Bonne lecture !
Les nuits aux bûchers
Espoir
C'est ainsi que les deux hommes se rencontrent.
J'ai ensuite fermé ma bouche et me suis tut, laissant les feux de la taverne m'envahir, le réchauffer. L'atmosphère était une douce illustration de conte de fée. Les sons, les voix autours, et même les odeurs un peu agressives par moment, tout cela forme quelque chose. J'aimerais tant que cela dure encore, que cela perdure et soit encore agréable ainsi pour l'éternité.
A ce moment précis sans doute, je sens que j'ai oublié, complètement oublié cette histoire de mort hurlante, que ce n'est finalement, qu'un fléau terré dans les murs extérieurs, et que les gens au cœur de la ville ne ressentiront peut-être jamais l'horreur qu'il y a là-bas…
Car je suppose, oui, Gen suppose que là-bas, c'est très différent. Et pourtant, là-bas, il faudra bien s'y rendre… Dès demain sans doute, car il se fait déjà tard, mais dès demain nous irons voyager et trouver les créatures aquafondiennes. C'est ce qu'Aribeth a demandé…
Je revois son visage, nacré, perlé de petites touches luisantes, placée sous les rayons du soleil.
Le temps s'était alors arrêté.
J'avais alors pensé que toute ma vie aurait pu se contenir en cet instant : Moi, contemplant Aribeth, tous deux sous la lumière qui entrait comme dans une icône religieuse à travers un grand carreau de vitrail. Les pierres étaient jaunes, belles, fortes et puissantes, elles retenaient l'édifice robuste et tranquille d'une chapelle au cœur du château de Neverwinter.
Ce château… Aribeth, me demandant à tout prix de retrouver les créatures.
Ses yeux qui brillaient entre des sanglots retenus.
Elle semblait si atteinte, si peinée en même temps si digne, si fière de lui. Si fière et si confiante malgré tout en l'avenir, malgré toutes les horreurs qui étaient arrivées. Une femme forte, déterminée, dévouée à tout pour son peuple et son église.
Tyr…
J'avais réussi à traverser l'assaut des assassins de la guilde.
Toute une promotion exterminée, presque entièrement exterminée par des gens de leur propre ville.
Ces traîtres…
Il faudra les retrouver, comprendre, les châtier.
On ne peut supprimer la vie d'êtres humains.
Et avec tout ça, la mort hurlante qui gagnait de jours en jours du terrain.
Quelle horreur, quelle horreur encore.
Il faudra l'arrêter.
Bientôt, les créatures aquafondiennes seraient entre nos mains et un remède serait prêt. J'y crois, j'y croît de plus en plus.
La douce lueur de la chapelle l'irradie et je pourrais m'endormir dans ce rêve, dans cette fantaisie, dans cette petite parenthèse méditative.
Mais j'étais en face de Daléan. Et tout deux on s'apprêtait à partir.
Il est temps.
