Voici le quatrième chapitre !

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Date de publication : Dimanche 20 Juillet 2014

Fin du chapitre précédent :

L'enfant sourit. Il était un prince non ? S'il devait avoir un serpent, quoi de mieux qu'un basilic, roi des serpents ?

Chapitre 4 :

La Famille Black

Le reste de la semaine s'écoula plus calmement. Alexander passait une partie de la matinée avec sa mère, il jouait ensuite une petite heure, sa principale occupation consistait à faire tourner en bourrique les elfes de maison. Après le repas, il faisait la sieste, étrangement Sirius insistait toujours très fortement, même lorsqu'il ne se sentait pas fatigué. Il apprenait ensuite les règles de l'étiquette avec son père puis lisait calmement. Sirius avait retrouvé un autre exemplaire du livre magique aidant à la lecture et Alexander s'était plongé dedans, désirant maîtriser rapidement cette compétence afin de pouvoir lire son livre sur les serpents et bien d'autres.

Katrina avait été enchanté de sa capacité à parler aux serpents. Elle l'avait félicité, une lueur de fierté dans le regard. Jamais les Potter n'étaient fiers de lui, Sirius et Katrina, eux, ne cessaient de lui montrer cette émotion. Cela se manifestait de diverses manières : un compliment quand il prononçait bien un mot en russe, un baiser sur le front quand il lisait à voix haute ou une caresse sur le dos, une épaule serrée tendrement. Alexander était heureux comme jamais.

La couturière était venue comme promis, elle avait été plus qu'heureuse d'apprendre qu'elle servait les Black, malgré les récentes rumeurs autour de l'enlèvement d'Harry Potter. L'enfant avait dû subir encore quelques longues minutes d'essayage et de mesure, mais il s'était montré plus docile que la veille. A présent, ses deux armoires étaient remplies.

Songeur, il observait beaucoup ses parents qui agissaient étrangement entre eux. Il avait découvert qu'ils ne dormaient pas dans la même chambre. Anéanti, il leur avait demandé pourquoi ils n'étaient pas amoureux le lendemain. A son grand étonnement, ils l'avaient tout deux contredit et depuis il surprenait des regards étranges entre eux.

Aujourd'hui, Alexander était excité. Il allait rencontrer toute sa famille pour seize heure. Bien entendu, la nervosité apparaissait peu à peu, mais la curiosité dominait toujours.

Vêtu de l'une de ses robes préférées, il attendait sagement sur un fauteuil du salon privé que son père l'appelle. Il se remémorait toutes les règles de l'étiquette que son père lui avait appris et patientait ainsi. Il voulait, il devait faire bonne impression.

A seize heure très exactement, quatre personnes se présentèrent à l'entrée du palais Black. Accueillis par Dongy, elles se dirigèrent vers le salon.

Quelques instants plus tard, Sirius, tourna la porte de ce dernier.

Il repéra d'abord Bellatrix, sa cousine, qui n'avait pas pris la peine de s'asseoir, elle désirait certainement montrer ainsi qu'il était hors de question qu'elle discute et qu'elle n'était présente que par obligation. Narcissa et Lucius, aux manières plus aristocrates, s'étaient installés sur le canapé, l'expression hautaine de leur visage se contentait de montrer la répugnance que leur présence ici créait en eux. Walburga Black, sa mère qu'il n'avait pas vu depuis près de sept ans, se tenait droite et raide sur un fauteuil. Il sut qu'il avait pris la bonne décision en proposant à Regulus de venir plus tard, les confronter n'aurait fait qu'augmenter la tension.

- Désirez-vous un rafraîchissement ? Demanda-t-il poliment.

- Non, cousin nous ne voulons pas de rafraîchissement, dépêche-toi de nous annoncer que tu as enlevé Harry Potter et libère-nous. Répondit Bellatrix pleine de venin.

La jeune femme tremblait de colère. Bellatrix était belle, sa longue chevelure corbeau et bouclée, sa peau pâle, ses yeux ténébreux auraient pu en faire craquer plus d'un, mais elle savait surtout se montrer effrayante.

Sirius se doutait qu'ils devaient être au courant de ce fait. Légèrement énervé par l'attitude de sa cousine, il décida de la faire mijoter comme une bonne potion plus longtemps.

- Je vous ai appelé pour vous présenter mon héritier.

Quoi ? Il ne mentait pas. Bon peut-être qu'il aurait d'abord dû expliquer qui était Harry Potter mais il avait bien le droit de s'amuser un peu non ? Il s'amusa de l'expression de pure horreur qui naquit sur le visage des membres de sa famille. Qu'ils étaient prévisibles !

- Tu n'as pas fait ça ? Transformer un sang-mêlé en héritier Black, alors que Draco aurait parfaitement pu recevoir ce titre ! S'exclama sa mère.

Encore ces histoires de sang, cela le fatiguait à la longue. Il comprenait leur crainte. Un chef de famille sans héritier pouvait utiliser, légalement, un sort d'adoption puissant qui liait un enfant à sa famille et le désignait comme son fils légitime. Sauf que l'enfant ne changeait pas d'apparence, ni de sang. Ce qui était un drame pour des sorcières comme Bellatrix ou Walburga. Il observa du coin de l'œil sa mère. L'âge commençait à la marquer, mais ses traits ne perdaient pas leur noblesse. Il avait toujours ressemblé plus à son père qu'à elle, il s'entendait mieux avec ce dernier. Elle vivait en suivant les règles strictes de la noblesse, ce qui avait toujours créé une certaine distance entre eux. Elle n'avait jamais été connu pour sa beauté, mais elle dégageait une aura presque royale, elle impressionnait par sa posture, sa voix sèche et son regard qui pouvait être aussi efficace qu'un stupefix.

- A moins que tu ne l'aies retrouvé ?

La voix douce de Narcissa Malfoy emplie la pièce. Elle était plus calme que les deux autres femmes, mais la méfiance était visible sur son visage. Elle était la seule membre de sa famille avec qui il avait gardé de très rares contacts. A l'époque de la disparition d'Alexander, complètement désespéré, il l'avait contacté. Elle était l'une des rares au courant de l'existence de ce fils et au vue de l'attitude des trois autres, elle ne leur en avait jamais parlé. Sans s'en rendre compte, il sourit et à ce sourire elle comprit.

- Cissa, de quoi parles-tu ? Demanda Bellatrix à sa sœur.

Narcissa et Bellatrix étaient sœurs, pourtant elles ne se ressemblaient pas. Leur seul point commun était leur beauté. Si tout en Bellatrix évoquait la nuit, de sa chevelure sombre, à son attitude souvent effrayante, Narcissa rappelait ces matins d'hiver. Aussi pâle que sa sœur, son doux visage était encadré d'une longue chevelure blonde, lisse et gracieuse. Ses yeux avaient la couleur de ses ciels d'hiver, d'un gris lumineux.

Comme Sirius ne répondait pas mais ne s'opposait pas à ce qu'elle parle, elle s'expliqua :

- Sirius a un fils. Il doit avoir l'âge de Draco.

Cette révélation stupéfia les trois autres. Ils n'avaient jamais entendu parler d'un enfant. Lucius se redressa. Cette rencontre s'annonçait plus intéressante que prévue. Walburga frémit. Un petit fils, elle était grand mère. La lignée était assurée.

- Je vais vous le présenter. Déclara-t-il en profitant du silence qui avait suivi cette révélation.

A ces mots, il ouvrit la porte qui donnait sur le petit salon et appela son fils qui apparut aussitôt à ses côtés.

- Je vous présente Alexander.

Katrina et lui avaient décidé de tout raconter aux membres de la famille Black, en tout cas à ceux qui étaient liés aux ténèbres. L'ennemi était les mages blancs, non Voldemort. Ils savaient que Lucius et Bellatrix rapporteraient certainement leur discussion, mais ce n'était pas un problème. Après tout, cela pouvait même devenir un atout. D'ici quelques années Katrina aurait besoin d'asseoir son pouvoir et les liens crées entre deux mangemorts et son camp pouvaient lui amener une alliance intéressante. Ils n'avaient pas oublié leur projet de vengeance et quoi de mieux que de soutenir l'ennemi de Dumbledore ?

Un peu impressionné, Alexander entra et observa les adultes.

L'enfant allait parler, saluer comme son père lui avait appris quand la dame debout explosa.

- Tu ne lui as même pas donné un prénom Black. Par Salazar ! Jusqu'où va tomber la famille Black avec toi à sa tête! Entre toi qui nous produit un héritier avec je-ne-sais-quelle-sang-de-bourbe et Regulus qui trahit le Seigneur des Ténèbres, la disgrâce est totale ! Tu ne pouvais pas laisser l'héritage à Draco, non ! Il fallait là que tu respectes la tradition et que tu nous sortes un héritier ! Quelle hontes vas-tu encore apporter à …

Dans sa colère, Bellatrix leur avait tourné le dos. Elle hurlait dans le salon et Walburga ne semblait pas loin de faire de même. Seuls Narcissa et Lucius observaient l'enfant. Ils furent donc les premiers à sentir que la jeune femme faisait erreur. Ils n'eurent cependant pas le temps de la prévenir. Soudain, un vent de magie s'engouffra dans la pièce. Bellatrix se tut, tous se tournèrent vers la source du phénomène.

Alexander s'était éloigné de son père, sa magie, une fois encore, intervenait, s'offusquant de l'agressivité portée contre lui et surtout de l'affront fait à son père. Une aura de profondes ténèbres entourait l'enfant. Il fixait sa tante et son regard n'était que colère.

- Ne parlez pas à mon père sur ce ton !

Sa voix était bien trop grave pour un enfant de quatre ans. Il s'apprêtait à attaquer, sans s'en rendre compte, comme il l'avait fait contre les Potter quand Bellatrix ouvrit la bouche.

- Il est magnifique. Cette magie, par Salazar...

Subjuguée, ses traits s'étaient détendus, ses yeux brillaient devant le phénomène et toute agressivité l'avait désertée. Bellatrix aimait la magie noire, elle l'adorait, la respectait. Voldemort n'avait eu qu'à lui faire une petite démonstration de sa puissance pour qu'elle jure de le servir et là, devant elle, se présentait un jeune sorcier, son neveu, qui libérait une grande quantité de magie noire, dans sa forme la plus pure.

La magie d'Alexander s'apaisa aussitôt devant ce changement de comportement, au grand soulagement de Sirius.

Le silence empli la pièce. Les regards des quatre adultes passaient de l'enfant au père, s'attardant bien plus longtemps sur le plus jeune.

- Qui est sa mère ? Demanda Narcissa.

- Mon épouse.

Walburga soupira devant l'attitude de son fils. Il n'avait pas changé. Sirius aimait être le centre de l'attention et profiter de cette position pour faire enrager les autres.

- Avec qui t'es-tu marié ? Interrogea-t-elle plus durement. Sans mon accord !

- Père s'est occupé du mariage.

Une fois encore, tous furent stupéfaits. Jamais Orion n'avait parlé de cela. Walburga se souvint alors. A la fugue de Sirius, elle avait voulu le déshériter et Orion s'y était opposé. Elle avait pris cela pour de la faiblesse et n'avait pu que le brûler de la tapisserie. Le nom de l'héritier avait été banni des conversations, jusqu'à ce jour. Sur son lit de mort, celui qui avait partagé sa vie lui avait parlé en souriant, apaisé :

- Ma chère, tu comprendras un jour et tu seras heureuse que Sirius soit le chef de famille.

Cette phrase lui revenait en mémoire alors qu'elle observait l'enfant, son petit fils. Il ressemblait terriblement à son père, mis à par les yeux qu'il devait tenir de sa mère. Mais cette magie, elle n'en avait jamais vu d'aussi sombre, d'aussi puissante, surtout à cet âge.

- Sirius... commença Narcissa.
Ce dernier tourna la tête à un bruit léger.

- Elle arrive, elle se présentera elle même.

Ils n'attendirent que quelques instants. Ils virent apparaître une femme du salon. Sa beauté, sa pâleur, sa longue chevelure corbeau, son regard azur et son visage doux les subjuguèrent. Remarquant aussitôt les résidus de magie noire qui tournoyaient dans l'air, elle posa sa main blanche sur la tête d'Alexander et lui ébouriffa les cheveux. Elle se tourna alors vers eux et parla :

- Je suis Katrina Romanov, héritière du trône de toutes les russies et épouse de Sirius Black.

Elle leur avait grâce du reste des titres. Sous le chocs de l'annonce, Bellatrix finit par s'asseoir.

Ils s'assirent tous les trois, les explications risquaient d'être longues. D'un regard, Katrina avait fait sentir à Sirius qu'il devait cesser son petit jeu. L'heure était aux révélations, non aux blagues.

- J'ai rencontré Katrina ici même, alors que je n'avais que neuf ans, lors d'une réception. Elle était venue avec son père Alexeï et sa mère Isabella, fille du chef de la famille Kovianko. Elle devait s'ennuyer car elle avait quitté la réception et dansait seule près du lac. Intrigué, je suis allé la voir. Je me souviens de son regard à mon approche, elle m'a observé longtemps, avant de décréter que j'étais digne de son attention. Nous avons discuté, assis sur les berges. Ce rituel se répéta durant les deux jours suivants, c'était l'une de tes réceptions d'une semaine où toute l'aristocratie mondiale se retrouvait. Le troisième jour, Katrina m'a alors tout simplement demandé en mariage, à neuf ans.

Il se souvenait parfaitement de la voix de la petite fille, de son regard décidé.

- Quand on sera grand, marions nous ensembles. Tu es puissant, je sens ta magie. Notre enfant serait magnifique.

- J'ai demandé l'autorisation à père le lendemain. Bien entendu, au début, il a ri. Katrina faisait de même avec son père. Pour nous faire plaisir, ils ont accepté de se rencontrer. Lorsqu'ils ont réalisé qui ils avaient en face d'eux, la discussion s'est faite bien plus sérieuse. A nos dix ans, le contrat de mariage avait déjà été écrit, nous étions fiancés. Cependant, Alexeï craignait que l'on ne m'utilise pour blesser Katrina. Père et lui m'ont donc demandé de cacher mes liens avec les ténèbres, de repousser mes réflexes Black et d'adopter un comportement rebelle. Les ennemis des Romanov cherchaient déjà l'identité du futur époux de Katrina et en agissant ainsi, je m'éloignerais de leurs soupçons. J'ai continué ainsi pratiquement toute ma vie, jusqu'à la naissance d'Alexander en fait.

- Pourquoi avoir attendu qu'il soit plus grand pour tout nous révéler ? Demanda Bellatrix, étrangement calme pour quiconque la connaissait.

Son regard ne cessait de se tourner vers le nouvel héritier Black.

- Notre fils a été enlevé dès sa naissance. Vous prévenir aurait été trop dangereux pour lui. Expliqua-t-il.

Walburga bondit, avec toutes ces émotions, elle en avait oublié ce détail.

- Enlevé ? Qui donc a bien pu oser ? S'insurgea Walburga.

Enlever l'héritier Black, qui donc pouvait prendre ce genre de décision ? L'héritier d'une famille, surtout si puissante que la leur, obtenait dès sa naissance des droits, une place dans la société. Ils étaient choyés par leur famille, élevés dès leur plus bas âge pour être capable de supporter les responsabilités qui leur incomberait plus tard.

- Alexander vivait sous l'identité d'Harry Potter. J'étais son parrain au lieu d'être son père. Les Potter, ou plutôt Dumbledore, avaient placé de puissants sortilèges de dissimulation sur lui. J'imagine que me prendre pour parrain augmentait la force des enchantements. Je ne me suis jamais douté de rien, même lorsqu'Harry Potter, fils d'une famille de mages blancs célèbres a commencé à présenter des affinités avec les ténèbres. Il y a pratiquement une semaine, Harry est apparu, paniqué dans mon appartement. Il venait d'utiliser la magie noire contre sa famille et son père l'avait attaqué. Je l'ai aussitôt conduit à Square Grimmaurd, il était hors de question que je le laisse y retourner ainsi. Quelques minutes plus tard, alors que je m'étais absenté pour envoyer quelques hiboux, il avait disparu du salon. Je l'ai retrouvé dans le salon de Phinéas, en grande conversation avec lui d'ailleurs. J'ai alors compris et j'ai lancé le Sanguine Revelare, Alexander est apparu.

Il n'avait nul besoin de préciser qu'ils jouaient à cache cache, mieux valait oublier ce détail.

Un silence étonné et songeur accueillit ces révélations, tous étaient choqués et secoués par ce qu'ils venaient d'entendre.

Walburga tremblait, submergée par l'émotion. Ainsi, son fils aîné, celui là même qui avait attiré tant de problèmes à sa famille, n'avait fait que poursuivre la volonté de son père toutes ces années. Et elle l'avait repoussé, durement, violemment. Lui pardonnerait-il un jour ?

Bellatrix était dans un état semblable. Elle se souvenait de son enfance aux côtés de Sirius. Lorsqu'ils étaient petits, il était son cousin préféré, son partenaire de jeu, son meilleur ami et il avait changé brusquement. Elle n'avait accepté sa nouvelle manière d'être. Blessée, elle s'était mise à le haïr.

- Pourquoi Dumbledore aurait-il fait enlevé ton fils ? Demanda Narcissa.

Le couple se lança à un regard songeur. Ils n'avaient toujours pas de réponse satisfaisante à cette question et ils n'aimaient pas cela.

- Nous n'avons rien de concret.

- Tu es accusé de l'enlèvement d'Harry Potter. Que vas-tu faire ? Interrogea Lucius Malfoy, resté bien silencieux jusqu'alors.

Sirius leur expliqua alors ses plans, comment il comptait contacter la gazette du sorcier, ce qu'il leur dirait. Sous les conseils de Lucius, il décida de contacter aussi la presse russe, afin de s'assurer le soutien de l'état qui l'hébergeait.

Alors que les adultes parlaient entre eux de choses qu'Alexander n'arrivait pas à comprendre, le temps commençait à se faire long. Normalement, à cette heure, il aurait dû prendre son goûté puis aller lire à la bibliothèque. Il commençait à balancer lentement ses pieds qui pendaient du fauteuil, la tête basse. Rencontrer de nouvelles personnes était agréable, mais souvent, il se sentait seul. Il aurait aimé un compagnon, un ami de son âge avec lequel il aurait pu partager ses découvertes, ses jeux. Bien sûr, il ne voulait pas d'un imbécile comme Henry, mais il devait bien exister d'autres enfants comme lui non ?

- Alexander ?

La voix douce de sa mère le ramena à la réalité. Rougissant, il releva la tête et fit face au visage amusé de Katrina.

- Madame Malfoy t'a posé une question.

- Excusez moi Madame, je n'ai pas écouté. Avoua-t-il, penaud.

Le sourire de Narcissa lui montra qu'elle ne s'en offusquait pas.

- Je disais que tu avais l'air de t'ennuyer un peu seul en compagnie d'adultes. Souhaites-tu que j'aille chercher mon fils ? Il doit s'ennuyer autant que toi au manoir.

Les yeux de l'enfant s'illuminèrent.

C'est ainsi que Narcissa revint quelques minutes plus tard, accompagné d'un petit garçon blond à la peau pâle. Il était un peu plus grand qu'Alexander et affichait une mine curieuse.

- Draco, je te présente Sirius Black, ton oncle, ainsi que son épouse Katrina.

Il les salua comme son père lui avait appris. Alexander s'était levé, sous le regard amusé des adultes.

- Et voici Alexander Black, ton cousin. Il s'ennuyait autant que toi c'est pour cela que j'ai proposé de te faire venir.

Draco posa son regard gris sur les yeux azurs. Il hocha la tête, espérant avoir enfin trouvé un compagnon de jeu à sa mesure. Il côtoyait bien d'autres enfants, mais Pansy ne faisait que le coller bêtement et Crabe et Goyle étaient bêtes.

- Vous devriez aller faire connaissance les garçons. Pourquoi ne ferais-tu pas faire le tour du manoir à Draco ? Proposa Sirius.

Laissant les adultes à leurs discussions, les enfants quittèrent la pièce.

Ils se tenaient dans le hall d'entrée et Alexander angoissait légèrement. Il n'avait vraiment pas l'habitude de jouer avec d'autres enfants. Et si Draco ne le trouvait pas amusant ? Ce dernier observait les alentours ainsi que son compagnon. Il était un peu plus petit que lui ce qui l'emplit de fierté. Pour l'instant, il n'avait pas l'air très bavard.

- Tu fais quoi pour t'amuser ? Demanda-t-il dans sa grande bonté.

Il s'en moquait un peu, mais il ne comptait pas passer l'après midi debout dans le hall, même si celui-ci était haut et impressionnant.

- Je vais à la bibliothèque, j'essaye d'apprendre à lire pour un projet.

Cela attira l'attention de Draco. Un projet secret ? Il voulait savoir.

- Quel projet ?

Sa voix restait hautaine et mesurée, mais sa curiosité était piquée, Alexander s'en rendit compte et sourit.

- Tu veux que je te montre ?

N'attendant pas la réponse de son compagnon, il se précipita dans l'escalier qui menait vers sa chambre. Draco le suivit, pressé de savoir. Il pénétra dans la chambre mais ne prêta pas attention à la décoration sobre, bien loin des chambres de Pansy ou Crabe et Goyle qui étaient encombrées de posters et de jouets. Alexander prit un livre caché sous son matelas et l'ouvrit.

- Tu vois, lui c'est le roi des serpents. Le basilic et j'ai décidé que j'en aurai un. Même si papa veut pas encore que j'ai de serpent. Ronchonna-t-il. J'ai vu qu'il fallait faire des sorts bizarre pour le faire naître donc j'essaye d'apprendre à lire pour les comprendre et comme cela, je pourrai les faire et avoir mon serpent.

Alexander était manifestement excité par son projet. Draco s'approcha et examina l'illustration. Bon, il devait avouer que ce serpent là était vraiment majestueux.

- Pourquoi tu veux un serpent ?

Les autres enfants n'en voulaient jamais, lui même les aimait bien mais ne voyait pas l'intérêt d'en avoir un.

- Parce qu'ils parlent ! Un animal à qui parler, on ne doit plus jamais se sentir seul. Ajouta-t-il, une pointe de mélancolie dans la voix.

- T'es bête, les serpents ne parlent pas. Rétorqua le blond.

Faisait-il face à un imbécile qui croyait aux animaux qui parlent, aux licornes qui créent des arc-en-ciel ou aux contes de Beedle le Barde ?

Alexander soupira. Il n'aimait pas le regard moqueur du garçon.

- Oui, je sais, c'est que je suis fourchelangue, d'après papa.

Draco resta stupéfait. Il savait ce qu'était un fourchelangue. Il connaissait la rareté de ce don. Ce compagnon commençait à piquer son intérêt. Et ce projet l'intéressait, les autres enfants ne lui avaient jamais présenté un tel plan. Pour réussir, ils devraient faire de la magie. De la magie ! Il voulait en faire partie.

- J'aimerai bien t'aider. Fabriquer un basilique doit pas être bien difficile, indiqua-t-il masquant son excitation.

- Oui, mais il ne faut pas le dire, mes parents ne veulent pas que j'aie d'animal.

Les yeux du blond brillèrent.

- Donc c'est un projet secret. Qu'entre nous deux.

Il n'avait jamais fait de plan secret avec Pansy ou les deux autres. Ça c'était une aventure, une mission qu'ils devraient mener à bien. Alexander ressentait la même émotion, pour la première fois, il partageait quelque chose avec un autre enfant.

Solennellement, les deux enfants se serrèrent la main, scellant par de la même leur alliance afin de mener au bout cette mission secrète.

Cette alliance devait faire trembler bien des sorciers, à commencer par leurs parents.

C'est ainsi que deux heures plus tard, les parents qui recherchaient leurs enfants pour débuter le repas les trouvèrent sagement assis dans le jardin d'intérieur, le livre de lecture Black posé sur les genoux d'Alexander, Draco penché au dessus de son épaule. Un instant, les Malfoy s'étonnèrent, Katrina et Sirius, plus habitués à l'attitude sérieuse de leur fils sourirent.

Draco ronchonnait, vexé de l'avance qu'avait pris son nouvel ami dans cette compétence si nécessaire à leur plan.

- Je ne m'attendais pas à les trouver étudier. Ils ont une bonne influence l'un sur l'autre. Déclara Narcissa avec un sourire.

Ils hochèrent tous la tête, fiers de la volonté d'apprendre de leurs enfants.

S'ils avaient connu la finalité du projet, ils auraient certainement eu un avis différent...

Accompagnés de leurs parents, les enfants rejoignirent la salle à manger où étaient déjà installées Bellatrix et Walburga. Les discussions entre les membres de la famille Black s'étaient éternisées, ils n'avaient pas vu le temps passer après tant d'années de séparation et finalement tous avaient accepté l'invitation à dîner que Sirius leur avait proposé. Bien sûr, la plupart des sujets délicats avaient été évité. Personne n'avait mentionné Regulus ou Voldemort par exemple.

Alexander observa sa tante et sa grand mère. Il n'avait qu'à peine eu le temps de leur parler. Pourtant, il désirait ardemment les connaître.

- Sirius, installe donc ce petit près de moi. J'ai loupé les quatre premières années de sa vie, sa naissance, il est temps que je le rencontre. Demanda la vieille femme.

Elle ne correspondait pas l'image de la bonne grand mère, prête à faire des confitures ou des gâteaux à ses petits enfants, loin de là. Walburga gardait cette noblesse qui avait été la sienne toute sa vie. Elle était fière, impressionnante d'une certaine manière. Alexander s'approcha timidement d'elle et Draco se plaça face à lui, aux côtés de sa mère.

- Qu'avez vous fait pendant que nous discutions ? Interrogea Walburga.

Draco, encore tout excité par leur projet, répondit :

- On commence un projet secret avec Alexander.

Ce dernier grimaça, doutant soudainement de la fiabilité de son partenaire. Comprenait-il le sens du mot secret ? Au regard noir qu'il lui lança, Draco comprit son erreur et s'empressa de poser ses mains devant sa bouche, mortifié de sa bourde. Tous rirent de sa maladresse. Il ne se vexa pourtant pas, malgré sa grande fierté. Nulle agressivité ou moquerie ne transpirait de ces rires.

- Draco, il ne faut pas en parler, sinon ce n'est plus un secret. S'empressa d'ordonner Alexander, craignant que l'autre enfant ne donne plus d'information.

- Par Salazar, ce petit te ressemble tellement Sirius ! Combien de mauvais coups as-tu préparé de cette manière ? Ricana Walburga, amusée de voir le destin affubler Sirius d'un enfant aussi malin qu'il l'avait été.

L'homme marmonna, peu enclin à partager devant son fils le souvenir de ses bêtises.

- Je pensais, j'ai loupé tous tes anniversaires. Je dois me rattraper. Que désirerais-tu ? Demanda-t-elle en se penchant légèrement vers lui.

- Le boa du magasin de l'autre jour. Il est drôle. Répondit aussitôt l'enfant.

- Alexander, j'ai déjà dit non, ce n'est pas la peine de demander à ta grand-mère. Intervint Sirius.

Le petit sorcier baissa la tête, déçu.

- Que ferais-tu d'un si gros serpent ? Demanda la grand-mère un sourire au visage.

- Je m'ennuie quelques fois. Cela me ferait un ami pour discuter. Rétorqua Alexander.

Le silence s'abattit sur la table. Remarquant l'étonnement de leurs invités, Katrina sentit qu'il fallait s'expliquer.

- Alexander est fourchelangue.

- Mais il n'y a jamais eu de fouchelangue chez les Black ! s'exclama Walburga.

- Mon arrière-arrière-grand-père était un fourchelangue reconnu, Alexander doit tenir son don de lui. Vous le connaissez certainement de nom : il se nommait Raspoutine.

- Mais...

Katrina sourit, comprenant qu'elle ne s'en sortirait pas sans raconter toute son histoire.

- Mon arrière-grand père, Nicolas II était marié à une moldue. Malheureusement, les enfants qui naquirent de cette union furent dotés d'une magie très faible. Il finit donc par s'unir à Elena, fille de Raspoutine, le mage noir le plus puissant de l'époque. De cette union naquis ma grand-mère Anastasia. Il espérait que ses pouvoirs permettraient au Romanov de rester indétrônables. Il sentait l'agitation naître, mais ces mages blancs les ont renversé avant qu'Anastasia ne puisse maîtriser pleinement sa puissance. Raspoutine avait disparu depuis des années, la plupart croyait même que la dernière tentative d'assassinat fomentée contre lui avait fonctionné. En effet, Elena était morte en couche et il n'avait pas supporté la douleur causée par la perte de sa fille. Il ne restait donc plus d'autre grand mage noir que Nicolas II et malgré sa force, il ne pouvait faire face seul. Comme vous le savez certainement, toute la famille fut exécutée, ou du moins ce fut ce que tous crurent. Raspoutine avait appris les projets des mages blancs. Il réussit à atteindre la maison qui servait de prison à la famille royale. Il ne pouvait tous les faire sortir, il choisit donc Anastasia, sa petite fille. Nicolas II avait fermement refusé de le suivre, préférant rester avec les siens.

Raspoutine et Anastasia fuirent en Italie. Elle y épousa un noble, dont la famille plongeait dans la magie noire depuis des siècles, Rodrigue Pizzilo. Mon père Alexeï arriva peu après. Il se maria avec une noble polonaise, Isabella Kovianko. Je n'ai connu ni ma mère, ni mon grand père paternel. Mon père est décédé il y a quelques années, certainement un attentat. Il ne reste qu'Anastasia et moi et grand-mère ne quitte que rarement la palais Alexandre, elle craint d'être utilisée contre moi.

Face à ce récit familial, le silence prit place. Tous comprenaient à présent les précautions prises par le couple toutes ces années. Ils semblaient véritablement poursuivis. L'ambiance se détendit ensuite totalement. Les discussions naquirent, les rires apparurent et les mets délicieux furent dégustés dans la bonne humeur.

Alexander passa la plupart du repas à discuter avec sa grand-mère, ils faisaient connaissance doucement et il avait déjà décidé qu'il adorait cette femme qui avait tant d'anecdotes juteuses sur son père. Draco observait son oncle avec de grands yeux admiratifs depuis qu'il avait avoué être un animagus.

- En quel animal tu te transformes ? C'est trop bien, moi aussi je serai un animagus plus tard.

Sirius marmonna, il sentait que sa forme animal allait attirer les rires, il fallait la jouer finement.

- Tu vois à quoi ressemble le sinistros ? Et bien j'ai presque la même forme.

Au vue du regard ébahi, son plan avait fonctionné.

- En gros tu te transformes en chien... ajouta Bellatrix.

Si un regard pouvait tuer, Bellatrix serait morte durant ce joyeux repas familial.

- Et toi maman ? Tu es animagus aussi ? Demanda Alexander, curieux.

Elle secoua la tête.

- Non, je n'ai jamais ressenti le besoin de me transformer. De plus, la forme animagus peut donner beaucoup d'informations aux ennemis. Si l'on se transforme en lion par exemple, cela montre que le courage est notre trait de caractère principal. Quelqu'un se changeant en renard sera fourbe, un homme se transformant en chien sera quant à lui à coup sûr fidèle.

Alexander et Draco ne comprirent pas la raison des rires que firent naître les paroles de Katrina.

Le repas continua sur cette note joyeuse. Mais il restait un point à éclaircir. Regulus devait venir le lendemain et Sirius voulait être fixé.

- Parlez moi de Regulus.

Le ton était plus dur, ce n'était plus le cousin amusant ou le fils retrouvé qui parlait, mais le chef du clan Black. A la simple mention de ce nom, Bellatrix blêmit de colère et Lucius se redressa. La trahison était encore fraîche dans leur cœur.

Voyant que sa belle sœur serait incapable d'expliquer clairement la situation, Lucius prit la parole :

- Bellatrix et moi sommes des mangemorts, comme tu le sais. Regulus en était un aussi. Le Seigneur des Ténèbres ne lui accordait pas une grande confiance à cause de toi, ton appartenance au clan de Dumbledore le discréditait. De plus, contrairement à Bellatrix, il ne l'impressionnait guère. Un soir, le Lord nous a convoqué, il fulminait. Il nous a appris que Regulus lui avait volé un objet très précieux et que sa trahison ne serait pas pardonnée. Nous l'avons poursuivi et alors que nous allions l'exécuter, des aurors sont apparus. Nous avons dû battre en retraite. En tout cas, il est activement recherché par le Seigneur des Ténèbres.

- Ce sale traître ! Tu ne peux pas lui faire confiance Sirius. Il n'a aucune excuse. Ajouta Bellatrix.

Après quelques instants, Katrina, songeuse, fit entendre son avis.

- Il est étrange que des aurors soient apparus juste à temps pour le sauver. Peut être n'a-t-il pas trahi seul ? Il a certainement passé un accord avec ce Dumbledore.

Elle ne prenait pas parti dans cette guerre anglaise, bien trop occupée à mener ses propres batailles. Son regard extérieur lui avait tout de suite montré ce détail qui quand on y réfléchissait était étonnant.

- S'il travaille vraiment avec Dumbledore, je ne peux pas le laisser approcher Alexander. J'aviserai demain. Selon son attitude je lui révélerai ou non une partie de la vérité.

Sur cette décision, le repas reprit une ambiance plus chaleureuse.

Alexander et Draco commençaient tous deux à fatiguer, bien qu'il ne soit pas question de louper le dessert pour eux. Après ce dernier, Katrina ne manqua pas un troisième bâillement de son fils et proposa :

- Petit zmiéia (1), veux-tu aller te coucher ?

Au surnom, il se redressa.

- Oui maman, je veux bien.

- Zmiya ça veut dire quoi ? Demanda Draco, pourtant tout aussi somnolant que son compagnon.

- Zmiéia. C'est serpent en russe. Maman me l'apprend. Lui répondit l'enfant.

Draco releva la tête, enthousiaste.

- Tu apprends le russe ! Moi aussi je veux apprendre maman. Quémanda Draco qui ne voulait surtout pas voir son nouvel ami le distancer dans une nouvelle discipline.

Narcissa ne savait pas dire non à son fils, c'est ainsi qu'elle répondit :

-Nous te trouverons un professeur si tu veux.

- Je peux le prendre en même temps qu'Alexander si vous le désirez. Proposa Katrina.

Les deux garçons sourirent largement, priant pour que cette proposition soit acceptée.

- Allez Maman. Dis oui, comme cela je verrai Alexander tous les jours !

Narcissa ne savait vraiment pas dire non à son fils.

C'est ainsi qu'il fut conclu que les garçons se retrouveraient au palais Black tous les matins pour apprendre le russe, ils joueraient ensuite une heure avant de se séparer pour le reste de la journée.

Le repas s'acheva et les au revoir furent bien plus chaleureux que la rencontre. Tous étaient heureux de cette nouvelle entente. Ils promirent de se retrouver au plus vite, même si les Malfoy et le couple Black se reverraient de toute façon dès le lendemain.

Ce soir là, Alexander n'eut pas la force d'écouter une histoire, pas même la suite du conte pourtant inachevé la veille. Il s'endormait déjà sur l'épaule de son père lorsque celui-ci montait les escaliers. Il eut cependant la force de partager son bonheur avec lui.

- Papa, je crois que Draco est mon premier ami.

A suivre

1 : serpent en russe (en écriture occidentale bien sûr)

Et voilà ! Qu'avez vous pensé de cette rencontre ? De l'amitié naissante entre Draco et Alexander ? Le fameux projet secret ?

Prochain chapitre : Changements publié aux alentours du 3 Août.

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