Jack : Ah ben enfin… c'est pas trop tôt …
Will : désolé de t'avoir fait attendre…
Jack : C'est plutôt que je me demandais si tu y arriverais ou pas…
Will : Tu doutais de ce qu'il nous a dit ?
Jack : Nan… C'est pas ça… mais bon, t'as pris ton temps quand même…

L'employé regardait les deux hommes bouche bée. Le plus jeune venait d'ouvrir les yeux. Il était vivant. L'employé n'en croyait pas les siens…

Employé : C'est un miracle !
Jack : Oh non, non, non… n'allez pas raconter ça… c'est seulement mon massage cardiaque qui l'a ramené…
Employé : Non, je l'ai vu… il ne respirait plus… il était mort… je le sais !!!

Jack aida Will à se remettre sur pieds et après s'être assuré qu'il tenait debout, il s'approcha de l'Employé.

Jack : Allons prendre un café, nous allons discuter de ce qu'il vient de se produire.
Employé : Mais…
Jack : C'est un ordre… Tu viens Will ?

Will qui essayait tant bien que mal d'épousseter son costume trois pièces, ce qui ne servait absolument à rien vu qu'il était aussi trempé que les vêtements de Jack, se mit en marche derrière le duo.

Will : Jack, dis-moi que tu as encore nos affaires de rechange dans la voiture…
Jack : Bien sûr… on ne sait jamais …
Will : Je vais les chercher.
Jack : Rejoins-nous au bureau central de commande.
Will : Oui, chef !

Il esquissa un salut militaire accompagné d'un clin d'œil complice, ramassa le manteau de Jack et le lui tendit puis il s'éloigna vers le parking. Il revint dix minutes plus tard, changé, vêtu d'un costume trois pièces (comme d'habitude) de couleur anthracite et il avait troqué sa chemise blanche et sa cravate noire pour une chemise rouge et une cravate bordeaux. Lorsqu'il entra dans le bureau, Jack se retourna.

Jack : Tu t'es changé ?
Will : Oui, j'avais trop froid dans ces vêtements mouillés.
Jack : Dommage... Je t'ai déjà dit que j'aimais cette couleur ? Rien de tel que le rouge pour faire ressortir le bleu de tes yeux…
Will : Oui, tu me l'as déjà dit Jack ! Je t'ai apporté de quoi te changer.
Jack : Merci, j'y vais. Tu viens avec moi ?
Will : Tu ne pourrais pas être sérieux pour une fois ? On a des choses à faire, je te rappelle…
Jack : *Grblm*

Jack s'esquiva vers les vestiaires. Will, quant à lui, resta avec l'employé qui ne bougeait pas, toujours choqué de la « résurrection » miraculeuse du jeune homme qui se tenait devant lui.

Will : Un café ?
Employé : Heu… ou… oui… merci

ll se tourna vers la table sur laquelle était posée une cafetière. Mais à peine eut-il mis les yeux dessus, qu'il poussa un hurlement !

Will : J'y crois pas !
Employé (terrifié) : Quoi ?
Will : Vous avez une machine à café instantané ???
Employé : C'est plus rapide … et tout aussi bon… nos pauses ne durent que 10 minutes toutes les deux heures… il faut aller au plus rapide…
Will : Blasphème !

Il s'approcha de la cafetière avec prudence comme si elle allait lui sauter à la gorge ou lui exploser au visage. Il saisit une capsule par le bout des doigts et la plaça dans le trou destiné à la recevoir. Il referma le couvercle, positionna une tasse sous le bec verseur et appuya sur le bouton. Tout en faisant ça de la main droite, il sortit, avec la gauche, une petite boîte de sa poche de gilet, boîte qu'il gardait toujours avec lui au cas où… et là, le cas se présentait. Il l'ouvrit et s'empara d'une pilule qu'il ajouta à l'ersatz de café en train de couler.

« Voilà, votre café » dit-il d'un ton dégoûté. L'odeur qui s'élevait de la tasse était une torture olfactive pour le pauvre Will. Ça sentait plus l'eau chaude avec un faible arôme de café que l'odeur douce, unique, délicate et ronde de l'Arabica brésilien qu'il utilisait au Hub. Il tendit la tasse à l'employé au moment même où Jack revenait. L'homme but d'une traite le café encore fumant, sans doute se disait-il que ça le réveillerai, qu'il vivait un rêve… ou un cauchemar… Il venait de vider la tasse lorsque le téléphone de Jack sonna.

« Hey oh Captain Jack, Bring me back to the railroad track… »

Will : Consternant…
Jack: J'adore cette sonnerie (rires).
Will : Tu es pire qu'un gosse de 5 ans... tu le sais …
Jack : Bien pire… (à son interlocuteur) Allo ? … Oui… Simon… QUOI ??? …. Brecon ? …Seule ? … Mais qu'est-ce qu'il lui a prit ????... Elle est irresponsable ! … Oui ! Quoi ? Tu as Quoi ??? … l'alarme incendie ? … de l'eau … mais ILS vivent dans l'eau !!!... Simon, tu réfléchis un peu ??? … C'est sécurisé ? … OK… Je demande à Unit s'ils peuvent aller sécuriser la zone… Oui ! … On arrive ! ... quoi ? … non, rien de bien intéressant… oui… on part immédiatement…. Oui… on se rejoint à l'hôpital…

Après s'être assuré que l'employé avait succombé aux effets du recdon, ils partirent en direction du parking.

Eirwen et Simon étaient déjà en route vers Brecon depuis plusieurs minutes … Toutes les cinq minutes, ils croisaient une ambulance arrivant à grande vitesse sur la voie opposée. Eirwen qui avait pris le volant accéléra, elle voulait arriver le plus vite possible pour trouver la solution au problème et endiguer cette invasion, d'où qu'elle vienne. Le panneau latéral d'information lui indiqua 25 km jusqu'à Brecon. A cette allure ils arriveraient dans 10 minutes. Et il leur faudra attendre Jack et Will qui étaient partis plus tardivement.

Elle fixait la route des yeux lorsqu'elle fut doublée par un bolide qui filait à vive allure, la laissant pratiquement sur place… elle était pourtant à plus de 100 km/h, sur une route nationale qui était limitée à 90...

Eirwen : Non mais t'as vu ça Simon ? Il est malade ce type ? C'est un fou dangereux ! Il est bon à enfermer !

Simon ne put s'empêcher d'éclater de rire. Il avait bien entendu reconnu la voiture et imaginait Eirwen en train d'arrêter son conducteur pour excès de vitesse …

Eirwen : Qu'est-ce qui te fait rire ?
Simon : Rien… j'imagine simplement la tête de Jack s'il t'avait entendu …
Eirwen : Parce que c'était Jack ?
Simon : Oh oui, c'était bien lui… pas de doute là-dessus…

Dix minutes plus tard, ils s'engagèrent sur le parking de l'hôpital de Brecon. Assis sur le capot de la Porche, Will et Jack les attendaient.

Jack : C'est pas trop tôt…
Eirwen : Tu es un danger public tu le sais ça ?
Will : Je n'arrête pas de lui dire… mais il est têtu comme une bourrique…
Jack : Eh, je suis pas une bourrique…
Will : Oh si tu es une bourrique
Jack : Non, c'est toi la bourrique !
Will (espiègle) : Oui, mais quelle bourrique …

Jack éclata de rire, de ce rire si spontané et communicatif, qu'il fallut une énorme dose de concentration pour qu'Eirwen les ramènent à la raison.

Eirwen : Quand vous aurez fini de vous amuser… on a un sérieux problème sur les bras… Je le crois pas, c'est mon premier jour et je dois jouer les chefs grognons…
Jack (mi-amusé, mi-sérieux) : à vos ordres chef !

Ils pénétrèrent dans l'hôpital qui était aussi débordé que celui de Cardiff. Ici aussi les brancards s'entassaient les uns derrière les autres. Ils arrivèrent à l'accueil et demandèrent si leur collègue était là.

Standardiste : Oui, elle m'a demandé de vous dire de la retrouver chambre 21, 2ème étage gauche.
Eirwen : Merci.

Ils s'engouffrèrent dans l'ascenseur et arrivèrent au second étage du bâtiment. Ils prirent le couloir de gauche et avancèrent jusqu'à la porte 21. Elle était entrouverte. Deirdre était assise sur le lit et discutait, mais ils ne voyaient pas le garçon qui était caché derrière le rideau. Ils s'avancèrent doucement pour ne pas l'effrayer. Le jeune garçon devait être âgé d'une dizaine d'années tout au plus. Il était blond et avait de magnifiques yeux bleus.

Deirdre : Gerry, je te présente Jack, Will, Simon et Eirwen. Ce sont des amis. Tu ne dois pas avoir peur. Ils vont t'aider.
Eirwen : Bonjour Gerry…
Gerry : Bonjour.
Eirwen : Comment vas-tu ?
Gerry : ça va…
Eirwen : Tu veux bien nous raconter ce qu'il s'est passé ?

Jack laissa Eirwen mener « l'interrogatoire ». Elle semblait à l'aise avec les enfants, ce que Jack n'était pas vraiment. Il n'avait pas l'habitude de gérer ce genre de situation, alors qu'interroger un alien ne lui posait aucun problème. Mais les enfants, c'était une autre histoire… surtout depuis…

Gerry : ça a commencé lundi je crois… c'est Mr Carlisle qui est tombé malade le premier, puis Mr Block et sa femme et puis après ça a commencé à se produire dans chaque maison… Papa est tombé malade le lendemain. Les secours sont arrivés et ont emmené tout le monde. Vous savez si mon papa va mieux ?

Eirwen regarda Deirdre dans les yeux. Par un simple hochement de la tête de droite à gauche, Eirwen comprit que le jeune Gerry était désormais orphelin.

Eirwen : Trésor, j'ai une mauvaise nouvelle. Ton papa n'a pas survécu. Je suis désolée. Mais tu peux nous aider à sauver des milliers voir des millions de personnes. Continue ton histoire s'il te plait …

Les larmes aux yeux, il continua courageusement son récit.

Gerry : Ils ont dit que c'était dans l'eau…
Simon : Qui a dit ça ? Gerry : Les hommes en blanc…
Deirdre : Les médecins.
Gerry : Pourtant, j'en ai bu moi aussi de l'eau, la même eau que papa, que Mr Carlisle et la famille Block. On a une source près de l'église et tout le monde va y chercher l'eau dont il a besoin. Alors pourquoi moi j'ai rien ?
Eirwen : J'en sais rien pour l'instant, mais je te promets que l'on va trouver. Repose-toi maintenant.

Deirdre se leva du lit et se dirigea vers Jack.

Deirdre : Je vais voir les résultats des analyses effectuées sur l'enfant. Je te tiens au courant. Il doit forcément y avoir quelque chose « en lui » qui annihile la mutation.
Jack : On se rend à la source du village. Tu nous téléphones dès que tu as la moindre information.
Deirdre : D'accord.
Simon : Je vais rester avec elle, il vaut mieux rester au minimum par deux !

Jack, Will et Eirwen se dirigèrent donc tous les trois vers la sortie tandis que Deirdre et Simon prenaient le chemin des laboratoires. Après avoir descendu les marches jusqu'au rez-de-chaussée, ils empruntèrent un couloir qui les mena jusqu'aux pièces recherchées et s'arrêtèrent au guichet de l'accueil.

Deirdre : Docteur Kerry, Torchwood, je veux tous les résultats d'examens du petit Gerry.
Femme : Qui ?
Deirdre : Gerry … le petit garçon rescapé du village…
Femme : Ah, Gerry Butler. Vous savez combien d'examens on a fait aujourd'hui ? Faut être plus précis dans vos demandes.
Deirdre : Bon, vous les avez ? Femme : Oui, les voilà. Le reste est dans les frigos et sur les paillasses du laboratoire n°3, 4e porte à gauche.
Simon : Merci beaucoup.

Ils arrivèrent devant ledit labo, c'était une pièce d'à peine 20m carré dans laquelle se trouvaient une paillasse, un évier, un frigo et un lamentable microscope.

Deirdre : Les hôpitaux de province…

Ils entrèrent et s'installèrent pour compulser le dossier. Les photos montraient à l'heure H (heure du prélèvement), les « intrus » tentant d'investir les cellules.
H+5min : les intrus commençaient apparemment à s'affaiblir…
H+10min : la moitié des intrus étaient inertes...
H+15min : 100% de mortalité...
H+30min : plus de traces dans le sang...

Deirdre : ça ne peut pas être aussi simple…
Simon : Quoi ? Qu'est-ce qui ne peut être aussi simple ?
Deirdre : Le petit, c'est la solution… Il a la solution en lui… Il faut que je fasse des tests au plus vite !

Elle s'élança à l'extérieur de la pièce hurlant au passage en direction de Simon.

Deirdre : Reste-là … garde les documents, je reviens, il me faut un échantillon frais du sang de Gerry !

Jack était au volant du SUV et filait à une allure folle sur les petites routes de campagne séparant Brecon de Cray. Ils avaient pris le SUV, car la Porche de Jack n'avait que deux places. Jack pesta d'ailleurs tout le long de la route… il n'arrêtait pas de dire que s'ils avaient pris « sa » voiture, ils seraient déjà arrivés. Il avait à peine fini de geindre, que le panneau indiquant l'entrée du village de Cray apparaissait devant leurs yeux.

Ce qu'ils y découvrirent dépassait l'entendement. C'était un véritable village fantôme. Les portes des maisons étaient ouvertes, battant au rythme du vent qui soufflait. Les voitures abandonnées en plein milieu de la route, portières ouvertes… Des tonnes de déchets encombrant les trottoirs…

Jack : Essayons de ne pas traîner trop longtemps ici…
Will : Je suis de ton avis…
Jack : Il a dit que la source se trouvait près de l'église. Alors c'est par là que nous allons commencer … Eiry, tu prends le sac dans le coffre, Will, la pelle et la pioche !

Ils s'étaient arrêtés sur la place centrale du village, l'église se trouvait à quelques centaines de mètres plus loin. Sa façade se découpait sur le paysage. Elle était de taille assez remarquable pour un si petit village. Ils la contournèrent à la recherche de la source, sans résultat probant. Il y avait bien une espèce de rigole qui amenait un filet d'eau et disparaissait sous l'église, mais rien qui ressemble à une source.

Eirwen : Jack ! C'est par là !

Elle était plantée devant un panneau qui indiquait «"ffyhonnel diafol", source réputée pour ses bienfaits thérapeutiques. consommation prescrite pour soulager l'asthme et les rhumatismes »

Will : « la source du diable » … Elle porte bien son nom …