fille, mais il ne pût s'empêcher de ressentir un violent sentiment de jalousie l'envahir. Je le connais à peine… alors pourquoi je ressens ça ?

« Cela t'intrigue t-il ? » Dans un sursaut, Suzaku se retourna. Depuis quand Evangeline était là ? Cette dernière s'approcha de lui et regarda la scène à son tour. Suzaku ne mordit la lèvre inférieure avant de parler.

-Qui est cette petite fille ?

-C'est... quelqu'un de très important pour lui. Bien plus important que sa propre vie en fait. » La voix de la jeune femme était peinée, tout comme son regard. Sauf que ce n'était pas la petite fille qu'elle regardait. « Dis-moi Suzaku, que penses-tu de Lelouch ?

-Pardon ? » Suzaku ne pû s'empêcher de rougir face à la question d'Evangeline. Elle avait le don de deviner ces pensées ou bien…

-Tu es loin d'être le premier chevalier à avoir été soigné ici. Mais tu es le premier chevalier à revenir ici après sa guérison. Et quelque chose me dit que Lelouch n'est pas étranger à ton retour. Je me trompe ? »

Même si à l'origine c'était l'initiative de son cheval et non la sienne, le visage rougissant de Suzaku eut tôt fait de donner sa réponse à la jeune femme. Etait-ce malvenu de sa part de revenir ici ? Etait-ce déplacé ?

« Tu... trouves cela étrange ?

-Oui et non. Disons que je devine ce pourquoi tu as pû revenir ici. »

Contrairement à ce à quoi il s'attendait, Evangeline lui répondit d'un tendre sourire. Suzaku ne pût s'empêcher de se sentir soulager, cette dernière ne le jugeait pas. De plus, elle semblait bien connaître Lelouch, au vu de sa manière d'en parler et de le regarder. Elle fît volte-face et parti en direction du bâtiment avant de regarder le chevalier, faisant tournoyer sa sublime chevelure corbeau.

« Si tu veux en apprendre plus sur lui, attends qu'il vienne te parler de lui-même. Il le fera tôt ou tard.

-Comment peux-tu affirmer cela ? Je ne suis qu'un étranger pour vous. Un de plus…

-N'en sois pas si sûre, jeune chevalier. » Evangeline était décidément la femme la plus énigmatique qu'il n'ait jamais rencontré. Comment pouvait-elle à ce point deviner ses pensées ? Soit elle possédait un quelconque don de télépathie et auquel cas cela pouvait relever aussi bien du miracle que de la sorcellerie, soit les pensées de Suzaku étaient au contraire des plus simples à deviner et là ce serait quelque peu déplorable. Ou alors elle avait tout simplement une bonne observation des faits et les bonnes déductions.

La jeune femme laissa le chevalier sur ces quelques mots, regagnant le bâtiment principal. Ses quelques indices ne l'aidaient pas plus. Qu'était-elle pour lui ? A quel point le connaissait-elle ? Suzaku repartait avec bien plus de questions qu'à son arrivée. Lorsqu'il tourna la tête, les yeux de jades croisèrent ceux d'améthyste. Il avait tout vu. Il vît Lelouch se lever, embrassant le front de la petite fille avant de quitter la chambre.

Et ce fût sans surprise qu'il rejoignit le chevalier dans les jardins, le regard impassible. Suzaku ne pouvait faire autrement que baissé les yeux, quelque peu honteux. Il allait se faire sermonner…

« A en juger ta tête, je suppose que tu as tout vu. » Sa voix n'était pas ferme, mais elle n'était pas aussi douce qu'avant. Etait-il en colère ?

-Je... Je suis désolé, je n'aurais pas dû. » Suzaku entendit un soupir et vît le visage de Lelouch se détendre de nouveau.

-Je ne t'en veux pas, rassures-toi. Et puis j'imagine qu'Eva ne t'a pas non plus dissuadé de passer ton chemin. » Voyant et clairvoyant. Le prêtre n'allait pas cesser de le surprendre, de cela il en était convaincu.

Un silence s'installa. Suzaku inspira et releva la tête, regardant Lelouch droit dans les yeux, au point de voir son propre reflet dans les pupilles violettes.

« Lelouch. Qui est-elle ? Pourquoi a-t-elle toujours les yeux fermés ?

-Tu n'aimes pas rester sans réponse pas vrai ? » Lelouch sourit et déambula dans le domaine en compagnie de Suzaku, se promenant dans les jardins du monastère. « Elle s'appelle Nunnally et c'est ma petite-sœur. Elle a une santé fragile depuis sa naissance et n'a jamais été capable de marcher ou de voir.

-Vous n'avez pas trouvé de remèdes pour la soigner ?

-Non. Nous avons tout essayé jusqu'à maintenant. Même le médecin de notre monastère, qui est pourtant un des plus éminents qui soit, n'est pas parvenu à mettre au point un antidote. Je… je ne sais plus quoi faire. Elle est ce que j'ai de plus précieux. Et j'ai bien peur que ces jours soient comptés. »

Ce qu'il a de plus précieux… ?

« Lelouch… je suis désolé.

-Tu n'y es pour rien. Dans ce genre de situation, l'important est de continuer à croire.

-Croire en qui ? En quoi ? » Fît Suzaku d'un ton amer, serrant le point. Ce genre de question était à l'origine de tous les maux, et de sa propre désillusion.

-Je ne peux répondre à cela » Enchaîna Lelouch avec un faible sourire, puis il se tourna vers le chevalier. « L'important c'est ce en quoi tu crois.

-Je... Je ne crois pas en Dieu »

Lelouch ne dit rien, esquissant un léger sourire amusé. Ni l'un ni l'autre n'échangèrent de mots. Ils marchèrent longuement dans le cloître silencieux, seul l'écho de la pierre leur répondait. Au détour d'un corridor, un chant presque céleste se fît entendre dans le corps de pierre du monastère. Un chant aussi apaisant que désolé. Au son de cette mélodie, le cœur du chevalier eût un léger pincement. Suzaku regardait du coin de l'œil son hôte, le regard droit et brillant. Que signifiait cet éclat dans ses pupilles ? La peur ? L'incertitude ? Le regret ? Ou bien l'espoir ? Au bout de plusieurs minutes de silence, les deux hommes arrivèrent à la petite chapelle du monastère. Un hôtel en son cœur, quelques rangés de banc, un modeste confessionnal sur la droite, et enfin un sublime vitrail illuminant l'endroit de sa douce lumière. Il n'y avait personne à cette heure-ci. Pourtant, en passant au travers de la rangée de bancs, Suzaku pouvait ressentir comme une présence. Pitié ne me dîtes pas que les fantômes aussi sont de séjours ici..

« Quelle en est la raison ?

-Eh ?

-Pourquoi tu ne crois pas en Dieu ? » Demanda simplement l'homme d'église, sa réponse n'allait guère l'étonner.

-S'il… s'il existait vraiment, jamais il ne laisserait les hommes s'entretuer et commettre de tels atrocités en son nom ! Des innocents le prie jour après jour pour revoir leurs proches en vie mais leurs prières demeurent toujours sourdes à ses oreilles! S'il est réellement le créateur de l'homme, alors c'est lâche de sa part de fermer les yeux sur ce que les hommes ont fais et de les laisser continuer impunément !» Le chevalier serra le poing, mobilisant tout le contrôle possible sur son corps pour ne pas frapper quelque chose. Les horreurs dont il avait été témoin durant la guerre n'aidaient guère à changer l'image qu'il avait de ce soi-disant créateur tout puissant. Il sursauta légèrement lorsqu'il sentit une main sur son épaule, une main se voulant rassurante.

-Dieu ne peut répondre à toutes les prières Suzaku. Malgré tout, nous devons garder la foi. Même si je dois admettre que... parfois c'est dur.

-Même pour toi ? »

Le jeune prêtre resta silencieux quelques instants. Il s'avança doucement vers l'hôtel et effleura la surface dorée.

« Que t'as t-on dit à mon sujet, Suzaku ? Lorsque tu es revenu au palais…

-Que... tu produisais des miracles. Que tu étais comme une lumière guidant les plus démunis.

-Des miracles… » Lelouch soupira et reprit la parole. « Beaucoup de personnes viennent des quatre coin du royaume jusqu'ici pour demander mon aide ou simplement pour me parler au confessionnal. J'ai aidé du mieux que je pouvais ces personnes. Mais il en existe bien d'autres que je n'ai pas pu sauver... tellement d'autres. Et malgré ça, ces personnes continuent de dire que je produis des miracles alors que j'ai été incapable de sauvé un grand nombre d'entre eux! Je ne suis même pas capable de venir en aide à Nunnally! » Lelouch s'agenouilla, les yeux emplis de tristesse et de colère. « Je suis faible Suzaku. Je n'ai rien d'un sauveur, mes « miracles » ne peuvent sauver les autres! Je suis... »

Suzaku n'aurait jamais cru voir Lelouch dans une telle position de faiblesse et d'impuissance. Ils ne se connaissaient pas depuis longtemps c'est vrai, mais le voir ainsi... Non, cela ne lui sied pas. Il voulait voir de la joie se refléter dans ces orbes, de l'insouciance, du bonheur. Mais pas ce regard déchiré. Tout en serrant le poing, tremblant, une main vint se poser délicatement sur la sienne, l'enveloppant d'une douce chaleur par ce simple contact. Lelouch leva les yeux vers Suzaku et croisa son regard de jade.

« Lelouch. Tu es loin d'être faible, tu es bien plus fort que je ne pourrai jamais l'être.

-Ne dis pas de bêtises. Tu es chevalier et qui plus est le favori du prince. Comment peux-tu être plus faible que moi...

-Parce que toi tu as la foi. Il faut beaucoup de courage pour se raccrocher à quelque chose d'aussi immuable que la foi. Et même si je ne crois pas en Dieu, je ne le remercierai jamais assez pour m'avoir permit de te rencontrer... Tu es mon miracle Lelouch. Sans toi je serai mort aujourd'hui. »

Suzaku prit la main de Lelouch et l'embrassa avec douceur. Lelouch rougit au geste du chevalier.

« Je n'y connais absolument rien à la religion, mais je sais que beaucoup d'hommes aurait déjà abandonné tout espoir. Mais pas toi. Lelouch, toi aussi tu as le droit d'être entendu. Toi plus que n'importe qui tu en as le droit. »

Les mots de Suzaku avaient su l'apaiser. Seuls les mots de Nunnally étaient parvenu à l'atteindre jusqu'à aujourd'hui. La guerre avait endeuillée bien des hommes. Beaucoup en avait souffert et Lelouch était le seul réceptacle de ces maux. Faisant taire ses propres blessures, ses propres peurs et douleurs, il apaisait celui qui, auprès de lui, venait se confier et implorer de l'aide. Une aide réclamer de tous et qui pourtant était illusoire. Lelouch se demandait parfois comment il parvenait à raviver son propre espoir. Il le savait. Nunnally en était la raison. Elle était ses ailes alors même qu'elle était incapable de marché. Elle était sa force tandis que son corps la condamnait à garder le lit. Elle irradiait son monde de lumière, alors qu'elle était voué à errer dans un monde d'obscurité.

Pour la première fois depuis bien longtemps, Lelouch parlait de ce qui lui pesait sur le cœur. Et quelqu'un l'écoutait. Mais Suzaku semblait porter lui aussi un lourd fardeau. Un fardeau qu'il dissimulait sous un bandage. Et très probablement sous son col lorsque celui-ci n'était pas bandé. Il était curieux à ce sujet. Il avait remarqué qu'à plusieurs reprises, lorsqu'ils discutaient, le chevalier massait le côté gauche de sa nuque et qu'à chacun de ses instants, son regard émeraude devenait sombre et crispé. Que pouvait-il bien caché ?

Entre temps, Lelouch avait raccompagné le soldat jusqu'à l'écurie. A la vue du jeune prête, Lancelot était venu réclamer des caresses de la part de ce dernier. Il vît alors Suzaku réitérer son geste. Cet endroit semblait le faire terriblement souffrir.

« Suzaku, ta nuque te fait-elle mal ? » Lelouch porta sa main délicate jusqu'au cou de l'autre, effleurant presque le bandage lorsqu'une main gantée vint l'arrêter. Il regarda Suzaku, quelque peu perplexe. Ce dernier défît la ferme pression qu'il exerçait sur le fin poignet avant de faire glisser sa main sur celle du prête.

-Ce n'est rien… juste une marque du passé »

Le passé de Suzaku. Lelouch sentit son cœur faire un léger rebond dans sa poitrine. Peut être que seule une personne chère à Suzaku était autorisée à toucher cette partie sensible. Il eût un léger pincement à cette pensée. Son inquiétude dû se lire dans son regard car une voix vint le tirer de ses réflexions.

« Lelouch, ne t'inquiètes pas. C'était… il y a longtemps. Une erreur que j'ai dû payer par le passé et que je paie encore aujourd'hui.

-Il n'y a rien que je puisse faire ?

-Non… Tu en as déjà fais bien assez » Suzaku déboutonna le haut de son manteau et ôta un collier de son cou, prenant la main de l'autre pour l'y déposer délicatement dans la paume blanche. « C'est pour te remercier de m'avoir sauvé la vie. Ce n'est pas grand-chose. Mais c'est ce que j'ai de plus précieux »

Lelouch observa le collier de plus près. La chaîne était très fine et d'un jaune doré déclinant vers l'orangé. Quant au pendentif, celui-ci possédait la forme d'une goutte d'eau, dont la couleur bleuté semblait briller au contact de la lumière, comme si une âme avait été faite prisonnière de la goutte, lui donnant son étrange lueur.

« Suzaku, je ne peux pas accepter-

-Prends-le. Je…je veux que ce soit toi qui le garde. » Suzaku referma la main de Lelouch. « Ou plutôt, j'ai l'intime conviction qu'il doit te revenir...

-Est-ce un adieu de ta part ? » La voix de Lelouch semblait peinée à cette idée. La main sur chevalier vint caresser délicatement sa joue.

-Non. C'est une promesse. Je reviendrai. Si toutefois cela m'ait permit »


Alors ? Alors ? Vos impressions sur ces retrouvailles ?

Honnêtement j'aurai voulu attendre encore un peu avant de les faire se re-rencontrer aussi rapidement. Mais dans la trame de l'histoire plus d'une semaine s'était écoulée. Donc bon, finalement c'était pas plus mal comme ça. Puis ça aurait fait du meublage pour pas grand-chose.

Merci encore à toi HyperRaspberry pour tes corrections! Surtout soignes-toi tes yeux, avec toutes les fautes que tu corriges ils doivent souffrir TToTT !