Je suis en retard, désolé ! Je dois rajouter des choses et vérifier l'orthographe entre autre ^^;
Bonne lecture!
- On peut rejoindre Pazgni, proposa Ouralle en refaisant son chignon. Les gens vous aideront tout comme moi je le fais.
- Où se trouve cette ville ? demanda le Jedi en redressant la tête après avoir examiné ses mains qui frémissaient toujours.
- A plusieurs klics au Sud, c'est la ville la plus proche. Demain après midi on pourrait y arriver.
- Il ne faut pas oublier que nous avons deux blessés qui ont des difficultés à marcher.
- Ouais mais en dehors de ça, vous pourriez peut être trouver une solution pour avoir de l'aide de la république là bas. Et on pourra être plus en sécurité, avoir plus à manger...
Après réflexion, la décision fut prise de rejoindre cette ville.
Le groupe de rescapés avait commencé à avancer vers Pazgni jusqu'à la tombée de la nuit. Sur Parnov, il ne faisait jamais totalement noir car deux imposantes lunes offraient une pâle luminosité. Les bruits de la forêt avaient progressivement changé, les chants des animaux diurnes étaient remplacés par celui des nocturnes. Des sifflements stridents mais mélodieux et des cris poussés par de lointaines créatures. Certaines fleurs s'étaient refermées alors que d'autres s'ouvraient lentement à leur tour.
Une fois de plus Jiss était parti explorer les alentours pour repérer les lieux en cas d'attaque, puis le Jedi s'était un peu mis à l'écart pour méditer malgré son état d'extrême fatigue. A genoux auprès de Vere, qui était de nouveau inconscient, Ouralle contrôla son pouls. Il était rapide mais cela n'était rien comparé à la gravité de sa blessure à la tête. Elle ne lui donnait pas deux jours à vivre. C'était la première fois que la native était aussi longtemps avec les mêmes patients. Cela la rendait nerveuse mais aussi curieuse envers les clones. Le prix de leur vie au dispensaire, c'est-à-dire pas grand-chose, était une des rares choses qu'elle savait sur eux. Ouralle soupira et son regard se posa sur Full qui était devenu très prostré depuis plus d'une heure mais il était toujours en alerte en témoignait son fusil blaster sur ses cuisses. Le médicament ne devait plus agir et elle devinait qu'il avait terriblement mal à sa jambe fracturée, mais qu'il faisait de son mieux pour ne pas le montrer. D'ailleurs tous les clones cachaient au maximum leurs souffrances. Ils ne devaient pas montrer leurs faiblesses pour ne pas se faire repérer par un prédateur comme chez les animaux, pensa Ouralle. Elle vint s'assoir à coté de Full sur le tronc d'arbre mort. Le commandant tourna sa tête casquée vers la jeune fille et elle lui sourit. Un grand et rachitique insecte volant passa devant eux, ce qui fit sursauter le commandant. Le mouvement de ses ailes créait un bourdonnement doux et son corps à moitié transparent avait de légers reflets multicolores sous la faible lumière. Le clone le regarda passer jusqu'à ce qu'il disparaisse.
- J'ai une idée, dit soudainement Ouralle en se levant. Enlevez votre casque.
Full s'exécuta, en soulevant le clapet à gauche de son cou, et la regarda perplexe. La native passa de l'autre coté du tronc et se plaça derrière son dos.
- Qu'est ce que vous allez faire ? demanda t-il inquiet en la suivant du regard.
- Regardez devant vous et détendez-vous…
- Doucement elle mit ses doigts sur ses tempes de chaque coté de son crâne et le clone tressaillit. Ouralle ferma les yeux.
- Vous êtes complètement tendu… dit-elle en sentant les muscles contractés de sa mâchoire.
- C'est normal, madame, c'est la première fois qu'un médecin me fait ça.
- Je ne suis pas médecin et je m'appelle Ouralle et non madame, Full, répéta-t-elle gentiment.
- Vous devriez faire votre tour sur Vere, il en a plus besoin que moi, dit le clone toujours tendu.
- Je suis désolé mais on ne peut plus rien pour Vere. De plus ça ne servira à rien puisque qu'il est inconscient.
Le commandant ne dit rien et Ouralle s'en voulut tout de suite. Elle avait peut être parlé un peu trop sèchement.
- Allez relâchez- vous un peu, fermez vos yeux, dit-elle pour passer à autre chose. Jiss surveille les environs, il n'y a rien à craindre pour le moment.
Finalement le commandant essaya de l'écouter. Il ferma les yeux et Ouralle sentit son corps se détendre légèrement. Mais sa main droite restait crispée sur la détente de son arme. Soudain il enleva les mains de la native.
- Arrêtez..., commença-t-il gêné.
- Ok, c'est vous qui voyez, dit-elle surprise. Mais vous êtes une vrai boule de nerfs, dit-elle en se rasseyant à coté de lui. On ne vous donne pas des cours de relaxation dans l'armée ?
A ce moment-là le soldat clone revint.
- Tout est calme commandant, dit-il.
- Parfait, repos, lui ordonna Full.
- A votre tour Jiss, dit amicalement Ouralle.
- A mon tour de… ?
Un petit sourire se dessina sur le coin de la bouche du commandant.
- Rigolez Full, si ça se trouve il sera plus réceptif que vous ! Asseyez-vous Jiss et enlevez votre casque.
Le soldat s'assit en tailleur sur la litière de grosse feuilles. Sous son casque il laissa apparaitre pour la première fois son visage semblable à tous les autres clones et son crâne entièrement rasé ainsi qu'une cicatrice sur l'arcade sourcilière gauche. Il jetait des regards inquiets à Full qui ne cachait plus son amusement.
- T'inquiète pas, Jiss, dit son supérieur en souriant.
- A genoux, Ouralle lui fit la même chose. Tout comme le commandant, Jiss ne fut pas à l'aise au début.
- Détendez-vous… lâchez votre arme, dit doucement la jeune fille.
Le clone obéit et progressivement mais rapidement son corps se relâcha. Il ferma les yeux pour profiter de ce moment de calme. Full cessa subitement de sourire et plissa ses yeux.
- Vous voyez Full, dit Ouralle à son tour amusée. Jiss arrive à se détendre totalement, lui. Je ne sens plus aucune tension dans son corps….
Le Jedi revint vers eux après avoir enjambé une racine. Surpris, il observa quelques secondes le spectacle avant de s'asseoir.
- Voilà Jiss ! finit par dire Ouralle en enlevant ses mains. Prenez votre temps pour revenir à vous. Full va faire le premier tour de garde car il n'est pas près de dormir vu comme il est tendu, ajouta-t-elle avec ironie. Je plaisante Full, ne vous levez pas.
Jiss ne bougea pas et resta les yeux clos. Ouralle remarqua que le commandant fixait le soldat avec une pointe de jalousie.
- Jedi, commença-t-elle. J'aurais besoin de faire l'inventaire de ce qu'on a en médical.
- Bien sûr, dit-il en détachant le nécessaire de sa ceinture similaire à ceux des clones.
Le commandant fit de même et Ouralle prit doucement celui de Vere. Pendant qu'elle s'occupait des compresses à bacta, elle vit que le Jedi et Full regardaient Jiss qui n'avait pas bougé.
- Vous l'avez tué ? finit par demander Full.
- Non… répondit le Keldor. Il est juste parfaitement serein. C'est quelque chose de réalisable, en si peu de temps, uniquement avec la Force.
- Arrêtez avec votre Force…Jiss, vous êtes là ? demanda Ouralle. Il faudrait vous réveiller maintenant.
Elle se rendit à quatre pattes jusqu'à lui et lui prit l'avant bras. Il se laissa complètement faire. Puis elle le lâcha, et il retomba sur son genou. Full était subjugué.
- Jiss ? recommença-t-elle plus près de son oreille.
Brusquement il sursauta et ouvrit les yeux.
- Hein ? Oui ? dit –il un peu perdu.
- Vous allez bien ?
- Plus en forme que jamais madame.
La jeune femme laissa échapper un soupir.
- Moi c'est Ouralle...
- Quels sont les ordres, chef ? demanda t-il en se tournant vers Plo.
- Pas d'ordre pour le moment soldat, lui dit le Jedi.
- J'ai besoin de votre pack médical, s'il vous plait.
- Oui, mad… Ouralle.
- Bien, il y a des progrès !
Cinq seringues d'analgésique, deux d'anti-inflammatoire ainsi que du bacta en spray et dans des compresses. Le Jedi annonça qu'il laissait tout ça pour les clones, qu'il pouvait limiter sa réaction allergique avec la Force. Ouralle lui réserva un anti-inflammatoire quand même, Vere aurait le droit à un antidouleur, et le reste serait pour Full qui lui survivra à sa blessure. Elle redonna tout le précieux matériel à leurs propriétaires respectifs en gardant en mémoire ce qu'ils avaient convenu.
Après une injection Full prit le premier tour de garde tellement il insistait. Jiss, les bras derrière la tête, et le Jedi s'endormirent rapidement. En revanche Ouralle ne trouvait pas le sommeil. C'était la première fois qu'elle était victime d'une attaque de cette ampleur et son esprit fut envahi par des flash-back cauchemardesques. Des corps sans vie, de la fumée, du sang… et la mort de Lia. Elle revit au ralenti le rayon rouge atteindre sa tête... Ouralle secoua sa tête pour chasser ces images abominables de son esprit. Il y a quelques semaines, Lia avait débarqué ici en tant qu'infirmière de la République et les deux femmes avaient très vite sympathisé. La native avait appris beaucoup de choses grâce à elle, sur la médecine bien plus avancée, et sur la vie de tous les jours sur les planètes modernes du noyau. Elle souriait tout le temps et avait toujours le mot pour rire. Sur les feuilles sèches et raides qui composaient la litière, Ouralle sentit ses larmes couler. Et puis au dispensaire, Full lui avait sûrement sauvé la vie car s'il ne l'avait pas retenue, elle aurait accouru vers son amie déjà morte et elle aurait été tuée à son tour. Cela suffisait, elle en avait marre. Alors elle essuya ses yeux et se mit en position assise. Elle se tourna pour voir Full qui la regarda, comme d'autres clones par moment, avec le même regard innocent qu'un enfant. Cela l'avait toujours troublée. Elle se leva pour le rejoindre.
- Vous devriez essayer de dormir, lui dit-il doucement pour ne pas réveiller les autres.
- Bah oui, mais je ne suis pas comme vous. Moi, la guerre je ne connais pas, répondit-elle en se frottant le visage. Et puis… je repensais à Lia.
Full ne rajouta rien. C'était vrai que les civils ne participaient pas beaucoup à cette guerre.
- Euh, je m'excuse pour tout à l'heure à propos de Vere. J'ai été un peu froide...
- Ce n'est rien... (il avait du mal à ne pas dire madame).
- Vous devez me prendre pour une chochotte à propos de mon amie. Vous, vous avez dû en perdre un grand nombre de soldats…
- Et ça fait toujours aussi mal, que ce soit le premier ou le centième. Mais nous faisons notre devoir c'est ça qui est le plus important.
- Vous vous êtes jamais demandé pourquoi vous vous battez ?
- Pour la république.
- Et qu'est ce que vous connaissez de la république? commença à s'énerver Ouralle contre celui qui avait créé l'armée de clone. Laissez-moi deviner : Vous n'avez jamais vécu comme des citoyens, donc vous n'avez pas d'application pratique au mot république. C'est comme si vous défendiez une cause que vous ne connaissiez pas !
- Moins fort…
- Oui, pardon. Mais vous vous êtes jamais posé de questions ? reprit-elle en chuchotant.
- Si, mais il ne faut pas trop y réfléchir. Sans la république nous n'existerions pas.
- Vous êtes vraiment optimiste.
Le regard d'Ouralle atterrit sur le casque du commandant qui était au sol près de son propriétaire.
- Vous voyez quoi dans votre casque ? demanda t-elle.
- Vous voulez essayer ? lui proposa-t-il en lui tendant.
- Euh…, je veux bien.
Elle enfila le casque et se sentit très à l'étroit mais contrairement à ses préjugés, on avait une bonne vue panoramique.
- Oooh…
Puis elle remarqua des icones sur tout le pourtour de la visière. En les regardant elle ouvrit des applications.
- Oups...
Bouger les yeux dans tous les sens n'arrangeait pas les choses jusqu'à ce qu'un message dans un encadré rouge s'affiche : « Etes-vous sûr de réinitialiser le système ? ».
- Je crois que j'ai fais une connerie, lui dit-elle en retirant le casque et le tendant à Full.
A son tour il le remit sur sa tête pour inspecter les dégâts.
- Ah oui, le clignement des yeux active les applications, dit-il avec de la voix déformée par son casque.
- Je suis désolée !
- Rien de grave, c'est moi qui ai oublié de vous prévenir, lui dit-il en l'enlevant.
- Et vous vous êtes facilement habitué à tous ces trucs ?
- Oui, c'est pas difficile.
- Et l'armure, ça ne vous gêne pas de l'avoir constamment sur vous ?
Full était surpris de la curiosité de la native. Les civils, au mieux les dévisageaient de loin, au pire les ignoraient. Ouralle était bavarde... Parler à quelqu'un, autre que ses frères, aussi longtemps encore plus avec une fille, était une première pour lui.
- Non, au contraire on se sent en sécurité dedans. Ou presque, ajouta t-il en montrant sa jambe.
Il eut un silence. Full ne savait pas trop quoi dire.
- Ne vous inquiétez pas, finit-il par annoncer en voyant la native préoccupée. On s'en sortira.
- J'aimerais vous croire.
- Vous pouvez me faire confiance pour cela Madame… dit-il comme s'il récitait cette phrase apprise par coeur.
Vere s'était réveillé.
- Moi c'est Ouralle, ajouta la jeune fille à l'intention de Full en regardant le soldat blessé.
- Encore désolé.
Elle se leva, enjamba les pieds de Jiss, et vint à ses cotés.
- Vere, vous vous rappelez où vous êtes ? demanda-t-elle en le soutenant.
- Ma tête va exploser… dit-il avec des mouvements désordonnés. Où est… mon arme?
- Nous sommes en sécurité ici, vous n'avez pas besoin de votre fusil. Calmez-vous.
Il tenta de se lever mais ses membres ne lui répondaient pas comme il le souhaitait.
- Vere, vous devez vous reposer...
Full arriva à son tour.
- Eh détends-toi, il n'y a plus de tas de ferraille à dégommer.
- Alors le clone se calma mais il ne semblait pas complètement conscient de tout ce qui se passait.
Peu de temps après Jiss fut réveillé. La relaxation d'Ouralle l'avait mis en pleine forme et il se proposa de faire le tour de garde une bonne partie de la nuit. Alors Full se reposa et Ouralle injecta l'analgésique au traumatisé. Mais le reste de la nuit, il reprenait connaissance par moment, marmonnait des paroles, et se débattait. Ouralle supportait mal son agonie et se bouchait les oreilles. Elle ne réussit à dormir qu'une à deux heures.
La chapitre 4 très bientôt, promis ! ;-)
