Bonjour chers lecteur. J'abrège aujourd'hui vos souffrances en postant le derniers chapitre (pour une fois je suis à l'heure: j'ai finit de le taper mercredi).

Voilà: Je remercie tout ceux qui ont pris le temps de poster une review et j'espère ne pas vous avoir tous traumatisé. Bonne lecture !


Lestrade se sentait mal. Sherlock allait finir en prison, donnant ainsi raison aux mauvaises langues de Scotland Yard. Mais, et lui ? Malgré la chance qu'il avait par rapport aux membres du duo, Greg ne pouvait s'empêcher de penser aux conséquences que cela allait avoir pour lui. Il avait un travail qu'il aimait, une assez bonne réputation, qu'est-ce que cette histoire allait détruire ? Il ne voulait pas perdre son poste, son statut, parce qu'il avait collaboré avec Holmes sur quelques affaires. Et c'est cette pensée qui lui restait en travers de la gorge. Une personne qu'il appréciait était morte, une autre semblait au bord de la folie, de la dépression, et lui, il pensait à son travail ! A cet instant, tout bien considéré, il se sentait minable…Il avait toujours été du côté de la justice, il incarnait la loi, et de ce fait, il avait cru pouvoir s'oublier, passer après les autres. Quelles idioties…Il ne valait guère mieux que les autres hommes : complètement égoïste. Minable…

La voix grave du détective interrompit ses divagations : « C'est normal, ça montre que vous êtes humain. » Dans le noir, Greg se tourna vers Sherlock, étonné qu'il lui parle ainsi. Seule la voix légèrement enrouée et ses paroles dénuées de leur habituel ton condescendant témoignaient du drame qui s'était produit.

« Qu'est-ce qui est normal ?
-Votre égocentrisme. Même vous, ne pouvez y échapper. Ça fait partie de la nature humaine, comme la solidarité est aux fourmis ou la cruauté aux mantes religieuses. »

Lestrade était surpris par Sherlock. Même dans ces conditions, il avait su décrypter ses émotions et, chose rare pour le génie, ne les avait pas exploitées contre lui, mais au contraire, avait tenté de le réconforter.
Pourtant quelque chose continuait de tourmenter Greg. Si penser d'abord à soi était si encré dans la nature humaine, pourquoi Sherlock ne tentait-il pas de s'enfuir, de disparaître ? D'après ce que le Detective Inspector en savait, il avait un frère assez influent et, même sans, l'homme était très doué en camouflage.

« Pourtant, Sherlock, tu agis contre la nature humaine, tu ne fuis pas, tu restes malgré le fait que tu saches ce qui t'attend.
- Certaines choses, certaines personnes en valent la peine. Elles repoussent les limites de l'Homme… »
Ils restèrent silencieux, profitant des derniers instants auprès d'une personne qu'ils respectaient et qu'ils avaient appris au fil du temps à respecter.

oOoOo

« Elle arrive. » En effet, Lestrade entendait les pas de son sergent dans les escaliers. Il se leva, prêt à l'accueillir et se tourna vers le Detective.
« Je suis désolé, Sherlock… » murmura-t-il. Il savait très bien que ses paroles ne ramèneraient pas John, qu'il soit désolé ou non n'y changerait rien. Il se sentait si mal qu'il n'avait pas trouvé d'autre solution que de s'excuser. A sa grande surprise, Sherlock se leva et le serra dans ses bras. Même un génie sociopathe avait parfois besoin de soutien et de chaleur humaine.
Cela ne dura que quelques secondes et, lorsque Sally Donovan pénétra dans le salon, son supérieur se trouvait à quelques pas de Sherlock. Personne d'autre dans la pièce. C'est à ce moment là qu'elle comprit.

Malgré ses accrochages avec le détective consultant, Sally était un bon flic. Même si elle trouvait Holmes agaçant et peu fiable, elle avait confiance en son patron et elle respectait ses choix. Même lorsqu'ils impliquaient le taré et son ombre blonde. Une ombre plutôt sympathique et qui n'aurait pas dû manquer à l'appel…
Donovan comprenait mieux désormais la drôle de voix qu'avait eu Lestrade au téléphone, sa réticence à donner l'adresse. Elle avait toujours dit que le taré n'apporterait que des ennuis. Elle aurait préféré se tromper.
Lestrade la vit sortir ses menottes, et hocha la tête pour lui signifier son accord. Elle récita la formule habituelle alors que Sherlock regardait vers la table basse, le regard impénétrable.
« Sherlock Holmes, vous êtes accusé de l'homicide de John Watson. Je vous arrête. »
Le sergent approchait les menottes des poignets d'un Holmes pétrifié lorsque le courant revint.

Les lumières du salon se rallumèrent, éblouissant les trois personnes. Lorsque les taches cessèrent de danser derrière ses paupières, Lestrade ouvrit lentement les yeux et se retrouva nez à nez avec une arme à feu.
Derrière, se tenait Sherlock, la lumière révélant ses vêtements et ses mains tachés de sang, le regard désespéré. Tandis que Donovan se frottait encore les yeux, Greg glissa lentement sa main droite le long de sa hanche vers le holster avant de soupirer : évidemment… L'embrassade de Sherlock avait bien une raison. Qu'est-ce qu'il avait cru ?
L'arme de Lestrade dans les mains, Holmes se tourna vers le sergent qui le regardait avec horreur pointer son arme sur elle. Greg ne comprenait plus rien. Il l'avait appelé ! Il allait se rendre alors pourquoi ? Pourquoi alors qu'il avait encore des chances de s'en tirer, les menaçait-il ?

« Sherlock… » commença-t-il. Mais le détective ne l'entendait plus. Des larmes lui coulaient le long des joues et il avait le regard fixé sur le sergent Donovan. Toujours sous la menace de l'arme, elle avait levé les mains mais la tension dans ses épaules montraient qu'elle était prête à agir.

« Pour une fois, vous aviez raison Donovan…A propos de ce que vous aviez dit à John lors de notre première enquête ensemble. Vous ne vous en rappelez peut-être pas mais moi, je me souviens très bien de ce qu'il m'a raconté. Il en rigolait…Il m'avait accusé d'agir exprès pour vous alarmer. C'était l'un de ses exemples, une histoire parmi tant d'autres. J'aurais voulu que vous ayez tort, Donovan… »

Sherlock ne bougeait pas, rien ne permettait de lui reprendre l'arme. C'est vrai que Lestrade aurait pu se jeter sur Holmes et la lui arracher des mains. Il l'avait déjà fait à plusieurs occasions mais il le connaissait : Sherlock était désespéré mais il ne tirerait pas sur un agent de police, Greg devait lui laisser une chance…

« Tort ? » osa demander Sally.
« Vous aviez dit qu'un jour, vous vous retrouveriez autour d'un cadavre, un cadavre mort de ma main. Vous voyez ? Vous aviez raison, je ne pouvais que mal tourner et vous l'aviez prédit. Soyez-en fière Donovan : je suis un tueur ! »
Les derniers mots avaient été presque hurlés. Sally Donovan était devenue blanche.

Sherlock eut un rire sans joie, un peu fou, et reprit son monologue.
« Je ne peux pas vous laisser la victoire, je ne serais pas moi si je vous laissais ce privilège. Peu de personnes peuvent se venter d'avoir eu raison contre moi. Ce ne sera pas possible.
Vous aviez parlé d'un cadavre mais, et j'en suis désolé Lestrade, il y en aura deux. »
Sherlock se tourna vers Greg en prononçant ces paroles. Sally en profita, elle sortit son arme et la pointa sur Holmes.
« Jette ton flingue ! »

Il leva légèrement les mains mais garda ladite arme, se contentant de la diriger vers le plafond.
« Vous vous figurez vraiment que je vais tirer sur votre patron ? J'ai déjà tué quelqu'un que j'appréciais aujourd'hui, je n'ai aucune envie de recommencer. » Il eut un sourire triste.
« Au revoir Lestrade. »

Avant que quiconque ait eu le temps de réagir, il plaça le canon sur sa tempe.

« Non! »

Une détonation transperça le silence

Sous les yeux écarquillés de Greg, le corps s'effondra au sol.

oOoOo

« Non ! Sherlock ! Nooooooooooonnnnnn ! ! ! »

oOoOo

Lestrade se réveilla en sueur dans son lit. Son cœur battait dans ses oreilles. Son rêve tournait en boucle dans sa mémoire.

John et Sherlock morts. Le sang. Lui, hurlant à s'arracher les cordes vocales. Donovan qui l'éloigne du corps.
Son angoisse au départ, son sentiment d'impuissance, l'horreur qui lui creuse la poitrine.

Ce ne pouvait être un rêve, c'était bien trop réel. Il avait dû aller se coucher et ne s'en rappelait pas. C'était le choc. C'est bien connu, un choc cela peut provoquer des pertes de mémoire.

Lestrade se redressa et passa ses mains sur son visage. Il délirait ! Ce n'était qu'un rêve, ce n'était pas possible autrement. Cela semblait pourtant si réel…

Décidé à se rafraîchir les idées, Greg se leva et se dirigea vers la salle d'eau. Il n'alluma pas la lumière afin de mettre toutes les chances de son côté pour se rendormir. Après s'être cogné contre la porte de sa chambre qu'il pensait avoir laissée ouverte, il atteignit le lavabo et se passa un peu d'eau fraîche sur le visage.
Il était vraiment surmené, des vacances lui feraient sûrement le plus grand bien. Confondre ainsi rêve et réalité…Pour sa défense, il n'avait jamais fait de rêve aussi détaillé, rêve qui ne se perdait pas dans le brouillard comme la plupart d'entre eux… Non, au contraire, il restait gravé dans sa mémoire, dans ses os. Lorsqu'il reverrait le duo, Inspecteur ou pas, il risquait de leur tomber dans les bras.
Fatigué, il chassa de son esprit l'idée que, si cela lui paraissait si réel, c'est peut-être parce-que ça l'était, et se glissa entre les draps.

Il venait de tomber dans les limbes du sommeil lorsqu'un bruit le réveilla.

Il avait reçu un SMS…

Fin… ?


Et oui, je suis machiavélique jusqu'au bout...

Était-ce un simple -et très réaliste- cauchemar comme l'espère Lestrade ? Ou bien -et c'est le plus probable- une réalité difficile à accepter ?
Il reste aussi la solution mystique. Oui c'était un rêve, mais on ne connait pas le contenu de son nouvel SMS et à ce moment là on peut tout imaginer... Et si c'était une vision de l'avenir ?

J'espère que ça vous a plu !