Auteur : Lonely Seira
Titre : Les mots des maux
Genre : Drame/Angst/Dead-fic/UR/OOC
Rating : T
Disclaimer : Les personnages de Naruto sont à Masashi Kishimoto. Je ne fais que les emprunter et ne fais aucun bénéfice sur leur dos.
Douce vengeance
Traître. Du jour où tu es parti, il n'est plus resté que ce mot-là dans la bouche des gens. Les villageois, le conseil, les autres ninjas. Pour eux, tu n'étais plus rien. Ton nom ne signifiait plus grand chose. Tu étais le seul de ta famille qui restait avec ton frère, et ton statut a rejoint le sien. L'image du fier ninja prometteur venait de voler en éclat, décevant au passage tes coéquipiers qui comptaient sur toi et ton professeur qui se sentait coupable comme jamais. Après tout, il avait essayé de te convaincre, mais ses mots n'avaient pas suffi. De toi, il ne nous restait rien. On a voulu nous faire comprendre que tu n'étais qu'un simple nukenin qu'il fallait rapatrier à Konoha puis juger. Sur le coup, ton départ n'avait étonné personne en fait. Tout le monde savait qu'un jour, tu chercherais après plus de pouvoir uniquement pour assouvir ta vengeance. J'ai eu beau faire, j'ai eu beau me démener comme un diable, t'offrir tout ce qu'il était humainement possible d'offrir à une autre personne et bien plus encore, mais tu n'as jamais trouvé cela suffisant. Pourtant, même après ta disparition – terme que je trouvais en tout point préférable à désertion – j'ai continué à te défendre envers et contre tous ... pour ce que ça m'a apporté franchement, j'aurais mieux fait de m'abstenir. Quel imbécile j'ai été.
Evicéré, étripé, écartelé
Dans tes entrailles et ton sang
Ecorché, démembré, mutilé
Je ris, je chante en dansant
Je me battais déjà contre la haine des gens et je n'ai rien trouvé de mieux que de prendre aussi sur mes épaules celle qu'ils nourrissaient à ton égard. Maintenant que mon choix est fait et que je marche pour accomplir mes desseins, je me demande pourquoi j'ai agi de la sorte. À l'époque, tout me paraissait tellement plus simple. Bien peu m'aimaient ou me respectaient mais je me fichais de leur opinion, car toi qui m'avais reconnu pouvais aisément muer la peine que je ressentais en fierté ... la fierté d'être vu par un être tel que toi. On n'éprouvait que de l'admiration envers toi et j'en recevais une part grâce à ton regard qui me suivait. C'est à ce moment que cette lamentable petite chose est née en moi. L'espoir. Quoi de plus vain et futile ? Je m'en suis nourri pendant si longtemps. Je croyais vraiment que je représentais quelque chose pour toi. Je m'y suis accroché comme un enfant perdu s'accroche à son père. Puis mon admiration et ma gratitude ont dérivé vers un sentiment plus puissant. Je pensais que la joie ressentie n'en serait que plus incroyable encore, mais tout ne s'est pas passé comme je l'aurais voulu. C'est lorsque j'ai pris conscience de la réalité que mon être s'est fait engloutir dans le chaos le plus indescriptible. Tu n'avais pas fait que trahir le village où nous avions grandi tous deux ... tu m'avais surtout trahi moi.
Décapité, désossé, trucidé
Sur ton cadavre purulent
Fusillé, éventré, découpé
Je saute de joie en criant
J'ai pleuré, hurlé, demandé pourquoi. Aucune réponse. Je voulais que tu me dises, que tu m'expliques, ou mieux, que tu m'emmènes avec toi et me laisses te seconder comme je l'avais toujours fait. Mais même ça tu l'as refusé. Cette main que je tendais vers toi, ce n'était pas pour te donner un allié qui pouvait te sauver ... c'était pour que ce soit toi qui me sauves. Tu m'avais arraché à cette terrible solitude, à cette indifférence dans laquelle je ne faisais que me débattre chaque jour et le plus cruellement du monde, tu m'y as replongé sans éprouver l'once d'un remord. Bien sûr tu avais une vengeance à accomplir qui ne pouvait être menée par nul autre que toi. Je l'avais compris et accepté. Mais dans ce cas, pourquoi t'allier à eux ? Pourquoi reformer une équipe alors que tu en avais déjà une qui aurait été prête à te suivre où que tu ailles ? Tu m'avais non seulement trahi, mais menti aussi. Je n'avais même plus le sentiment de te connaître et ça m'a fait tellement mal. Je ne désirais rien à part me donner à toi car en retour, tu aurais donné un semblant de sens à mon existence, tu aurais justifié ma présence en ce monde. Cette confiance que je t'ai témoignée sans hésitation aucune, a été piétinée quand j'ai réalisé que cette considération que tu m'avais accordée lorsque nous étions enfants n'était que du vent. Notre amitié n'a toujours été qu'une illusion.
Crucifié, brûlé, martelé
Tu as joué avec mes sentiments
Dépouillé, scalpé, massacré
Tu mérites ce châtiment
Le pire maintenant que j'y pense, c'est que tu savais parfaitement tout ça. Tu étais loin d'être bête. Tu avais vu ma façon de te regarder, de te parler, de t'implorer et de te poursuivre. Mais tu as préféré t'en amuser. Ton regard hautain, tes sourires narquois, tes paroles acerbes, ils ont été autant de poignards qui s'enfonçaient lentement dans ma chair. Des blessures psychologiques plus meurtrières que si j'avais été taillé en pièces, morceau par morceau. Une lente torture pour une agonie que tu as faite perdurer pendant des années. Je suis déjà mort. Mon corps n'est plus mû que par une soif de vengeance aussi dévastatrice que celle qui t'habite. Je suis parti du village moi aussi. Simplement parce que je ne supportais plus leurs regards sur moi. Je devenais toujours plus fort mais dans le même temps, toujours plus instable. Mon cœur saignait, mon âme hurlait et mon esprit ne pouvait plus que réclamer justice. Ta vengeance est tout pour toi ? La mienne est tout ce qui me reste aussi. Car je ne serai satisfait qu'à la seconde où tu réaliseras ce que tu m'as fait endurer. Mais si je pouvais me contenter de ton corps, ce serait trop simple. J'aurai ton âme aussi. Je t'en priverai quand tu comprendras que tu es devenu cet homme que tu rêvais de tuer. Ton frère a bafoué le lien que tu avais bâti avec lui en le souillant par le sang de ta famille et tu n'as fait que reproduire ce schéma, méprisant le lien que nous avions construit en déversant mon propre sang. Il ne manque plus que le tien à présent.
Ebouillanté, tailladé, noyé
Tu m'as blessé en m'ignorant
Saigné, ravagé, défiguré
Ne te restent que ces tourments
Je t'ai retrouvé cette nuit. J'ai vu dans tes yeux cet effroi qui t'a un instant parcouru lorsque tu as croisé mon regard. Pourquoi en as-tu si peur ? Parce que tu te retrouves dans mes yeux ? Parce que tu vois celui que tu étais quand tu t'es lancé à la poursuite d'Itachi ? Parce que tu ne vois plus qu'une ombre qui n'a plus ni vie ni avenir ? Toutes ces pensées m'arrachent un sourire. C'est tellement bon de te voir comme ça. Si perdu, si démuni. Tu ne comprends pas. Tu croyais avoir tout laissé derrière toi mais sache bien que les démons du passé finissent invariablement par se repaître du présent. La pureté de mon amour s'est métamorphosée en la plus vile des haine. Un monstre avide de ta chair et de ta douleur. C'est ce qui a toujours été tapi en moi. C'est ce contre quoi je me suis battu grâce à toi. Et maintenant, je me délecte de le voir fondre sur ta misérable personne. Tu essaies de te défendre mais déjà tu capitules. Comme si tu avais le choix de toute façon. Tes soi-disant équipiers se sont enfuis pour ne pas devenir victimes de ce carnage. Sage décision. Ma colère m'aveugle trop pour que je voie où mes coups tombent. Tant que c'est sur toi c'est tout ce qui compte. Alors que ton sang se répand en une mer écarlate, tes yeux s'ancrent dans les miens pour me transmettre ton dernier message. Est-ce de la culpabilité que je décèle ? Désires-tu mon pardon maintenant ? ... Bien ! Je n'attendais plus que ça pour t'annihiler.
Ecrasé, broyé, haché
Tu m'as supplié en pleurant
Piétiné, lapidé, empoisonné
Je t'ai achevé en souriant
Note de l'auteur : Et voilà pour ce dimanche ! C'est mignon hein ? XD C'est sûr que ça n'a rien à voir avec le précédent one-shot.
Bon, le prochain chapitre de ce recueil s'appellera "Songes d'un jour scarifié" mais il n'y a pas encore de date de publication arrêtée. Donc en attendant, passez un bon dimanche et à la prochaine !
