La semaine passa très vite, et le 15 août arriva avant que Ppoiyo ne s'en rende compte. Le bleuté attendait son rival depuis bientôt deux heures, et il commençait à être de mauvaise humeur. Enfin, la silhouette de Ron apparut à l'horizon. Alors qu'il se rapprochait, Ppoiyo le vit lui envoyer de grand signes de la main en souriant bêtement, ce sourire idiot dont il avait le secret.

- Matsu! s'égosilla le brun.

- Je ne suis ni sourd, ni aveugle, idiot! lui répondit Ppoiyo d'un ton tranchant alors que les deux se rejoignaient.

Ron se contenta de sourire encore plus, ses yeux turquoise brillant de malice, ce qui eut le don d'énerver le bleuté, qui lui jeta un regard lourd de menaces, ses iris prenant une nouvelle teinte de rouge. Pourtant, il ne répliqua rien, détestant s'épuiser inutilement et désireux de conserver ses forces pour la compétition.

- Alors, où on va, cette fois? demanda Ron en regardant autour de lui.

Ppoiyo ne prit même pas la peine de répondre, pointant plutôt la montagne derrière lui. Sans même se parler, les deux se mirent à courir, chacun ayant convenu d'un simple regard de se retrouver tout en haut. Ron prit rapidement de l'avance, mais le bleuté le dédoubla pour arriver en face de la route tortueuse qui séparait le parc de la montagne. Ayant soudain une impression de déjà-vu, il s'arrêta alors que son adversaire s'écrasait contre son dos.

Au même moment, un camion qui semblait avoir perdu tout contrôle déboula à toute allure et passa à quelque centimètres à peine du visage de Ppoiyo. Le souffle le propulsa au sol, mais il s'en tira sans une égratignure.

- Pfff, fit Ron, ce n'est pas passé loin!

- Hm, répondit simplement le bleuté en se relevant, sachant que son compagnon l'avait échappée belle.

Ils regardèrent de chaque côtés de route avant de se remettre à courir. Au bout de deux minutes, ils commencèrent à grimper la montagne, toujours au pas de course. Après 15 minutes, le sol se fit plus escarpé et ils durent escalader la paroi, sans équipement. Au bout de quelques minutes, Ron, était rendu plus haut que son concurrent, étant plus musclé et plus grand que Ppoiyo.

Alors qu'il allait poser son pied sur une pierre qui semblait être une prise facile, le bleuté arrêta son geste, ayant un sentiment de danger imminent. Il le cala plutôt dans une crevasse un peu plus loin et l'escalade se déroula sans incidents, bien que le brun était toujours en tête.

Les deux garçons arrivèrent à un plateau où un éboulement avait eu lieu, créant ainsi une caverne juste assez grande pour qu'un homme puisse se tenir debout à l'intérieur. La construction tenait par miracle et pouvait s'écrouler à tout moment. Pourtant, Ron n'hésita pas à mettre Ppoiyo au défi.

- Je parie que tu ne tiendrais pas cinq secondes en dessous! le piqua-t-il. Évidemment, je vais le faire aussi...

Le bleuté répondit à l'affirmative, car il détestait par dessus tout passer pour faible, et Ron le savait parfaitement.

- Tsk, évidemment que je peux le faire! lui dit-il. Dix... Va pour cinq secondes, fit-il ensuite.

- Parfais! s'écria le brun.

Ppoiyo s'avança et se plaça à l'intérieur de la petite grotte. Au bout de cinq secondes, il laissa sa place à Ron, qui s'avança dans la cavité et attendit. Il ressortit alors qu'une petite pierre tombait. Quelques secondes plus tard, la caverne s'écroula sur elle-même, les faisant sursauter.

- C'est pas passé loin! rigola Ron.

Le bleuté ne répliqua rien, ayant la sourde impression que quelque chose de bien pire aurait pu arriver. Ils continuèrent leur ascension en courant, le terrain étant à nouveau suffisamment à l'horizontale. Après quelques minutes à zigzaguer entre les troncs, ils arrivèrent enfin au point culminant de la montagne. Ils s'arrêtèrent un instant pour reprendre leur souffle tout en admirant la vue qui s'offrait à eux. Au bout de quelques instants, ils reprirent leur course effrénée en utilisant un nouveau chemin pour arriver au bas de la montagne, l'objectif étant d'arriver le premier au parc.

Soudain, ils arrivèrent devant une faille et furent forcés de s'arrêter. Elle n'était pas très large, mais elle semblait plutôt profonde. Une chute s'avérerait sans aucun doute mortelle. Un arbre était tomber en travers de l'obstacle, créant un passage vers l'autre côté. Toutefois, faisant encore fi de tout jugement, Ron prit son élan et se prépara à sauter par-dessus le gouffre.

Ppoiyo préféra utiliser l'arbre, une opération déjà assez risquée à son goût, d'autant plus qu'il doutait parvenir à sauter cette distance, qu'il estimait à sept mètres. Il tenta de prévenir Ron que c'était trop loin, mais le brun se borna à essayer. Il courut avant de sauter au dessus du vide alors que le bleuté descendait de l'arbre, déjà de l'autre côté.

Hélas, Ron ne sauta pas assez loin. Ses doigts frôlèrent le bord de la faille sans qu'il ne réussisse à s'agripper. Heureusement, Ppoiyo le rattrapa par la manche, mais son rival était trop lourd pour qu'il n'arrive à le remonter. Alors que le brun pendait dans le vide, le visage crispé par la peur, sa manche commença à déchirer. Le bleuté tira plus fort en un dernier espoir de remonter son ennemi. Pourtant, dans un craquement sinistre, la manche se déchira complètement et Ron tomba en hurlant. Ppoiyo le regarda disparaître dans l'obscurité en hurlant sa colère et son désespoir. Des larmes, qu'il ne pouvait déterminer si elles étaient de rage ou de tristesse, roulèrent lentement sur ses joues. Frappant le sol du poing, il cria avant de s'allonger sur le sol, complètement vidé de son énergie. L ferma les yeux en se remémorant le visage déformé par l'effroi de Ron.


Ppoiyo se réveilla sans surprise cette fois, réalisant qu'il avait encore été floué par le songe. « Et merde! Maudit cauchemar! » grogna-t-il en fulminant, de plus en plus agacé par ses visions. Il regarda le cadran posé sur sa table de chevet. Sans surprise, il constata qu'il affichait 8:09 et que la date était le 13 août. « Plus que deux jours… »