Enfin ! J'attendais avec impatience ce moment, les nouvelles scènes ! Comme je l'ai déjà dit, celles de l'acte 1 sont relativement courtes, mais j'ose espérer qu'elles vous plairont néanmoins !
Je n'ai pas grand chose d'autre à vous dire à part vous souhaiter une bonne lecture ! Alors, de tout mon coeur, bonne lecture !
ACTE I, SCENE 4
(Odycien)
ODYCIEN : Oui, part fantôme noir. Les cloches sonnent clair.
Le crépuscule tombe et enterre le jour
Sous des lames de nuit et des lances d'éclair.
Croire une ombre, un corbeau, croire la Vieille Tour ?
(tournant sur lui-même) Il ne reste du jour que ces quelques lambeaux :
Là où il est passé la chaleur est partie
Ce n'est plus un humain, il n'y a nul flambeau
Qui brûle dans ses yeux en témoin de la vie.
Un fantôme, ou plus rien, c'est bien tout ce que Bragg
Peut être désormais. Il a perdu la foi,
Voit la grève blanchie par l'écume des vagues
Vidée et désertée de Mirage, de Moi.
Il aurait dû mourir, mais il a survécu !
Pourquoi vient-il ici sinon pour se venger ?
Il exhale la nuit et arpente les rues :
Il vient pour me briser, il vient me détrôner !
(silence)
Voici la nuit qui vient, temps de tous les complots :
Elle rampe sans bruit, s'efface en un murmure
D'ombres et de poisons, de trahisons, de flots
De ténèbres rougies. Et partout sur les murs
Des oreilles tapies sous les tapisseries
Capturent le silence et s'abreuvent des voix.
Avec la nuit vient l'heure où nous sommes trahis.
Par une ombre ? Un reflet ? Je l'entends ! Tu la vois ?
(silence) (silence)
Évidemment que non, je suis seul à savoir
Tous les autres sont sots, même les plus brillants.
Bien, plus d'hésitations, nous agirons ce soir.
Trahissons les premiers, soyons plus prévoyants
Un couteau dans un lit quand le tonnerre éclate,
Quand la lumière éclaire enfin l'ombre et son corps !
(en accélérant frénétiquement) Les nuages sont là : qu'il pleuvine écarlate,
Qu'il pleuve de l'acier et qu'il pleuve des sorts
Qu'il pleuve entre les murs, qu'il pleuve sous les couettes
Que pleuve le fouet, que pleuve le poignard !
Que la foudre s'abatte et que son coup soit net !
Que le ciel soit de jais, de rubis les regards !
(silence)
Je paierai le tribut du sang et de la honte
Encore et à nouveau s'il achète le temps
Dont nous manquerons tant : il est sûr que les pontes
Feront mourir leurs chiens et verseront leur sang
Afin de m'éloigner de mon géant destin.
Qu'importe ! Ils briseront et leurs corps et leurs âmes
Sur la muraille d'or et de rouge satin
Que nous élèverons contre toutes leurs lames !
(se rapproche) Allons ! Que la nuit soit courte et la lune pourpre
La nef du destin vient, je me tiens à sa poupe !
(Lumière sur lui, puis noir. Sort)
