La date : 08.12.13

Notes de l'auteur :

Abraxas Malfoy, grand-père de Draco. Il est mort de la Dragoncelle et a connu Slughorn. Cet OS montre un lointain souvenir d'Abraxas, alors qu'il était tout jeune. Non, pas tous les one-shots seront baignés dans l'enfance, c'est exceptionnel ^^'

RaR :

Julie : Je suis gourde ._. Je n'avais pas vu que tu m'avais laissé une review ! En tout cas merci beaucoup d'avoir pris le temps d'en laisser une, et je suis heureuse que l'idée te plaise ! Oui, moi aussi je ne connaissais pas Andrew xD Merci :D

Oh, et bonne lecture… *souris*


-IV-

A comme Andrew et Avery

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« Il ne suffit pas de voir pour croire, il faut croire pour voir. »
L'orphelinat

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— Abraxas ! interpela Dévas d'une voix autoritaire. Viens dire au revoir à ton grand-père, il ne va pas tarder à partir.
— Oui, mère.

Abraxas s'élança d'un pas assuré vers Tiberius qui tenait un gros grimoire entre ses mains. Tiberius eut un léger sourire en voyant son petit-fils arrivé, ses cheveux blonds dorés se décoiffant à mesure qu'il marchait. Le doux zéphyr caressait délicatement leur visage tandis que Mrs Malfoy regardait Abraxas d'un air vivace.

— Je souhaiterais entretenir une petite conversation avec Axa, si je le puis, avoua gentiment Tiberius.
— Abraxas, corrigea sèchement Mrs Malfoy. Tiberius leva son regard, un sourcil arqué. Il s'appelle Abraxas, Tiberius, tu devrais t'en souvenir, lança-t-elle froidement.

Tiberius offrit un sourire d'excuse envers Abraxas qui le regardait poliment, ne comprenant pas pourquoi il y avait tant de tension tout d'un coup.

— Bien, soyez rapides, je n'ai pas tout mon temps.

L'ordre claqua durement dans l'air. Tiberius tendit une main qu'Abraxas se hâta de prendre.

— Viens, éloignons-nous un peu…
— Dis-le que tu ne veux pas que je sois là, je partirais, répliqua Mrs Malfoy.

Elle pivota sur ses talons puis franchit le portail en fer forgé avant de se mener jusqu'au manoir, longeant silencieusement la grande allée. Tiberius incita son petit-fils de le suivre, l'entrainant avec lui quelques mètres plus loin. Une sérénité sans égale les escortait et Tiberius en fut très satisfait. Ils allaient pouvoir parler comme des grands, en tête à tête. De plus, ce allait sûrement être la dernière fois, malheureusement.

Tiberius s'était fait mordre par une plante empoisonnée, il y a quelques jours depuis. Le venin naviguait doucement mais sûrement dans ses veines, lui prodiguant une fatigue sans nom. Si bien qu'un matin, il ne se réveillera plus. Un guérisseur lui avait affirmé seulement hier, que tout allait bientôt rentrer dans l'ordre. Et puisque il n'existait aucun antidote contre ce poison… une seule voie s'ouvrait à Tiberius. Mais avant de partir, il devait à tout prix dire certaines choses à Abraxas. Tant qu'il en était encore temps. Tiberius s'assit avec un peu de difficulté sur le sol.

— Assieds-toi aussi, dit-il en tapotant l'herbe à sa gauche.

Abraxas jonglait entre son grand-père et la place qu'il proposait. Il fixa intensément Tiberius avant de chuchoter :

— Mère m'interdit de m'assoir par terre.

Tiberius sourit puis jeta un regard en direction du manoir suivit précipitamment d'Abraxas. Mrs Malfoy était absente.

— Ce que ta mère ignore ne te causera aucun mal, assura Tiberius avec un doux sourire.

Un éclat désireux illumina les yeux bleus cendrés d'Abraxas. Grand-père avait parfaitement raison… Il s'assit avec hâte aux côtés de son grand-père puis attendit.

— Regarde, souffla Tiberius en pointant une jolie fleur plantée à proximité.

Dessus se trouvait une jolie libellule d'une couleur corail. Elle était magnifique. Ses ailes cristallines vibraient sous la légèreté du vent. Tiberius plaça le lourd grimoire dans les mains d'Abraxas.

— Tiens, c'est pour toi, dit-il en souriant.
— Pourquoi mère te parle aussi mal ? Pourtant tu es son papa, elle te doit le respect ! certifia Abraxas d'une petite voix en acceptant le présent de son papy.

Ce dernier soupira discrètement avant de bien vouloir répondre :

— Il y a plusieurs sujets sur lesquels nous ne sommes pas en accord, Abraxas.
— Axa, tu peux m'appeler Axa. Lesquels, grand-père ?

Tiberius embrassa les cheveux blonds de son petit-fils. Il était temps d'aborder le sujet fragile. Autrement, il serait trop tard et personne d'autre ne le fera. Il fallait que ce soit lui qui prenne le relais.

— Tu sais, j'imagine, qu'il y a les sorciers, ainsi que les Moldus, n'est-ce pas Axa ? interrogea sérieusement Tiberius.

Oh oui, Abraxas le savait pertinemment. Les traits de son visage se serrèrent à l'entente des Moldus, d'ailleurs. Mrs Malfoy lui avait – trop – souvent répété qu'ils n'étaient pas les mêmes. Que le sang qui baignait les veines des Moldus reflétait de la saleté à l'état pure. Qu'un sorcier pur, comme lui, ne devait en aucun cas aimer une Moldue. Avec le temps, Abraxas avait appris à faire la différence et était du même avis que ses parents. Il ne comprenait pas pourquoi les Sang-de-Bourbe existaient, comme nommait son père. C'était infect. Tiberius se retint de justesse pour ne pas faire une grimace devant le dégoût de son si jeune petit-fils. Déjà à ce pauvre âge, ses parents lui avaient inculqué que les Moldus étaient des bons à rien. Mais, était-ce trop tard ? Il osait espérer que non.

— Eh bien tout ce qu'on t'a dit est faux, Axa. Le sang qui coule dans les veines moldues n'est pas ignoble.

Abraxas se raidit à l'entente d'une telle phrase.

— Papy… j-je dois aller, bégaya-t-il en se levant.
— Non, reste ! Reste, je veux juste qu'on parle. Ensemble. Toi et moi. Tu veux que je te montre un truc ? Regarde, regarde, assieds-toi.

Abraxas s'assit à contre cœur, les jambes étendues, puis patienta. Il vit son grand-père fouiller dans une des poches de sa robe sorcière et en extirper une photo. Néanmoins, il ne montra pas le contenu, le cachant avec une de ses mains ridées.

— D'abord parlons et je te montre ce que c'est, déclara Tiberius et Abraxas hocha la tête, se mordant gentiment la lèvre inférieure. Je présume que tu te poses des questions quant au sens de ma phrase. Il faut me croire. Dévas, ta maman, t'a sûrement appris les différences entre eux et nous. Je n'ai pas raison ?

Quelques secondes passèrent avant qu'Abraxas n'acquiesce.

— Et je pense qu'elle a raison, papy… dit-il avec une touche d'hésitation.

Et ce fut cette touche d'hésitation qui changea tout. Un espoir libre qui sut raviver la flamme à l'intérieur du cœur de Tiberius.

— Tu penses ? récapitula-t-il avec bienveillance. Pourtant les Moldus nous ressemblent énormément. Non ?
— Non, contredit pour finir Abraxas. Non, répéta-t-il.
— Je crois que oui, au contraire, Axa. Ils sont humains, comme nous. Ils ont un cœur, comme toi. Puis une tête, comme moi, sourit-il.
— Euh ! Moi aussi j'ai une tête, papy !
— Ah bon ? questionna Tiberius. Où ça ?

Il tâtonna l'air puis ses doigts rencontrèrent la petite tête d'Abraxas.

— Je ne vois pas…
— Mais si, tu l'as touche même ! pouffa Abraxas en riant dans ses mains, le grimoire sur ses genoux.
— Oh ! Tu as raison ! Ah bah alors les Moldus ont aussi une tête, comme toi, rectifia intelligemment Tiberius en caressant la joue de son petit-fils.

Le sourire d'Abraxas fana légèrement. Tiberius baissa son regard et la photo entra dans son champ de vision. Elle montrait quatre corps.

— Regarde, murmura-t-il.

Abraxas observa l'image. Il vit deux hommes parés exactement pareils, avec pour tenue un unique short de bain. L'un avait les cheveux bruns tandis que l'autre abordait la couleur charnel du soleil, un peu comme lui, dirait sa tante Crabbe. Les deux autres corps étaient en réalité des squelettes. Il n'y avait que les os et c'était la première fois qu'Abraxas voyait le schéma d'un corps.

— Si les différences sont si évidentes, montre-moi le quel est le sorcier et le quel est le Moldu, Abraxas, demanda Tiberius d'une voix calme et posée.

Abraxas étudia la photo du regard, ouvrant déjà la bouche. Car c'était une évidence, les sorciers se différenciaient nettement bien des Moldus, mère lui avait maintes fois répété ! Toutefois, à mesure que les secondes passaient, les sourcils dorés du petit se rapprochait, pour le plus grand bonheur de Tiberius. Abraxas resta longtemps muet, ne trouvant aucune réponse à la question.

— Tu vois, il n'y a p…
— Si, mais c'est dans le sang ! fit rappeler Abraxas.

Il se pencha un peu plus sur le cliché puis pointa subitement son index sur l'image.

— Il y a pas de sang, là, c'est normal que tu remarques pas…

La libellule émit une sorte de gazouillement, comme pour montrer son désaccord.

— Axa… murmura Tiberius. Sois sincère… il n'y a aucune différence entre eux et nous. Tu n'es pas d'accord ?

Abraxas garda le silence, méditant aux paroles de son grand-père. Il avait toujours porté une immense affection envers son papy et avait toujours eu foi en lui. Aujourd'hui, alors qu'il lui disait cela… il ne savait plus quoi penser. Pourquoi est-ce que son grand-père préféré lui mentirait ? C'était absurde, il ne ferait pas une chose pareille ! Seulement, si ses parents disaient le contraire… C'était plus convenable de les croire eux.

Avant cette photo, ça lui était si évident ! Non, il avait raison, c'était dans le sang. La nuance était dans le sang, et le sang ne se voyait pas à l'œil nu. Abraxas ne savait plus quoi penser… Il voulait tellement faire plaisir à son papy ! Tiberius se laissa faire au moment où Abraxas s'empara de la photo, souhaitant la détailler avec plus d'attention. Peut-être que le sorcier était le blond ? Les Malfoy appartenaient à une famille pure qui remontait à très, très loin et ils étaient tous blonds ! Puis, on ne pouvait pas se tromper en désignant un sorcier.

— C'est lui, papy, élut Abraxas en pointant l'homme blond.
— Tu as peut-être raison, mais si ce n'était pas le cas ? Essayerais-tu de me croire sur parole ?
— …Oui, promit-il après un certain temps.
— Ce que ta mère ignore ne te causera aucun mal, répéta Tiberius avec un sourire malicieux. Tu n'as pas besoin de lui dire ce que tu penses, et si elle te pose des questions, réponds ce qu'elle souhaite entendre.

Abraxas fit valser son regard sur la libellule. Un dégradé navel se coloriait sur son corps allongé. L'inférieur prenait la couleur du saumon, pour virer sur une touche abricot avant de filer sur une douce teinte carotte, puis de passer sur un orange vif pour terminer dans un éclat corail.

— Elle est toute jeune, la libellule, informa gentiment Tiberius.
— Elle vient de naître ?
— Non, mais disons qu'il lui reste du temps à vivre…
— Alors il ne faut pas la tuer ! décida Abraxas, confiant.

Abraxas se fondit dans les yeux de son grand-père puis médita sur pourquoi ils étaient là. Il avait toujours le cliché dans ses petites mains ainsi que le grimoire sur ses genoux. Il avait hâte de rentrer au manoir, pour lire les lignes qu'incluaient les pages. Tout ce que Tiberius lisait était intéressant. Abraxas posa ses yeux sur le titre : « Ce que le monde sorcier ignore du monde moldu ! »

— Toi seul est capable de lire les vrais mots du grimoire.

Abraxas hocha la tête ne se posant pas la question du pourquoi. Une autre lui taraudait déjà l'esprit.

— Papy, est-ce que ça te ferait plaisir si pour finir je pense comme toi ?
— Oui, Axa, mais c'est toi qui décides, personne d'autre. Si tu as envie de croire que les sorciers sont plus… humains que les Moldus, alors soit, tu fais ce que tu veux.
— Bah… pourquoi seront-ils moins humains que nous ?
— C'est ce que je me demande, justement…
— J-je… Papy, j'aimerais te dire un secret. J'ai toujours pensé que ce que mère et père me disaient était… un peu tiré par les cheveux. Mais j'avais peur d'être le seul à penser ainsi. Si de se dire que les Moldus ne sont pas réellement différents n'est pas… une abomination, alors je veux penser comme toi. Je peux ?

Des talons claquant contre le sol retentirent derrière eux. Un éclat fit briller les yeux givrés de Tiberius, et si ce n'était pas dans les habitudes d'un Malfoy, Abraxas aurait presque pu voir une larme déferler la joue ridée de son grand-père. Tiberius embrassa rapidement le front de son petit-fils.

— Bien sûr que tu peux, Abraxas, il se tut une fraction de seconde, puis poursuivit : je t'aime, très fort, Axa. Prends soin de toi.

Tiberius se leva, caressant sûrement pour la dernière fois les cheveux de son petit-fils. Mrs Malfoy arriva en trombe, des aiguilles acérées implantées dans ses prunelles obscures. Abraxas resta assis par terre, malgré le regard sévère de sa mère. Aujourd'hui, pour rien au monde il sera triste ou fâché. Son grand-père lui avait permis une chose très importante sur l'ordre des choses. Jamais il n'oubliera. Un pop ! sonore retentit, annonçant le départ de papy. Abraxas leva les yeux vers sa mère, qui, exceptionnellement, s'accroupissait à sa hauteur. Elle agrippa les poignets de son fils, un air strict plaqué sur le visage.

— Que t'a-t-il dit, grand-père ? Hein ? Que t'a-t-il dit ? débita-t-elle brusquement en secouant les mains d'Abraxas.

Ce dernier, devant cette paire d'yeux si intense, ne put qu'avouer.

— Que les Moldus ne sont pas si différents que nous…

Le cœur d'Abraxas battait la chamade. Une panique acharnée bataillait ses veines. Mrs Malfoy fit une légère grimace, agacée, puis assura que ce n'était pas vrai.

— Grand-père perd la tête, il ne sait plus ce qu'il dit.

Abraxas fronça les sourcils.

— Moi, je le crois. C'est vrai, non ? Les Moldus sont comme nous, seulement, nous on sait faire de la magie, fit-il remarquer. Regarde, ce sont des humains, non ? continua Abraxas en montrant la photo. Nous aussi, je ne vois pas de grande différence !

Mrs Malfoy pinça les lèvres, réprobatrice, puis prit l'image des mains de son fils. Abraxas voulut bien protester, seulement il en n'avait pas le droit. Elle leva sa baguette, regardant les deux perles bleues d'Abraxas.

— Mère, que fais-tu ?
Oubliettes.

Dorénavant, les yeux d'Abraxas se faisaient vagues, et une expression d'oubli balaya les traits de son visage de marbre.

Incendio, murmura-t-elle en pointant la photo du bout de sa baguette.
— Où est grand-père ?

Mrs Malfoy eut un immense sourire.

— Il vient de transplaner. Regarde cette libellule, elle a du sang moldu, cracha-t-elle élégamment.

Un son réjoui s'échappa des lèvres d'Abraxas.

— Ah oui ? Oh ! Pétrifie-la, pétrifie-la ! supplia-t-il, tout excité.
Petrificus Totalus, énonça Mrs Malfoy avec délice.

Abraxas prit avec un peu de difficulté le lourd grimoire que lui avait offert papy puis le relâcha sur la libellule moldue. Le gazouillement cessa instantanément.

— Tiens, saleté.
— C'est très bien, Axa, continue ainsi et maman sera fière de toi.

Mrs Malfoy aida son fils à se relever et ils partirent joyeusement, laissant derrière eux un lointain souvenir, ainsi qu'un grimoire souillé.

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À bientôt…

« Un homme n'est jamais aussi grand que lorsqu'il se penche pour aider un enfant. »


Merci d'avoir lu ~

Alastor Gumboil
Employé du Département de la justice magique qui fait passer les tests aux candidats pour être Tireur de baguette magie d'élite. On peut le trouver dans la salle 919 (GS2).

Le saviez-vous ?
La chambre de Tom Jedusor à l'Orphelinat Wool s'agissait du numéro 27 (cf. film), au deuxième étage.