Chapitre 4
« T'as vu Sans ! Il commence à nous apprécier de plus en plus ! Heureusement que je lui ai dit que tu avais utilisé tes pouvoirs de guérison pour le soigner !
-Si naïf et inconscient… T'es adorable frangin » Papyrus gonfle ses joues, agacé. Il faut dire qu'il n'apprécie pas vraiment lorsque son frère se moque de lui de cette façon. Les deux frères n'arrivent toujours pas à se mettre d'accord en ce qui concerne Gaster : l'un est persuadé que l'adulte est en train de changer pour finalement les libérer, tandis que l'autre est convaincu que ce changement d'attitude n'est rien d'autre qu'un simple piège pour les garder avec lui plus longtemps. Le plus jeune fait tout pour ouvrir les yeux de son grand frère qui reste buté sur l'idée qu'il doit devenir plus fort dans l'espoir de s'échapper d'ici. Sans a beau méditer sur la question nuit et jour, il ne parvient pas à obtenir un plan concret pour limiter les dégâts, et pour limiter les frayeurs qu'il pourrait causer à son jeune frère. Finalement, peu décidé à sortir de leur cellule pour le moment, Papyrus se jette sur le plus vieux squelette qui sort de sa réflexion.
« Sans j'm'ennuie ! Fait moi voler !
-… Hein ?- Oh. Tu veux dire… comme ça ? » Sans ferme son œil droit tandis que le gauche s'illumine en bleu, et très vite, le petit squelette finit par s'envoler dans les airs. Ce dernier s'enthousiaste comme un fou et clame haut et fort qu'il parait comme un héro grâce à ça. Mais ce moment d'euphorie va vite s'estomper. En effet, d'humeur assez taquin aujourd'hui, Sans commence à faire faire de petit cercle à son frère, et très vite, la cadence s'accélère jusqu'à ce que le corps de Papyrus soit à peine visible correctement pour un œil humain. Mais grâce à son globe bleu, le plus vieux squelette perçoit parfaitement le corps du jeune qui tire une tête pas possible. Après avoir suffisamment rit, Sans décide de ramener son frère à terre, et ce dernier ne tarde pas à s'écrouler au sol à cause des vertiges. Son grand frère pouffe.
« Nous espérons que vous avez apprécié d'avoir voyagé avec notre compagnie, malheureusement, nous avons rencontré quelques turbulences. Nous espérons que vous n'en tiendrez pas rigueur.
-S… Sans… C'est… C'est pas… drôle…
-Ça va, relax frérot, mais avoue quand même que c'était… divairtissant. Il lui assimile un clin d'œil moqueur tandis que ses pupilles reviennent à la normale.
-… SAAAANS ! J'en peux plus de tes jeux de mots stupides !
-He du calme, je voulais juste… détendre l'atmosphair. » Evidemment, cela s'est fini sur une course poursuite dans le reste de l'établissement.
Après avoir couru pendant pas mal de temps, les deux frères, épuisés, ont fini par rejoindre Gaster dans le laboratoire. Ce dernier ne relève pas le nez de son ordinateur et a autorisé Papyrus à jouer avec le rubik's cube tant convoité. Sans, lui, a prit place sur une chaise auprès du scientifique. Il surveille du coin de l'œil son jeune frère qui joue un peu plus loin, et il décide donc de profiter de cet instant privilégié.
« Donc euhm… T'as sauvé mon frère ? C'est quand même-
-Je ne veux pas en parler Sans. Et nous ne parlerons pas non plus du fait que tu ais utilisé ta magie pour me guérir : tu me déteste après tout, non ? L'adulte reste concentré sur son travail et tape sur le clavier à une vitesse fulgurante.
-Ne pense pas que je commence à t'apprécier, je ne suis pas aussi naïf que Pap'. Si je l'ai fait, c'est simplement parce qu'il me l'a demandé, rien de plus.
-Pourtant tu devrais être plus reconnaissant et respectueux envers le monstre qui a sauvé ton frère, tu ne crois pas ? Le plus vieux des deux frères fait grincer ses dents.
-Je n'pense pas que-
-Saaans ! Regarde ! Je l'ai encore refait ! Le petit squelette s'est immiscé entre les deux plus grand pour montrer son jouet à son frère. Ce dernier rit un peu.
-C'est bien Papy', j'suis fier de toi. Il lui caresse affectueusement le crâne.
-Dis Sans, tu m'accompagnes à la cuisine ? Je commence à avoir faim… » Déçu de devoir stopper sa conversation avec Gaster ici, Sans accepte volontiers de suivre son petit frère jusqu'aux réserves de nourritures. En quittant le laboratoire, le plus vieux squelette observe un instant le scientifique par-dessus son épaule, mais ce dernier n'est décidément pas résolu à relever le nez de son ordinateur, ce qui vaut un nouveau soupire de la part du monstre.
C'est assez compliqué de s'y retrouver dans ce grand bâtiment, mais les deux frères ont tout de même réussi à trouver l'emplacement de la cuisine. Bien qu'ils soient habitués à ce que Gaster leur ramène à manger, ils connaissent tout de même assez bien la répartition des salles au sein de l'établissement. Enfin bref, dans la cuisine, Papyrus escalade tant bien que mal les différents meubles pour accéder aux placards fixés en hauteur, sous le regard amusé de son frère qui l'observe simplement, les bras croisés contre sa poitrine.
« Tu veux que j'utilise mes pouvoirs pour te faire voler mais pas pour atteindre la nourriture plus facilement ? T'as vraiment aucune logique, tu l'sais ça ?
-Tait-toi Sans ! Je suis en train de me concentrer ! Et puis… Il faut préserver tes talents pour les cas d'extrêmes urgences non ? Je peux pas t'exploiter comme ça tout le temps ! L'autre hausse les épaules puis décroise ses bras pour placer ses mains dans ses poches.
-Qu'est-ce que tu veux qu'il nous arrive ici ? Le seul danger est scotché à son ordi' alors bon… » Subitement, une légère secousse accompagnée d'un bruit désagréable se fait entendre dans une des pièces voisines. Les deux squelettes se regardent un instant avant de rediriger leur attention vers le bruit légèrement aiguë. Sans fait rapidement descendre son frère de son perchoir à l'aide de sa télékinésie, et une fois à terre, le jeune squelette se place instinctivement derrière son grand frère avant d'agripper le short de ce dernier.
« C'est quoi ce bruit… Sans… ?
-Aucune idée, ça semble provenir de la salle d'expérience abandonnée… Tu sais, celle avec la grosse machine en forme de crâne, celle que Gaster nous a interdit d'aller voir ? » Le plus petit hoche docilement la tête tandis que son frère essaie de le rassurer du mieux qu'il peut. Cependant, la curiosité du plus vieux squelette finit par l'emporter sur lui et il finit par quitter la cuisine avec son frère qui ne veut pas l'abandonner. Ils se rendent donc tout les deux vers cette mystérieuse salle qui continue son boucan infernal.
A l'intérieur, Sans est immédiatement attiré par l'écran d'ordinateur qui semble relié à la machine. Un nombre incalculable d'information circule sur l'écran, et ces informations sont très vite identifiées : c'est ce que faisait Gaster à son bureau tout à l'heure.
La machine s'emballe mais reste parfaitement statique. Les yeux du crâne s'illuminent en blanc alors que les différents tuyaux commencent à trembler et menacent même de s'effondrer. Au final, juste devant ce qui semble être la bouche du crâne, on peut commencer à voir une forme matérielle se générer. La silhouette est d'abord floue et entièrement blanche, mais petit à petit, cette chose se redresse pour tenir parfaitement sur ses jambes tandis qu'un pull vert avec une rayure jaune se dessine sur le haut du corps.
« S… S… Sans… C… C'est quoi… Ça… ? Son grand frère n'a pas le temps de répondre que Gaster se téléporte auprès d'eux, et de toute façon, Sans ne comptait pas vraiment répondre puisqu'il ne connait pas la réponse et qu'il est pétrifié par la peur.
-Ne vous inquiétez pas. C'est ma toute dernière création que je viens de mettre au point. C'est un monstre doté d'une intelligence supérieure et possède une morphologie semblable à celle des humains. C'est une véritable arme vivante qui pourrait se transformer en machine de guerre redoutable.
-… Cette chose a un nom… ? Demande Sans encore tout tremblotant. Puis Gaster acquiesce.
-Je l'ai nommé « Chara » ».
