Voilà la suite ! (Vous avez de la chance que ma Bêta soit chez moi pour me rappeler de poster ce soir ! XD). Je n'ai pas eu trop de temps avec mes cours donc je suis en retard sur le site ! (Pas bien ! =O)
Zeb410 : Si tu as versée une larme au chapitre d'avant, prépare ta boite de mouchoirs pour celui là ! x)
Boudiboudi et Pylia : Je suis contente d'avoir réussi à retranscrire assez bien les émotions de Quinn, j'espère que ça va durer ! (maintenant j'ai la pression !)
Muse-Zero : Je poste tous les samedis donc je ne suis pas en retard ! =O
Spreid : J'espère que l'attente n'a pas été trop longue et que tu vas aimer la suite !
Chapitre 3
Le Test de Survie
Le deuxième trajet fut bien plus agréable. Nous étions serrés, mais tous assis sur de petits bancs. Les attelages étaient énormes. Une dizaine de chevaux étaient nécessaire à nous faire avancer. Nous portions tous la même tenue, sans distinction de sexe. Des marcels moulants bordeaux, des pantacourts bruns et des rangers en cuir naturel. Mercedes, assise à côté de moi, m'a prise la main quand l'attelage a démarré.
Le trajet a encore duré plusieurs heures... Et puis, nous l'avons aperçu, ce bâtiment qui allait devenir notre maison pour les années à venir. Un grillage en fer à perte de vue, et cet immense portail... Les portes se sont ouvertes devant nous avant de se refermer, nous laissant prisonniers de ce lieu lugubre. Nous sommes descendus des carrioles. À pieds, le camp me sembla encore plus grand. Des tentes à l'extrémité gauche se dressaient par centaines. Une immense arène nous dominait de toute sa hauteur au milieu de l'espace grillagé, cachant dans son ombre de pales copies aux tailles plus modestes. Et tout autour, des bâtiments aux formes géométriques dont l'utilité ne transparaissait pas au premier abord. Enfin, la forêt... Elle mangeait tout le côté droit du camp, dense et sûrement dangereuse au vue du grillage qui la séparait des lieux de vie, encore plus épais que celui qui encadrait le camps lui même.
On nous a emmenés dans un grand bâtiment rectangulaire sans étage. En y entrant nous nous sommes retrouvés dans une grande pièce unique, au sol carrelé, où s'alignaient des dizaines de tables en bois encadrées par des bancs assortis. Tout au bout, sur une estrade, une table en bronze ouvragé dominait la pièce.
On nous a installés sur les tables et on nous a nourris. La nourriture n'était peut être pas très bonne, mais quand on avait faim comme nous, on oubliait d'être difficile. De l'eau à volonté et du bouillon avec du pain étaient presque un festin à nos yeux.
L'estomac plein, nous avions presque oublié pourquoi nous étions là. Et puis, la Légion blonde est montée sur l'estrade.
- Mon nom est Sue Sylvester ! Je suis entraîneur en chef du camp de formation des Légions ! Ici c'est moi qui commande et que ça vous plaise ou non, vous devrez obéir bande de mollusques ! Vous êtes dans la cantine générale, tant que vous ne serez pas novices, vous mangerez ici, sous la surveillance de vos entraîneurs. En arrivant, vous avez vu l'arène où vous suivrez vos entraînements après avoir été répartis par groupes suite à votre test de survie !
Son sourire carnassier ne me rassura absolument pas... Ce test allait être dur, et très certainement meurtrier...
- Vous avez reçu vos matricules, il faudra retenir votre numéro par cœur car ça sera votre nom pour vos supérieurs. Le premier nombre est le votre. Toi par exemple, tu es la 507ième fille recrutée pour la Légion cette année. Ensuite, la lettre correspond à votre sexe, le second numéro à votre année de naissance, et les dernières lettres sont les initiales de votre ville... Chaque matricule possède une puce GPS permettant de vous localiser et de vous faire suivre par caméra. Au cas où vous mourriez et que votre corps ne soit plus reconnaissable comme c'est souvent le cas, votre immatricule permettra de vous identifier !
Cette fois ci, son sourire était clairement sadique ! Cette femme ne pouvait pas être humaine...
Après le discours, on nous fit installer dans des tentes par groupes de trois ou quatre. Je partageais la mienne avec Mercedes et une autre fille de conseiller que je ne connaissais pas très bien. La nuit etait tombée vite mais le sommeil ne semblait pas vouloir venir nous délivrer, peut être à cause des douleurs de notre immatriculation qui continuaient de nous élancer. Le silence n'était perturbé que par les bruits en provenance de la forêt... Le ululement d'une chouette, le bruissement des feuilles, le hurlement d'un loup, les pleurs d'un enfant... Des pleurs ! Les Légions ont répondu aussi vite que moi, le bruit de leurs pas lourds est passé entre les tentes. L'une d'elle a été ouverte avec violence dans un bruit de tissu déchiré. Les cris de la petite fille ont pris la place de ses pleurs. Notre tente a été secouée par les coups de pieds que la fillette a donnés en essayant de se débattre alors que les Légions l'emmenaient. Et puis, le coup sourd d'une hache qui s'abat... Le craquement des os qui se brisent... Et les cris qui cessent de manière abrupte... Nous n'avions pas le droit d'être faibles... Instinctivement, je me suis serrée un peu plus contre Mercedes et j'ai pu voir son visage déformé par la peur.
Nous avons été réveillés par une sonnerie stridente qui s'est mise à résonner dans tout le camp. En passant la tête par l'ouverture de notre tente, j'ai pu voir des centaines de Légions et de novices qui s'activaient partout, enfilant leurs armures, courant vers une arène ou la cantine, rejoignant une escouade... Nous nous sommes alignés devant nos tentes et un Légion nous a jeté des morceaux de pain. L'entraîneur Sylvester nous a retrouvés alors que nous finissions les dernières bouchées.
- Aujourd'hui c'est le grand jour ! Pour votre test de survie, vous allez devoir passer quatre jours et trois nuits dans la forêt. Les animaux sauvages, la faim et la soif vont devenir vos meilleurs amis ! À la fin du quatrième jour, un novice viendra récupérer chaque survivant pour le ramener au camp. Les groupes de plus de trois personnes sont strictement interdits ! Traduction, si vous gardez vos petits culs de trouillards collés les uns aux autres, on vient nous même vous saigner ! Maintenant GO ! GO ! GO ! Si vous n'êtes pas devant la forêt dans moins de deux minutes, il y aura une exécution publique pour fêter le début du test !
Branle bas de combat, nous sommes tous partis en courant en désordre. Mercedes n'étant pas très rapide, je lui ai attrapé le bras pour l'encourager à garder une cadence soutenue. En arrivant, certains se tenaient les côtes, pliés en deux. Pas nous ! Nous restions droites et faisions de notre mieux pour ne pas respirer trop fort. Ici tout était dans l'apparence... Sue Sylvester est arrivée quelques minutes après nous en marchant. Elle a pris un pied de biche et ouvert la caisse que deux novices venaient de poser près du grillage entourant la forêt. Elle a appelé nos matricules et nous a donnée à chacun un couteau cranté presque trop grand pour nos mains. Le manche était percé afin de laisser passer le mousqueton qui y était accroché. Je l'ai passé machinalement dans l'un des anneaux de mon pantacourt. Après un regard dans ma direction, certains enfants ont imité mon geste avec des mains mal assurées. Presque instantanément, j'ai senti le regard de Sylvester couler sur moi.
La clôture s'est ouverte et nous sommes entrés dans les bois... Une fois les portes refermées, Sue s'est adressée une dernière fois à nous.
- J'oubliais ! La clôture est électrifiée, alors si vous ne voulez pas finir grillé, évitez de l'escalader ! … Et pour les mauviettes, je vous conseillerais de mourir maintenant car ce que vous allez vivre ici ne sera rien en comparaison de l'entraînement qui vous attendra après ! Maintenant DISPERTION !
Au dernier mot de Sylvester, nous nous sommes séparés en courant. Je me suis vite retrouvée seule avec Mercedes et nous avons continué à courir aussi longtemps que nos jambes l'ont supporté. Lorsque notre course s'est arrêtée, un silence effrayant nous a entouré. J'ai regardé autour de nous, les arbres étaient hauts et certaines branches m'eurent l'air parfaites pour dormir. Dans notre village, je grimpais souvent aux arbres pour regarder mes parents aux champs sans les déranger et surtout pour échapper à la surveillance de mon frère.
- On devrait dormir dans les arbres pour éviter les prédateurs.
- Q...
Je me suis arrêtée dans mon inspection pour la regarder. Elle avait l'air terrifiée.
- Les animaux... Je n'ai pas vraiment envie de les croiser...
C'était vrai que nous venions d'un endroit où seuls les humains survivaient... Par rapport à Mercedes, j'avais de la chance, mon père n'était pas né dans les Dry-Lands et il avait passé mon enfance à me parler de ces créatures magnifiques qu'étaient les animaux... Je crois qu'ils lui manquaient vraiment... Surtout les chevaux, j'avais cru comprendre qu'il avait grandi au milieu d'eux... Je n'avais donc pas peur des animaux, j'étais plus fascinée qu'autre chose...
- Si on dort dans les arbres, on ne craint rien, ne t'inquiètes pas.
Ma voix était posée et rassurante.
- Allons chercher à boire et à manger avant qu'il ne fasse nuit...
Mercedes opina et se releva pour me suivre. La chance était avec nous et nous avons rapidement trouvé un ruisseau où nous désaltérer. Le plus gros problème serait la nourriture, nous pourrions survivre deux jours, trois au maximum sans manger, mais pas quatre ! Bon, il fallait être logique, nous étions des enfants et le but des Légions n'était pas de TOUS nous tuer... Il devait y avoir de la nourriture facile à récupérer quelque part... Après avoir bu, nous sommes reparties le long du ruisseau. Distraitement je regardais les arbres, cherchant si l'un d'eux serait un bon refuge en cas d'attaque quand je les ai aperçus... C'était la première fois que j'en voyais en vrai... Des pommes ! Ils avaient planté des pommiers ! Ceux qui ne pensaient pas aux arbres allaient être mal, mais pour les autres, ça serait facile. J'ai montré ma trouvaille à Mercedes avant de grimper dedans pour lui lancer ma récolte. Ce n'est qu'une fois en haut de l'arbre que je me suis rendue compte que je n'avais plus mal... J'ai appuyé doucement sur mon matricule, mais rien... Plus de douleur... Pourtant je ne pouvais pas avoir guéri en si peu de temps... Il ne restait qu'une explication, notre nourriture ou notre eau avait été droguée afin de nous faire recouvrer nos forces à une vitesse anormale...
Nous sommes ensuite reparties pour nous installer dans l'arbre que j'avais repéré plus tôt. Mercedes n'était pas à l'aise avec l'escalade et il lui fallut bien un quart d'heure pour atteindre notre refuge. À cheval sur une grosse branche, nous avons mangé nos pommes en observant la forêt.
- Il va falloir faire des tours de garde...
C'était une constatation, une règle de sécurité... Mercedes a approuvé silencieusement.
La nuit était tombée depuis un moment... C'était Mercedes qui avait pris le premier tour de garde. J'étais allongée contre elle, son bras passé autour de moi pour m'éviter de tomber en bougeant dans mon sommeil. Je ne dormais déjà qu'à moitié quand elle m'a réveillée en chuchotant.
- Q...
Elle m'indiqua le sol. Une bête que je n'avais jamais vue dans les livres de mon père humait l'air au pied de notre arbre. Physiquement, on aurait dit un croisement raté entre un loup - pour ses poils, ses oreilles et son côté sauvage, avec un bulldog. Sa face était écrasée, ses yeux injectés de sang et sa musculature devait en faire un adversaire féroce...
Après un instant, l'animal est reparti, sûrement à la recherche d'une proie. Mercedes avait retenu son souffle durant toute la scène. J'avais senti sa prise se resserrer autour de mon bras par à-coups. Elle tremblait en fixant le sol.
- Reposes toi... Je vais prendre mon tour de garde...
Elle n'a pas objecté... Trop effrayée et épuisée pour le faire. La nuit fût longue, beaucoup de prédateurs rodaient dans les ténèbres et une ou deux fois, le vent porta des cris d'agonie...
La deuxième journée fût en tout point semblable à la première : un passage au ruisseau et aux pommiers avant de retourner à notre arbre. Pendant la nuit chacune a repris son tour de garde, toujours Mercedes en premier... Le matin du troisième jour, j'étais épuisée. Mercedes ne m'avait laissée dormir que quelques heures avant de paniquer, me forçant à prendre sa place. Je me suis accordée une sieste de quelques heures afin de me refaire des forces avant la longue marche jusqu'au ruisseau. Le soleil était donc haut dans le ciel quand nous sommes parties, il ne devait pas être loin de midi. Après l'eau, la routine a repris et nous sommes allées machinalement aux pommiers. Le soleil avait déjà commencé à décliner sur notre chemin du retour...
Il ne restait qu'une dizaine de mètres entre nous et notre arbre quand j'ai entendu un bruissement de feuille derrière nous. Un regard derrière mon épaule et j'ai vu un éclair gris passer entre les buissons.
- Mercedes cours !
Mon amie ne parvint par à réagir tout de suite et je l'attrapais par le bras pour la tirer vers l'arbre. Soudain elle comprit et s'élança à ma suite. Je sentis mon cœur battre à tout rompre dans ma poitrine. Plus que trois mètres, la bête elle, n'était plus qu'à quelques pas de nous, galopant furieusement. J'ai réussi à sauter habilement dans l'arbre, ondulant entre les branches. Arrivée en haut, je vis Mercedes qui se battait pour escalader le tronc. Et puis un cri... SON cri ! La bête avait planté ses crocs dans sa jambe et la tirait vers le sol. Mercedes criait en lui jetant des coups de pieds. Et puis, ses mains ont lâché et elle a roulé au sol dans un bain de sang et de cris. Tout s'est alors passé très vite. Quelque chose a changé en moi... J'ai empoigné mon couteau et sauté de ma branche.
Le sang battait violemment dans mes tempes et les cris se sont transformés en bourdonnements sourds. J'étais entre ciel et terre, en train de tomber. Ma prise s'est affermie sur la lame et j'ai atterrie sur le dos du monstre, lui plantant mon arme dans l'échine. Ses hurlements ont rejoint ceux de Mercedes. De ma main libre, j'ai empoigné les longs poils sur sa nuque pour ne pas être désarçonnée. J'étais bien à califourchon sur son dos, une position parfaite, me protégeant de ses crocs et griffes. J'ai ressortie la lame pour la planter dans l'œil droit de la bête. Je l'ai plantée encore et encore, mon visage devait être recouvert de sang. Voyant que le monstre ne semblait pas faiblir, j'ai pris mon courage à deux mains. Mes jambes se sont serrées autour de ses flancs, j'ai lâché sa crinière pour m'allonger contre son dos en passant ma main sous son cou pour y prendre prise. Ma main armée a suivi l'autre comme si j'avais voulu enlacer le prédateur. Puis ma lame a plongé dans sa gorge et j'ai ramené mon bras vers moi dans un mouvement vif. L'animal s'est effondré et s'est vidé de son sang en convulsant quelques secondes.
J'ai repris conscience, le souffle court, encore agrippée au dos du cadavre du prédateur. Mes mains étaient encore crispées dans ses poils et il fut presque douloureux de desserrer mes doigts pour les libérer. Je me suis relevée en tremblant, prise de hauts le cœur à l'idée que j'avais commis un meurtre. Et puis, les circonstances me sont revenues et j'ai marché jusqu'à Mercedes. J'avais été trop prise par mon combat pour voir qu'il l'avait lâché et s'était éloigné d'elle pour essayer de désarçonner son agresseur : Moi... Mon amie était allongée, la main sur son ventre. Malgré l'obscurité, j'ai bien vu que ses intestins sortaient par la plaie qu'elle essayait de contenir.
- Hey Q... Tu... Tu lui as mis la pâtée...
Elle m'a souri faiblement et s'est mise à trembler...
- Q...
- Oui...
- Tu peux... Me faire une faveur ?
- Bien sûr ! Tout ce que tu veux !
- Ma plaque...
Elle a tapoté sur le matricule incrusté dans son avant bras.
- Si ils te laissent faire... Tu pourras le nettoyer... ?
Je savais de quoi elle parlait... Quand le Commice envoyait les matricules aux familles, il était rare qu'ils aient nettoyé l'objet avant. Et pour une famille qui venait de perdre son enfant, c'était presque une torture de devoir enlever les lambeaux de chair et nettoyer les tâches de sang séché pour la cérémonie d'incrustation à la statue...
- Tu vas t'en sortir Mercedes... Il faut j-
- Q... Je sens déjà la vie partir... Ça ne sert à rien de se faire des illusions...
- Mais...
- Il n'y a pas de "mais"... Promets-moi...
- C'est promis...
Mes yeux ont commencé à pleurer, mes larmes s'écrasant sur les joues de Mercedes. Elle a tendu sa main libre pour essuyer mes yeux.
- Ne pleures pas Q... C'est peut être mieux comme ça... Je n'aurais jamais survécu à l'entraînement... Sans moi tu seras libre, tu survivras...
- Mais je ne veux pas si ça veut dire que je dois te perdre !
Elle a rigolé avant de cracher du sang.
- Q... Écoutes moi bien... Tu ne dois jamais oublier qui tu es, d'où tu viens et ce qu'ils ont fait de toi !
Son souffle s'est accéléré... J'ai posé sa tête sur mes jambes et serré sa main droite dans ma gauche, l'autre tenant toujours le couteau ensanglanté. Nous sommes restées comme ça un long moment, quelques minutes qui m'ont parues des heures...
Et puis sa poitrine a arrêté de se soulever...
- Mercedes... Merci pour tout...
Les yeux embués de larmes, je me suis penchée sur son corps inanimé pour l'embrasser sur le front. Quand son cœur a arrêté de battre, quelque chose s'est brisée en moi... Un hurlement de peine, de douleur et de rage est sorti de ma gorge... Pendant longtemps j'ai crié la perte de Mercedes... Et d'une partie de moi...
Et voilà, c'est triste comme je vous l'avais dit... Au prochain chapitre une petite note d'espoir avec l'apparition d'un perso' important (en fait 2 mais un n'est nommé) ! ;D
