Il piqua tout simplement un fard et ne rajouta rien. Il avait raison, deux minutes après notre échangé, il rentra dans une petite résidence composée de deux vastes bâtiments. Il m'expliqua qu'il y avait deux appartements par immeubles et que dans chacun de ces appartements il y avait un étage et aussi un garage. A l'aide d'un interrupteur portable il actionna la porte du garage qui s'ouvrit pour pouvoir y rentrer la voiture. J'ouvris ma portière pendant qu'il déchargeait mes affaires. Le garage n'avait rien de spécial, il était garni d'un bac congélateur ainsi que de centaines de bûches, j'en conclus qu'il avait une cheminée. Il passa devant moi pour me guider, nous montâmes un escalier en béton, m'ouvrant la porte pour me laisser passer, je découvris l'intérieur luxueux et chaleureux de son appartement. J'en restais cointe. Etant un loft, toutes les pièces étaient ouvertes et donnaient donc les unes aux autres. A 20 mètres de moi se tenait une cuisine américaine avec un bar. Composé d'un meuble central, il y avait un gros frigo à l'américaine suivit par un grand plan de travail, sur le pan d'en face le four, puis sur le pan de droite une grande vasque servant d'évier et à coté un lave vaisselle. Tous les instruments de la cuisine étaient en inox, les murs couleur lie de vin s'accordaient à merveille. Du côté gauche de la pièce trônait un canapé magistral en cuir beige sur un tapis rayé multicolore. En face une télé écran plasma était posé sur un meuble bas en contre-plaqué beige ou étaient rangés quelques DVD. A droite il y avait le coin repas avec une longue table rectangulaire en bois massif entourée de 8 chaises mais il devait certainement y rentrer 12 personnes. Deux grands chandeliers étaient posés par-dessus un chemin de tables blanc. Tous les murs de cette grande pièce étaient peints en différentes teintes de beige et d'écru, quelques tableaux étaient dispersés, tous très colorés. Derrière la télé grimpait jusqu'à l'étage un escalier en fer forgé simple mais très moderne, les rambardes de l'étage étaient dans le même style. En face de la cage d'escalier un lit était placé sous le toit en pente, à gauche de celui-ci un long placard s'étendait. A droite du lit une petite pièce faite avec des briques de verres faisait office de salle de bain, Armand m'ouvrit la porte pour que je puisse y jeté un coup d'œil. Le style était sobre mais très élégant. Nous passâmes ensuite à « ma » chambre qui celle-ci était cloisonnée. Une porte fenêtre donnait sur une petite terrasse, le style était couleur taupe et bordeaux, il y avait effectivement une salle de bain attenante, séparée par un rideau épais. Celle-ci était dans les tons rouge et noir, mes deux couleurs favorites, il y avait une douche et ainsi qu'une grande baignoire, une grande vasque servant de lavabo surmontée d'un grand miroir rectangulaire, le reflet que je vis de moi-même ne me plut guère.
Ca te plait ?
Ton appartement est magnifique !
Merci. Je te laisse t'installée, je redescends, il faut que je passe un coup de fil.
Ok.
Il me laissa donc seule. Je m'avançais vers la grande armoire en chêne massif et rangeait mes affaires puis quand j'eus terminé je m'assis sur le bord du lit et contemplait dehors. Ce coté de la chambre donnait sur des champs. Le ciel était très couvert et je me rendis compte qu'il pleuvait. La lumière faiblissait et moi je restais là, planté, ne pensant à rien, oubliant ou j'étais, qui j'étais et ce que je devais faire. Armand revint au bout d'une bonne demi heure, il frappa doucement à la porte et me dit :
Si tu as faim je peux te préparer quelque chose à manger ?
Non merci…
Tu es sure ?
Oui oui, si ça ne te dérange pas, je voudrais me coucher tôt, je suis lessivé.
Non pas de problème, je comprends. Si jamais tu as besoin de quoi que ce soit, tu sais où est ma chambre, n'hésites surtout pas.
Merci
Bonne nuit.
Bonne nuit.
Sur ce, il referma doucement la porte et je l'entendis redescendre les escaliers. Suite à ça, je me mis en pyjama, me rinçais le visage puis me glissais sous les couvertures. Le lit sentait délicieusement bon, rien à voir avec celui de l'hôpital. Cette pensée me fit pleurer car elle m'avait rappelé pourquoi avais-je été dans cette hôpital, je m'endormis ainsi. Dans mon rêve, j'étais en voiture, cette fois-ci avec Armand et nous nous engueulions, il roulait très vite, le temps était à l'orage et moi je ne cessais de pleurer quand tout d'un coup, des phares inondèrent l'habitacle de la voiture, on nous fonçait dessus, j'entendis Armand avoir un haut le cœur puis d'un coup, quelque chose ouvrit ma portière cria « Cela suffit » et m'en extirpa. Je vis très nettement la personne, un être magnifique, avec les mêmes yeux dont ceux je me rappelais après mon vrai accident, il me déposa sur la route, à l'écart, et regarda le crash avec un sourire. Je me retournais vers lui, horrifiée, me relevais d'un coup et hurlais « Armand !!!!! », cette homme me rattrapa par la taille et m'encercla de ses bras. Puis il me dit « à présent, plus rien ni personne ne nous séparera, tu m'appartiens ». Je fus extirpais de mon cauchemar en hurla de toutes mes forces, je sautais de mon lit et courais vers celui d'Armand, qui avait déjà allumé la lumière et se levait l'air affolé. Je me jetais dans ses bras, transit de terreur, il me calma :
Je suis là, tout va bien, ne t'inquiètes pas
Je ne veux pas te perdre, sanglotais-je, je t'en pris ne me laisse pas.
Jamais je ne t'abandonnerais tu entends.
