Je ne possède aucun des personnages des films ou des livres.
Un recueil de textes courts sur l'univers de Tolkien et de la Terre du Milieu nous plongeant dans un instant ou une pensée des protagonistes de l'histoire.
Les préjugés sont souvent absurdes, les abandonner permet de découvrir les autres sous un autre jour.
Bon, je m'amuse bien avec les nuits du FoF alors j'ai décidé de me prendre au hasard une liste de thèmes déjà passés et de me faire ça dans les conditions de la nuit. Une fois que j'aurais fini mes textes je mettrais un récap' dans les textes retardataires. J'ai choisi la nuit du 7 septembre 2012.
Ce texte a été écrit sur un thème des Nuits du FoF sur le thème "Absurde"
(Rappel des règles : 1 thème pour une 1 heure entre 21h et 4h du matin)
En espérant que cela vous plaise
Bonne lecture
PS : Au fait j'ai commencé à faire du tri et à remettre de l'ordre dans mes publications en faisant une sorte de table des matières dans mon profil alors n'hésitez pas à y faire un tour ;)
Quelque chose d'absurde
Plus il avançait dans cette quête et plus Gimli commençait à se dire que c'était une mauvaise idée de s'être embarqué dans cette galère. Non pas qu'il ne se souciait pas de l'avenir de la Terre du Milieu, bien au contraire ! Mais justement, c'était parce qu'il était inquiet par le retour du Mal qu'il trouvait particulièrement absurde de se lancer dans une quête aussi cruciale à 9… Enfin 5, s'il enlevait les hobbits qui ne savaient pas se battre et 4 s'il finissait par éliminer cet agaçant elfe blond qui… qui… qui était un elfe, bon sang ! Et pas n'importe lequel ! Le rejeton de ce fichu seigneur elfe du Nord, celui qui avait attaqué les nains devant Erebor… Oui, c'était absurde de se lancer dans cette opération avec si peu de moyen. Ils auraient eu besoin d'une armée pour les protéger et les escorter… Oui, mais une armée, c'est visible et c'était aussi absurde…
OoooO
Ce sentiment disparut pendant un moment avant de revenir dans la Moria… Bon sang, là aussi, c'était absurde ! Mais c'était de sa faute cette fois ! C'était lui qui avait exhorté ses compagnons à traverser ces mines, lui qui venait de les conduire dans un tombeau qui serait peut-être le leur… Comme il avait été stupide ! Ne pas avoir eu de nouvelles de Balin depuis si longtemps aurait dû lui mettre la puce à l'oreille. Il avait mené ses compagnons à la mort… Alors, il combattrait jusqu'au bout… Et là, dans la bataille, il avait découvert que les hobbits n'étaient peut-être pas des guerriers, mais qu'ils étaient déterminés. Il avait découvert aussi que l'elfe était un compagnon précieux, prenant des risques insensés pour protéger tout le monde… Il le vit être prêt à attaquer le Balrog malgré la terreur qu'il lui inspirait. Il avait du courage, il n'était pas un si mauvais compagnon, même si le rattraper par la barbe n'était pas quelque chose de très agréable… Mais ce geste-là, lui avait sauvé la vie… Non, finalement, ce petit groupe n'était peut-être pas une idée aussi absurde en y repensant bien.
OoooO
Plus tard, ce furent ses a priori qui commencèrent à lui apparaître comme absurdes. Ils se reposaient en Lorien, encore tous traumatisés par le sacrifice de Gandalf et, pour avoir échangé quelques mots avec Dame Galadriel, Gimli s'était trouvé idiot. Ce n'était pas une sorcière elfe qu'il venait de rencontrer, mais une créature céleste d'où émanait douceur, bonté et bienfaisance.
Toutefois, la véritable rencontre qu'il fit en Lorien, ne fut pas forcément la maîtresse de ces lieux, mais l'un de ses propres compagnons.
Alors qu'il marchait à travers la cité pour rejoindre la chambre dans laquelle on les avait installés, Gimli remarqua Legolas assis sur un banc, un peu à l'écart, les bras posés sur les genoux et la tête penchée en avant, il paraissait si triste qu'il se demanda l'espace d'un instant s'il ne pleurait pas. Gimli soupira avant de s'approcher.
- Tout va bien ?
Legolas sursauta doucement en redressant la tête.
- Vous ne dormez pas ?
- J'y allais et vous ?
- Les elfes ne dorment pas beaucoup, lui répondit-il avec un léger sourire qui tenta de cacher les ombres dans son regard.
- Pourtant, les elfes ont aussi besoin de se reposer, lui répliqua Gimli avec une sincérité inquiète qui toucha le guerrier elfe.
Legolas le gratifia d'un autre sourire triste et le nain eut subitement l'impression que cette tristesse n'était pas uniquement liée à la mort de Gandalf. Gimli se rapprocha donc un peu plus, se laissant tomber assis à côté de lui, ce qui parut le surprendre.
- Un lit ne serait-il pas plus confortable ?
- Vous n'allez pas bien, lui répondit abruptement le nain.
Legolas frémit.
- Voilà qui est direct !
- Voilà qui est franc, comme les nains…
- Eh bien, dit Legolas en se mettant à fixer le sol, la mort de Mithrandir est presque la mort de trop… Il me connaissait depuis que j'étais enfant…Il avait été là dans certains moments difficiles… Je ne veux plus avoir à pleurer une mort de plus…
Gimli ne dit rien tentant de ne pas lui faire remarquer que les tremblements de sa voix et ses sanglots à peine maîtrisés le touchaient. Il avait besoin de parler et lui se contenta d'écouter.
- J'ai déjà tellement perdu… Qu'est-ce qu'il me reste à défendre si je n'ai plus personne au final ?
- Votre père va bien ? Lui demanda le nain, tentant de comprendre d'où venait une douleur aussi grande.
- Je ne sais pas… Je n'ai plus de nouvelles depuis que je suis parti, répondit Legolas, étonné par sa propre franchise.
- De ce que j'en sais, il a de la force et des ressources !
Legolas tourna un léger regard vers le nain à côté de lui, cherchant une explication à ses propos.
- Mon père était à la bataille devant les portes d'Erebor, lui donna comme explication le nain.
Gimli fut surpris par le frisson que cela entraîna dans le corps de l'elfe assis à ses côtés, comme la réminiscence d'un autre mauvais souvenir.
- Cela n'a pas été, le meilleur de ses choix. Je suis désolé…
- Vous n'avez pas à vous excuser pour lui.
- Si, parce que sa réaction a tellement dû vous paraître absurde.
- Je ne sais plus trop ce qui absurde ou non en ce moment, bougonna Gimli. Mais des récits fait par mon père, ce qu'il y a de sûr, c'est qu'il était borné comme une bourrique avec son coffre de cailloux qu'il voulait récupérer.
L'inspiration cachant un sanglot plus violent que les autres et l'accroissement des tremblements qui parcouraient le corps de son compagnon, lui firent comprendre qu'il venait sans doute de dire quelque chose d'absurde lui-même. D'absurde et de douloureux quand il remarqua la larme qui venait de se mettre à couler le long de sa joue. Gimli sentit son estomac se nouer et posa une main sur son genou.
- Je suis désolé… Je ne voulais pas dire ça…
- Ce n'étaient pas que des simples cailloux… C'était la parure de mariage de ma mère… Elle a été massacrée par les orcs et malgré toutes ces années, mon père n'arrive pas à s'en remettre… Elle lui avait sauvé la vie en l'aidant à se reconstruire après Dagorlad… Et moi, elle me manque chaque jour…
Les larmes du jeune elfe s'amplifièrent et Gimli frémit. Absurde n'était pas le moment. Sa réflexion était violente et méchante…
- Pardon…
- Non… Aucun de vous ne pouviez savoir, mon père s'applique tellement bien à cacher ses sentiments… Mais il reste mon père et… si je le perds lui aussi, il ne me restera plus rien… Je… Je me suis disputé avec lui en partant, c'était un peu ridicule… Et je ne veux pas que ce soit les derniers mots de moi qu'il ait entendu de ma bouche.
- N'ayez crainte, vous le reverrez, dit Gimli en posant maladroitement une main dans son dos.
- Nos forces s'amenuisent au fil des morts, sanglota Legolas incapable de se contenir. Si nous prenons trop de temps, il ne me restera plus rien, ni personne à sauver…
Gimli l'observa s'effondrer en avant, le visage entre ses mains pour cacher ses larmes. L'elfe à côté de lui avait visiblement déjà vu trop de morts, perdu trop de personnes auxquelles il tenait. Il était inquiet pour son père, luttant seul contre les orcs et il ne pouvait pas le blâmer pour cela… Cette douleur, cette urgence à vaincre pour sauver ce qui pouvait l'être des siens… C'était donc cela qui transparaissait dans sa manière de combattre acharnée et impétueuse. Le nain soupira et tendit un peu plus sa main pour la passer derrière ses épaules et le serrer contre lui. L'elfe se laissa faire, tout en tentant de redevenir maître de ses émotions et Gimli frémit… Il restait bien une chose absurde finalement…
Croire que les elfes ne connaissaient pas la douleur, croire qu'ils ne pourraient pas être alliés dans la bataille, croire qu'il ne pourrait pas, pourquoi pas, devenir ami… oui, tous ces préjugés étaient absurdes… Il le savait maintenant… Et son regard sur les choses changea définitivement… Car il n'était plus absurde de combattre aux côtés de l'elfe sylvain, il n'était même plus absurde de le regarder comme un ami.
