Alors, me revoilà avec un nouveau chapitre, qui j'espère vous plaira.
si vous attendiez un lemon je suis désolée mais il n'y en a pas dans ce chapitre. toutefois, j'ai décidé de mettre mes idées citronnées dans un recueil : bonus lemonesque. si cela vous tente, n'hésitez pas à aller faire un tour (voir sur mon profil).
je crois que ce chapitre est plus court que les précédents. j'ai l'impression de raccourcir à chaque fois, et croyez bien que j'en suis désolée.
Encore une fois tout à JKR. rien est à moi,...
Merci, merci pour vos encouragements, vos reviews, vos suivis. c'est vraiment motivant et je vous en suis très reconnaissante. (^^ saute de joie dans toute la chambre ^^).
Début des grandes vacances entre la 5ieme et la 6ieme année.
- Bonjour Narcissa.
La blonde eu un mouvement de recul, tout à ses pensées elle n'avait pas entendu le jeune vampire entrer dans son boudoir. Toujours assise, elle tenait une soucoupe de tasse ouvragée datant de plusieurs siècles.
Ding ! fît la tasse.
Hum…fît Narcissa.
… Severus Snape lui ne dit rien, ne montra rien il attendait qu'elle reprenne ses esprits.
- Bonjour Séverus, répondit Lady Malefoy d'une voix tremblante qui se voulait pourtant assurée.
La prestance du mécène de Drago était désormais évidente. Avoir, le droit, si jeune, de former un nouveau-né dans cette communauté restreinte, lui conférait un avantage certain. L'humaine avait soudainement l'impression de n'être pas plus grosse qu'une souris. Elle dont le pedigree remontait pourtant dans les annales du temps se trouvait démunie devant ce vampire pourtant de seconde main.
Il allait falloir jouer serrer… Son ami d'enfance, qu'elle avait réussi à garder malgré leurs spécificités différentes, lui semblait inatteignable. Elle le connaissait par cœur d'ailleurs, s'il était remonté, cela voulait sans doute dire que la cérémonie était finie. Elle n'avait jamais eu besoin d'explication avec Séverus pour comprendre. Elle amorça un mouvement dans le but de reposer sa tasse sur la table basse et alors qu'elle allait finir son geste : il parla.
-J'ai pris sur moi de venir te chercher. Ne me demande pas pourquoi, je ne le sais pas trop moi-même, mais si tu veux venir lui dire au revoir, sache que c'est maintenant ou jamais.
Rectification ! Avant, elle le connaissait par cœur. Maintenant qu'il avait acquis un poids hiérarchique chez ses semblables elle ne le suivait plus. Connaissant la société vampire autant qu'elle la connaissait (elle avait ms au monde l'un d'entre eux), Lady Malefoy savait, sans aucun doute possible que le vampire n'avait pu manquer son mouvement non achevé. Avec sa perception aigüe de l'environnement, Narcissa était même certaine qu'il avait anticipé son mouvement avant même qu'elle n'en ait eu l'idée. Il savait parfaitement qu'elle avait compris le but de sa venue, peut être même qu'il savait qu'elle n'attendait que cela.
Alors, dans ce cas, pourquoi le préciser ?
Pour quelle obscure raison Séverus l'avait vocalisé ? D'une manière assez risible d'ailleurs, on aurait presque dit qu'il bégayait.
Sachant qu'il avait une idée plus profonde que simplement celle de lui permettre de revoir son fils, Lady malefoy lui répondit d'une voix incertaine.
- D'accord, je… je viens.
La digne Lady Malefoy, fit signe à son elfe de remporter les plateaux aux cuisines, et se leva chancelante. Elle avait à la fois hâte de voir son fils et aurait voulue que son standing lui permette de courir et en même temps elle avait peur, parce que c'était la dernière fois qu'elle le verrait. Et qu'elle ne le voulait pas.
En épousant le dernier des Malefoy, elle avait toujours eu parfaitement conscience que ce geste l'amènerai à cet instant. L'intronisation de Drago. Ses parents aussi en leur temps avaient connaissance de ce fait. Drago appartenait certainement beaucoup plus à la famille Malefoy, qu'à la famille Black. Mais son mariage bien que ne donnant pas d'héritier à la famille black avait été totalement accepté par ses géniteurs parce que cette alliance avec la dernière grande famille de vampire de première lignée leur conféraient un poids supplémentaire en société.
Aujourd'hui pourtant, Narcissa aurait voulu pouvoir faire machine arrière. Elle aurait voulu avoir le courage de dire non à son père lorsqu'il avait abordé ce sujet avec sa mère. Parce qu'en cette minute, elle voudrait se trouver n'importe où ailleurs sur terre, mais pas devant le fait accompli : cette fichue intronisation !
Ils traversèrent le boudoir, puis le couloir pour finalement arriver à ce maudit escalier. Celui qui lui avait toujours été défendu d'emprunter. Celui qui menait à la salle de cérémonie des Malefoy, et celui là même pou lequel elle avait eu la peur de sa vie lorsqu'innocemment e jour de son mariage elle avait posé la question à son mari. La couleur de ses yeux ce jour là, resterait pour toujours dans sa mémoire. Elle faisait un détour de cinq mètres depuis, à chaque fois qu'elle se devait de passer devant…
Séverus la fit passer en premier, et la sorcière s'éclaira d'un Lumos. Elle n'entendait rien. Rien que le bruit de son cœur dans sa poitrine. Rien que son souffle hérétique, souffle d'une mère descendant aux enfers. Une mère qui allait à la rencontre de son destin, … de son plein grès. Séverus n'avait pas à la forcer. Elle avançait vers la dernière vision de son fils d'elle-même : et c'était bien cela le pire de tout !
Finalement, au bout de ce qui lui sembla durer des heures, ils arrivèrent devant une large porte en bois massif décorée de chauve souris entrelacées. Une œuvre vivante d'animaux en boit volant. Elle aurait presque pu les entendre crier, les voir se mouvoir, épousant les nœuds du bois. Intimidée soudain de découvrir cette salle de cérémonie millénaire, Lady Malefoy s'arrêta, subjuguée, effleurant le bois, sans le toucher réellement. Elle n'osa pas l'ouvrir par elle-même, ou peut être qu'elle sentait confusément ne pas en avoir le droit. Se fut Séverus qui s'avança pour pousser la porte et lui dévoilait ainsi l'immense salle aux pilonnes.
C'était absolument gigantesque, même pour la Majestueuse famille Malefoy. Et Narcissa se sentit soudainement de trop, comme une intruse ayant souillée un sanctuaire. Les pilonnes rangés en cercle concentriques canalisaient le regard vers le point central de la pièce.
Un autel.
De marbre blanc.
Sur lequel reposé le corps sans vie de son fils.
Elle poussa un cri déchirant qui lui venait du cœur et s'élança vers lui. Comme folle !
Il était mort ! Son fils unique était mort !
On lui avait enlevé et elle n'avait levé le petit doigt pour les en empêcher. Elle se jeta sur le corps, secouée de sanglots incontrôlables et violents. Elle n'en avait plus rien à foutre de ne pas se sentir à sa place, elle s'en foutait des regards de ses vampires posés sur elle il ne respirait plus !
Plus du tout.
Il était glacé.
Narcissa laissa libre court à son chagrin, et pleura comme elle n'avait jamais pleuré, oubliant tout. Tout ce qui n'était pas son bébé.
Son bébé était mort. Mort. MORT !
Elle hurla, elle cria, levant la tête vers la voute de cette salle cauchemardesque. Elle ne pouvait que le toucher. Son enfant. Son tout petit. Si froid si glacé. Qui ne bougeait pas… Qui ne bougeait plus…
Autour de la femme, les vampires observaient, pas la femme humaine, non, d'elle ils n'en avaient rien à faire. Ils observaient la réaction du désormais avant-dernier de leur lignée. Ils observaient la réaction d'un Lucius Abraxas Malefoy en colère de voir son humaine de femme profanant le sanctuaire. Le mécène du jeune Drago c'était d'ailleurs déjà agenouillé devant lui, voulant se faire pardonner sa bévue.
Séverus Snape jouait un jeu dangereux. En mordant Drago, une intuition lui était apparue sur un coup de tête. Il misait tout sur une idée, sa place, celle de Drago, celle de Lucius. Si son idée fonctionnait, c'était gagné ! Dans la hiérarchie, il faudrait compter sur son opinion, et plus tard sur celle de Drago. Mais si dès le départ, Lucius n'entrevoyait pas l'aboutissement auquel cette idée pouvait les mener, c'était perdu.
Irrémédiablement perdu.
Il fallait que l'avant dernier des Malefoy perçoive, par des signaux discrets et adéquats ce que signifiait vraiment la présence de l'humaine dans le sanctuaire. Sinon, lui et Drago y perdraient sans aucun doute leur liberté, leur privilèges, voir même leur vie.
Et la lignée des Malfoy, cette succession de pères et de fils descendants en droite ligne du premier mordu regardaient. Concupiscents, ils écoutaient la conversation.
- Je sais, My Lord, que ce n'était pas vos souhaits de la faire descendre ici, mais vous m'avez choisi en temps mécène pour que votre fils garde un peu de son humanité. Parce que vous savez, vous me l'avez-vous-même expliqué il fut un temps, que c'est au final cette part d'humanité qui fera de lui un vampire de la première lignée. Un vampire capable de comprendre sa future femme, et de lui faire un enfant.
Lucius ne répondait pas attendant la fin des explications. Il avait parfaitement saisi pourquoi le mécène de son fils était remonté un peu plus tôt et il n'avait rien dit. Son excuse bancale de soigner sa blessure au bras ne tenait pas. Il n'avait rien dit, parce que d'une part celui-ci avait sans doute raison, dire adieu – il ne s'agissait pas d'autre chose- à sa mère humaine permettrait surement un Drago de devenir un très grand vampire, de lui conserver de bonne bases solide sur lesquelles bâtir son destin. Mais il n'avait rien dit aussi, parce qu'il était parfaitement conscient du fait que jamais – jamais - Narcissa ne voudrait quitter son fil. Qu'elle voudrait l'apercevoir de temps en temps en restant au manoir. Et qu'elle ferait donc tout pour être une épouse Malefoy et une mère distante pour que rien ne puisse lui être reproché. Il ne pourrait pas la virer pour faire de la place à la nouvelle Lady Malefoy.
Et cela, c'était, pour lui, un vampire de la première lignée, inacceptable.
Elle devait partir.
Aux seize ans de leur fils, les femmes Malefoy étaient toujours reléguées au second plan.
Point.
Et Séverus, avec son excuse d'adieu, lui servait doublement…
Narcissa n'avait pas à venir dans le sanctuaire.
Alors que le mécène de son fils terminait l'explication, qu'il savait être recevable, du pourquoi de la présence de la mère de Drago, Lucius releva la tête, lui indiquant qu'il n'était pas fâché contre lui, voir même qu'il approuvait cette conduite. Lui-même y avait songé depuis longtemps, et il avait parfaitement conscience qu'étant, lui un vampire de première lignée, il ne pouvait se permettre un tel outrage au sanctuaire. Au fond, il était soulagé que Séverus en ai eu l'idée de lui-même.
Si Séverus apaisé se redressa, les aïeuls Malefoy soupirèrent légèrement de frustration. Ils auraient bien voulu avoir un spectacle autre que cette humaine pleurant.
Indécente et irrespectueuse de leurs traditions.
Drago ne bougeait toujours pas, et Narcissa avait le visage rougi par les larmes, elle hoquetait de souffrance. Elle avait pris le corps sans vie de son fil dans ses bras en s'adossant contre l'autel et le berçait nerveusement. Elle passait et repassait sa main tremblante dans ses cheveux si fins en pleurant. Elle ne voulait pas le quitter. Elle ne pouvait pas envisager de le quitter. Même quand il se réveillera, qu'il ne la reconnaitra plus comme sa mère, elle ne pourrait pas le quitter.
C'était trop dur.
C'était son fils…
Et alors qu'elle ouvrait brièvement les yeux, elle croisa le regard de son mari. Et Narcissa eu peur. Cette couleur de gris. Ce regard incendiaire qu'elle ne voulait plus revoir. Elle n'avait pas le droit d'être là. Pas le droit, qu'importe que ce fut l'intronisation de son unique enfant, qu'importe ses envies où ses sentiments… elle n'était qu'une humaine. Elle le comprenait enfin après toutes ses années. Pour ces vampires, elle n'était qu'un passage nécessaire et obligatoire qu'ils oubliaient aussi rapidement qu'elle-même oubliait le vol une mouche agaçante autour de sa tasse de thé.
Sauf que Lady Malefoy n'était pas née Black pour rien.
Et qu'elle se battrait, pour ce droit qu'elle savait inaliénable. Ce droit que toutes les mères du monde possèdent : prendre soin de leur progéniture. Son mari ne la connaissait que trop bien. Il savait comment elle réfléchissait. Et les deux orbes grises inquisitrices semblaient déjà avoir une lueur de triomphe.
Elle serra plus fort le corps de son fils contre son cœur, espérant une sorte de miracle. Qu'il ne la dédaignerait pas, qu'il ne la mépriserait pas. Elle ne savait pas combien de temps exactement durait la transformation mais aux regards des vampires qui l'entouraient, elle se doutait que le moment du réveil approchait.
Alors, pour paraitre forte, pour avoir une chance de rester vivre au manoir comme elle le souhaitait, Narcissa déplia ses genoux, se releva et reposa, lentement avec une infinie tristesse, le corps qu'elle tenait sur l'autel. Elle lui remit ses cheveux en place, sécha les traces de larmes sur le torse finement musclé et blanc, replaça correctement les plis du pantalon et la mort dans l'âme se résolue à se décaler d'un pas et de ne plus le toucher.
Son enfant.
Elle ne pouvait que le regarder. Et elle savait que bientôt même ce dernier besoin lui serait refusé.
Son fils.
Elle remit ses cheveux en place. Renifla une dernière fois, et se jeta un sort de fraicheur au visage.
Son bébé.
Elle trouva les yeux de son mari, le mettant au défi de dire ou de faire quoi que se soit. Le vampire se réveillerait seul, mort et bien portant. Sans sa mère humaine ainsi que c'était prévu depuis la toute première intronisation. Il ne pourrait rien lui reprochait. Et elle pourrait rester.
Il fallait qu'elle reste !
C'était son seul espoir. Sa seule raison de vivre désormais.
Son tout petit.
Lucius eu un mince sourire, ses lèvre s'étirant avec plaisir dans ce qu'il lisait dans les yeux de son humaine de femme. Elle agissait exactement comme il l'espérait. Elle était à quoi ? Un mètre cinquante de l'autel, distance pour le moins dérisoire lorsque l'on né vampire. Ou même lorsque l'on est vampire tout court d'ailleurs. Par devers elle, il fît signe à Séverus de s'occuper de Drago le moment venu, lui se chargerai de son humaine de femme. Il lui fallait la garder en vie, encore quelques années pour finir l'éducation du dernier né Malefoy.
Puis, brusquement, tout alla très vite, même pour eux, vampires.
Drago se redressa soudain assis sur l'autel, regardant droit devant lui il ne bougeait pas. Il n'avait pas crié, il ne respirait plus.
Et il attendait.
Quoi ?
Dans le cours laps de temps qu'il fallut à Drago pour s'asseoir, Narcissa eu le temps de penser qu'elle ne savait pas ce que son fils attendait, mais que même si l'attente lui était insupportable, elle se montrerait digne. Elle ne s'effondrerait plus. Pour rester. Elle retenait sa respiration, sachant que lorsqu'elle verrait ses yeux, il ne la verrait plus que comme une humaine encombrante. Et effectivement, alors qu'il tournait la tête dans sa direction, lui montrant les crocs au passage, elle ne reconnu pas son fils.
Puis elle comprit dans toute son horreur le mince sourire mesquin que son mari de vampire avait eu à son encontre une demie seconde plus tôt, ainsi que toute la perfidie du mécène qui n'avait pas hésité à la jeter en pâture au nouveau-né. Et elle se dit que venir dans un lieu où un jeune vampire venait d'être créé n'était surement pas sa meilleure idée.
Même si elle avait été sa mère, elle n'était plus qu'une humaine, …
Une humaine au sang chaud.
Et frais.
Ma gorge est sèche, mon corps est brûlant, mes crocs me démangent….je veux du sang.
Tétanisée, il fallu que Séverus se mette devant elle pour lui faire réaliser qu'elle avait eu peur. Qu'elle était encore paniquée au point d'en avoir les entrailles nouées. La façon dont il l'avait regardée, les crocs luisants de salives qui sortaient de sa bouche… Elle ne s'entendit même pas pousser un cri. Elle ne sentit même pas que Lucius la trainait au dehors de la salle de cérémonie. L'interdiction d'y entrer prenait tout son sens...
Elle ne voyait plus que les yeux gris argentés affamés qui l'auraient dévoré.
Il fallait faire vite.
Séverus ne perdit pas de temps en considération inutiles et ceintura le plus jeune. Certes, il n'était qu'un vampire de second rang, mais Drago était son apprenti, et cela seul suffisait à ce qu'il lui obéisse.
Surtout alors qu'il ne vivait (1) depuis que quelques secondes.
Séverus se souvenait parfaitement de la douleur ressentie consécutive à la perte totale de sang dans les veines. Il avait prévu une réjouissance dès le réveil de Drago et il n'avait qu'à le calmer suffisamment pour qu'il patiente quelques secondes, juste le temps que le festin arrive. Une réjouissance qui s'appelait Amélia, qui avait deux beaux yeux clairs, des cheveux noirs éclatants de santé, un corps de petite poupée et qu'il avait arrachée à sa mère dans une rue Moldue deux jours plus tôt.
Son père ayant réagi très rapidement pour emmener la désormais indésirable humaine loin de son protégé, c'était bien plus facile et plus aisé de lui parler, de lui présenter le cadeau. S'il n'avait pas à le contraindre de manière forte pour qu'il reste assis, la confiance entre eux –primordiale dans leur future relation- en serait grandie.
Quelques heures auparavant, il avait craint la présence des sans-purs, les regards des aïeux Malefoy lui en imposaient. Mais, désormais, après l'intronisation, cela n'avait plus grande importance. La seule chose dont il fallait s'occuper, c'était Drago.
- Je te tiens, souffla t'il à son oreille. Il sentait son apprenti tremblé d'envie contre lui. Drago cherchait désespérément à se dégager de la poigne de son mécène : il voulait du sang !
- Crois-tu pouvoir me résister ? Demanda doucereusement l'homme.
Ma gorge est sèche, mon corps est brûlant, mes crocs me démangent….je veux du sang.
Séverus claqua des doigts et une Dolly au regard larmoyant apparue.
La pauvre elfe était de toute son âme liée à sa maitresse. Et elle ressentait au fin fond d'elle-même la douleur de Narcissa, comme si il s'agissait de la sienne. Quelques secondes plus tôt, elle avait vu le vampire emmenant de force, en la trainant par les cheveux et le visage courroucé de colère devant l'acte que sa femme avait commis, Lady Malefoy à l'extérieur du Majestueux Manoir familial Malefoy. Dolly était très inquiète pour sa maitresse, mais Dolly était une elfe. Alors, lorsque claqua l'appel du mécène de son jeune maitre, elle se trouva obligée d'y répondre.
Couinante et gémissante, certes. Mais présente.
- Amènes la moi !
Et lorsque l'ordre sec parcouru l'air, elle se rappela la promesse faite il y a longtemps à sa maîtresse, de toujours servir Maitre Drago… quoiqu'il arrive, quoiqu'il advienne. Elle n'avait pas besoin que le vampire précise ce qu'elle devait amener. Dolly le savait bien. La jolie jeune enfant était enfermée dans les cachots depuis deux jours et Dolly n'avait pas eu le droit de lui apporter à manger. Elle ne voulait pas voir les yeux gris, ne souhaitait pas y déchiffrer le besoin, s'interdisant d'y lire la soif.
Trois plops plus tard, l'enfant Amélia se trouvait seule aux pieds du jeune vampire. Elle n'était pas coiffée, pas lavée, à peine si elle était habillée. Blanche de froid, les yeux agrandis par l'angoisse, recroquevillée comme elle pouvait sur le sol de marbre glacial. Elle devait avoir à peine 6 ou 7 ans. Et pourtant, elle pressentait déjà, au bord de l'épuisement, qu'elle était au bout du voyage.
Elle n'avait pas envie de se débattre, de crier, pas la force de courir, pas l'envie.
A quoi bon ?
La magie, étant enfant, elle se l'imaginait encore. Elle vivait dedans depuis deux jours.
L'émerveillement la première seconde, lorsque l'homme en noir était apparu de nulle part devant elle. La preuve que toutes les histoires ont un fond de vérité. L'attestation par a plus b que sa mère avait tord quand elle lui disait que ce n'était que des histoires.
L'effroi ensuite, quand elle avait compris que c'était un méchant qui se trouvait là.
La panique lorsqu'elle avait lu dans ses yeux, qu'il se trouvait là, pour elle.
L'affolement total et complet quand il réussit à l'arracher aux bras de sa mère morte en la défendant.
L'épouvante quand il la transporta sous son bras, malgré ses coups de pieds, ses cris et ses hurlements, directement de la rue bruyante et ensoleillée, au cachot où elle venait de vivre ses deux derniers jours.
L'horreur, enfin, quand elle comprit qu'elle n'était pas dans une histoire, et que sa fin ne serait pas belle.
Ma gorge est sèche, mes crocs me démangent….je veux du sang.
Dans coup d'épaule brusque, Drago se dégagea. Cette humaine là, on ne la lui enlèverait pas. Ce sang, il l'aurait. En un quart de seconde, il était accroupi, tenant dans sa main ce cou si gracile, si appétissant. Fabuleusement offert sur un plateau, aussi soumis, autant apeuré.
Qu'il était parfait son premier repas.
Qu'elle était sublime sa première victime !
Délicatement, il lui remonta les cheveux sur l'oreille et souris dévoilant ses canines. Amélia eu un sursaut devinant ce qui aller la dévorer vivante, mais s'y attendant, par instinct, Drago maintient sa prise sur son cou et mordit dans la chaire tendre et offerte. L'enfant se débâtit et tourna la tête pour se déloger de la poigne glacée qui la retenait. Surpris par ce mouvement soudain auquel il ne s'attendait pas, le jeune vampire lâcha le cou, laissant deux petits trous bien visibles sur la peau blanche.
Ses aïeuls ricanèrent de concert, il leurs était arrivé le même problème en leur temps. En voulant étancher trop rapidement la soif qui les taraudait, les Malefoy oubliaient toujours la première fois qu'ils pouvaient utiliser leurs hormones…. Leurs merveilleuses hormones qui rendaient aussi dociles qu'un toutou devant un morceau de sucre, leurs infortunées victimes.
Son mécène se rapprocha et lui murmura quelques mots à l'oreille, lui rappelant qu'il lui fallait agir diligemment et sans bavure pour obtenir promptement du prestige. Et qu'en cas d'échec cuisant, cela retomberait sur ses épaules et sur celles de son propre père. Les quelques mots échangés permirent à Drago de reprendre contenance, et si l'enfant avait réussi à s'écarter, elle ne s'était pas échappée.
Il n'avait eu le temps de prendre que quelques gouttes de sang frais, et sa soif s'en trouvait décuplée, parce qu'elle n'était pas étanchée, parce qu'un avant goût promet mais ne donne pas, parce qu'il était tout simplement outré de s'être fait avoir par une enfant humaine, et qu'il était en colère, contre lui d'abord, mais ensuite et surtout contre elle.
Elle avait posé sa main sur son cou, comme pour se protéger de ce qui l'attendait. Et la vision de cette petite poupée aux yeux magnifiques cherchant à se dérober à son envie à lui, ne fit qu'accroitre cette envie.
Mes crocs me démangent….je veux du sang.
Il approcha son visage prés de sa blessure, humant la délicieuse odeur qui s'en dégageait. Sa main qui était si blanche était maintenant recouverte d'un liquide vermeil, qui rendait ce contraste encore plus attirant qu'il ne l'aurait pensé.
Antérieurement, il bouillait.
Extérieurement, ce fut avec un sourire carnassier qu'il lui maintient les mains dans le dos, approchant son visage encore un peu plus. Ses hormones entrèrent en action.
Il se pencha et lécha langoureusement le cou de sa future victime, avant d'embrasser tendrement le cou et d'y plonger ses dents voracement. Le fumet appétissant du sang de l'enfant le faisait frissonner de délice, le goût avait changé : il était plus subtil, plus agréable. Plus il en buvait, plus il en voulait ; moins Amélia se débattait de douleur, moins Drago se retenait.
Il en perdait limite la raison, le parfum du sang noyait ses sens… Il finit par retourner s'allonger sur l'autel, déposant comme un précieux fardeau la fillette si appétissante et déjà endormie, l'enserrant avec une forte tendresse de ses bras. Il aspirait goulûment ce liquide vital, si rouge mais au bouquet si puissant, il continuait à pomper et une douce chaleur commença à naître dans son bas ventre au fur et à mesure de la prise de sang.
Ce ne fut qu'après c'être sustenté que Drago se releva et s'aperçut que ses aïeuls avaient quitté la salle de cérémonie, sans qu'il s'en aperçoive. Seul restait son mécène, l'allure altière, le regard sombre et fier. Il ne dit pas un mot, mais il n'en avait nul besoin. Les vampires étaient rassurés quand à leur lignée le plus jeune avait su, presque sans faute, se nourrir sans faire de vagues et de façon tout à fait appropriée.
Le blond se redressa, abandonnant sans remord le cadavre de celle qui trois jours plus tôt achetait une poupée en compagnie de sa mère, et regarda son mentor.
Sourire espiègle. Menton relevé. Yeux rieurs. La phrase sortie toute seule.
- Alors dis-moi, en fin de compte, je ne m'en suis pas trop mal sorti pour toi, Séverus ?
- Pas trop mal, en effet, mon jeune apprenti (2). Ta mère a bien failli y laisser quelques plumes dans l'opération, mais ton père et moi, nous nous y attendions.
- Ma mère ? L'humaine qui se trouvait juste en face de moi lorsque je me suis réveillé était ma mère ? Ça par exemple, je ne l'avais pas reconnu. Heureusement que tu m'as empêché de lui mordre le cou, cela aurait fait mauvais effet. Les conséquences de ceci auraient été fâcheuses, je le crains.
Merci.
- Mais de rien, Drago, c'était un plaisir. Sa présence à cette cérémonie était approuvée par ton père, mais pas par nos semblables. Il fallait bien qu'elle se rende compte par elle-même, de ce que tu es devenu, et qu'elle puisse faire le deuil de son fils unique.
- C'est bien normal, Séverus, c'est bien normal. Mais pourquoi donc était-elle si près de l'autel ? J'ai bien faillé dérogé à toutes nos lois et me nourrir à la chair qui m'avait en partie conçue.
- Parce que de cette manière, ton père a pu lui demander de se retirer de nos vies. Elle est allée trop loin en voulant rester si proche de toi, juste après ton intronisation. Et c'est une connaissance qu'elle connaissait parfaitement, si tu peux me passer l'expression. Il a déjà dû la placer au temple d'Avalon (3) , sous la direction de la grande prêtresse, pour qu'elle y reste soigneusement loin des regards.
- Bien, c'est bien, cela, et maintenant, demanda Drago en s'époussetant son pantalon, pas plus affecté que cela par la disparition de sa mère, que faisons-nous ?
- Tout d'abord, tu vas me faire le plaisir de te trouver une chemise convenable à mettre, répondit Séverus en le toisant de haut en bas de son regard profond, parce que cela n'est pas convenable de se balader dans le Majestueux Manoir de ta famille à moitié à poils.
La fin de la phrase sortie dans un éclat de rire, le plus âgé étant extrêmement fier d'avoir réussi à embarrasser son élève.
- Et ensuite, demanda Drago en grognant de s'être fait avoir, tout en sortant de la salle de cérémonie.
Qu'est ce qu'il y pouvait lui, si l'intronisation prévoyait une totale confiance entre les deux concernés et demandait pour cela de se mettre partiellement à nu (c'est le mot juste, je crois ^^).
- Ensuite ?, susurra la maitre des potions, ensuite, nous allons te trouver une femme….
(1) : Pour moi, les vampires en parlant d'eux même et entres eux « vivent ». Je considère en fait qu'une mort par arrêt du cœur, du à une trop grande souffrance, due à la transformation, n'est pas une vraie mort. Un arrêt cardiaque cela arrive, même dans la vraie vie, et ce n'est pas pour autant que l'on parle de fantômes ou de vampire pour les personnes ayant subies cette épreuve. De plus, je rappelle à la base, que c'est une transformation par morsure d'une chauve souris au même titre que la transformation des loups garou par morsure de loup, et qu'on ne parle jamais de la mort de Rémus par exemple.
(2) : padawan, padawan. Pardon je n'ai pas pu résister….
(3) : J'ai cherché l'équivalent du couvent dans le monde sorcier. Et je me suis dis, qu'un temple de magie comme peut l'être Avalon, ancien et rempli de rituels abscons et ancestraux pouvait parfaitement convenir comme retraite obligée d'une femme d'un rang important. Un peu comme nos duchesses et marquises que l'on voulait mettre de côté au moyen âge.
site. Yunasdestiny ? option =com_content & task=view &id= 58& Itemid =90
Avalon est un sanctuaire, une clairière, l'île ancienne des prêtresses celtes de la Lune... La haute magie d'Avalon est un ensemble de techniques poussant les points énergétiques du corps à se joindre aux forces cérébrales, de manière à s'élever et à voir l'avenir et le passé, à atteindre de hauts niveaux de conscience permettant de quitter son corps matériel et de diriger son corps astral vers la lumière divine, vers les cieux, vers la Déesse. On y enseignait que seul les chants, la méditation, l'aromathérapie, les prières, la musique, la visualisation et les danses permettaient d'accéder à ces niveaux de conscience. Ces techniques étaient sans doute les moins risquées et les plus propices à la haute magie.
La haute magie est un état entre deux mondes, entre deux voiles magiques, séparant toutes les entrailles de l'univers. La haute magie, c'est être capable de voir les étoiles de près, de parler à la lune, de voir la Déesse étendue sur les nuages. Ces pratiques n'étaient réservées qu'aux plus expérimentées, aux plus douées et aux plus déterminées des étudiantes d'Avalon.
voili voilu ^^ en espérant que cela ne soit pas trop gniant gniant...
