Enfin ! J'ai eu du mal avec ce chapitre, je dois l'avouer :p ! Mais je suis plutôt contente du résultat. Il faut dire que l'intrigue a pris une tournure qui n'était pas prévu au départ. En général, l'action et les persos prennent une voie que je n'avais pas tracé au début... Est-ce bon signe ?Quelques mystères persistent, ils seront expliquer plus tard, pas d'inquiétude^^.
Petit warning : ce chapitre contient une lime (ce n'est pas vraiment un lemon), et c'est la première fois que j'en écris, donc soyez indulgent xD !

Bonne lecture !


Dorothéa avait toujours du mal à croire qu'elle avait dansé avec une personne aussi importante, même en rêve, elle n'avait jamais cru qu'elle en aurait l'honneur. En plus, il était beau, encore plus qu'elle ne l'avait imaginé. Il n'avait pas la même beauté du prince qu'elle vénérait, mais il s'en dégageait bien plus… Mais peut-être le sentait-elle parce qu'elle était une sorcière, donc sensible aux énergies et aura que les gens dégageaient. Cette danse avait été enivrante, mais un peu bizarre également vu qu'elle avait le corps d'une enfant. Une chose la perturbait toujours, il lui avait dit que ce n'était pas le moment pour elle d'intervenir hier soir… Mais alors quand ? Allait-elle faire une chose importante, décisive même dans la vie du prince Ludwig ?
Ses réflexions furent interrompues lorsqu'elle sentit une main sur son épaule et entendit une voix lui murmurer :

« J'aurais un service à te demander, ma chère Dorothéa… »


Ludwig ouvrit difficilement les yeux, il avait l'impression que l'idiot du village s'était introduit dans sa tête pour jouer de la batterie tant celle-ci lui faisait mal. Il remarqua qu'il portait toujours les vêtements de la veille au bal, bizarre… Il essaya de se rappeler quand et comment il s'était couché. Soudain, tout lui revint en mémoire : la chanson, sa fuite dans le jardin, l'intervention de cet inconnu… qui devait être le portrait de Wilhelm, si ce n'était pas lui !! Le prince se redressa brusquement, si Will était ici, il devait le retrouver ! Il voulait le revoir ! Mais comment être sûr que c'était bien lui ? Il réfléchit un moment et claqua ses doigts quand une solution germa dans son esprit.

Le miroir de Julius ! Evidemment ! S'il a pu me surveiller, sauver Hansel et Grëtel des flammes, c'était grâce à ça ! Il pourra me montrer où le vrai Wilhelm se trouve ! Pensa le prince en quittant sa chambre.

Il courut jusqu'à la chambre de Julius et entra sans toquer, pour voir ce dernier enlacés dans les bras de Grëtel sous les couvertures. Apparemment, ils venaient tout juste d'émerger, mais en le voyant, ils se levèrent en vitesse.

-C'est pas ce que tu crois ! On a rien fait ! Regarde, on est encore habillé ! » Paniqua Julius.

-Je n'ai pas pu dormir dans ma chambre parce que… enfin bon, maître Julius m'a laissé dormir dans sa chambre et…

-Héééééé ! Mais calmez-vous ! » S'énerva Ludwig. « Je m'en fiche de ce que vous avait fait, vous avez l'âge et ça me regarde pas ! »

Au moins deux pigeons libres de roucouler ensemble… Pensa amèrement Ludwig avant de reprendre la parole.

« Julius, il faudrait que tu me montres ton miroir ! Essaie de voir où est Wilhelm ! » Ordonna-t-il.

Le jeune garçon s'empressa de faire ce qu'on lui demandait. Il prononça une formule que Ludwig ne comprit pas finissant par le nom de son valet. Julius prit un air sérieux qui n'annonçait rien de bon.

-Ludwig, il y a un problème… Je ne peux pas le trouver ! » Annonça-t-il le plus sérieusement du monde.

-Quoi ! Mais pourquoi ?!

-Quelqu'un a dû jeter un sort sur mon miroir pour m'empêcher de l'utiliser… A moins que ce ne soit sur Wilhelm…

Le prince sentit la panique monter en lui, était-il arrivé quelque chose à son trop gentil valet ? Un frisson lui parcourut l'échine, il espéra de toute son âme que Will allait bien. Grëtel sembla garder son calme et demanda à son « maître » (Ludwig ne savait plus tout à fait quelle relation entretenait ces deux là) s'il y avait un moyen de savoir l'origine du problème, elle proposa tout de suite qu'il essaie avec quelqu'un d'autre pour vérifier si c'était le miroir qui avait été trafiqué. Julius répondit que Dorothéa pourrait être d'une grande aide et se concentra sur son miroir afin de la trouver, le prince et son amie penchés au-dessus également. La porte s'ouvrit alors, les faisant sursauter, laissant Dorothéa entrer.

-Ah, tu tombes bien, on te cherchait ! » Dit Ludwig en se précipitant vers elle.

-Euh, en quoi puis-je vous être utile ? » Demanda-t-elle quelque peu déboussolée.

-On essaie de trouver Wilhelm depuis tout à l'heure avec le miroir, mais maître je n'y arrive pas ! » S'exclama Julius.

-Et alors ? C'est ma faute si t'es nul ? » Répondit la sorcière d'un ton nonchalant.

-Ce n'est pas sa faute, et puis maître Julius n'est pas nul, d'abord !!! » Cria Grëtel. « Il y a un truc qui bloque !! »

-Comment ça ? » Dit Dorothéa soudainement intéressée.

Le jeune garçon recommença son rituel et lui montra le résultat, elle fronça les sourcils, l'air de réfléchir. Elle lui demanda de recommencer, ce qu'il fit, mais cette fois-ci elle prononça une autre formule en même temps. Une gerbe de flammes sembla sortir du miroir, faisant reculer tout le monde et Julius le jeta au loin. Ils se regardèrent les uns les autres, ébahis. La jeune sorcière alla le ramasser et ses yeux s'écarquillèrent, Ludwig courut vers elle afin de regarder et se figea à son tour.

Le nom de Wilhelm était écrit sur le miroir, mais il était également rayé et des flammes servaient « d'arrière plan ». Le prince commença à s'agiter mais on l'arrêta.

« Ce n'est pas ce que vous croyez, mon prince ! » Dit Dorothéa. « Cela signifie tout simplement qu'un sort d'une très grande puissance empêchera quiconque de trouver par la magie la personne à qui appartient ce nom. C'est une magie très ancienne, elle n'est pas à la portée de n'importe qui… » Elle sembla songeuse un instant. « Je suis désolée, prince Louis, mais je crois bien que Wilhelm soit désormais introuvable. »

Les deux plus jeunes se regardèrent, inquiets, tandis que Ludwig resta silencieux et immobile. Toujours en silence, il fit demi-tour et s'apprêta à sortir lorsque Dorothéa l'interrompit une nouvelle fois et lui tendit son masque.

« Vous l'aviez perdu, je vous cherchais dans le but de vous le rendre… »

Le prince le prit sans rien dire et sortit. Les trois jeunes personnes restèrent silencieuses, jusqu'à ce que la mini masochiste demandent des détails croustillants sur la « nuit torrides » que les deux restants avaient dû partager, les faisant rougir tels des pivoines.

Ludwig était partagé entre son scepticisme et un léger espoir, pourquoi voudrait-on rendre Wilhelm introuvable ? Peut être parce qu'il se trouvait ici même. Mais il était également possible que sa mère ait demandé à une connaissance doué de magie de le faire afin qu'il ne se lance pas à sa recherche… Il se sentait pris dans un piège cruel.


Lisette se réveilla doucement, blottie contre le large torse de son amant. Elle sourit doucement en voyant le visage endormi d'Hansel, il paraissait tellement plus doux que d'ordinaire. Il ne fallait pas se fier aux apparences, elle l'avait compris mieux que jamais la nuit dernière.
Le Petit Chaperon rouge n'avait connu que des brutes épaisses ne pensant qu'à abuser d'elle autrefois, surtout enfant quand ses parents la prostituait pour se faire plus d'argent. Elle avait été soulagée et attendrie devant l'innocence et la maladresse de l'ancien assassin, c'était arrivé comme ça, rien n'avait été planifié, avec naturel et tendresse. Elle pouvait dire pour la première fois qu'elle avait « fait l'amour » avec quelqu'un, et pas n'importe qui ! Lisette avait enfin trouvé celui à qui elle pouvait s'offrir corps et âme, celui-ci lui offrant les siens en retour. Elle goûtait enfin à l'amour et au bonheur.
Elle se serra encore plus contre son amour et referma les yeux, ils avaient tout le temps…


Le bal reprit début de soirée, quelques personnes se cherchaient déjà, ce qui énerva les personnes toujours seules. Dorothéa se mêla une nouvelle fois dans la foule, ce qui était plutôt facile grâce à sa petite taille. Elle cherchait le prince Ludwig, ce qui était moins facile vu le monde qu'il y avait, mais elle vit à nouveau cet homme. Elle resta immobile un instant et sursauta lorsqu'il se retrouva à côté d'elle deux secondes plus tard avec un grand sourire. Il lui prit la main, la faisant pivoter et l'entraina sur la valse qui se jouait. La sorcière sentait ses joues s'enflammer, ses yeux plongés dans ceux de son cavalier, il la regardait tendrement, un sourire serein sur les lèvres.

« Tu es adorable, Dorothéa. » Chuchota-t-il, la faisant encore plus rougir. « Je m'en voudrais de te laisser ainsi de côté, acceptes-tu de m'aider dans ma tâche ? »

La jeune fille hocha légèrement de la tête pour lui faire comprendre qu'elle était d'accord.

-J'aimerais juste que l'on m'explique avant… » Lui dit-elle.

-Bien sûr. Continue de faire comme si de rien n'était…

Ils s'éloignèrent tous deux, sans stopper leur danse.


Julius et Grëtel ne s'étaient pas quittés, mais fatigués de danser, ils avaient pris de quoi boire et s'étaient assis côte à côte.

-J'ai tout de même un peu de mal à croire que ton frère et Lisette sont ensemble ! » Fit remarquer le jeune garçon.

-Je n'y croyais pas non plus hier soir, jusqu'à ce que… » Elle rougit et s'interrompit, elle attendit un moment avant de reprendre la parole. « Maître Julius, que suis-je pour vous ? »

La question avait été posée de manière si directe que Julius en resta hébété. Elle n'y allait pas par quatre chemins ! Mais après avoir vu ce qui était arrivé à Ludwig et Wilhelm, il paraissait plus sûr d'être francs.

« Je n'en suis pas très sûr… » Dit-il timidement. « Je suis resté trop longtemps tourné vers le prince Ludwig et ma vengeance, je ne peux pas vraiment mettre un nom sur tous les sentiments que j'ai pour toi Grëtel. Je tiens énormément à toi, et c'est difficile pour moi d'imaginer ma vie sans toi à mes côtés… Et je dois avouer que t'imaginer dans les bras d'un autre m'énerve, je veux que tu restes avec moi… »

Il s'arrêta et se sentit ridicule, il venait presque de lui sortir une tirade sur le grand amour et lui disait qu'il n'était pas sûr ! Mais il craignait d'être blessé une nouvelle fois ou de se tromper, il ne voulait pas la faire souffrir plus qu'il ne l'avait déjà fait. Il tourna la tête dans sa direction pour la regarder en face et vit qu'elle souriait.

« Je ne peux pas imaginer ma vie sans vous non plus. » Répondit-elle. « Vous êtes ce que j'ai de plus cher, ce que je veux le plus protéger, et ce depuis longtemps. J'ai mis du temps à m'en rendre compte… Je vous aime, maître Julius, je voulais juste que vous le sachiez. »

Elle lui prit la main, et resta un moment sans bouger, silencieuse. Julius la serra à son tour, et murmura :

« Je… je veux essayer… Acceptes-tu de me suivre, mais… » Il la planta son regard dans le sien et avant même qu'il n'ait le temps de finir sa phrase, elle le serra dans ses bras de toute ses forces.


Ludwig restait à l'écart, observant attentivement la foule. Il voulait retrouver cette personne, espérant la reconnaitre, étant donné qu'il ne l'avait pas vu correctement à cause de son état et de l'obscurité. Autant chercher une aiguille dans une meule de foin, vu le monde qu'il y avait. Il remarqua avec irritation que certains couples qu'il avait aperçus la veille se retrouvaient, certains avaient une chance insolente ! Il crut même un instant reconnaitre Julius (habillé en fille) dans les bras d'un homme à l'air efféminé… A croire que le monde se liguait contre lui !
Il se rappela que cet homme l'avait suivit dans les jardins la veille, peut-être qu'il se tenait près de la porte par laquelle il était passé à ce moment. Le prince se dirigea vers la porte vitré tout en glissant son regard sur la foule, scrutant. Arrivé à son nouveau point d'observation, il constata que ça avait été une perte de temps, jusqu'à ce qu'il regarde au travers de cette même porte : une biche d'or se tenait au milieu de l'allée, et ce n'était pas une statue ! Elle semblait le regarder, intrigué, le prince sortit et s'en approcha. Elle continua de le fixer, sans bouger, tandis que lui se sentait attiré par son regard. Il tendit la main vers elle, sans trop savoir pourquoi, et la caressa du bout du doigt. Elle s'éloigna soudainement, mais se retourna pour le regarder à nouveau. Ludwig était confus, l'invitait-elle à la suivre ? Elle ne semblait pas hostile, et il n'avait rien à perdre de toute façon…

Elle le conduisit au milieu de rosier, il regarda autour de lui sans comprendre, puis la biche disparu. Le prince resta immobile, au milieu des roses, sans savoir quoi faire. Il se surprit à admirer celles-ci, elles venaient sans doute de s'ouvrir et leur doux parfums emplissaient ses poumons, et bien qu'éloigné du bal, il pouvait entendre légèrement la musique qui se jouait. Une ambiance très douce, parfaite pour un rendez-vous amoureux, mais encore fallait-il être deux… Il entendit un léger bruit à côté de lui, se retourna, et se retrouva face à la personne qu'il cherchait depuis le début de la soirée.

La nuit n'était pas tout à fait tombée, cela lui permit de mieux observer cet inconnu, et il constata qu'il ne s'était pas trompé. Il pouvait aisément imaginer que c'était Wilhelm en face de lui, si ce n'était pas pour ce masque qui cachait le haut de son visage. Il ne put s'empêcher de penser que son valet était parfait dans ce costume. Aucune parole ne fut échangée jusqu'à ce que l'homme en face du prince demande gentiment :

« C'est vous, prince Ludwig ? » Même sa voix était identique. « Le bal qui vous est dédié ne vous plaît pas ? »

Pour Ludwig, il était improbable que cet homme ne soit pas Wilhelm, mais pourquoi lui cacherait-il qui il est ? Et pourquoi son attitude était-elle si différente ?

-Je vous retourne la question. » Répondit-il. « Mais je voudrais savoir avant tout, qui êtes-vous ? »

-Oh, c'est juste que je ne me sens pas très à l'aise dans la foule. » Répondit le jeune homme avec un petit sourire, le même que Will.

-Vous n'avez pas répondu à ma deuxième question. » Fit remarquer le prince. « Qui êtes-vous, et que venez-vous faire ici si ce n'est pour prendre part au bal ? »

Un silence s'installa, l'inconnu ne bougeait pas et le prince commençait à s'impatienter. A bout de patience, Ludwig se rapprocha de lui et tenta de lui arracher le masque qu'il portait. Mais le brun lui saisit les poignets et planta son regard dans celui du roux.

-Je suis navré, prince, mais je ne peux pas vous dire qui je suis. Et même si vous êtes le prince, je ne vous permets pas de m'arracher ainsi mon masque. »

-Pourquoi ?! Qu'avez-vous à cacher ?

-A vous, rien. Mais il m'est interdit de vous le dire…

Enervé, Ludwig enleva son propre masque et le jeta.

« Voila ! Enlevez donc votre masque ! Vous l'avez bien fait hier soir, refaites-le tout de suite ! »

Le regard du brun s'attrista, et celui-ci baissa la tête sans rien dire. A bout de nerfs le prince se jeta à nouveau sur lui, et attrapa le masque. Mais dès qu'il le saisit, sa main le brûla violemment, le forçant à lâcher prise. Il regarda avec effarement sa main, puis son opposant.

« C'est pour ça que je ne voulais pas que vous touchiez mon masque… » Dit tristement le jeune homme. « Cependant, vous avez un drôle de façon de remercier ceux qui vous ont aidé. »

La voix était devenue froide, et son regard avait durci. Ludwig en frémit, jamais Will n'avait parlé ou regarder quelqu'un ainsi. Mais n'était-ce pas plutôt une ruse pour qu'il ne le reconnaisse pas ? Son mauvais caractère reprit le dessus, il saisit par le col son interlocuteur.

-C'est toi qui es incapable de t'exprimer correctement, imbécile ! » Cria-t-il. « Comment veux-tu que je comprenne si tu ne parles pas clairement ?! Ce n'est pas si dur de répondre à une question aussi simple ! »

-Tout comme exprimer sa gratitude… »Répondit froidement l'inconnu. « Et je crois que pour ce qui est de s'exprimer, vous êtes mal placé pour me critiquer, prince Ludwig. »

Ludwig trembla de rage, de quel droit cet homme lui parlait ainsi ? Quand bien même il s'agissait de Wilhelm, il n'accepterait pas ça !

« Wilhelm… Je me doute bien que c'est toi, j'en suis même sûr ! Alors arrête tout de suite ce petit jeu ! C'est une façon bien basse de te venger de moi, si c'est ce que tu veux ! » L'autre ne réagit pas à ces paroles, ce qui poussa le prince à bout. « REPONDS-MOI !! ORDURE !! »

Un claquement résonna dans la roseraie, le prince se trouva soudainement à terre, la joue droite rougie. Il n'aurait jamais cru que son valet avait une telle force, sa joue le brulait méchamment. Il porta une main à sa joue endolorie, et regarda le supposé Wilhelm stupéfait. Celui-ci le regardait froidement, le bras gauche toujours relevé. Son regard transperça le cœur du prince qui sentit ses yeux se remplir de larmes, il détourna la tête, la lèvre tremblante, respirant un grand coup pour se calmer. Son cœur devait avoir volé en éclats, après tout, une gifle venant de l'être aimé était plus douloureuse que n'importe quelle autre.
Le jeune homme brun tourna les talons et commença à s'éloigner d'un pas lent, ce qui eu le même effet qu'un électrochoc sur le prince. Le cœur au bord des lèvres, il se releva et le regarda s'éloigner, sa voix bloquée dans sa gorge. Il voulait lui crier de rester, qu'il était désolé de ne pas avoir été un aussi bon maître que lui avait été un très bon valet, qu'il regrettait de l'avoir aussi mal traité, mais les mots refusaient de franchir ses lèvres.

Pourtant, sans même qu'il s'en rende compte, il s'était lancé à sa poursuite, passa ses bras autour de l'homme qui lui tournait dos enfouissant sa tête dans les cheveux bruns en criant :

« JE T'AIME !!»

L'inconnu s'arrêta brutalement, laissant le prince se serrer d'avantage contre son dos. Le parfum de cet homme lui était plus que familier, il savait que c'était Wilhelm. Des larmes coulèrent doucement des yeux de Ludwig, qui se sentait néanmoins soulagé d'une certaine manière. Il avait au moins réussit à le dire, même s'il ne s'était lui-même pas attendu à se déclarer ainsi. Si on lui avait dit que cela se passerait ainsi, que se serait lui qui se jetterait en larmes sur Will en lui avouant qu'il l'aimait, il ne l'aurait jamais cru et aurait troué la peau de la personne qui lui aurait dit.
Des mains le forcèrent à le lâcher, ce qu'il fit à contre cœur, et son interlocuteur se retourna pour lui faire à nouveau face. Ses yeux semblaient humides, le masque semblait trempé de larmes, ce qui désarçonna le prince. Le jeune homme leva une main et essuya doucement les larmes de Ludwig avant de se poser doucement sur la joue qu'il avait giflé un instant plus tôt, le roux posa sa main par-dessus afin de mieux ressentir la douceur de celle-ci contre sa joue et ferma les yeux. Lorsqu'il les rouvrit, son interlocuteur lui prit sa seconde main et la porta à son masque, il se tendit légèrement, redoutant la brûlure, mais rien ne se passa quand sa main le toucha. Instinctivement, il le saisit, et le lui retira, très doucement, le cœur battant la chamade.

Bien qu'il s'y soit attendu, un grand soulagement et une vague d'émotions s'emparèrent du prince en voyant le doux visage de Wilhelm. Avant qu'il ne dise quoi que soit, Will l'embrassa, d'un baiser profond et passionné avec une ardeur qui le surprit. Le manque d'air les sépara, ils se regardèrent intensément et Wilhelm le serra dans ses bras en lui murmurant :

« Je vous aime aussi, mon prince. »

Son geste lui avait fait comprendre, mais l'entendre remplit le cœur du prince de bonheur. Il resserra son étreinte en souriant, la tête posée sur l'épaule du brun. Ils pouvaient entendre de loin la musique du bal, la nuit était à présent tombée, mais la pleine lune éclairait très bien la roseraie dans laquelle ils se tenaient, les roses paraissaient plus belles que jamais. Une chaleur envahit le corps du prince, la chaleur et l'odeur de son ancien valet ainsi que celle des roses lui faisaient tourner la tête. C'était le moment parfait, mais il n'osa pas dire ce à quoi il pensait, Wilhelm était si innocent… Il s'évanouirait à coup sûr ! Ils se détachèrent doucement et celui-ci lui dit :

« Laissez-moi vous faire danser, mon prince… »

Ludwig se demanda où il voulait en venir, il voulait danser une valse ici et maintenant ? C'était quand même un peu trop… guimauve, pour lui. Mais il se trouva soudainement allongé dans l'herbe sous Will qui commençait à l'embrasser dans le cou. La réalité claqua comme un fouet dans son esprit.

-Hé, attends ! » Voulut-il protester, mais un doigt se posa sur ses lèvres.

-Pour ceci, je ne vous laisserais pas le contrôle. » Lui dit son futur amant avec un sourire taquin et une lueur étrange dans les yeux.

Ses mouvement se firent plus…félins, il empêcha Ludwig de renverser les positions et celui-ci eu l'impression d'être à la merci d'un prédateur. Et d'un coup, il se retrouva nu en dessous de Wilhelm alors que celui-ci était encore habillé. Il sentit ses joues s'embrasées violement, pas qu'il ait honte de son corps, mais plutôt en voyant ses vêtements sur le côté à moitié déchiré, on aurait dit que Will s'était changé en lion et lui avait arraché ses vêtements d'un coup de griffe bien calculé. Il se sentit un peu vexé que son amant n'ait même pas pris la peine d'enlever ne serait-ce qu'un seul de ses vêtements, alors il tendit les bras pour ôter la veste et déboutonner la chemise que son amant portait mais son regard fut brièvement attiré par la broche que celui-ci portait, elle représentait un lion et une biche. Il n'eut pas le temps de l'observer plus que Wilhelm s'était à nouveau emparé de ses poignets et ses lèvres. A ce moment, il était la biche qui se faisait dévorer par le lion, son corps était parcouru par les lèvres et les mains de son ancien valet, le soumettant totalement. Son amant avait tout de même la chemise déboutonnée et sa veste trainait non loin d'eux, mais il était plutôt décidé à rendre fou le prince par ses caresses qu'à se dévêtir à son tour. Ludwig suffoquait presque, la chaleur, le parfum de son amant et celui des roses restreignait son oxygène, à moins qu'il n'ait oublié comment respirer correctement. En plus, les mouvements de son amant sur son corps lui faisait penser au rythme de la musique qu'il entendait, à croire que c'était le but recherché.

Ludwig lâcha une légère protestation lorsque Will lui souleva son bassin assez haut, le mettant dans une position très embarrassante, et laissa un cri s'échapper de ses lèvres en sentant que son amant explorait son intimité. Les gémissements du prince se firent plus réguliers, presque musicaux aux oreilles du valet, lorsque « l'exploration » se fit plus intense. Mais ça ne suffisait plus, il en fallait plus, les deux amants rendus fou l'un par l'autre accélérèrent. Le prince, agrippant l'herbe, se préparait à accueillir celui qu'il aimait, l'attente étant devenue une véritable torture.
Wilhelm l'embrassa tendrement tout en s'unifiant enfin à son prince. Plus rien n'existait autour d'eux, leurs corps unis en un seul, leurs mains enlacées, ils bougèrent à l'unisson. Le prince se tortillant de plaisir sous le rythme que lui imposait son valet, se moquant de savoir si ses cris pouvaient être entendus par un autre que celui qu'il aimait. Wilhelm se délectant de la chaleur de son prince et de sa voix, souriant de le voir bouger ainsi à cause des coups de reins qu'il lui assénait, tout deux s'appelant mutuellement. Une danse à la fois douce et sauvage s'offrit à la lune.


-Tu le savais ?

-Bien sûr, pourquoi ? N'était-ce pas ce que tu voulais ?

-Bien sûr que si, c'est juste que je ne m'attendais pas à ce que ce soit mon fils pour cela

La reine Amalberga regarda son ami, un grand sourire sur les lèvres.

-En tout cas, ça n'a pas l'air de te déranger plus que ça !

La reine gloussa et se détourna de son ami, celui-ci paraissait de toute façon plus intéressé par la petite sorcière qui était sur le point de faire une hémorragie tant son nez saignait. Elle accepta sans broncher le remède qu'on lui tendit avant de demander :

-C'est donc là que ça commence ?

-L'essentiel est là, ils sauront y faire sans le savoir pour la suite. Nous devons encore attendre pour le reste.


A suivre =3 ! J'espère que ça vous a plu. Un petit sondage : voulez-vous un lemon un peu plus descriptif dans le prochain chapitre ou est-ce que la suggestion vous suffit ? Vu qe je n'ai jamais écrit de lemon, c'est interdit en principe sur ce site mais beaucoup en postent alors... J'ai peur que ça fasse trop, qu'en pensez-vous ?

Reviews toujours appréciées !