Bonjour / Bonsoir !

Cette fois-ci, c'est en l'honneur de la Paulaner Müchen servie dans une des célèbres choppes d'un litre en échange d'un petit papier jaune -pour les connaisseurs, #ViveLaVieD'Expatriée- que ce chapitre est dédié. Et également aux nuits blanches, de celles qui donnent naissance à des textes comme celui qui suit !

Bonne lecture !


Allongé sur le lit, partiellement couvert par les draps froissés, Hippolyte tentait de reprendre son calme parfait. Avec la saveur d'un souvenir empreint de nostalgie, il pouvait sentir encore son cœur battre la cadence dans sa poitrine. La tête enfouie à travers les oreillers, il attrapa son téléphone pour profiter de ces quelques secondes de solitude silencieuse. Tandis qu'il rangeait sa chambre des traces d'un échange passionné, un coup d'œil vers l'appareil lui avait permis de repérer le petit indicateur lumineux.

Le symbole d'une lettre s'afficha, suivi du nom de Caleb. Un sourcil redressé, il l'ouvrit et parcouru vaguement le texte s'y trouvant.

«Salut Hippo' ! Ne t'inquiète pas si demain les bureaux sont un peu différents. Surtout aucune crainte à avoir, tout est réparé. Le patron ne doit juste rien savoir. Donc s'il pose des questions, tu n'es au courant de rien et ne trouves rien de changé !

PS : pas une seule de mes expériences n'est responsable. Qu'importe ce que ce texte peut porter à croire.»

Qu'est-ce qu'il avait encore fabriqué celui-là ? En tout cas, tant ça ne lui donnait aucune réaction particulière à lui, tant il était facile de lire la précipitation paniquée du coupable entre ces lignes.

D'un geste, il éteignit l'écran et le reposa sur le côté. À peine l'eut-il fait que le matelas s'affaissa, annonçant le retour de sa fiancée de la salle de bain.

- Tu peux me mettre de la crème dans le dos ? Je ne peux pas me permettre qu'il me brûle demain, j'ai une grosse journée.

Il répondit d'un soupir plaintif.

- Ça ne peut pas attendre un peu plus tard ? Je n'ai pas envie-là. En plus on doit préparer le dîner.

- Tu me dois un joker, tu te souviens ?

Cette fois-ci, sa réponse se fit d'un coup d'œil mauvais et d'un grognement, s'exécutant néanmoins. Par réflexe à ce souvenir qu'elle venait de lui rappeler, il se massa le flan pour vérifier que tout était bien en ordre.

Moins d'un mois auparavant, il s'était retrouvé aux prises avec un cas tout particulier. Une ancienne candidature spontanée refusée s'était mise en tête que son sort valait une seconde chance. Ou méritait vengeance, il ne savait toujours pas. Bref, ce fou furieux avait planifié de A à eszett un assaut offensif à but terroriste visant la disparition du DRH de la Flander's Company. Ceci en répression à des critères drastiques pour y être engagé. Toute cette idée ne résultant que d'une attaque qui avait offert une blessure conséquente au concerné, pris par surprise par une stratégie plus digne que ne l'avait été son C.V. initialement. Surtout qu'il était parvenu à réussir au moins ça, même en ayant le culot de tout prévoir à la porte même du siège social, sur le parking privé à l'entrée des employés.

Il lui aurait presque donné le job, pour le coup. Enfin, si par colère il n'avait pas arraché la dague de son propre corps pour lui planter directement dans le cœur après avoir marqué son torse d'un «ordure ménagère». Sa victime avait terminé sa trajectoire dans le conteneur adapté. Les cris avaient ameuté quelques passants, puis son supérieur avait fini par être mis au courant. Ce dernier était descendu prêt à passer un savon à celui qui communiquait une mauvaise image de son entreprise devant témoins. Et accessoirement salissait un espace que les femmes de ménage refuseraient de nettoyer sous peine de grève.

Finalement, Armand avait été le seul à prendre le parti de l'évident criminel aux yeux du public. Après tout, au lieu d'être en train de vouloir continuer de le massacrer ou de danser sur son cadavre, il ne faisait pas le malin. Il était plutôt même assit au sol, appuyé contre le mur, une tâche bordeaux sur sa chemise. Avec en prime, une grimace de douleur. C'était donc du sérieux. Perdre le meilleur recruteur de toute l'histoire de la compagnie n'était pas dans les plans. Surtout que personne ne serait assez compétent pour faire passer les entretiens pour en définir un nouveau.

Après multe difficultés sociales, juridiques et médicales, il avait été forcé à être alité durant deux longs jours. Par précaution, mais surtout pour cause d'assurance souhaitant porter l'affaire en justice contre sa volonté s'il était vu par quiconque comme assurant son poste. Le PDG préférait encore serrer les dents sur son micro-congé payé, que de se saigner en dédommagement. Il s'était donc ennuyé à mourir, bloqué chez lui. Avec soins à prodiguer lui-même, mais aussi en partie par quelqu'un d'autre. Sa fiancée avait donc pris en charge ce rôle, non sans qu'ils s'accordent sur un remboursement ultérieur.

Il était apparemment venu le temps de régler une partie de ses dettes.

À présent assis contre la tête de lit, elle se glissa entre ses jambes pour qu'il ait accès complet à la zone dont elle parlait. Du bord de sa nuque jusqu'à la chute de ses reins, aucun doute n'était laissé sur ce qu'il s'était produit précédemment. Les marques encore à vif déchiraient la peau crémeuse de part et autre. Tube en main, il forma une petite portion aux bouts de ses doigts. Lorsqu'elle rentra en contact avec la ligne rougeâtre la plus basse, la jeune femme se cabra. Avant de se contraindre à de minuscules tortillements seulement pour lui permettre de continuer. Il eu un frisson de cette vision et des sensations qu'elle lui procurait. Peau contre peau par ce simple touché, presque dans une étreinte rassurante. Concentré, son inconscient pinça sa lèvre inférieure tandis que son pouce parcourait délicatement une ligne particulièrement distincte. Il mentirait si voir le résultat de son ivresse passée ne lui donnait pas envie de recommencer. C'était d'ailleurs ce qui motiverait ses pensées si elle ne reprenait pas la parole.

- Tu as reçu un message du boulot ?

- Oh, mh, pas vraiment. Juste Caleb qui a encore manqué de détruire le bâtiment et qui couvre ses arrières.

- Celui qui portait une veste en cuir ?

Il notait aisément le sourire amusé dans sa voix. Elle était vraiment fière de son petit plan du jour pour explorer son lieu de travail. La sienne prit un ton plus irrité quand il lui répondit.

- Oui.

- Je trouve Kevin plus sympathique. Tu crois que tu pourrais nous mettre en contact pour qu'on se revoit ?

Ça y était, son pire cauchemar se produisait. C'était déjà beaucoup pour une journée, mais ça ça dépassait tout. Il marqua une pause. Elle l'observa par dessus son épaule quand il prit un air pensif. Il fit même gentiment et doucement glisser entre son pouce et ses autres doigts une mèche blonde.

- On était parvenu à avoir un truc presque aussi agréable qu'un contrat signé sans aucun défaut. Dommage vraiment que maintenant je doive me débarrasser de ton joli minois pour m'assurer que jamais ce genre de chose ne se produise.

- Tu deviens très mignon quand tu es jaloux, tu le sais ?

Elle lui décocha un regard charmeur qui lui donna une sensation de vertige. Avant qu'il ne se claque mentalement pour reprendre ses esprits. Elle s'améliorait, il devait le reconnaître. Surtout qu'elle était assez maline pour minimiser ses capacités et les faire paraître comme ordinaires. À leur rencontre, il avait mis des mois à comprendre. Il notait bien que quelque chose semblait clocher, seulement il n'était pas parvenu à définir quoi. Jusqu'à ce qu'elle tente d'user de son pouvoir sur lui. Celui de manipuler l'esprit de qui elle voulait, ressentir ses fantasmes et donner les mots-clés ou attitudes pour faire tomber n'importe qui sous son contrôle. Une branche d'empathe, en quelque sorte. La personne parfaite pour une maison de communication donnant dans l'interprétation théâtrale et la gestion d'événements portés sur la culture geek. Emploi dans lequel elle excellait à présent. Dans ces conditions, tout le monde s'accordait sur son charme universel.

Sauf lui.

Il y était insensible. À l'instar des situations avec les Choristes plus évolués qui n'avaient pas d'emprise sur lui par absence de bonne humeur et joie de vivre. En effet, il ne possédait pas de fantasmes à proprement parler. Son côté impulsif et réalisateur de tous ses caprices l'empêchait d'arriver jusqu'à cette étape. Il voulait, il obtenait immédiatement. Ou il rejetait sa frustration sur autre chose de façon spontanée et similaire à ce qu'il souhaitait. À peine le temps de véritablement désirer. Néanmoins, il avait été séduit par sa force de caractère et surtout elle avait piqué sa curiosité. Ce fut comme ceci qu'ils en étaient venus à se fréquenter. Elle, par combativité de vouloir retirer l'unique nom de sa liste d'exception contrant son pouvoir. Lui, par la saveur d'enfin rencontrer quelqu'un à son niveau capable de lui résister et de répliquer. Un aussi bon répondant équivalait pour lui à l'excitation d'un Oktoberfest qui aurait été uniquement composé de Super-Vilains. Au fil du temps, ils étaient parvenus à construire les fondements d'une attirance purement indépendante. Ce qui la rendait surtout réelle. Hors de toute influence provenant de psyché.

Il lui reconnaissait donc quelques picotements qui auraient pu passer pour anodins de temps à autre, mais qu'il savait qu'elle avait été capable de lui faire ressentir. Ou de s'être offerte entièrement à lui, découvrant par ce moyen un plaisir qu'elle ignorait pouvoir rêver. Jamais avant qu'il lui propose avec humour de l'initier, elle aurait songer à abandonner son identité le temps d'accueillir un dominant dans sa douleur et entre ses draps. Toutefois, cette fois-ci, la sensation qu'elle venait de créer en lui était un véritable progrès. Il ne se laissa pourtant pas déstabiliser longtemps par ça. Il pouffa devant sa remarque et prit un air presque agressif tant il transpirait de sa confiance en lui-même.

- Ne raconte pas de bêtise. Premièrement, je n'ai pas besoin d'être jaloux pour être «mignon». Je le suis.

Même si le terme n'était pas celui qui lui convenait le plus aux vues de son expression à ce moment-là, il aurait préféré qu'elle en utilise un autre.

- Deuxièmement, je ne suis pas jaloux. Et troisièmement, si j'avais à l'être, ce ne serait sûrement pas d'un semi-homme de son genre à lui. Un de ceux qui n'ont pas intégré le concept même des vêtements, c'est-à-dire celui de cacher sa nudité. Sans compter celui d'avoir l'air de ressembler à quelque chose. Pitié, j'ai encore de la dignité.

- Je dis ça comme ça, mais il n'y a que pour une vérité que tu n'acceptes pas dont tu te défends aussi véhément.

Elle se mordait à présent la lèvre inférieure, pour se retenir de rire. Pour concentrer sa frustration et ne pas la laisser l'envahir, il reprit son occupation. Au moins la pommade, elle, ne se moquait pas ouvertement de lui.

- Fous-toi de moi, ne te prives pas. Ce n'est pas comme si tu étais la première aujourd'hui à vous associer.

- Comment ça ?

Visiblement, cette nouvelle perspective la rendait particulièrement curieuse. Il ne lui expliqua pas tout de suite, se concentrant d'abord sur son omoplate droit. Habituellement, il ne touchait pas cette zone, située entre ce point-ci et sa colonne vertébrale. Ce soir, il avait manqué à son perfectionnisme et avait commis cette erreur. Il fit donc la moue, s'attardant sur le dessin réaliste encré à travers sa peau. Celui-ci représentait le Bayerisches Staatsschauspiel, où était assis devant un moine à l'allure enfantine. Puis, il referma le tube et le posa sur le côté. Lorsqu'elle se blottit contre lui un instant le temps de finir leur conversation, il plongea son nez dans son cou. Ses lèvres l'effleurèrent.

- Caleb prétend que vous êtes des clones. Ce qui me dérange tout spécialement aux vues de la nature de nos relations, tu t'en doutes.

Ses paupières se fermèrent, ses muscles commencèrent à se détendre malgré le sujet. Elle s'était naturellement mise à caresser ses cheveux, avec une tendresse dont il se maintenait étranger.

- Devrais-je m'inquiéter ? Ou alors, débuter déjà les préparatifs de ton second engagement ?

Il eu un nouveau frisson de dégoût. Qu'il préféra ignorer.

- Mh, nan. Tu resteras la seule officielle. Je le garde juste en relation extra-conjugale pour avoir quelqu'un à fouetter sous la main en cas de besoin. On verra ce qu'on en fera le jour où je briserais mon jouet.

- Aw, ça veut dire que moi aussi j'ai le droit à un sous-fifre au travail ?

- Moui. Mais juste si tu lui fais subir les derniers outrages en pensant à moi.

Elle ne put retenir un rire qui éclata dans tout l'appartement. Il se sentit …

… bien.


Merci pour votre lecture de cet épilogue et aussi des trois précédentes parties :) nous sommes donc arrivés à la fin des aventures de notre trouple Max x Hippolyte x Armand, eh oui tout a malheureusement une fin. J'espère que vous avez passé des moments aussi agréables que les miens quand je les ai écrites ^^ (je pense, vu que j'ai ouï dire que je donnais beaucoup de hype, prenant les traits de notre cher Hippolyte !)

Une review, ou un favoris / suivi est toujours appréciable pour l'auteur, si son travail vous semble mériter un moment en plus de votre temps, même si ce n'est qu'optionnel bien évidement. (M'enfin, vous connaissez ce refrain et le principe, depuis le temps x))

À bientôt !