Bonsoir à tous et à toutes. Je suis désolée de poster quelques jours en retard mais j'ai été coupée du monde pendant mes vacances. Pas de réseau, un calvaire.
Enfin je poste quand même avant de changer de mois. J'aimerais remercier toutes les personnes qui ont écrit une review, ça m'a fait drôlement plaisir ^_^
Comme plusieurs ont dit, il est vrai que Harry est pas mal maltraité dans le dernier chapitre, tout comme il est vrai qu'il vient de se faire de très importants alliés. Pour Dumbledore, si il sera un peu descendu dans ce chapitre-ci, il le sera encore plus dans le prochain xD
Bon, je vous laisse lire, en espérant que ça vous plaise !
Chapitre Quatre
Le coma, le combat et la connerie.
Le noir, complet, profond, presque doux et rassurant pour lui. Le silence, moelleux, rond où aucun son ne perçait, il était seul. Étrange, il lui semblait que ça faisait quelques temps que ça ne lui était pas arrivé pendant son sommeil. Et si il ne dormait pas ? Et puis d'abord qu'est-ce qu'il c'était passé avant le noir ? Ah oui, l'oncle Vernon. Il n'avait plus mal maintenant. C'était plutôt bien ici. Reposant, sans pression, en un mot pour des centaines : parfait.
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Sévérus ne sentait absolument plus son bras droit, sa joue du même côté, et son dos lui arrachait des douleurs pour le moins lancinantes. Par Salazard, mais où est ce qu'il était ? Il ouvrit doucement ses paupière et les referma douloureusement quand le soleil frappa ses yeux. Bon, il ne s'était pas endormit dans son laboratoire de potions, ça c'était sûr. Soudainement, il sentit une drôle de brûlure au niveau de son poignée gauche. Ah, le clébard devait avoir quelque chose et le sort de surveillance lui faisait savoir. Il se releva en grognant, les yeux toujours clos et s'étira. Il faillit sursauter en entendant une voix à laquelle il ne s'attendait pas.
« Bonjour Professeur, enfin réveillé ?
-Madame Pomfresh ?
-Poussez-vous que je puisse rafraîchir le jeune Potter.
-Potter ? » répéta-t-il à voix basse avant de se tourner vers le lit sur lequel il était à moitié allongé quelques secondes au par avant.
Et son regard d'obsidienne se posa sur le jeune homme auprès duquel il avait passé la nuit. Par Salazard, jura-t-il. Stupéfait d'être resté à son chevet, il se releva sèchement de la chaise sur laquelle il avait passé les dernières heures et afficha une grimace un peu dégoûtée. Pourquoi est ce qu'il était resté bon sang ? C'était Potter ! Le fils de James Potter, celui qui lui avait fait passé ses pires années de sa vie, le filleul de Sirius Black, ce sale menteur égocentrique et égoïste de clébard. Il arrivait pourtant à se demander si c'était vraiment de véritables raisons de le haïr à ce point depuis toutes ces années...
Mme Pomfresh venait de finir de passer un linge humide sur le visage de Potter qui faisait sacrément peur à voir. Même si ses blessures avaient maintenant la forme de cicatrices, il avait le teint tellement pâle, on voyait les os de sa tête ressortir et tirer sa peau, fine. Vraiment, il était encore plus maigre que lui pendant son adolescence. Il se tourna vers l'infirmière et annonça qu'il devait retourner à son manoir, histoire de voir ce que le chien avait. Il remarqua une chose qu'il n'avait pas observée avant. Même si elle semblait très inquiète quand à Potter, sa santé, et tout le bardas, quelque chose d'autre avait l'air de la préoccuper. On aurait presque dit qu'elle voulait parler d'un chose qu'elle ne parvenait pas à rien dire. Étrange.
Pas inconscient au point de laisser mourir un protégé de Dumbledore, il se dépêcha de retourner chez lui, après avoir ajouté à l'infirmière qu'il reviendrait pour lui donner des potions pour le gamin. Elle avait affiché une mine sceptique pendant ses paroles, comme si elle croyait qu'il faisait ça uniquement pour prendre des nouvelles de Potter et rester à son chevet. Il grogna en faisant le chemin vers la salle où le clébard comatait. Sa nuit avec le gosse n'était qu'un égarement et un reflet de son affection pour sa meilleure amie morte, et il ne s'inquiétait pour Potter que parce qu'il savait ce que cela faisait d'être dans son cas. C'est tout, rien d'autre.
Une fois au portes de Poudlard, il transplana sèchement au Manoir Snape. Devant lui se dessinait la grande bâtisse construite il y a des années et des années, bien avant la naissance de ses grands-parents. Le bord de mer apporte un vent agréable et un parfum d'océan qui arrive le calmer plus que tout. Il se dépêcha de rentrer chez lui. A peine il pose les pieds dans l'entrée qu'il appel une elfe de maison. La petite créature aux grands yeux apparue devant lui en un pop retentissant.
« Bonjour Monsieur, que souhaitez-vous que Istan fasse ?
-Prépare moi de quoi petit-déjeuner et apporte le tout dans la salle où Black est.
-Istan doit-elle changer les draps et laver Monsieur Black ?
-Tu le feras quand j'en aurais finis avec lui, Compris ?
-Oui Monsieur Snape !
-Bien »
Rapidement, il monte au dernier étage, ancien grenier réaménagé en deux chambres, une salle d'eau et un petit salon. Il entre dans la première pièce à gauche et est un peu assaillit par l'obscurité de la pièce. Il est rare qu'il laisse les volets ouverts ici vu que le clébard dort. Il s'approche du-dit chien. Il renifle, rien ne semble avoir changé, Black a l'air endormit. Soupirant, il se mit à lancer des sorts de prévention. Aucune maladie, infection ou problème autre détecté. Qu'est ce qui avait bien pu déclencher le sort ? Agacé de ne pas trouver, il claque sa langue contre son palais et fait le tour du lit du comateux numéro un. Il se place face à lui, les sourcils froncés et réfléchit. Prit dans ses recherches d'autre sort de détection de type médical, il ne voit pas l'étrange phénomène qui illumine sombrement l'homme allongé.
Un pop résonna ne le déstabilisa pas, il savait que c'était Istan et quand bien même quelque chose l'aurait surprit, il n'aurait pas bougé un cil. Ce n'est qu'en entendant un glapissement stupéfait qu'il relève la tête. La petite créature avait les yeux écarquillés et lui montrait du doigt l'homme dans le coma . Et quand il tourna son regard d'onyx vers Black, il resta stupéfait. De ses mains et ses pieds, d'étranges fils rouges partaient jusqu'à son buste et se réunissaient au niveau du cœur. La lumière semblait pulser et chaque retour laissaient une grimace de douleur au clébard. Plus les secondes passaient, plus il semblait souffrir et quelques minutes plus tard, il gémissait de douleur, celle-ci ayant augmenté pour se stabiliser.
Complètement dépassé, le professeur de potions se mit à lancer d'autres sorts, à lui faire ingurgité des tonnes et des tonnes de potions, sans aucunes améliorations visibles. Agacé par sa propre incapacité à trouver comment guérir le clébard, Sévérus sortit précipitamment de la pièce et rejoint au pas de course le premier étage du manoir. Il traversa quelques couloirs et se retrouva devant sa cheminée de marbre. Il balança violemment une poignée de poudre dedans et sa voix sourde appela l'infirmière de Poudlard. Celle-ci répondit en moins d'une minute.
« Professeur ? Un problème ?
-Ça pour avoir un problème, oui j'en ais un ! Grimaça-t-il, Black fait une étrange réaction et malgré les sorts et potions d'antidouleur, il souffre toujours.
-Avez-vous vraiment tout essayé ? Demanda sceptiquement Pomfresh
-Me prenez-vous pour un imbécile ? Bien évidemment que j'ai tout essayé ! Je vous rappel que je suis tout aussi qualifier que vous en médicomagie.
-Oui, bien sur, et vous auriez pu vous occuper de Monsieur Potter si vous aviez aussi une conscience professionnelle. La maladie de Monsieur Black est de toute manière inconnue, et elle se rapproche plus de la malédiction qu'autre chose … Pomfresh afficha un air songeur, Peut-être qu'il y a des indications dans les carnets que l'ordre a retrouvé chez les Lambert ?
-Comme si j'allais m'occuper de lui ! En ce qui concerne les cahiers … C'est une possibilité mais ça me demandera du temps et beaucoup de recherches, il n'y a rien que l'on puisse faire d'autre pour l'autre abrutit.
-Votre capacité à le traiter de la même manière immature pendant sa convalescence est très surprenante et mal-polie, note-t-elle tout de même
-Potter ? Grogne-t-il après avoir lancé un regard courroucé vers la femme
-Oh, vous demandez quand même des nouvelles ? Il se repose, après ce qu'il a vécu c'est bien normal d'ailleurs. Je pense qu'il devrait se réveiller d'ici deux jours. Sa magie semble avoir beaucoup augmenté, c'est très impressionnant une telle quantité de magie pour son âge …
-Rien d'étonnant, il est le survivant , fait-il ironiquement.
-Professeur j'ai des fois du mal à comprendre ce qui vous pousse à le détester. Certes il y a cette inimité entre vous et les Maraudeurs mais vous vous entendiez bien avec Lily non ?
-Cela ne vous regarde pas ! » Répliqua-t-il sèchement avant de la congédier.
Plus il y pensait, plus il avait du mal à se souvenir pourquoi il haïssait tant Harry Potter. Il ne parvenait plus à discerner quand il était devenu une sorte d'ennemi et de souffre-douleur pour lui. En fait, dès son entrée dans sa classe, il l'avait rabaissé alors qu'il n'était pas si radical et dur avec les autres classes en général, ou même avec les gryffondors. Et puis l'argument des Maraudeurs était relativement faux, ou tout du moins pour James Potter et Remus Lupin puisqu'il avait fait la paix avec le premier après leur sortie de Poudlard et qu'il n'avait jamais particulièrement eu de problèmes avec Lupin, autre que sa lycanthropie qui avait bien faillit le tuer. Black était d'un autre acabit et il était seulement le parrain inconnu de Potter Junior.
Il n'avait que de la rancune et des regrets quand au statut de Survivant de Potter. Après tout s'était en parti sa faute si il avait du survivre sans ses parents. Son cœur se serra au souvenir de sa meilleure amie morte par sa faute. Il l'avait tué, il avait tué Potter, et il avait tué des innocents. Fatigué de ses souvenirs pour le moins très joyeux, il s'assit d'un coup sur le canapé qui faisait face à la cheminée. Il croisa ses mains et appuya sa tête sur celles-ci. Il ne savait plus quoi penser. La faim se faisant sentir il appela Istan qui lui porta ce qu'elle avait préparé. Elle ne lui posa pas de questions sur le phénomène étrange d'il y a quelques minutes, comme à son habitude lorsque des événements bizarres survenaient dans le manoir.
Il mangea sans faim pour se remplir l'estomac et se releva pour aller dans son laboratoire de potions, au sous-sol. Il y réfléchissait toujours mieux et peut être réussirait-il mieux à démêler ses sentiments concernant le cas Potter. Une fois arrivé dans l'espace froid, il prépara les éléments utiles pour les potions de soins et de régénération qu'il avait à concocter pour le gamin. Tout y revenait, songea-t-il amèrement. Le gosse de Potter, orphelin, battu par sa famille. La ressemblance entre eux était surprenante et le choquait.
Qui se serait attendu à ce que celui qui a survécu, le héro du monde sorcier soit battu, et presque tué par ses moldus ? Personne, bien évidemment. En plus le gosse n'avait rien dit , n'est ce pas ? Évidemment. Il était bien trop dur d'en parler et il le savait parfaitement. Lui ne l'avait jamais fait et personne ne l'avait jamais su. Il arrivait à s'imaginer en partie le calvaire. Pire que lui qui avait quand même eu sa mère pour l'aimer. Il se rappel encore de l'état dans lequel il avait vu Potter le jour de la répartition, petit, maigre, mal habillé.
Plus il y repensait, plus la colère l'envahissait. Ce monstre qu'il avait rencontré … et la sœur de Lily qui n'avait rien fait alors que Lily dans la même situation aurait élevé son neveu comme son propre fils ! Il pensait que sa sœur se serait assagie face à la magie présente dans sa famille mais non. Comment le directeur n'avait pas pu voir ce qu'il se passait?Il avait pourtant du poser des barrières et des sorts de protections non ? Il avait placé une espionne en plus, pourquoi n'avait-elle rien remarqué ? Et eux, le corps enseignant, ils n'avaient rien fait alors qu'ils voyaient de loin le jeune homme maigre et sous-alimenté. En fait, tous pensaient que Potter était maigre par nature, pourtant aucun de ses parents ne l'étaient particulièrement.
En le prenant pour un sur-homme tous l'avaient dénigré en quelque sorte. Ce gamin avait du avoir beaucoup de mal en première année. C'est même étonnant qu'il ait accepté la présence de ses amis. Beaucoup de ses Serpentards battus ne parvenait pas à en faire autant … C'est qu'il se prendrait à être moins sec avec Potter en ce moment. Il parvenait à avoir des sentiments. Oui, il était clairement en train de dérailler. Et puis le problème avec Dumbledore l'embêtait vraiment. Il n'y avait aucune chance qu'il ne s'en soit pas rendu compte. Alors pourquoi n'a-t-il rien fait ?
Machinalement, il baissa le feu de sa potion de sommeil et finit d'étiqueter les autres qu'il venait de finir. Après quelques instants, il s'occupa de nettoyer tout ses récipients d'un coup de baguette et vida le chaudron de liquide dans des flacons. Une fois cela fait, il rangea le tout dans une boite à potions qui rapetissait les flacons lorsqu'ils entraient dedans. Il remonta au dernier étage et entra sans tarder dans la chambre de son malade. Il semblait toujours souffrir et était en sueur. Black était encore plus maigre qu'un clou remarqua-t-il en l'observant. Il lui faudrait commencer les recherches rapidement mais ça lui prendrait vraiment beaucoup de temps. Après un soupir las, il tourna des talons, ouvrit au passage les rideaux de la fenêtre pour laisser passer un peu de lumière, sortit de la pièce, et partit pour Poudlard en transplanant.
Une fois arrivé, il alla à l'infirmerie et interpella l'infirmière. Il n'était pas proche d'elle, comme avec tout le personnel de Poudlard en fait. Sauf Dumbledore. Mais il avait la sale impression que ce qui clochait dans l'affaire Potter venait du directeur. Et Merlin sait que son instinct le trompait peu. La petite dame arriva rapidement pour lui ouvrir la porte de l'infirmerie bizarrement fermée à double tours.
« Par Salazard pourquoi avez-vous cloîtré cette infirmerie ?!
-Cela me regarde professeur. Vous avez les potions ? Ah, merci.
-Comment va le gamin ?
-Son état n'a pas changé en quelques heures. Il semble tourmenté et souffrir cependant.
-Tant que ça ?
-Oui, ne minimisez pas ce qui lui est arrivé ! Ce que j'aurais déjà du rapporter à l'administration, grommela Pomfresh.
-Comment ça ?! Vous saviez ? Questionna sèchement Snape.
-Je m'en doutait, tout ce qui fait un enfant battu semblait être réunit chez Monsieur Potter.
-Et vous n'avez rien dit, fit-il avec colère, Le gamin ne serait pas dans cet état-là si il avait été dans une autre famille ! Bon sang savez-vous seulement ce que cela fait d'être frappé par un membre de sa famille?
-Sévérus, je …
-Et il ne semblait pas aimé, ah ça non. Son oncle, ce salaud, le haïssait et ça ce voyait comme la licorne au milieu des chevaux !
-Sévérus enfin laissez-moi parler ! C'est plus compliqué, et c'est la raison pour laquelle j'ai fermé l'infirmerie, fermée à quiconque, même à Albus, ajouta-t-elle.
-Alors expliquez-vous ! »
Pomfresh soupira et se dirigea vers le lit de Potter avant de rapprocher une deuxième chaise auprès de celle qu'il avait occupé. Il s'assit sur celle-ci et elle prit l'autre. Elle se tordait les mains et posa rapidement des sorts de silence plus surs les uns que les autres. Cela ressemblait vraiment à la confession d'un secret incroyablement important. Une plainte fit se retourner le professeur de potions vers le malade. Un véritable masque de souffrance était plaqué à ses traits abîmés par Dursley. Réprimant un accès de colère qui l'avait quittée pendant sa présence chez lui dans son manoir, il prit la main du jeune homme tout en essayant d'arrêter de se demander pourquoi il faisait ça. Pomfresh le regardait intensément. Elle inspira une bonne fois pour toutes et prit la parole.
« Je regrette de ne rien avoir dit mais je pensais réellement que c'était la bonne chose à faire. C'est le professeur Dumbledore qui m'a dit que c'était exagéré. Il est le plus grand sorcier de ce siècle alors je l'ai cru. Mais maintenant que je vois ce que ça a donné, j m'en veut tellement !
-C'est Dumbledore qui a demandé à ce que vous ne fassiez rien ...
-Oui. Et en plus de cela, j'ai entendu une conversation entre le directeur et Monsieur Potter.
-Ah oui ?
-Potter disait au directeur que son oncle était dangereux pour lui et qu'il ne devait pas y retourner. Le professeur lui a dit qu'il exagérait et a ignoré ses paroles.
-Donc il savait vraiment que Potter était violenté chez lui, souffla-t-il.
-Et il n'a rien fait. C'est comme si il cherchait à ce que ce soit ce qui lui arrive, répondit-elle en regardant le jeune homme.
-Il contrôle sa vie constamment, grogna le professeur Snape, Au point de l'affaiblir pour mieux s'en servir.
-C'est pour cela que j'ai installé des protections autour de l'infirmerie. Tant que le directeur ne sera pas dans le château, il ne saura pas que Monsieur Potter est ici.
-Il ne faut absolument pas qu'il apprenne que Potter n'est plus chez lui, ce serait trop dangereux pour lui.
-Que proposez-vous ? Il lui faut un endroit pour vivre et se remettre de ses blessures. Un endroit où il pourrait être aimé.
-Il faut contacter Lupin.
-Il est en mission pour l'ordre en Russie, il ne peut pas être contacté, j'ai déjà essayé.
-Chez vous ?
-Chez moi ? Je suis à partir de la semaine prochaine à l'hôpital pour enfant de Prague pour faire des recherches. Et pourquoi pas chez vous ? Il y a son parrain. Même si il est dans le coma ça lui ferait sûrement du bien de le voir.
-Chez moi ? Et vous croyez que je peux … l'aimer comme un membre de ma famille.
-Vous n'êtes pas crédible professeur. N'avez-vous pas déjà commencé à le protéger ?
-Je ne vais quand même pas l'accueillir !
-Vous voulez le laisser avec le directeur ?
-Non, même Potter ne le mérite pas.
-Alors laissez-le rester avec vous, au moins pour les vacances. »
Est-ce que c'était vraiment une bonne idée ? Il n'en savait résolument rien. Définitivement, il ne pouvait pas nier que la situation du gamin lui rappelait sa jeunesse. Il avait aussi de la compassion pour lui et le besoin tellement inhabituel de le protéger. Il ne l'avait pas ressentit depuis l'époque où il s'entendait toujours avec Lily. Il allait devoir mettre cela au clair.
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Il respirait doucement. Il était entre deux eaux. Vraiment étrange de respirer dans l'eau quoique plutôt agréable. C'était tellement calme. Ses cheveux le chatouillaient avec délicatesse . Il ouvrit les yeux sans précipitation. Le soleil laissait des traînées de lumière scintiller dans l'étendue bleue. C'était beau. Il n'avait jamais rien vu d'aussi beau. Il se sentait bien. Il bougea légèrement et se redressa. Il pouvait sentir le liquide opposer de la résistance contre ses membres nus. Il releva une nouvelle fois la tête vers les rayons de soleil. Il nagea vers le plus proche et laissa la chaleur caresser son front têtu, ses sourcils bien dessinés, ses paupières closes, son nez légèrement retroussé, ses joues veloutées qui ont gardé un peu de rondeur de l'enfance, ses lèvres ourlées, son menton volontaire.
Il ouvrit les yeux, laissant celles-ci dévoiler ses yeux grands et arrondis, vert entre émeraude et véronèse. Il sentit une drôle de vibration sur sa peau, à sa droite. Sans s'inquiéter il se tourna. Une silhouette se déplaçait,solide et élégante même dans l'eau. Le soleil l'éclaira alors qu'elle avançait vers lui. C'était un homme, jeune, tout aussi dévêtu que lui. Des cheveux châtains aux accents cuivrés dévoilés par la lumière de l'astre. Un visage étroit et mince au front haut, au menton angulaire, au nez droit. Il avait des sourcils arqués, au dessus de jolis yeux noisettes en amande et une bouche fine et pincée. Malgré ses angles et son étroitesse, son visage était harmonieux et agréable. Il semblait hautain et décidé. Décidé ? Pourquoi se dirigeait-il vers lui avec un air décidé ?
Il était devant lui, à quelques centimètres. Délicatement,il attrapa son poignée et commença à nager vers le haut, l'attirant derrière lui. Ils avancèrent rapidement vers l'extérieur et après une demi-heure de nage, atteignirent la surface Il faisait chaud et on pouvait voir le ciel à l'infini. Le vent passait sur son visage et il sentait le jeune homme à ses côtés respirer à grandes goulées d'air. Leurs yeux se rencontrèrent.
« Qui est-tu ? Demanda-t-il.
-Tu ne te souviens pas ?
-Je ne veux plus me souvenir, je ne veux pas essayer d'y repenser. Tout me semble sombre et compliqué, souffla-t-il à mi-voix.
-De ce que tu m'en as dit, c'est compréhensible, accorda le cuivré.
-On se connaissait bien ?
-Si on veut. Je suis Tom Riddle.
-Harry.
-Tu sais où on est ?
-Aucune idée. Mais c'est beau et agréable ici.
-Hum, ce serait bien quand même si on pouvait se poser quelque part.
-C'est vrai. » acheva-t-il dans un soupir.
Il se détacha de Tom et se mit sur le dos regardant le ciel et les nuages qui défilaient.
Une étrange pression envahit l'air, et des vibrations attirèrent l'attention des deux jeunes hommes. En un clin d'œil une étendue de sable était apparue devant eux. Ils échangèrent un regard surpris et nagèrent vers la minuscule île. Une fois les pied posés dessus Harry s'étira à la manière d'un chat et avança vers la petite partie d'arbres de l'île. Il s'assit sur le sol, suivit de Tom. Le paysage était magnifique. Un sourire doux s'accrocha à sa bouche. En tournant la tête vers son compagnon de voyage, il fut étonné de l'air sérieux de celui-ci.
« Tu comptes rester ici ?
-Pourquoi est-ce que je devrais repartir ?
-Pour vivre.
-N'est ce pas ce que je fais ?
-Si c'est ce que tu crois ... »
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Midi sonnait et Sévérus, accompagné de Madame Pomfresh, déjeunait dans le bureau de cette dernière en réfléchissant chacun de leur côté de la situation actuelle et du cas du professeur Dumbledore. Seul les bruits des couverts filtraient dans le silence.
« Professeur, qu'allez-vous faire pour Sirius Black ?
-Je n'ai qu'un chose à faire, rechercher des informations puisque le mangemort qui lui a lancé ce sort, ou cette malédiction faisait sûrement des recherches à partir des carnets des Lambert.
-C'est vrai qu'il n'y a rien d'autre à faire.
-C'est bien ce que je disais.
-Quelle humeur ... »
Quelle femme idiote ! Ils en avaient déjà parlés, quelle mémoire également ! On se demande où elle a eu son diplôme, dans une pochette surprise peut être ? Très probablement en fait. Il replongea dans son assiette et coupa sèchement sa viande. Une fois encore, il réfléchissait sur le problème nommé Dumbledore. Il n'y avait pas grand chose d'autre à faire pour l'instant à part les décisions prises avec Poppy. Oui, elle lui avait demandé de l'appeler par son prénom puisqu'elle voulait continuer de suivre Potter en tant que médicomage attitrée. Il avait arrêté de l'écouter quand elle avait commencé à parler de tous les problèmes du garçon. De son point de vue le plus simple était probablement qu'il soit suivit par la femme pour qu'il reprenne du poids et qu'il soit bien entouré.
Ils avaient aussi décidé que Potter serait transféré à son manoir en fin d'après-midi, le temps qu'il prévienne Istan pour que tout soit prêt pour son arrivée et que Poppy lui fasse passer le reste de la batterie de tests qu'elle voulait encore effectuer. Il lui restait donc toute l'après-midi de libre. Cela tombait bien, il allait pouvoir commencer ses recherches. Une fois le repas finit, il emprunta la cheminée de Poppy qui lui en accordait l'utilisation et apparu au premier étage de son manoir.
Il sortit de la cheminée de marbre et épousseta ses vêtements de quelques cendres. Il appela Istan, lui ordonna de préparer une chambre au deuxième étage pour Potter et de vérifier si Black pulsait toujours de cette étrange lumière rouge. Une fois cela accomplit il se rendit dans son bureau au premier étage. La lumière grise de cette journée pluvieuse l'accueilli, tout comme les murs blancs et pêches de la pièce. Il alla directement chercher le premier carnet des Lambert dans sa bibliothèque. Enfin carnet, plutôt grimoire magique grimaça-t-il en se rappelant que les carnets étaient enchantés pour contenir plus de 1000 pages … Il s'affala sur le fauteuil de velours beige et commença sa lecture.
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Il se sentait extrêmement bien ici. Tellement bien. Chaque pas, qu'il soit fait dans la petite forêt, qu'il soit sur le sable, ou qu'il soit dans l'eau était incroyablement agréable. Il pouvait observer autant qu'il le souhaitait les reflets du soleil sur l'eau, les ondulations de la mer, le vent faisant frémir les feuilles des arbres, et hélas, il pouvait observer à foison Tom Riddle se plaindre qu'il ne lui parlait, que le paysage n'avait rien de si intéressant …
Dans un essai de le faire taire, il lui avait lancé un regard froid et peu amène. La seule réponse du jeune homme fut de lui demander si il en avait enfin marre de ce paysage solitaire et s'il voulait rentrer. A ce moment précis, le brun se demanda si il devait se frapper la tête contre un rocher ou frapper sa tête à lui. Une grande question. Il finit par abandonner sa quête de réponse pour observer le début de coucher de soleil. On dirait que la mer prend feu songea-t-il avec fascination. Mais une fois de plus, il fut tiré de ses réflexions par Tom.
« Alors Harry, n'est ce pas merveilleux ce coucher de soleil ?
-Magnifique, répondit-il,relativement sceptique.
-Et bien ce n'est qu'un produit de ton imagination.
-Mais bien sur, et toi aussi tu vas me dire ?
-Non, moi j'ai été accroché à ton esprit par un Avada Kedavra de Voldemort, qui selon tout le monde est moi, alors qu'en fait c'est un esprit vengeur qui m'a volé mon corps et enfermé dans un coin de son esprit quand j'avais 15 ans.
-Tu dis vraiment n'importe quoi, répondit le brun en riant.
-Mais je ne plaisante pas. Ici, on est dans un endroit que tu as imaginé parce que tu fuis.
-Je ne suis pas un lâche !
-Dans ce cas-là, pourquoi ne veux-tu pas essayer de te souvenir ce qu'il se passait avant de venir ici.
-Je … J'ai l'impression qu'il n'y a que de mauvaises expériences.
-Exactement ce que je disais. Tu n'as aucun courage et tu es lâche.
-C'est faux ! , s'écria-t-il.
-Alors souviens-toi !
-Je ne le veux pas.
-Lâche » murmura Tom.
Il ne fallu pas plus d'une seconde pour le jeune homme avant de plaquer au sol le châtain et de le frapper avec rage et entêtement. Il ne cessait de répéter qu'il ne voulait rien affronter de plus que le seul souvenir d'avoir été blessé à mort, qu'il ne voulait pas souffrir et juste vivre. Il criait, pleurait, et s'accrochait à Tom comme si sa vie en dépendait.
« Mais Petit, de ce que tu m'as dit, ta vie n'est pas remplie que de douleurs. Il y en a eu beaucoup dans ta vie, certes, mais tu as connu des choses merveilleuses, souffla-t-il.
-Qu'ais-je connus de si bien, répondit le brun d'un voix éraillé par ses pleurs.
-Tu as connu la magie, l'école de Poudlard, ton parrain, le loup-garou ami de tes parents, la conscience d'exister par la présence constante à tes cotés de plusieurs personnes, qu'elles soient tes amis ou tes ennemis ... »
Ses sanglots le secouaient comme jamais et Tom le berçait comme il le pouvait. Il devait tenter de se souvenir, et partir de cet endroit paradisiaque. Tom lui chuchota une fois de plus que des gens devaient l'attendre autre part, à coup sur. Et il ne pouvait que le croire, lui, cet personne qui l'agaçait mais qu'il appréciait en même temps. Alors il lui fit confiance, il se fit confiance, prit son courage, ferma les yeux, se cramponna un peu plus à Tom, et se concentra sur ce qui avait bien pu lui arriver avant.
La beauté du lieu, l'eau, Tom, lui, le noir, les coups, son oncle, la faim, son cousin, les coups, la douleur, la sensation de ne pas être aimé, la gare, l'au revoir peu amicale avec Ron et Hermione, sa fin de cinquième année, le coma de son parrain apprit par la lettre de Bill Weasley, sa cinquième année, ses années à Poudlard, la découverte du monde magique, la faim, la sensation d'être un anormal, de ne pas être aimé, les coups, la peur, l'impression que son esprit était prit d'assaut par quelque chose, l'amour, la joie, le bonheur, son père, sa mère.
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Cela devait bien faire trois heures que Sévérus lisait le carnet de recherche des Lambert. Il ne parvenait pas à tout comprendre et devait s'aider d'un manuel sur le fonctionnement des malédictions, pentagrammes, formules de malédiction et ci. Bref, c'était enrichissant mais compliqué. Alors quand il entendit sa cheminée hurler de la voix de Poppy, alors que lui était dans son bureau et la cheminée dans le salon, il fut en même temps un peu soulagé et très traversa en quelques secondes son premier étage et atteint la cheminée de marbre.
« Sévérus nous avons un énorme problème.
-Mais encore ?
-Albus est revenu plus tôt que prévu. Il est château.
-Quoi ?! Mais Potter, il sait qu'il est là ?
-Non, je l'ai croisé alors qu'il arrivait, aux portes de Poudlard. Cependant, ce n'est qu'une question de temps.
-Mais qu'est ce qu'on va faire ? Il va forcément le renvoyer chez les Dursley en parlant de la protection du sang.
-Parlons peu mais bien. Cette magie n'est pas applicable pour Lily Potter et Pétunia Dursley, elles n'ont aucun lien de parenté !
-Que … Nous en parlerons plus tard. Il faut trouver une solution.
-Le problème est que le tutorat de l'enfant revient entièrement, que ce soit dans le monde sorcier ou moldu à sa tante.
-Par Salazard mais qu'allons-nous faire ?
-Eh bien, j'ai peut être une idée, mais elle ne va pas vous plaire ... »
Malgré le fait que la solution ne plaise pas, ou du moins choque le professeur de potion et le fasse hésiter en se demandant si c'était une bonne solution, si il en était capable, etc, il l'accepta. Pendant que Poppy transférait Potter dans son manoir, il devait aller récupérer les affaires de celui-ci chez sa tante après avoir récupéré les papiers adéquats. Ensuite, il devrait passer en phase d'action. Ils avaient de la chance que Poppy connaisse quelqu'un qui fasse avancer les choses rapidement. Assez rapidement pour que le changement soit effectif dès le lendemain.
Il fit tout ce qu'il avait à faire, ne piqua pas de colère qui lui aurait prise trop de temps quand il se rendit chez les Dursley, il ne s'attarda pas chez lui pour déposer les affaires du gamin alors que Poppy arrivait avec celui-ci, il ne traîna pas dans son bureau pour attraper les papiers restants, il fit au plus vite au ministère. Et il eut le papier attestant de la validité de la procédure. Ça y était . Et franchement, il se demandait maintenant, assis sur une chaise à coté du lit du comateux numéro deux, si il venait de faire la meilleure action possible et venait de les sauver tous deux de la solitude, ou si il venait de faire la plus grosse connerie de toute son existence ...
.o0O0o.
Voilà!
N'oubliez pas que ça fait plaisir d'avoir un avis, qu'il soit positif ou négatif, donc Review please ~
Le prochain chapitre dans un mois : " Chocolat chaud, thé, ou café ? "
