Bidouuu!
De retour pour de nouvelles aventures... Dangereuses aventures~
Enfin, pour le moment, pas trop. A par quelques bombes qui traînent dans les couloirs... (mais n'ayez crainte, Tsuna s'en est occupé pour nous~)
Dooonc... Un chapitre, et pas les révélations promises précédemment. Il y a eu... Quelques changements de programmes quant au contenu du chapitre, ça sera pour le prochain finalement (normalement)
Yukiche's blablah: Hum... Ca tourne à l'orage, lentement, mais sûrement...
Loki's blablah: Orage qui se démène comme il peut pour cacher à la vue des autres son ciel.
Encore merci aux lecteurs, aux reviewers, aux petits poissons dans l'océan et aux petits oiseaux dans le ciel~
Trouvant son souffre-douleur favori, et serviteur numéro un, en très, très mauvaise posture, Lambo oublia tous ses rêves de vengeance envers Tsuna et n'écouta que son courage, en se lançant à l'assaut de celui qui le menaçait.
L'individu en question, déjà d'humeur massacrante, et en tout cas jamais très aimable avec les enfants turbulents, n'apprécia pas vraiment le fait que l'un des pires de l'espèce, cette agaçante vache à la coupe afro qui bavait plus qu'elle ne ruminait, s'amuse à faire la prise du koala à sa jambe droite. En effet le bambin, bras et jambes enroulés autour de sa prise, se cramponnait comme à une bouée de sauvetage, les yeux fermés, comme si le Jugement Dernier allait s'abattre sur lui dans la seconde. Certes, c'était assez comparable à ce qu'envisageait de lui faire subir Hibari, mais il ne semblait pas du tout décidé à le lâcher malgré sa peur; le préfet sentait le petit corps trembler, tendu des cornes à la queue.
Malgré tout, l'entrée du bovin avait fait son effet: la scène s'était comme figée, l'espace d'un instant. Et puis, pour une fois, Dame-Tsuna eut une réaction salutaire: crier le nom de son sauveur, qui sembla sortir de sa stupeur sur le coup, et ne tarda pas à laisser, après son impulsion héroïque, les plus basses manifestations de son instinct de survie agir à sa place. Il se retira du combat aussi vite qu'un crapaud gobe une mouche, et alla se réfugier derrière celui qu'il protégeait, l'instant d'avant. Il y retrouva ses deux acolytes, qui eux n'étaient pas passés par la case 'suicide' avant de se mettre à l'abri derrière leur aîné, qui se rendit alors compte de leur présence, et de ce qu'elle impliquait:
- Lambo! I-pin! Fûuta! Mais vous êtes fous de venir ici, qu'est-ce qui vous a pris?
- Mais... Mais... tenta d'expliquer Fûuta, mais quelque chose semblait le gêner lorsqu'il parlait à son grand frère de cœur. Finalement, il agrippa sa main et se tut, les yeux humides, un peu tremblant.
Lambo tira sur son pantalon, les yeux rivés sur un point devant lui. Tsuna suivit son regard. Ah.
Hibari revenait à la charge, plus meurtrier que jamais. Au moment où il était suffisamment proche de ses victimes pour les mordre à mort cependant, le mauvais sort s'en prit de nouveau à lui.
Cette fois sous la forme d'une petite chinoise au grand front, sur lequel apparaissait l'un des symboles des pièces de Mah-jong. Pour l'avoir vu plusieurs fois, l'adolescent ne comprenait pas à quoi cela pouvait diable bien servir.
Il n'eut pas le temps d'approfondir la question: l'explosion le souffla.
Hors des limites de la ville, une silhouette la survolait du regard, depuis son point de vue surélevé. On aurait dit qu'elle toisait le paysage qui s'étalait sous elle, et toutes les âmes qui erraient entre les bâtiments aux multiples nuances de gris. Elle voyait les petites rues calmes, avec les maisonnettes, les jardins, les enfants courant sur les trottoirs pour rallier le parc le plus proche aussi vite qu'ils pouvaient. Elle voyait les buildings entre lesquels le centre-ville étalait ses foules - aujourd'hui, c'était jour de marché. Elle distinguait chacun des corps perdus dans la masse anonyme et avait l'air de les mépriser profondément.
Elle avait un papier froissé dans la main.
Après un dernier coup d'œil sur la ville, elle finit par quitter son immobilité, et entreprit de descendre de son perchoir. Elle se préparait à se joindre aux groupes de badauds qui traînaient les rues, elle qui ne voyait pas souvent du monde. Mais ce petit inconvénient lui était égal. Comme chargée d'une mission dont rien ne la détournerait, la silhouette avançait d'un pas déterminé vers sa destination. Le papier qu'elle tenait négligemment entre ses doigts capta un brin de vent et s'envola de la main de son propriétaire. Mais celui-ci n'en avait rien à faire. Il connaissait les instructions par cœur.
Si vous tenez à votre boss, montrez-le-lui.
Simples, les instructions.
Tsuna se demandait s'il devait considérer tous ses malheurs pour... Ce qu'ils étaient, c'est-à-dire de la poisse à l'état pur, ou bien relativiser et prendre chaque nouveau coup du sort comme un miracle qui le sauvait temporairement du précédent.
En tout cas, il était sûr d'avoir une note très salée à payer, à la fin de tout ça...
Et, pour le moment, il sentait la fatalité peser sur ses épaules sous la forme très concrète de deux gamins juchés sur son dos, et une fillette inconsciente couverte d'égratignures dodelinait de la tête au rythme de ses foulées, portée façon sac à patates sous son bras. C'est fou comme l'urgence peut décupler la force d'un être à l'origine inoffensif. Voilà bien plusieurs minutes que le petit brun courrait avec ces fardeaux, sans ressentir la moindre fatigue, sans trébucher une seule fois. Et si sa respiration n'était pas très régulière et suivait les battements erratiques de son cœur, c'était surtout à cause de la frayeur qu'il venait de se faire. Entre son gardien et la bombe, il ne savait pas ce qui lui avait le plus fait peur, mais il sentait que s'il stoppait sa course effrénée, il s'effondrerait, les jambes changées en coton. Et il serait ainsi à la merci de son gardien, qui aurait tôt fait de le retrouver.
Il finit quand même par s'arrêter, estimant avoir semé son poursuivant. D'ailleurs, il se demandait s'il avait vraiment été en mesure de le poursuivre: lui aussi s'était pris une bombe dans la tête juste avant ça. En y repensant, le jeune boss cédait de plus en plus à son affolement: il avait fait exploser l'un des couloirs de son collège! Mis à part lorsqu'on s'appelle Gokudera, ce n'était pas quelque chose d'anodin! Et Kyoko? Elle aussi avait du ressentir le souffle de l'explosion. Seulement, il ne pouvait pas retourner la-bas et faire l'état des lieux: il était couvert d'égratignures et de suie, et la foule devait déjà s'amasser dans le couloir détruit, rameutée par le bruit.
En attendant, il prendrait les décisions qu'il pouvait prendre pour ne pas que la situation empire.
- Lambo, Fûuta, commença-t-il d'un ton las en les reposant à terre, qu'est-ce qui vous a pris de venir mettre un bordel pareil à l'école? Lambo à la limite, mais toi Fûuta?
Les deux petits gardaient la tête baissée des enfants punis sous le ton de réprimande de leur aîné. L'adolescent s'assit sur le sol, I-pin toujours dans les bras, pour mieux pouvoir leur parler.
- Bon, dans tous les cas, on verra ça ce soir. Pour le moment, vous allez rentrer et-...
- Non! protesta immédiatement l'enfant-vache en relevant la tête. Nous on veut rester à l'école et embêter Tsuna!
La réplique fit soupirer le brun, qui comprenait que ça ne sera pas une affaire facile.
- Ecoutez-...
- Attention! Tsuna-nii! le coupa cette fois Fûuta, en pointant le troisième enfant du doigt.
Tsuna baissa les yeux et vit que la petite avait repris ses esprit et... S'apprêtait à exploser de nouveau!
- Hiiiiiiie! Mais c'est pas possible! Hibari n'est plus là pourtant!
De nouveau pris d'une crise de panique insurmontable, il perdit du temps à regarder de tout côté, espérant trouver une solution, ou bien craignant de tomber sur le déclencheur de la bombe, qui les auraient retrouvés... Et les surprendrait en train de détruire un nouveau couloir. Mais le plan de secours d'urgence n'était pas marqué sur les murs.
- Chhh~, t'inquiètes, on gère, Dame-Tsuna.
Avant que le brun n'ait pu comprendre ce qu'il se passait, la petite fille explosive fut soulevée de ses genoux, soulevée par ses deux compagnons, qui l'emportaient au loin et disparurent en moins de temps qu'il ne faut pour le dire. Une déflagration se fit entendre au loin. Et les petits avaient disparu dans la nature, ou plutôt dans le collège. Bien-sûr, ils préfèreraient rester là à faire des bêtises plutôt que rentrer sagement à la maison.
Hop, un problème de plus. Débarrassé de la bombe, Tsuna devait gérer l'angoisse qui montait à l'idée de tout ce que les petits pourraient faire comme dégâts.
Mais, comme il semblait bien parti pour un grand chelem, il enchaîna directement: la sonnerie qui annonçait la fin des cours du matin ne lui avait jamais parue aussi mal tombée.
Arrangeant en vitesse son uniforme et se débarbouillant le visage à la va-vite, la porte devant laquelle il était s'ouvrit. Tiens, il était de retour devant sa salle de classe. Sous les rires et les conversations, le professeur du dernier cours sortit, suivit par les visages familiers de Gokudera et Yamamoto. Ils s'arrêtèrent en travers de la porte lorsqu'ils virent leur boss, visiblement sans se formaliser des quelques traces de l'explosion que ce dernier n'avait pas pu enlever.
- Ah, Tsuna, tu es revenu.
- Juudaime! Je suis content de vous voir de retour, j'ai eu peur pour vous! Cet abruti de baseballeur ne me croit pas mais, alors que je dormais en cours, j'ai été réveillé par le bruit d'une explosion, et... Ce sont vos vêtements qui sentent le brûlé, Juudaime?
Ah... Finalement, si, ils avaient remarqué. Tsuna était toujours surpris par l'odorat de Gokudera en ce qui concernait les explosifs. Il était capable de sentir la poudre des bombes aussi précisément que si elle nous explosait à la tête.
Ne sachant quoi répondre, le petit brun secoua la tête, comme un automate.
- Non non, ce n'est rien. Mais je n'ai pas entendu d'explosion, moi, mentit-il.
- Bon... sembla admettre son bras droit autoproclamé.
- Neh, Yamamoto!
Comme un gong pour sauver le jeune parrain de l'interrogatoire de son subordonné, une fille de la classe interpela l'autre gardien. Tous trois se retournèrent vers le groupe de filles qui les regardaient depuis la table où elles discutaient en ouvrant leurs bentos.
- Oui?
Aimable, comme toujours, le baseballeur les gratifia d'un franc sourire en leur répondant, ce qui les fit glousser. Ben voyons, encore des membres du fan club de ses gardiens. Elles semblaient moins collantes aujourd'hui, ayant l'habitude de harceler ses deux amis régulièrement pour qu'ils mangent avec elles, acceptent toutes sortes de cadeaux et parfois des déclarations.
- Est-ce que c'est vrai que tu fais du kendo en plus du baseball? demanda l'une d'entre elles, alors que les autres écoutaient attentivement, suspendues aux lèvres du sportif.
Yamamoto, s'il faut que tu répondes, je t'en prie, dis n'importe quoi, pensait Tsuna, qui craignait que l'aveu de l'épéiste ne renforce la pression des fangirls sur leur tranquillité.
- Haha, oui, c'est vrai. Mon père m'a entraîné, et maintenant je m'exerce tout seul.
- Ben voyons, le voilà qui raconte sa vie, bougonna Gokudera. Tsuna ne pouvait qu'approuver: après ça, les filles ne les lâcheraient pas, c'était sûr.
Après un murmure échangé dans le petit groupe et quelques gloussements caractéristiques, elles se tournèrent de nouveau vers Yamamoto, sourire aux lèvres.
- Et... Pourquoi tu as commencé?
- C'est parce que je veux pouvoir protéger ce qui me tient à cœur, répondit-il franchement.
Se faisant, il s'était sensiblement rapproché de Tsuna, qui lui lança alors un regard interrogatif. Bien-sûr, il savait que c'était à cause de lui que Yamamoto avait du apprendre à se battre, mais il avait dit ça de façon si... Etrange. Avec ce ton sérieux qu'il n'utilisait pas souvent, et une profondeur dans ses mots qui avait frappé le jeune homme.
D'ailleurs, ça avait aussi frappé leurs interlocutrices. En pleine poitrine. Ou en pleine tête, provoquant un grave court-circuit, au choix. En captant quelques-unes de leurs paroles, Tsuna leva les sourcils, décontenancé: ces filles se méprenaient totalement sur la nature de la phrase de son gardien!
Alors debout devant eux, elles gloussaient, encore et toujours, répétant de leurs voix stridentes que c'était trop mignon, qu'il était courageux et qu'elles le soutenaient à fond dans sa démarche. Et puis vint la réplique qui explicita la raison de leur enthousiasme, que Tsuna avait déjà décrypté pour avoir souvent du répondre à une certaine question à propos de ses amis.
- Oh, c'est vraiment trop bien que vous soyez finalement ensembles! Nous, on savait que ça allait finir comme ça, c'est teeeellement mignon!
Et les gloussements frénétiques repartaient. Yamamoto, qui ne comprenait pas tout, avait surtout compris de travers le message le plus essentiel. Gokudera, quant à lui, toisait les adolescentes d'un oeil mauvais, appuyé contre le cadran de la porte, un peu en retrait. Il avait hâte que ça en finisse, pris de migraine. Et Tsuna, lui... Il soupirait de consternation face à ses camarades de classe, qui avaient vraiment la capacité de se monter des films. Mais heureusement, aucun de ses deux compagnons n'avait tilté. Pour une raison obscure, le brun de la pluie affichait l'air entendu et réjouit de celui qui a compris ce qu'on lui disait et qui approuvait, mais son ami en doutait: il se demandait s'il ne se trompait pas plutôt sur les protagonistes de l'affaire, puisqu'il était toujours presque collé à lui. L'argenté, désintéressé, ne pouvait pas se douter du sous-entendu, puisque cette pensée ne lui viendrait jamais à l'idée.
Mais lui... Lui, on lui avait souvent demandé, sur le même ton de groupie à l'imagination débordante, si ce couple qui enflammait leurs passions était une réalité. Bien-sûr, à chaque fois, Tsuna avait renié tout en bloc, devant chacun de leurs arguments - et il avait remarqué par là-même que certaines filles devaient épier ses gardiens en dehors du collège, pour en savoir tant sur eux - mais elles ne s'étaient visiblement pas découragées.
Tiens, d'ailleurs, leur question fétiche allait lui revenir en pleine tête, encore une fois.
- Et toi, demanda l'une des filles en se tournant vers Tsuna. Elle gloussa un peu en le voyant, comme si elle était gênée de lui parler, alors que d'ordinaire elles ne se privaient pas de le harceler. Puis elle reprit: Tu approuves cette union?
Las à la fois et ne sachant plus quoi répondre, ayant déjà épuisé toute sa répartie face à elles lors des interrogatoires précédents, il opta pour la solution de facilité: l'ignorance.
- Cette union? Mais, il n'y a pas d'union, je ne vois pas qui...
- Oh! Ne fais pas l'ignorant, on vient d'en avoir la preuve pas cette courageuse déclaration. Ou alors, ça veut dire que tu es... Jaloux?
Grillé. Le petit brun s'empourpra en se demandant comment sortir de ce bourbier, s'empêtrant dans son discours:
- Mais... Non, je... Ne vois pas du tout de quoi vous parlez. Je n'ai pas entendu de déclaration.
- Mais on parle du couple génialissime que forment désormais officiellement Yamamoto et Gokudera, bien sûr! Tu es toujours avec eux, tu ne peux pas ne pas le savoir!
Même si elle l'avait fait, l'adolescente n'aurait pas eu besoin d'appuyer sur les mots-clef de sa réplique pour déclencher une réaction chez les concernés.
- Paaarrdon? s'étouffa l'argenté.
- Haha, non, je crois que tu te trompes... rectifia le brun, sans s'énerver.
- Mais non! On a toutes les preuves! Et tu viens de nous donner la dernière, affirma la jeune fille avec assurance. C'est évident que tu as voulu apprendre le kendo pour protéger ton âme-soeur!
- Oui, ça c'est vrai, mais-...
- Parce que vous croyez que j'ai besoin de cet imbécile pour me défendre? s'écria Gokudera, explosant, et s'apprêtant à dégainer de réels explosifs pour leur faire entendre le fond de sa pensée.
Tsuna, qui avait eu sa dose de bombes pour une dizaine d'années, se précipita pour arrêter le geste de son gardien.
- Gokudera-kun! Ne fais pas ça!
- Mais, Juudaime, elles sont en train de proférer la pire insulte qui soit!
- Mais c'est pas grave! Je t'en prie ne détruis pas le couloir, viens on s'en va!
La voix rendue aigüe par l'affolement de son boss ramena la tempête à la raison. Il sembla abandonner ses projets de meurtre l'espace d'une seconde. Avant qu'il ne change d'avis, le petit brun attrapa ses deux compagnons et s'enfuit à nouveau à travers les couloirs.
Décidément: il n'aurait pas droit à une seconde de répit, aujourd'hui. Et encore, Reborn n'était pas là pour alourdir son supplice...
Reborn! Le premier maillon de toute cette chaîne de poisse!
Quelques dizaines de minutes plus tard, les trois compagnons finissaient de manger, installés sur un carré d'herbe, dans un coin retiré de la cour. Tous les lieux où ils avaient l'habitude de passer la pause étant bien trop faciles à retrouver pour les filles qui depuis leur interrogatoire n'avaient pas arrêté de les harceler, où qu'ils aillent, ils avaient du innover, et surtout s'isoler. En fait, voilà seulement un court moment qu'ils avaient réussi à trouver la tranquillité.
- Ha ha... J'en reviens toujours pas que les filles aient cru que je sortais avec Gokudera, s'esclaffa Yamamoto, négligemment allongé dans l'herbe.
- Ya-... Yamamoto! Si tu pouvais éviter d'en reparler, s'il te plait... lui intima Tsuna en jetant un coup d'oeil à un Gokudera qui bouillonnait littéralement de rage.
- Ah... Ouais, désolé~
Et la conversation se poursuivit sur des sujets plus habituels. Au fil des minutes, le petit brun se surprit à songer qu'il vivait là une vie de vrai collégien, à passer ses pauses au calme avec quelques amis, à parler, tout simplement. Il faut dire, Reborn n'était pas là, et ça se sentait. Ses deux gardiens avaient même cessé d'agir bizarrement, ou bien il avait fini par ne plus y faire attention, comme tout ce qui arrivait d'étrange dans sa vie.
Pourtant, alors que le jeune mafieux se laissait bercer par cette douce atmosphère, qu'il n'avait que trop peu connue ces derniers mois, la dure réalité s'imposa de nouveau à lui, comme un mur auquel il se heurta si fort qu'il en ressortit étourdi, et tarda à réagir. Cette réalité tenait dans l'interrogation de son gardien de la pluie, qui se demandait ce que fabriquait son homologue de la tempête. En effet, ce dernier, quasiment silencieux depuis qu'ils s'étaient installés là, ayant enfin trouvé la paix, venait de sortir un papier de son sac, et s'y était penché, profondément concentré. D'ailleurs, il ne répondit qu'en bougonnant, distrait, absent.
- La lettre de ce matin. Elle m'intriguait.
C'est seulement en entendant la référence au mot trouvé dans son casier que Tsuna se réveilla. Il écarquilla les yeux en se demandant comment ça avait bien pu tomber entre les mains de son bras droit, et ce qu'il comptait en faire. Seulement, dans un premier temps, pour ne pas braquer l'argenté, il se contenta de jouer les intéressés:
- Ah... Et alors, tu as trouvé quelque chose, Gokudera-kun?
...Bien sûr, ce n'est pas comme s'il n'était pas curieux de savoir quel était le fou qui lui avait écrit ça.
- Je ne sais pas, Juudaime, répondit Gokudera, très calme, entièrement focalisé sur les quatre lignes manuscrites. Les caractères sont dessinés très maladroitement, et il y a une faute d'orthographe... A part ça, je ne vois pas qui pourrait avoir fait ça... Mais je trouverai, ne vous en faites pas! ajouta-t-il en relevant la tête et en souriant avec assurance, comme si Tsuna lui avait confié une mission qu'il avait l'intention de mener à bien de la meilleure façon possible.
- Oh euh... Si tu ne trouves pas, c'est pas grave, tu sais. Je ne pense pas que ça se reproduira...
... Même si cela s'était déjà produit deux fois, en deux jours. Mais bon, ce n'est pas comme si recevoir des lettres d'admirateurs secrets aux idées malsaines était son plus gros problème du moment.
A ce propos, en parlant de problème... Voilà le prochain.
- Celui qui a écrit ça est vraiment maladroit, et il ne parle pas très bien japonais, fit remarquer une voix traînante, celle de la silhouette penchée sur le papier rose, par-dessus l'épaule de Gokudera.
Les trois garçons sursautèrent, comme éclaboussés par de l'eau brûlante, et se tournèrent vers le nouvel arrivant... La nouvelle arrivante.
- Ch-... Chrome?
Oh non... Et les frissons qui revenaient secouer le dos de Tsuna, l'avertissant du danger que répandrait assurément la jeune fille dans son sillage.
Il n'y avait personne sur le toit du collège de Namimori. Pourtant, c'était la pause de midi et c'était l'endroit le plus prisé par les élèves, en temps normal.
Il n'y avait personne sur le toit, excepté deux noires silhouettes. Deux ombres.
Voilà des heures que ces deux regards s'affrontaient, se toisaient, cherchaient à s'intimider, à se décourager mutuellement. Voilà des heures - depuis l'aube - que ces deux statues s'attachaient à montrer à l'autre l'étendue de sa détermination.
Mais aucune le l'emportait.
Bientôt, il leur faudrait passer à des méthodes de persuasion plus... Dure, ils le savaient. Pourtant, ils ne bougeaient pas un pouce, comme ça, depuis le matin. Et nul doute, en les voyants, qu'ils pourraient tenir ainsi pour l'éternité. Aucun des deux ne lâcherait, aucun des deux ne se laisserait aller. C'était un combat d'immobilité, après le combat des volontés, sans issue, et avant le combat, celui qu'ils attendaient.
Le soleil était à son zénith, mais cela ne leur suffisait pas encore. Ils suffoquaient dans leurs habits et sous la pression mais demeuraient solidement ancrés au sol. Ils sentaient les fourmis dans leurs jambes et les crampes dans leurs épaules. Ils avaient l'impression de se changer progressivement en véritables statues, de voir leur épiderme devenir marbre. Dur, lisse et froid.
Ils se laissaient brûler par le soleil et le regard de l'autre, caresser par la brise et la voix de leur for intérieur qui faisait écho à leur détermination. Ils restaient là, à se dévisager, à graver ce visage de rival qu'ils contemplaient tantôt avec dédain, tantôt avec estime.
Ils attendaient le signal, et la fin.
Aaaaalors...
Celui-là aussi est court, en fait c'est la fin du chapitre trois...
Pour me faire pardonner, profitons du bonus d'aujourd'hui pour anticiper un peu...
~ Bonus, et autres erreurs de tournage ~
Chapitre 4: Preview
Tsuna avait enfin réussi à échapper à ses gardiens. Même si le début de cette journée avait été éreintant, le petit brun se doutait que ce n'était qu'un amuse-gueule comparé à ce qui allait lui arriver dès maintenant. Survivre à Yamamoto, Gokudera, Ryohei, et même aux trois réunis était une partie de plaisir comparé à Mukuro. Sans oublier Hibari, évidemment, même si ce dernier avait semble-t-il disparu depuis un moment.
Mukuro... Evidemment, une journée n'était jamais complètement pourrie s'il ne se joignait pas à la danse. A présent qu'il avait fait son entrée, il pouvait véritablement maudire le jour d'aujourd'hui, et il en venait même à regretter l'absence de Reborn. Absence relative, puisqu'il était absolument impossible que le bébé ne soit pas bien caché dans les parages, à profiter du spectacle et à tirer les ficelles dans l'ombre. Seulement, s'il avait fait rentrer son gardien de la brume sur l'échiquier - pour quelle autre raison aurait-il quitté Kokuyo Land si ce n'était pas le fait de l'acrobaleno? - il n'avait aucune raison de l'aider à le neutraliser. Lui, comme chacun des dangers qui le menaçaient en permanence depuis qu'il avait mis un pied hors de chez lui - hors de son lit, même.
Et le danger pouvait aussi bien se présenter sous la forme de ses plus terrifiants gardiens comme des plus insignifiants ennemis.
- Tiens tiens, mais c'est Dame-Tsuna...
