Trop gentille pour toi, Potter !
Chapitre 4
(Recherche normalité désespérément)
« Je veux dire, qu'est-ce qui clochait avec elle ? »
James respira, comme s'il cherchait l'inspiration, et finit par décréter :
« Elle n'était pas toi »
Remus arrêta de rire, Peter lâcha ses pièces d'échecs et Sirius se figea. Mais James ne regardait toujours pas Lily. Il l'entendait respirer plus fort que la normale et juste, ne rien faire, ne rien dire. Ça avait été plus fort que lui, il fallait bien que cette chose sorte un jour de lui; et c'était fait.
Comment aurait-il pu en être autrement ? Il était avec Kat, et cette fille était vraiment surprenante. Elle l'embrassait, le touchait – c'était dix fois plus agréable qu'avec une autre fille, elle était vraiment bien. Et là, juste aujourd'hui, elle autorisait à passer sa main sous son chemisier, et wow, James n'avait pu se retenir… Sentir le soutien-gorge – le sein – de cette fille sous sa main, ses grognements, sa peau fine, le tissu soyeux, c'était juste trop – et il avait dit son nom…
Kat lui avait confiance, elle s'était en quelque sorte donnée à lui, et il avait grogné le prénom de sa meilleure amie dans son cou. Il pouvait stupide à un point des fois… Et il savait que Kat ne se retiendrait pas de le dire à Lily quand elle la verrait – Kat détesterait Lily, et James, et elle leur balancerait ça en pleine face. Il comprenait comment elle se sentait, une fois, sa copine l'avait trompé, et même sans amour ou attachement, c'était douloureux – et Kat se sentait comme ça, à cause de lui, parce que bordel, il était incapable d'embrasser la Gryffondor sans qu'une image de lui et Lily s'embrassant passionnément se forme dans sa tête d'adolescent dérangé par ses hormones…
Et Lily ne disait toujours rien.
« Bon, et bien, on a un truc à faire, je crois. » Remus se releva et donna un léger coup de pied à Sirius qui se mit debout à son tour.
Peter sursauta au regard noir de Remus et leva en grognant : « Olga m'attend. » Il disparut par le portrait tandis que les deux autres maraudeurs montaient dans leur dortoir.
James se laissa tomber à côté de Lily et essaya de capter son regard mais tout ce qu'il aperçut fut une larme perler le long de sa joue.
« Lily ? » Il posa une main sur l'épaule de la jeune fille qui ne réagissait pas. « Lil ? Je suis désolé, je ne voulais pas- »
« Tu ne veux jamais James. »
« Quoi ? »
« C'est quoi le problème ? C'est quoi ton problème avec moi ? » Lily se remit sur ses pieds, suivie de James. « Nous sommes amis, amis ! Qu'est-ce que tu as besoin de faire des choses comme ça, Merlin ? »
« Je ne l'ai pas fait exprès ! » se défendit-il, sentant venir une explosion de colère en la jeune fille. « Ce n'était pas prémédité ! »
« Et bien ne le fait plus ! Reviens-en à avant, James ! Je suis à peine une fille, ne me considère pas comme une autre Elle ! » Lily ramassa son sac, ses livres et commença à se diriger vers l'escalier. « Ne me considère pas comme une de plus ! »
« Lily ! » Il lui attrapa le poignet, l'obligeant à se retourner. « Je pense à toi, je rêve de toi, je t'imagine tout le temps. Tu es dans ma tête, là. » Il posa deux doigts sur son front. « Et tu t'accroches et tu es juste indispensable et… je crois que… je crois que je suis en train de tomber – »
« Arrête de croire. » Lily secoua la tête, enlevant de son esprit la dernière conversation qu'ils avaient eu sur le sujet – James ne pouvait pas croire qu'il était amoureux d'elle, car il passait son temps à lui briser le cœur juste après. Elle n'était pas prête à lui faire confiance de nouveau. Plus.
« S'il te plaît James. Ne m'oblige pas à te faire choisir entre mon amitié et rien du tout. »
James souffla et lâcha le poignet de la jeune fille avec déception. Elle monta les escaliers et rentra dans son dortoir. Elle ne ressortit pas pour se jeter dans ses bras, elle ne vint pas lui confier à l'oreille qu'elle pourrait essayer de sortir avec lui. Rien du tout.
Mais qu'est-ce qu'il avait cru ? Que Lily, sa Lily, son amie, pourrait le voir autrement ? Il n'était qu'un gamin de quinze ans, bien sûr qu'elle ne sortirait pas – jamais avec lui. C'était juste idiot. Et maintenant, il lui restait juste à oublier.
« Tu viens juste de le faire, Lily, » s'entendit-il murmurer en guise de réponse, face au vide.
Oublier qu'en ce mois de septembre de cinquième année, il avait cru tomber amoureux de la miss Evans. Car il était certain qu'elle, elle ne le verrait jamais comme un petit ami potentiel. Fin de l'histoire.
oOoOoOoOoOo
Comme tous les matins, Lily se réveilla à six heures, sortit du lit, sauta dans un jogging et alla dans le parc pour courir. Prendre une demi-heure pour elle tous les matins était un luxe dont elle ne pourrait pas se passer; ça la maintenait en forme (et lui permettait de semer les gens à qui elle ne voulait pas parler) et en plus, elle pouvait faire le point.
James avait oublié ce qui s'était passé dans le train. Et il lui avait redit à peu près la même chose la veille, sans savoir qu'il se répétait. Donc, il y avait de grandes chances que ce soit vrai. Que James Potter était en train de complément la voir d'une manière différente. Et elle et James pourraient sortir ensemble.
Mais ils avaient quinze ans. Il semblait tellement évident à ses yeux qu'un couple de cet âge ne peut finir que par tôt ou tard se disputer et rompre, ce qu'elle ne voulait pas. Elle avait peur de perdre son ami pour toujours, après la rupture. Au fond d'elle-même, il y avait cette voix, qu'elle ne pouvait pas faire taire, qui lui répétait sans cesse que ce n'était pas le bon moment pour être avec James.
Elle avait l'impression qu'une partie d'elle-même savait qu'un jour, ils seraient ensemble, mais que cette même partie lui disait, gagnant en assurance de jour en jour, que ce n'était pas le bon moment. Elle ignorait pourquoi, mais elle le savait. Comme si un lien spécial la reliait à lui, comme si-, c'est ridicule, se reprit-elle, c'est juste mon imagination.
Et puis, s'ils étaient vraiment faits l'un pour l'autre, il y aurait d'autres moments plus opportuns pour être ensemble. Mais là, la souffrance du coup du train était encore trop jeune. Lily ne voulait plus ressentir ça. Elle n'allait pas se faire utiliser par lui. Et ça commençait par ne pas se rendre compte qu'elle pouvait vraiment le considérer comme autre chose qu'un ami ou que ça la dégoûtait juste d'imaginer être avec Sirius ou Remus.
Et elle refusait de savoir pourquoi. James et elle seraient amis. Et rien d'autre.
oOoOoOoOoOo
Sirius marchait dans le château en sifflotant. Il avait décidé de ne pas s'en mêler. Après tout, James et Lily étaient suffisamment grands pour gérer leurs affaires de couple…
Waouh, couple C'était carrément bizarre de penser que ses deux meilleurs amis pourraient être un couple mais c'était bon pour lui. S'ils étaient heureux avec ça, alors tant mieux pour eux.
Okay, pour être honnête, Lily n'avait pas l'air d'apprécier le fait que James se révèle soudain une sorte d'amoureux transi mais, tant qu'ils restaient tous amis, Sirius s'était juré de ne pas s'en mêler – et il ne s'en mêlerait pas.
Il passa la porte que Peter lui avait indiquée et son sourire s'évanouit dans la rougeur qui colora soudain ses joues. C'était une salle bizarre, il y avait des bancs – vieux apparemment, qui avaient été poussés dans le fond de la pièce, et une couverture était sur le sol. La lumière venait des bougies qu'Olga avait allumées. Sirius déglutit et releva son regard vers la jeune fille…
Elle ne portait pas l'uniforme de Poudlard, mais des habits moldus. Une minuscule jupe noire en tulle, un top qui était composé d'une bande dans le bas du dos laissant ses épaules à découvert, et d'une bande sur la poitrine, laissant apercevoir son ventre. Ses cheveux avaient été bouclés pour l'occasion, ses joues semblaient plus rosées que d'habitude, sa bouche humide.
Sirius toussota, essayant de reprendre contenance. Quand Peter l'avait envoyé prévenir Olga qu'il était collé et ne pourrait pas la rejoindre, il ne s'était pas attendu à ça…
« Merlin ! » Dans un élan de panique, la jeune brune attrapa sa cape et s'en couvrit. « Tu n'es pas Peter. »
« Non. » Sirius se passa la main dans la nuque, fixant le sol. Tiens, elle était à pieds nus et il y avait une chaîne en argent autour de sa cheville… sexy. Le mot s'imposa à son esprit alors qu'il tentait désespérément de se reprendre. C'était la petite amie de son meilleur ami ! « Il est avec Slughorn. » Il souffla, s'insurgeant au calme. Ce n'était qu'une fille ! « Il est désolé de ne pas pouvoir venir. »
Et c'est avec horreur qu'il s'aperçut que ses yeux s'humidifiaient. Oh non, elle n'allait pas pleurer maintenant ? « Merci, Sirius, » finit-elle par déclarer d'une voix hésitante. Elle renifla légèrement. « Je suppose qu'il a oublié mon anniversaire. » Et sanglot s'échappa de sa gorge.
Maladroitement, Sirius s'approcha d'elle et déposa sa main sur son épaule. Cette peau-là était plus douce et plus fine que la sienne, et il se demanda si toutes les filles avaient une peau aussi douce – c'était une question qu'il ne s'était jamais posée jusqu'ici.
« Hey, il m'a donné ça pour toi. Il s'est battu contre le prof, tu sais, pour pas être collé. » Il sortit de sa poche le petit paquet que Peter lui avait remis et le fourra dans la main d'Olga qui avait relevé sur lui des grands yeux humides. « Il serait venu lui-même s'il avait eu le choix. »
Elle acquiesça et tenta de sourire « Pardon… Je ne suis pas aussi… fleur bleue… Je veux dire, pleurer, tout ça – ça ne me ressemble pas. »
Le jeune homme expira calmement. Il fallait qu'il sorte d'ici. Le professeur Gibbon l'attendait. Et l'ambiance romantique l'oppressait. « C'est bon, je lui dirai rien, » dit-il, un peu rudement. Il savait qu'il donnait l'impression d'être insensible ou un peu ballaud, mais Sirius était indéniablement peu doué avec les filles. Et il ne cherchait pas à faire des efforts.
Olga acquiesça une seconde fois, plus franchement, en se passant les mains sur le visage pour sécher ses larmes. Puis, avec une autre tentative de sourire avortée, elle l'embrassa sur la joue en murmurant « Merci ».
Sirius déglutit, et s'en alla. Il avait l'impression que son cœur avait fait un saut dans sa poitrine et qu'en même temps, l'air lui était sorti des poumons, l'empêchant de respirer normalement. Et puis, les lèvres de cette fille étaient douces aussi. Sa main se porta sur son propre visage et effleura ses propres lèvres, abîmées et sèches. La question le taraudait : était-ce une qualité que toutes les filles possédaient, être plus douces que les hommes ? Une autre question l'embêtait aussi. Pourquoi son cœur battait-il si vite alors qu'il venait juste de quitter Olga, la copine de son meilleur ami Peter ?
Etait-ce parce que c'était Olga, parce que c'était interdit, parce que c'était nouveau ? Ou bien était-il en train de grandir et de rentrer dans une phase de son adolescence ? Après tout, les garçons autour de lui – même Remus – s'intéressaient aux filles, non ? Si lui ne l'avait pas fait jusque-là, c'était peut-être simplement parce qu'il était en retard sur la programme normal de croissance ?
Ce devait être ça. Ce n'était pas parce que c'était Olga qu'il se sentait bizarre, c'était parce que c'était une fille et que Sirius était en train de changer. Ça aurait fait ça avec n'importe qui. La preuve : quand Lily lui souhaitait bonne nuit, parfois en l'embrassant sur la joue, son cœur ne sautait jamais un battement – et Lily représentait sans doute encore plus l'interdit qu'Olga. Mais en même temps, Lily était son amie, non ? Peut-être que ça influençait ?
Il soupira. C'était exactement pour ça qu'il ne voulait pas s'approcher des filles en général. C'était une telle prise de tête ! L'air frais du couloir lui fit du bien. Il fallait qu'il reprenne ses esprits. Le plus vite possible. Il se secoua et reprit sa route vers la classe de défense contre les forces du mal. Les choses ne semblaient pas se décider à tourner correctement…
Arrivé à destination, l'épisode Olga à peu près effacé, il toqua une fois contre la porte en bois et entra. A nouveau, la chaleur l'étouffa ainsi qu'ambiance tamisée du lieu. Bien qu'effrayé, cela faisait deux fois en moins d'une demi-heure que son cœur s'arrêtait de battre, il allait mourir jeune à ce rythme-là, il releva les yeux sur le bureau où le professeur Gibbon était assisse, sans sa robe de professeur habituelle, les jambes écartées autour du buste d'un inconnu.
Sirius sentit tout son sang monter au visage quand il rencontra les yeux de son enseignante et se mit à bégayer : « Désolé, je voulais pas… vous interrompre, je… repasserai… plus tard… »
Il sortit de la classe, s'appuyant contre un mur pour retrouver ses esprits. Cette fois, c'était bien pire que tout ce qu'il avait pu imaginer comme soirée. Non seulement, il se retrouvait avec une Olga pleurante dans les bras et trouvait sa peau douce mais en plus, il tombait sur son professeur – la seule jeune, sympa et belle prof qu'il avait – dans une position compromettante avec un homme. C'était ce genre de jour où il aurait mieux fait de ne pas mettre un orteil hors de la salle commune… Quoique observer Lily et James s'éviter du regard pendant une heure était ennuyant aussi.
Il entendit du bruit derrière la porte. Ce n'était pas vraiment ennuyant comme situation mais pas vraiment agréable non plus. Il n'aimait pas que les choses lui tombent dessus sans y être préparé. Il ferma les yeux – grand mal lui en prit. Comment faire pour oublier ce qu'il venait de voir ? Merlin, cette vision décharnée de son professeur allait le poursuivre toute l'année, il en était sûr. Reprenant peu à peu son souffle qu'il avait retenu durant son "blocage" il cligna les yeux.
Merlin oh doux Merlin Agrippa et Morgane.
C'était trop pour une soirée.
La porte s'ouvrit à nouveau sur l'homme, noir, des cheveux tressés, un air hagard. Derrière lui, Lévina avaient les cheveux à peu près comme ceux de James au réveil et semblait à côté de ses chaussures. Sirius baissa les yeux et pinça les lèvres – finalement, c'était assez marrant comme situation, pour une fois que c'était le prof qui était pris en défaut et non pas l'élève ! – et il s'aperçut qu'elle ne portait plus ses chaussures. Elle juste vêtue d'une jupe en jeans mi-cuisse et d'un haut noir saillant.
« Va-t'en, » murmurait-elle rageusement en poussant l'homme vers le bout du couloir. « Au revoir ! »
« Attends. » L'homme lui attrapa le poignet pour l'obliger à se retourner, sous l'œil attentif de Sirius. « Je peux au moins savoir ton prénom, professeur Gibbon ? »
Cette fois, l'élève se mordit les joues pour ne pas se faire remarquer. Il se demandait vaguement si cela était normal. Et autorisé. Qu'un prof amène un inconnu dans le château, se jette sur lui et cela, sans même lui dire son prénom ? Le fait que l'homme ignore ce détail rendait Lévina Gibbon différente à ses yeux – parce qu'il ne s'intéressait peut-être pas aux filles mais Sirius n'était pas idiot au point de ne pas se douter de ce qu'elle s'apprêtait à faire avec l'afro. Sans même lui avoir dit son nom. Qui a dit que les adultes sont des personnes sages et raisonnables, aux mœurs sans accro ?
Et dire que les professeurs sont censés donner l'exemple, songea-t-il en ignorant la légère torsion de son intestin en voyant les deux adultes se disputer. Peut-être que finalement, il était simplement malade ce soir ?
Avec un soufflement agacé, la femme le frappa sur le bras en articulant très nettement : « Tire-toi ! » Puis elle se retourna vers Sirius en n'osant plus croiser son regard. Elle reprit la direction de la salle de classe et le jeune homme s'aperçut alors qu'elle ne marchait plus très droit et qu'elle avait besoin des murs pour se soutenir.
« Black ? » murmura-t-elle d'une voix pâteuse en le faisant entrer. Il la vit cligner plusieurs fois des yeux, luttant apparemment pour reprendre le dessus sur ses sens. « Qu'est-ce que vous faîtes là, bon sang ? »
« Vous… vous m'avez donné une retenue. »
« Ah oui ? » Elle tourna la tête vers lui – trop rapidement probablement – et se trébucha, manquant de tomber en avant.
Sirius se précipita devant elle et la rattrapa dans ses bras. Un sourire plus que figé s'étalait à présent sur son visage et sa glotte refusait de descendre dans sa gorge. C'était probablement car il n'avait plus de salive en bouche qu'il ne pouvait plus déglutir. Et cela n'avait aucun lien avec le fait que son professeur – qui avait peut-être six ans de plus que lui – était étalée contre son torse et habillée très légèrement…
Lévina se racla la gorge et se détacha de lui, retournant doucement vers son bureau. Sirius, tout à son trouble, ne fit pas trop attention et se contenta de la suivre dans la pièce. La femme attrapa sa baguette, alluma la lumière et passa sa robe d'enseignante, tenue oh combien plus décente…
« Bien, hum. » Elle releva un regard gêné vers lui et le simple fait de plonger ses yeux dans ceux de Sirius fit monter en lui une bouffée de chaleur… Qu'est-ce qui se passait encore ? « Je compte sur votre silence pour cette… situation embarrassante monsieur Black. »
« B… » le mot que voulut prononcer le garçon resta plongé au fond de sa gorge. Okay… Jamais il n'était resté sans voix devant quelqu'un. Et encore moins un prof ! « Je… » Ses paumes étaient moites. La constatation lui fit peur… Ses paumes étaient moites…
« La retenue est annulée, bien sûr. » Elle semblait avoir plus facile à passer à autre chose. Mais elle ne venait pas de surprendre son professeur en pleine action… Et encore moins ce genre d'action !
Renonçant à parler correctement, cette fonction semblant être en mode off chez lui pour ce soir, il se contenta de faire apparaître une tasse de café sur le bureau du professeur. C'était pratique Poudlard, quand même. Il n'y avait qu'ici que la nourriture acceptait d'apparaître 'comme par magie' (en fait substituée aux cuisines).
Celle-ci sembla surprise mais contente de l'attention. « Oh… heu merci. »
Un silence tendu s'établit dans la pièce, Lévina Gibbon assise sur sa chaise de prof, sirotant de café noir fumant, et Sirius debout, raide comme un piquet face à elle, s'essuyant régulièrement les mains sur son pantalon.
Il déglutit. Au moins, il parvenait à nouveau à le faire, et souffla pour se détendre. Ce n'était rien. Rien du tout. Il n'avait pas de raison de se sentir comme ça. Il venait juste de… en une soirée… comprendre… ce qu'étaient les filles.
oOoOoOoOoOo
Peter rentra dans le dortoir vers une heure du matin, retenant un bâillement. Il passa habilement par-dessus le balai de Sirius qui traînait au milieu de la pièce, sauta au-dessus de la pile de livres de Remus et s'étala sur le tas de vêtements tout juste repliés de James…
Le juron ne sortit pas de sa bouche tandis qu'il se relevait et avançait à tâtons vers son lit dans l'obscurité du dortoir. Il détestait les retenues. Il détestait les chaudrons. Il détestait nettoyer. Il était un homme, non ? Et les hommes, ça ne nettoie pas !
La douceur de l'oreiller le fit frémir de bien-être, il se plaça sous ses couvertures chaudes et se cala confortablement contre son matelas. Pour peu, il aurait presque oublié la scène qu'allait lui faire Olga le lendemain. Il espérait juste que le petit cadeau lui éviterait de devoir discuter trop. Il détestait parler parce qu'il se sentait toujours comme un crétin face à elle.
Ses yeux se fermèrent et les bruits lui parvinrent étouffer, mais lui parvinrent quand même. D'un côté James, et son interminable « Lily non, ne prend pas 'rien', prends moi, Lily, moi je suis là ! ». Tandis que les deux autres bavaient allègrement, la bouche entrouverte. Difficile d'entendre quoi que ce soit de cohérent… Il y avait Remus avec son 'Pop – poppy – Pomy' qu'il disait, encore et encore, comme une litanie, une rengaine presque entraînante. Puis Sirius, s'agitant dans tous les sens, avec son 'Lévi, oh oui, Ol aussi-viens ici, lévy'.
Qui étaient ces « Pop », "Ol" et « Lévi » échappait à la conscience quasiment endormie de Peter. Au moins, maintenant les choses étaient redevenues normales…
oOoOoOoOoOo
Lily Evans. Presque quinze ans. Rousse aux yeux verts. Amie avec les maraudeurs. Un père pervers. Une mère alcoolique. Son meilleur ami amoureux d'elle.
Elle est assisse à la table de déjeuner, les yeux légèrement perdus dans le vide. Les choses ne vont pas correctement ses temps-ci. Rien ne va comme cela devrait aller. Du coin de l'œil, elle voit les garçons s'approcher d'elle. Elle se lève en les saluant, puis part s'asseoir sur un banc dehors.
Il y aura un moment où elle sera obligée d'affronter James. Le plus tard sera le mieux. Elle aime s'asseoir et regarda le vent faire courber les branches et les feuilles recouvrir la surface miroitante du lac… l'automne commence à peine au château.
Quelqu'un s'assied à côté d'elle. Pose sa main sur la sienne. Enserre ses doigts. Malgré tout ce qu'elle veut dire, faire et crier, elle serre aussi les doigts.
Un temps se passe, quelques anges passent. Elle l'entend déglutir, souffler, ouvrir la bouche pour parler et se reprendre. Recommencer. Encore. Elle tient la main plus précisément. Elle trouve cette scène horriblement trop proche d'un adieu. Il inspire, il veut parler. Mais une fois de plus, ne le fait pas, ne veut pas briser le moment. Alors le silence perdure et les berce. Tous les deux. Ensemble.
« Pourquoi ? » Ce sera finalement elle qui brisera la règle de ne rien dire, les yeux baissés sur leurs mains entrelacées. « Que s'est-il passé cet été pour que soudain, ça nous tombe dessus ? »
Il souffle. Il comprend… Il comprend que quand elle dit 'choisis entre l'amitié et rien', elle veut bien dire qu'il n'y aura rien entre eux, même s'ils sont amis. « Tu m'as coupé les cheveux. » Un sourire passe sur ses lèvres mais elle ne sourit pas. Elle est nostalgique. Elle se souvient.
« C'est idiot, James. Tu ne peux pas – »
« C'est quoi, l'amour, Lily ? » Il soupire, se retient de tourner le visage vers elle et caresse le dos de sa main avec son pouce. « Je sais juste que depuis ce jour-là, tu me troubles. »
« Et alors ? » Elle s'enquiert, énervée sans pour autant élever la voix. Ce n'est pas suffisant. Elle est parfois troublée par lui. Et par Sirius aussi. Et par Remus également. Même par Peter. Et elle n'est pas – ou ne prétend pas être – amoureuse d'eux tous pour autant.
« As-tu déjà embrassé quelqu'un et pensé embrasser une autre personne en même temps ? » Evidemment, il ne peut pas juste répondre. « N'as-tu jamais rêvé de quelqu'un continuellement, toutes les nuits, et oublier le matin tout sauf l'impression d'avoir été entier ? »
« N'arrêtes-tu jamais de parler comme si tu allais écrire un livre métaphysique sur l'amour ? »
Il soupire. « Bien, Lily. Tu es ma meilleure amie. Tu le sais, je ne peux juste pas imaginer être à Poudlard sans toi… Mes sentiments sont là depuis toujours. Je t'aime. Mais là, il y a autre chose – en plus. »
« Le désir, » avoue-t-elle elle-même, le prenant de court. « Le désir est éphémère James, ça ne peut pas durer. »
« C'est la seule différence entre l'amour et l'amitié. » Leurs mains se resserrent. Puis, enfin, elle les détache et se lève.
« Je ne peux pas. Je suis désolée. »
Il la regarde s'avancer vers le château. Quelque chose, au fond de lui, le fait se sentir misérable. Mais il a compris. Elle n'est pas prête à accepter de tout mettre en jeu. Et quelque part, il savait déjà que ça se passerait comme ça, avant d'avoir, à nouveau, essayer de la faire changer d'avis. Comme si une voix en lui le lui avait dit – lui avait expliqué que le moment d'être avec Lily n'était pas encore venu.
Il fallait juste…
« Revenir à avant »
Quand tout était normal.
oOoOoOoOoOo
Faire que tout redevienne à la normale ne fut pas chose facile. Il y eut des moments difficiles pour chacun d'eux. Mais la volonté pousse à faire des choses étonnantes, à changer. A prendre sur soi. Apprendre à apprendre aussi.
Jusqu'au jour, où enfin, on oublie que tout a été différent.
Un autre jour.
Évidemment, parfois, c'est un peu plus compliqué…
oOo James oOo
Le plus dur a sans doute été la première fois que je l'ai vue avec un autre garçon. Il avait quelques mois de moins que nous (en quatrième encore – et je ne sais pas pourquoi, mais il me semblait si débile et immature, j'étais persuadé de n'avoir jamais été comme ça, moi !)
Enfin, Lily est sortie avec ce mec, Carlos je crois. Ou Charles. Un nom bizarre – tout aussi étrange que le personnage. Très égocentrique et dans un état quasi permanent de totale euphorie. Sans rire, parfois, il me faisait peur.
La première fois, ils sont rentrés dans la salle commune, main dans la main, et j'ai senti un drôle de pincement – sur le coup, j'ai cru avoir trop mangé puis j'ai fait d'horribles cauchemars la nuit. Lily me manquait.
Pire que ça. Je voulais Lily. Et rien de ce que je pouvais me dire ou faire ne changeait ça. J'étais hanté par elle. Dans mes rêves. A mon réveil. Durant la journée. Je l'observais beaucoup. Je la connaissais par cœur maintenant.
Je veux dire, encore plus qu'avant. Par avant, j'entends : quand mon amitié envers elle n'était pas un monstre d'hypocrisie.
Je me suis rendu à l'évidence assez rapidement et avec facilité : elle ne m'aimait pas comme je l'aimais. Bien, tant pis pour elle, une autre fille profiterait de mon incroyable personne. Et puis c'est tout.
Je réussis à convaincre tout le monde que nous étions (et que je ne voulais qu'être) amis. A un moment, j'y crus même moi-même.
Puis, il y eut Carlos, et il se passa quelque chose de bizarre : pour la première fois de sa vie, Lily prit peur. Carlos était devenu le pire petit ami qu'elle pourrait rêver d'avoir et elle était venue vers moi.
C'était un peu avant le bal d'Halloween. Elle l'avait plaqué trois fois, et ce mec ne comprenait pas. J'ai accepté d'accompagné Lily au bal – et Carlos (peut-être était-ce bien Charles finalement) a semblé comprendre qu'il avait perdu la rousse. Mais moi, j'avais mon bal avec celle qui peuplait mes nuits, et à partir de là, je me suis convaincu que je ne pourrais jamais faire ma vie sans elle.
Alors, je le lui ai dit.
oOo Lily oOo
Tout s'est bien passé, jusqu'à Halloween à peu près. James et moi étions redevenus amis, comme avant. Il n'y avait plus de tensions entre nous. C'était parfait, comme avant.
Mais bien sûr, avec lui, rien ne peut jamais être parfait n'est-ce pas ? Parce qu'il est James Potter et que je suis Lily Evans – à croire qu'il y a une malédiction au-dessus de nos têtes qui a voulu que tout soit compliqué.
Dire que les choses avaient changé à jamais était faux. Jusqu'à Halloween (peu mais assez) tout était parfait, j'étais super amie (et rien que ça) avec les garçons. James semblait parfois ailleurs et souvent, le regard braqué sur moi. Puis, je me suis rendue à l'évidence : ça lui passerait.
Il s'est fait que nous sommes allés à un bal ensemble (je ne m'étalerai pas sur les circonstances – il m'a aidée) et il a été le copain parfait. Je n'aurais pas été tellement convaincue qu'un baiser pourrait gâcher notre fragile amitié, je lui aurais sauté dessus direct…
En plus, il en crevait d'envie aussi. Et puis, Agape – ou bien est-ce Philia, je ne sais jamais – m'est revenu : l'amour désintéressé de désir ardent. Réellement, je ne suis pas potiche au point de tomber amoureuse de mon meilleur ami. Ce soir-là, il avait juste été super. Et c'était tout.
Et le fait que je trouve James sexy n'a rien à voir avec cette chaleur qui s'éprend de moi quand il rentre dans une pièce.
Et puis, contrairement à ce que pense Remus, je ne suis pas jalouse ! C'est pas ma faute s'il ne sort qu'avec des cruches. Il faut bien que quelqu'un les remette à leur place, non ? Ce n'est pas pour James que je le fais mais pour le bien de l'école.
Début Novembre, la vie reprend son cours, à nouveau. Rien à l'horizon. Mon meilleur ami n'est rien d'autre que mon meilleur ami.
oOo James et Lily oOo
« Lily… »
La musique du bal résonnait encore derrière eux, mêlant la voix de James aux percussions de la batterie… étrange résonance du parc sous le vent du 31 octobre.
« Merci. » D'un geste du menton, elle montra le château. « Merci de m'avoir emmenée. »
Tel un gentleman qu'il était, il passa une cape sur ses épaules. Elle frémit et se blottit contre son épaule. Le ciel était dégagé et les étoiles luisaient, telles des embryons de soleil voguant dans le nulle part.
James fronça les sourcils, il lui venait de drôles d'idées parfois…
Il soupira tragiquement. « Supporter une fille pour supporter une fille, autant qu'elle soit jolie. »
Il récolta une langue tirée et un coup dans les côtes. Retenant le rire, il attrapa la main de sa belle, caressant les rayures de sa peau sous la lumière venant de la fenêtre derrière eux. « Allez, avouez miss Evans, je ne suis pas le meilleur cavalier que tu aies jamais eu ? »
Elle arqua un sourcil septique. « Ceci est mon deuxième bal et c'est la deuxième fois que tu m'accompagnes, je te signale »
Un baisemain et un effleurement de la joue, ce n'était pas trop rentre dedans quand même ? James décida que non et avec plaisir, il vit ses joues se colorer de rouge… après tout, peut-être avait-il une chance – et puis, qui lui résisterait ce soir ? Son costume lui allait vraiment bien.
« Imagine, » murmura-t-il au creux de son oreille, renforçant le romantisme de la scène. « Imagine un garçon, pas sérieux du tout, avec pleins d'amis et de filles autour de lui. Imagine que ce garçon tombe sous le charme d'une fille précise et – »
« Que la fille en question ne veuille pas de lui ? »
Un sourire étira ses lèvres. Peut-être avait-elle même compris avant qu'il ne s'explique réellement. « Le garçon a réellement beaucoup de succès mais il n'y a que cette fille devant ses yeux – tu crois qu'il devrait lui dire, insister ? »
« Je crois qu'il devrait essayer de le lui faire comprendre par de petites attentions, de petits gestes, tout ça… et quand la fille en question est accro – là, il lui dit tout. »
Elle cala sa tête dans son cou, humant sa chaleur, puis s'exclama, d'un ton enjoué : « Alors, c'était pour qui ? Sirius ou Remus ? »
oOo Sirius oOo
Mwa ha ha ha
Ma vie est un grand jeu. Très drôle. Où je m'amuse beaucoup… J'ai adoré ce premier trimestre de la cinquième (sauf la partie Lily/James : amour ou amitié ? Ca, c'était naze).
D'abord, très important, ça y est : James, Peter et moi sommes des criminels; des animaux pour être plus précis. Pet est un rat – petit et pratique – James un cerf – grand et majestueux – et moi… tadam… un chien ! Un gros molosse bien effrayant. Tout moi. Quoi ? Mignon quand on me connaît ? N'importe quoi !
Peter me trouve une tronche de Sinistros, le pauvre il a crû que j'allais mourir sur le coup, mais – je ris encore à la tête qu'il a tiré après ma réponse – si je suis le présage de mort, je suis immortel : car la mort ne meurt pas, non ?
Le pauvre garçon, il a réussi à se passer la corde au cou dès quinze ans… C'est pas à moi que ça arriverait ce genre de truc aussi ! Enfin, Remus est pas mieux, baver devant l'infirmière… Et James ! Ah, le pauvre – s'accrocher à Lily. Si il y en a une qui risque pas de se coincer dans une relation sans avenir, c'est bien elle.
Mais, et je dis MAIS, cette histoire a eu un bon côté jamais soupçonné par ma subliminale personne. James est vachement plus cool que je pensais.
Qu'on s'entende correctement : James, Peter et Remus sont depuis la première mes meilleurs amis. C'est à dire qu'avec les années, Pet et moi, on s'est plutôt bien accroché ensemble, que Remus, sans avoir la larme à l'œil, c'est un mec génial avec tout ce qu'il a déjà vécu et tout… Mais James, au départ, c'était Potter.
Vous savez cette histoire des familles, de la classe des ennemis – oui, bah, sans Remus, on se serait fièrement entretués. Il faut imaginer : en trois mois, j'ai renié toute mon éducation (mon conditionnement n'a pas été très réussi, je sais, aaah-soupir résigné) et je suis devenu copain avec le 'vil' Potter, renégat de la société de mes parents.
J'ai échangé et partagé des idées avec James. C'était étrange. On est passé d'ennemis à copains puis à amis en rien de temps.
L'amitié, la vraie, elle est venue vers la quatrième je pense… au moment de toutes ces farces, les retenues, la connivence… ça a pris du temps mais je lui ai fait confiance – un super pote ce mec.
Et cette année, il faut l'avouer, il peut-être même passé du statut de meilleur copain à celui de frère de cœur. Toute cette chose avec Lily l'a un peu (beaucoup) démoli… et boum-devinez qui se cache derrière le masque de mister Potter 'je vaux mieux que tout le monde' ? Gagné !
Hé !, vous croyiez quand même pas que j'allais avouer mes propres peurs non plus ? Franchement, c'est pas parce que James et moi on se ressemble quand on va mal que je vais tout avouer ! Et puis, aussi étrange que ça paresse, il y a des choses que James comprend sur moi comme personne, et des choses que je sais sur lui que personne ne soupçonne – mais allez pas vous imaginez des choses, non plus !
Tiens, au fait, vous avez remarqué les yeux de Lévina Gibbon ? Elle doit avoir changé quelque chose, j'avais jamais remarqué qu'ils étaient si beaux, ses yeux.
oOo Peter oOo
Vous connaissez le bonheur ?
Oui, moi non plus, je me disais aussi. Mais, rassurante est la chose : les autres non plus.
Lily devient folle : James essaye de la séduire et elle croit que c'est le hasard – elle ne veut pas montrer son trouble (d'où la folie, les sursauts, les muscles tendus à chaque fois qu'il pénètre dans une pièce), mais le truc, c'est qu'à cause de ça (elle cache son trouble) James croit que ça ne marche pas et surenchérit…
Me demande où ça va finir.
Sirius est étrange : il lui arrive souvent de sauter les cours mais jamais défense, je le soupçonne d'avoir des vues sur la prof Gibbon, ils ont plein de retenues ensemble et après, il file à la douche et on l'entend crier à travers la porte 'Oh bordel c'est froid'.
Si vous voulez mon avis, on a tous compris pourquoi il s'infligeait la douche froide hum… D'un autre côté, c'est vrai que la Gibbon, elle fait rien pour arranger ça – quand on est belle et sexy, on ne devrait pas être prof. Du coup, les sixièmes et les septièmes qui n'avaient pas pris option défense contre les forces du mal en option s'en morde les doigts. Vous croyez qu'elle se rend compte de l'effet qu'elle a sur les étudiants ?
Remus, il doit avoir vidé toute l'eau froide de l'infirmerie… Je me marre… c'est beau, les mecs de notre âge quand même.
A propos, James et Sirius sont de plus en plus proches – c'est effrayant, j'espère qu'ils ne cachent rien de sombres ou… d'inapproprié. Remus dit simplement que l'amitié réelle est dure à trouver. J'ai pas compris le lien avec Potter et Black mais bon… (Haussement d'épaules)
Vous vous demandez ? Ben oui, je suis encore et toujours avec Olga… Si quelqu'un avait demandé lequel des maraudeurs se caserait le plus vite, vous auriez dit moi ? Ben oui, c'est aussi ce que je croyais…
Allez, c'est les vacances de Noël maintenant, je pressens déjà que des choses intéressantes vont se passer.
PS : vous n'auriez pas une idée pour rompre avec une fille sans se faire taper dessus ?
I've got a feeling, a feeling deep inside
I've got a feeling, a feeling I can't hide
All that I was looking for was somebody
Who looked like you !
I've got a feeling, Beat Crusaders, inspi' Anime "Beck"
