Bonjour!

Merci pour tout ces superbes commentaires! Je ne me lasse pas de vous lire!

J'espère que cette suite vous plaira et que l'intrigue va vous emporter :P

Très bonne lecture à vous !


Charles regardait la pointe de l'aiguille comme si elle était remplie de poison. Charles, avait peur, il devait bien le reconnaître. Il avait peur de ce qui allait se passer. Est-ce qu'il allait vraiment pouvoir marcher ? Que se passerait-il pour ses pouvoirs ? Et pire que tout : et si cela ne produisait aucun effet sur son organisme ?

Le télépathe essaya de ne pas laisser transparaitre son inquiétude et afficha une expression neutre à Hank, tandis qu'il lui désinfectait le pli intérieur du coude. L'élastique qui était placé juste au-dessus, congestionnait son avant-bras faisant saillir ses veines bleutées sous sa peau pâle. Charles les regardait… le produit allait passer par là… il allait lui apporter un répit, une paix et pourquoi pas : un amour possible ?

— Ça ne fera pas mal.

— Je ne suis pas un enfant, Hank, je n'ai pas peur des piqûres.

— Ah, oui, bien sûr, mais je parlais de l'effet immédiat. Vous ne souffrirez pas…

— Bien, merci.

Hank observa le professeur, son regarda passait de son bras à la seringue.

— Vous êtes nerveux ?

— J'ai surtout hâte d'en finir.

— Je serais rapide.

— Merci, Hank. Merci pour ça… pour cette solution.

Le Fauve, sous sa forme humaine, sentit la bête en lui frissonner de plaisir sous ces remercîments, qu'il n'espérait plus depuis des semaines. Il allait enfin pouvoir soulager l'homme qu'il estimait le plus sur cette terre, après Einstein !

— Vous êtes prêt ?

— Si ce n'est pas maintenant, ça ne le sera jamais.

Hank saisit le sérum et le transvasa par aspiration dans la seringue. Charles, détourna le regard. Il refusait de voir ce qu'il s'apprêtait à faire. Lui, l'homme de conviction, il cédait à la facilité, il empruntait un chemin qu'il c'était toujours refusé à voir… il le faisait pour Erik… ou bien pour lui ? Est-ce que c'était le bon choix ?

Le piston pressé, envoyé le liquide dans le sang de Charles.

Trop tard pour les questions d'éthique.

Charles ferma les yeux, front plissé, il écoutait son corps se reconstruire dans le silence du laboratoire de Hank.


Erik s'étira longuement, dehors, le temps semblait être mauvais, il entendait le vent et ses puissantes bourrasques venir jouer entre les hauts arbres du parc. Il regarda l'heure à la montre qu'il avait posée sur sa table de nuit. Presque neuf heures, une vraie grasse matinée pour lui. Il s'étira encore un peu, puis jeta ses jambes hors du lit. Il souleva son t-shirt pour venir gratter son dos, qui le chatouillait. Tout en marchant pieds nus il s'approcha des rideaux qu'il ouvrit sans avoir besoin d'y porter la main. Oui, dehors, il y avait du vent, mais pas de nuages pour autant, du vent et du soleil… et… Charles… Charles qui marchait sur le sentier de gravier ! Erik frotta ses yeux du plats de ses doigts, il n'était pas certain d'avoir bien vu ce qu'il… mais si ! Bordel de merde ! Charles Xavier « marchait » ! Il titubait une main tenait fermement Hank l'autre s'agrippant à une canne d'appoint, les yeux rivés au sol pour regarder ses pieds se mouvoir avec difficulté !

Erik, le cœur cognant comme un fou dans sa cage thoracique, ouvrit sa fenêtre, puis enjamba le garde-fou sans soucis, avant de leviter jusqu'au sol. Une fois en bas, il s'élança.

— Charles ! exulta-t-il en courant à vive allure dans sa direction. Charles !

Le brun s'arrêta dans sa progression, il n'arrivait pas encore à pivoter librement, aussi se contenta-t-il d'attendre sur place, un sourire fier sur les lèvres.

— Bonjour, dit-il une joie infinie illuminant son visage.

— Bonjour…mais Charles, tu… tu peux marcher ?!

— Merci, Hank, tu peux nous laisser…

— Bien.

Hank céda sa place à Erik, qui s'empressa de saisir la paume chaude de Charles pour l'aider à se soutenir. Paume à paume, le courant passa entre eux.

— Je suis encore un peu faible sur mes jambes, mais… j'ai bon espoir de pouvoir retrouver une motricité normale rapidement. Mes muscles n'ont pas été sollicités depuis un bon moment, alors ils leurs faudra un peu de temps.

— Tu marches ! s'exclama toujours aussi ahurit de joie Erik.

— Je marche, confirma Charles en souriant devant le visage rempli de bonheur d'Erik.

— Comment est-ce que c'est possible ?! Tu…

— Oh, je ne vais pas t'ennuyer avec les détails, mais… Hank a trouvé une solution, que des médecins ne m'ont jamais proposée. C'est expérimental, mais regarde… ça fonctionne.

— C'est Hank qui a à l'origine de tout ça ?

— Oui.

— Alors j'irai l'embrasser aussi !

— Aussi ?

— Oui… mais après toi.

Erik saisit avec douceur et fermeté la tête de Charles et l'attira contre ses lèvres. Leurs bouches se découvrirent dans un mélange d'excitation et de soulagement. Ils s'attendaient mutuellement depuis si longtemps ! C'en était presque devenu absurde de se refuser l'un à l'autre ! Les lèvres d'Erik, chaudes, déposées sur celles de Charles qui étaient pleines et désireuses, savouraient enfin la splendeur d'un premier baiser. Erik assura sa prise autour du corps de Charles pour éviter à celui-ci de perdre l'équilibre, puis naturellement leurs bras se refermèrent sur le corps de l'autre et leurs langues entrèrent en contact le plus naturellement du monde. Cœur à cœur, ils s'embrassaient à pleine bouche, bravant tous les interdits, affichant enfin pour de bon les sentiments qui les animaient l'un et l'autre. Erik transporté de joie se délectait de tenir enfin ce qu'il avait toujours espéré avec Charles. Et le brun découvrait le sens de mot : « bonheur ». Ils perdaient leur souffle dans ce baiser qui n'en finissait pas, affamé mutuellement de l'autre, désireux d'en avoir plus. Le vent les fit revenir à leur réalité. Une bourrasque particulièrement vicieuse, déstabilisa Charles, qui tangua sur ses jambes encore fragiles.

— Attention, souffla Erik en maintenant Charles contre lui.

— Merci.

Ils se regardèrent. Erik voyait Charles, les joues rouges, les lèvres purpurines et les yeux embués de … désire ? Oh mon Dieu ! C'était donc possible que Charles le désire aussi profondément que lui ?!

— Tu veux rentrer ? fini par demander le blond encore sous le charme du regard incroyable de Charles.

— Oh non… je suis resté cloué depuis si longtemps dans mon fauteuil. Je ne veux pas perdre une minute de plus assit ! Cette nuit même je dormirais debout !

Ils rirent de bon cœur. Le baiser avait renforcé leur complicité et ils ne se trouvaient ni gêné ni démunis face à ce qui venait de s'ouvrir devant eux.

— Dans ce cas que faisons-nous ?

— J'aimerais marcher jusqu'au plan d'eau.

— Laisse-moi t'aider… tiens ta canne… mais…

— Oui, ce n'est pas une canne conventionnelle, mais j'étais si impatient à l'idée de sortir que j'ai pris la première chose que j'ai trouvé !

— En effet…

— Tu n'aimes pas ?

— Si… et puis… ça permet à ton porte manteau de se recycler.

— Exactement !

Charles en prenant appui sur le porte manteau décapité commença à progresser vers le bas de la pente, toujours en tenant la main d'Erik.

— J'attends ça depuis plus longtemps encore…

La voix de Charles était emportée par le vent, qui poussait dans leur dos, les incitants à ne pas perdre de temps.

— Quoi donc ?

— Te tenir la main…

Erik frissonna, et cela n'était pas dû au fait qu'il était pieds nu et en pyjama.

— Moi aussi.

Charles sourit. Aujourd'hui il avait tout. Il était conquérant ! Il était heureux ! Il marchait et Erik était avec lui ! Il était là pour lui ! Il l'avait choisi lui !

Ils descendirent jusqu'à se tenir au bord de la berge en silence. L'onde était sans cesse perturbée par le vent qui ne cessait de venir la troubler. Les plantes aquatiques qui longeaient la marre tanguaient sur les flots capricieux. Charles, ses cheveux flottant autour de sa tête, se sentait libre, et heureux. Il n'avait plus de douleurs, plus de colère, juste de la joie et mieux encore, il n'entendait plus qu'un faible bourdonnement les pensées d'Erik. Il pouvait parfaitement les ignorer, c'était … la paix ! La paix retrouvée !

Erik profita de ce moment parfait pour embrasser à nouveau le brun, pour lui faire sentir combien il l'aimait et combien il était heureux et dépendant de lui. Son bonheur dépendait d'un seul homme : Charles Xavier. Le reste, finalement, ne comptait plus tellement. Il avait mis de côté la Cause mutante. Il devait penser à lui avant de penser aux autres. Certes, il n'abandonnait pas le combat et restait toujours aussi farouchement opposé aux humains néanmoins… il avait bien le droit à sa part de joie !


Ils remontèrent doucement vers le manoir, discutant comme les deux compères qu'ils étaient, nouant un peu plus entre eux les liens de l'amitié et plus encore. Une fois rentré, ils déjeunèrent puis, s'occupèrent dans le bureau de Charles, tandis, que dehors la pluie tombait drue, mettant un frein aux envies de promenades. Lorsque la nuit vînt interrompre leur partie d'échec, Charles s'excusa, épuisé d'avoir tant bougé, pour montrer ce coucher, Erik l'aida à gravir les marches et l'abandonna devant sa porte, après un dernier baiser tendre. Ils étaient l'un et l'autre sur leur faim… pourtant… ils ne voulaient pas brûler les étapes trop vite. Du moins pour Charles.

Erik s'allongea après une bonne douche et il s'étonna. Son visage l'élançait étrangement. Il passa une main sur sa bouche : il souriait ! Il avait souri toute la journée à en avoir des courbatures ! Cette constatation lui fit lâcher un petit rire et il repassa en boucle ces merveilleux moments qu'ils venaient de vivre. En éteignant sa lampe de chevet il eut le même vœu pieu que Charles de l'autre côté du mur : « Que chaque jour ressemble à celui-ci »….


Raven était, non pas trempée, car elle était nue et sur sa peau d'écaille l'eau glissait sans l'humidifier. Seuls ses cheveux souffraient du temps. Et de cela elle s'en moquait bien. Devant elle se dressait son objectif : le manoir.

Elle avait observé Charles et Erik depuis quelques cachettes, dont elle seule avait connaissance dans le parc.

Bien, Charles marche ? Tant mieux…

Dans son crâne tempêtait mille et une émotions. Elle n'était pas prête d'abandonner son but. Oui, elle pourrait très bien se dire que c'était mal, que Charles ne méritait pas ça, et qu'il avait le droit d'être heureux… oui, elle pouvait se le dire, mais dans ce cas : qu'en serait-il pour elle ? Personne ne semblait jamais se soucier d'elle ! Ni Charles ! Ni Erik ! Ni personne ! Orpheline, elle avait été recueilli par Charles, comme on recueil un petit chat sauvage ! Mais jamais au grand jamais elle n'avait eu la sensation de faire partie d'une famille ! Non ! Elle se sentait prisonnière de cet endroit ! Pourtant ce soir, elle allait enfin pouvoir avoir sa part de bonheur et si elle devait mettre des bâtons à Charles pour y parvenir eh bien, c'était dommage, mais nécessaire.

« Quand on veut, on peut ! »

Elle se faufila dans le manoir et sans bruit mit en exécution son plan.


Dis-moi ce que vous en avez pensé ? D'après vous que va-t-il se produire ?

Laissez-moi vos impressions :D

A très vite !