CHAPITRE 3: Vaguement poétique vaguement mélodramatique

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Nous étions tous les deux assis sur le sable, le silence s'était installé entre nous. On entendait seulement le bruit des vagues sur la plage. Je commençais à m'ennuyer grave, et guettais du coin de l'œil le vendeur ambulant. Cela n'échappa pas à Castiel qui s'énerva :

''Si t'as à ce point là envie d'une barbe à papa, vas-y. Mais, fous-moi la paix!

Je lançais un dernier regard au vendeur puis me retournais vers Castiel. Qui ne semblait toujours pas disposer à parler. Il se contentait de tirer sur ses mèches de cheveux.

"Est-ce une pédale? Un homo? Une tapette? Un lesbien? Ou un gay? Aucune idée, tout ce que je sais, c'est qu'il mate le jardi...aie ! Pardon ! Je suis désolé ! Je ne sais pas ce qui m'a pris de chanter ! Pitiarggggggggg ! (Dois-je vraiment décrire ce qui était en train de se passer ? )

-Si tu tiens à la vie, ne recommence plus jamais ça !

Je lui répondis en geignant :

-Mais, on est ici pour parler de toi, comme tu ne dis rien, il faut bien que je raconte quelque choseeeuuuuuhhhhhhhhh (oui je pouvais être excessivement chiant quand je le voulais. Ajoutez à ça le fait que je voyais mes précieuses barbes-à-papas s'éloigner et j'étais l'incarnation même de la chiantitude.)

-Il n'y a absolument rien à dire Cain! Je n'ai aucun compte à te rendre!

-Alors ça ne te dérange pas si je parle à Lysandre de tes tendances de matage de jardinier ?

Il soupira et se passa la main dans les cheveux, gêné. (Notez qu'il avait pris la peine de me démolir l'épaule d'un coup de poing juste avant)

-Écoute! Tout ce que je vais te raconter, t'as intérêt de le garder pour toi."

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[Sortez les mouchoirs, chères lectrices, votre nouvel épisode de Amour Castelien Coquillagement Triste va commencer. ]

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Ses yeux avaient la couleur de l'orage, comme le ciel. Il ne me regardait plus maintenant, il fixait juste la mer.

" Depuis que je suis gamin, je me suis toujours sentis... différent. Mais, c'est vraiment à partir du collège que tout a changé. Plusieurs filles m'avaient avoué leurs sentiments, mais, je les avais toujours repoussées. Elles ne m'intéressaient pas. Pourtant, je voyais les garçons d'une autre manière. Pendant qu'ils mataient des femmes en maillots, moi je me forçais à fermer les yeux dans les vestiaires, pour ne pas les voir, eux.

En temps normal j'aurais parlé des abdos de Dajan et de mes séances de matage. Cependant, le temps était tout sauf normal et mon cerveau était en train d'essayer de comprendre le fait que Castiel était en train de coming-outer devant moi. D'accord j'avais suggéré qu'il pourrait s'intéresser aux mecs, mais le fait qu'il me l'avoue me paraissait tellement surréaliste que je me retrouvais incapable d'articuler quoi que ce soit.

-A 14 ans, je me considérais comme quelqu'un d'anormal. J'étais totalement perdu, je ne savais pas ce qui m'arrivait, mais je ne pouvais en parler à personne à Sweet Amoris, alors je me suis tourné vers ma famille. Mes parents n'étaient pas spécialement homophobes, ils toléraient et mes deux frères n'avaient pas vraiment d'avis sur ce sujet. En tout cas, c'était ce que je croyais, mais, le jour où je leur ai parlé de mon attirance pour mes garçons, ils...ils...

Sa voix se brisa, il tremblait. Il paraissait tellement mal que je voulus le réconforter. Je tendis mes doigts vers les siens avant de les laisser retomber sur le sable. En soupirant, je me contentai de demander :

-Castiel, qu'est ce qui s'est passé?

-Ils m'ont rejeté! Quand je le leurs ai avoué, ils m'ont purement et simplement rejetés, reprit-il le ton dur. Oh, bien sur, ils ont essayé de "m'aider" en m'envoyant dans camps de réorientation, des endroits pour " les gens comme moi", où on me faisait comprendre toute la journée que j'étais un monstre. Pour mettre fin à tout ce bordel, je les ai convaincus que j'étais "guéri" en avec des filles. Ils m'ont cru.

Il était furieux.

-Je leur en ai tellement voulu. A mes parents, qui m'avaient repoussé et à mes frères qui ne m'avaient jamais aidé. Je ne supportais plus rien, j'en avais marre des regards dégoûtés de mes parents, des railleries de mes frères, des sourires hypocrites des professeurs. Mais je ramenais des filles et des bonnes notes, alors, ils étaient contents. Je n'aurais jamais pensé pouvoir un jour haïr quelqu'un comme j'ai haïs mes parents. C'était horrible... Je... Ils ne...

Je voyais le vrai Castiel, sous ses airs de gros dur, derrière sa carapace, je découvrais les sentiments trop longtemps refoulés : peur, colère, tristesse, déception, hésitation ( fascination, révélation, tentation). Castiel m'apparaissait si fragile, si vulnérable. Ne pouvant me retenir je l'attirais vers moi et passai doucement ma main dans ses cheveux. Il eut d'abord un mouvement de recul puis finit par se laisser faire en appuyant sa tête contre mon épaule. Il était tellement proche que je pouvais voir la racine de ses cheveux. J'eus à cet instant les pensées et les interrogations que n'importe qui d'autre aurait eut dans cette situation.

Il serait temps qu'il se refasse une coloration. Si je le lui dis il risque de m'arracher la gorge avec les dents... Je ferais mieux de me taire finalement.

Est-ce qu'il se les teint tout seul ou est-ce qu'il va dans un salon de coiffure pour le faire ?Lysandre aussi se teint les cheveux... est-ce qu'ils se le font mutuellement ? Non ! Stop ! Concentration ! Ne pas imaginer Castiel et Lysandre dans la douche en train de jouer au coiffeur ! Trop tard ! Huuuummmm, le jardinier aussi pourrait les rejoindre, ça pourrait être intéressant...

Pourquoi j'arrive pas à me concentrer ? Concentration Cain ! Con... Ses sourcils sont rouges aussi ! Est-ce qu'il se teint aussi le reste du corps ? Faudrait que je vérifie... mais si je lui arrache son pantalon ça va paraître suspect. Sauf si je le fais très discrètement... C'est une bonne idée ça !

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La voix de Castiel me sortit de mes pensées capillaires et m'empêcha de faire ce qui aurait sans doute était la dernière connerie de ma vie. S'écartant de moi, il commença :

"J'ai rencontré Jade l'année dernière

-Le jardinier?

-Oui, à la base j'accompagnais juste Lysandre près de la serre. A chaque fois qu'il essayait de retrouver son carnet qu'il perdait de plus en plus souvent là-bas... surtout depuis que Violette allait y dessiner.

-C'est comme ça que tu as rencontré Jade et que tu es tombé amoureux ?

-Quoi ? Non ! Enfin si, mais... Il inspira un grand coup, il avait viré au rouge écrevisse (très en accord avec le décor ((nom de dieu je viens de faire des rimes!)) ). Il me parlait parfois quand j'allais là-bas. Ça me détendait d'être avec lui, même maintenant, je me sens plus calme. Et normal aussi.'' Interceptant mon regard lubrique, il reprit : c'est juste un ami ok ? Rien de plus !

-Bien sûr... je vais faire comme si je te croyais.

-Tout le monde n'est pas aussi pervers que toi, répondit-il en se levant. Tu sais ce qui est le pire dans cette histoire ? C'est que j'ai réussi à être jaloux de toi. Ça paraissait tellement facile pour toi de te faire accepter, et puis, tu assumais si naturellement d'être bi... Mais je ne devais pas être dans mon état normal, parce que franchement, être jaloux de toi ? Il y a pas de quoi ! Ajouta-t-il en me tendant la main pour m'aider à me lever.

-Ah bon ? J'attrapais la main qu'il me tendait et tirais de toutes es forces pour le faire tomber. C'est marrant, d'un coup j'ai envie d'envoyer à Lysandre une vidéo de toi entrain de mater le c** de Jade.

Avant qu'il ne puisse ajouter quoi que ce soit, je partis en courant comme un dératé. Il ne lui fallu pas beaucoup de temps pour réagir et il se mis à me poursuivre.

Nous courûmes sur la plage déserte, le soleil couchant donnait au ciel et à la mer une teint orange. Nous courions, sans penser à nos problèmes, sans penser au lendemain, sans penser à cette société qui ne voulait pas de nous. A cet instant, nous étions peut-être des adultes en devenir, mais nous étions surtout deux adolescents.

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THE END

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Comment vous y avez crû! Pourquoi pas " ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants" tant que vous y êtes? Ce genre de fin, c'est super mignon mais ça n'existe que dans les films. Bref, la réalité était légèrement moins poétique. La plage était bien déserte, mais le soleil couchant donnait aux nuages normands, une couleur encore plus inquiétante. Nous rigolions bien comme des idiots, enfin, surtout (seulement) moi. Je criais aussi comme un débile, parce que, quand même, j'étais poursuivis par Castiel et que j'avais un peu (beaucoup) peur. Rajoutez-y le vent ébouriffant mes cheveux, que l'humidité avait déjà fait gonfler et vous aurez une image assez précise de la scène. En gros, je ressemblais à un yéti hystérique.

Cette course poursuite aurait pu durer encore longtemps, mais je glissais sur un grain de sable ( c'était vraiment pas de chance) et tombais lamentablement par terre. Castiel n'eut pas le temps de ralentir et s'écrasa également sur moi. Près de 70Kg de muscles et de gay-attitude, ça fait mal, croyez-moi. J'étais en train de me demander combien de cotes j'avais pu me casser quand je remarquais dans quelle position nous étions.

Castiel, étais assis à califourchon sur moi, une main de chaque côté de mon visage. Nous étions près, excessivement près, je pouvais sentir son souffle contre mes lèvres. Pour la troisième fois aujourd'hui, nous étions tous les deux immobiles et silencieux. Mon cœur rata un battement et ma respiration s'accéléra. Inconsciemment, je me soulevais sur mes coudes, réduisant un peu plus l'espace séparant nos deux visages. Nos poitrines se touchaient maintenant...


J'avais promis à une Andrealeone de poster ce chapitre vendredi et même si j'ai eu du mal le voili voilou ! Merci aussi à RedChi-San et Gravityy pour leur genitl message ^*^!

J'aime pas beaucoup ce chapitre perso -.- parce qu' il est court (faut avouer que je l'ai coupé en deux exprès pour embêter mes pitites lectrices d'amûr ^^) et parce que Castiel parle trop (ta gueule le rebelle contente-toi d'être beau et arrête de te plaindre) mais je la voulais tellement cette scène mélodramatique à outrance suintant la guimauve de partout . Et je voulais aussi mon Castou torturé et triste. (j'aime les mecs torturés, j'aime les torturer aussi xpp) Même si ça frise légèrement trop le parodique vous allez vous en remettre ;) Les choses sérieuses vont commencer bientôt ! Vous aurez la suite le week-end prochain normalement... mais il y a toujours moyen d'accélérer la publication des chapitres... disons que quelques encouragements pourraient m'inciter à poster plus tôt... si vous voyez ce que je veux dire... (Retirez vos vêtements ! ! ! )