Quatrième chapitre en ligne !
(Evite les jets de pierres et d'objets en tout genre) Oui, bon, d'accord, je mets un peu (comment ça beaucoup ?) de temps à poster des chapitres. Mais en même temps, ne vous plaigniez pas, je pourrais décider d'aller encore plus longuement, histoire de faire trainer en longueur... Non, je plaisante.
En tout les cas, je reviens ici aux épisodes de la saison deux, et après... Bah je verrai (évite de nouveau une pluie d'objets plus ou moins tranchants), après tout, si vous ne me dites pas ce que vous pensez de ma fanfic, il pourrais me prendre l'envie de tout arrêter (sourire sadique).

Les personnages ne m'appartiennent pas, et sont issu de Sherlock de la BBC

Bonne lecture !


"Tell him you're alive"

Le violon de Sherlock résonnait dans le silence du petit appartement du 221B Baker Street, laissant les notes mélancoliques fleurir et mourir dans un même souffle. John regarda son colocataire, sa veste jetée sur ses épaules, le visage inquiet. Cela faisait plusieurs jours que cet étrange manège durait, entre le mutisme du brun, son refus de manger, presque de boire, et son caractère qui s'était indéniablement assombri.

Tout cela lui faisait mal. Parce que lui en savait la cause, et peut être pas le détective qui s'obstinait à penser l'amour comme étant inutile et sans importance. Le médecin n'eut même pas envie d'en rire ou d'en sourire. Pour d'autres, certainement, cette situation qu'affrontait l'adulte aux cheveux de jais prêtait facilement à tout cela. Mais lui ne voyait qu'une chose. C'était que son ami souffrait, plus qu'il ne le montrait sur son visage, autant que le montrait son corps, ses yeux perdus dans le vague, et la mélodie poignante, déchirante, qui venait de cesser.
Comme il s'y était attendu, toute démarche pour le faire parler, ne serais-ce plus que les quelques phrases qu'il daignait leur lancer au visage, se buttait à une voix qui s'obstinait à se taire. L'ancien soldat préféra le laisser seul, encore une fois. Après tout, si Sherlock ne voulait rien dire, rien laisser paraître, il ne pouvait pas l'aider. C'était rageant, désespérant, énervant, mais que pouvait-il faire contre une telle tête de mule ?

Il y pensait toujours lorsqu'il ferma la porte du palier. C'est peut-être pour cela qu'il ne se méfia pas tellement lorsque la jeune femme l'aborda, souriante. Jusqu'au bout il crut que c'était Mycroft qui la lui avait envoyée, accompagnée de l'inévitable voiture noire aux vitres fumées. Il aurait dut se douter de quelque chose, puisque ce n'était pas Anthéa qui était là. Mais après tout, qu'importe ? Il se trouvait face à Irène Adler. Cela seul importait pour le moment.

Il n'avait pas compris pourquoi il avait été si agressif, pourquoi il son cœur grondait tel un fauve en cage ayant une furieuse envie de déchirer cette femme. Il était en colère. Une colère froide et violente. Pourquoi ? Parce qu'elle les avait dupés comme des enfants ? Parce qu'elle semblait jouer avec lui et ses nerfs ? Non, ça n'avait rien à voir. Ou si peu. La véritable raison, c'était qu'il lui en voulait de laisser Sherlock dépérir, de le laisser avec un sentiment qui le rongeait de l'intérieur. Il lui en voulait parce qu'elle faisait souffrir le brun. Et cela, combiné à un étrange sentiment de jalousie, donnait son comportement irascible, colérique, explosif. Ça ne lui ressemblait pas.

Cela ne lui échappa pas, bien entendu. Cette femme semblait avoir un don pour toucher là où c'était flou, gênant, blessant même. Encore une fois, il exposa clairement le fait que non, lui et Sherlock n'étaient pas un couple. Evidemment, elle ne le crut pas, un sourire éclairant son visage fin, le relançant vers les sentiments qui rugissaient plus fort encore. La situation virait à l'absurde, un peu trop à son goût d'ailleurs.
Et il y avait eu la « sonnerie » qui avait retentit dans le silence. Son cœur avait fait un bond dans sa cage thoracique alors que les pas du détective qui s'en allait résonnaient dans les couloirs déserts du bâtiment désaffecté. Son premier mouvement avait été de vouloir le rejoindre, d'arrêter sa marche et de lui parler. Mais Irène l'avait stoppé, aussi surprise que lui. En y réfléchissant, c'était mieux ainsi. Si jamais il l'avait suivi, nul doute que le brun l'aurait assassiné verbalement. Et il préférait éviter ça autant que possible, vu que ce n'était jamais agréable.

Bien évidemment, il le retrouva plus tard dans leur petit appartement. La note sur la porte l'intrigua, autant le message que le fait que l'écriture était celle du détective consultant. Ça ne lui ressemblait guère de mettre « crime en cours, prière de déranger », ce qui l'encouragea à presser le pas, afin de découvrir l'un des hommes du FBI attaché dans leur « maison », ayant été de toute évidence en partie déjà endommagé par le détective qui pointait froidement l'agent avec le révolver de ce dernier. Jamais il n'aurait dut s'en prendre à madame Hudson. Même Mycroft n'osait pas réellement le faire, devant l'indignation des deux hommes, foncièrement attachés à leur logeuse. Inutile de dire que le fait que leur « cambrioleur » soit tombé en plein dans les poubelles, et ce plus d'une douzaine de fois, lui ait été complètement égal. À vrai dire, John sentait même la satisfaction ronronner comme un chat sous sa peau. Cet homme n'avait que ce qu'il méritait. Un sourire éclaira fugitivement son visage. Et dire qu'il était médecin…

Bien sûr, il aurait voulu que madame Hudson quitte Baker Street afin de se remettre de ses émotions. Mais Sherlock avait une toute autre opinion. Et comme d'habitude, il avait raison, tenant sa logeuse par l'épaule, la serrant avec tendresse contre lui. Rien d'étonnant, il l'adorait, il l'aimait. Peut-être presque comme une mère. L'ancien soldat laissa son sourire s'épanouir sur son visage, passant du visage de madame Hudson à celui de son ami. Quelques instants plus tard, il discutait avec lui, tentant de l'amener à dire ce qu'il ressentait. En vain. Y renonçant, le médecin s'assit sur son fauteuil, écoutant son ami jouer du violon pour eux seuls. La suite de l'affaire, désormais, ne l'intéressait guère. Il voulait juste écouter les notes caressantes de l'instrument qui chantait sous de longs doigts fins et agiles. Que l'horloge, le temps et les ténèbres s'arrêtent. Pour mieux les laisser seuls à en profiter...