Les deux militaires avaient décidé de faire le premier pas vers leurs voisins. Ils s'étaient donné quelques heures pour répéter une dernière fois les éléments de leur soit-disant vie commune, puis étaient sortis de la maison, main dans la main, ce qui ne faisait que les stresser encore plus, en direction de la maison voisine.

Ils furent accueillis par trois petites têtes blondes qui jouaient dans l'allée de la maison. Ceux-ci se précipitèrent dans la maison pour appeler leurs parents qui sortirent pour connaître la raison de l'affolement de leurs enfants. Jack et Sam découvrir un parfait petit couple de banlieue: habillé chiquement mais sans fioritures et pas très démonstratifs, pour ainsi dire "coincés". Le couple typique, en clair, ce qui détendit un peu Sam et Jack.

Ils expliquèrent qu'ils venaient d'emménager à côté, et le couple les fit entrer. Le salon était plutôt petit, mais bien décoré: comme le couple, chique, mais sans fioriture. Ils s'assirent dans un petit fauteuil et la femme, aimable, leur amena des bières. Ils se présentèrent: ils s'appelaient Guillaume et Mathilde, et avaient trois enfants entre 3 et 6 ans. Ils parlèrent pendant près d'une heure de tout et de rien, et la discussion dévia sur les enfants. Le couple s'étonnait beaucoup que Sam et Jack n'en aient pas. Ceux-ci leur expliquèrent avec beaucoup d'aisance , après avoir répété plusieurs fois le scénario, que leur mariage n'était pas vieux et qu'ils étaient souvent éloignés à cause de leur travail. Guillaume et Mathilde s'en contentèrent et les deux officiers en furent ravis. Intérieurement, cette discussion avait attristé Jack mais il n'en laissa rien paraître extérieurement. Pour Guillaume et Mathilde, Sam et Jack, ou plutôt Matt et Sarah était le parfait petit couple, fraichement marié, amoureux, sans problème. Et c'était tant mieux pour les deux militaires.

Sam et Jack quittèrent leurs voisins assez tard dans la soirée, ayant passé la majeure partie de la journée à parler avec Mathilde et Guillaume et les trouvant bien sympathiques quoique plutôt coincés, tout en ayant promis de les inviter le surlendemain pour un dîner avec les enfants.

Lorsqu'ils arrivèrent chez eux les deux militaires soupirèrent en même temps puis se regardèrent en riant. Leur première corvée était terminée. Ils s'affalèrent tous les deux sur le nouveau canapé en sirotant une bière. Ils firent de longs commentaires sur leurs voisins en évitant bien évidemment le sujet des enfants.

Puis le soir arriva une nouvelle fois. La fatigue se fit vite sentir chez nos deux officiers, qui n'avaient guère dormi la nuit précédente. L'inquiétude quant à la nuit qui se présentait était moindre, leur complicité ne faisant qu'augmenter.

Tous deux s'endormirent assez vite, chacun de leur côté du lit. Toute la nuit, Sam rêva de son colonel, d'elle avec son colonel... son inconscient la narguait bel et bien et la mettait en garde contre un rapprochement imminent qui bouleverserait sa vie si elle n'y prenait pas garde... bien sûr, à son réveil, elle avait tout oublié. Grand bien lui en fasse, elle n'aurait pas à s'en inquiéter toute la journée. Un autre élément, au contraire, la surprit quand elle se réveilla le lendemain matin: elle et son colonel n'étaient pas, comme la veille au soir, chacun de son côté du lit. Jack s'était surement retourné dans la nuit, et elle également... les bras de son colonel l'entouraient et elle avait sa main posé sur son torse. La promiscuité établie entre eux la paralysait, elle avait peur de bouger ne voulant pas le réveiller, mais rester dans cette position l'effrayait tout autant. Elle attendit de longues minutes durant lesquelles elle ne fit que pesner, penser à son colonel, à ce qu'il pourrait dire en se réveillant.

Cepedant toutes les réactions qu'elle avait imaginées ne correpsondaient en rien avec ce qui était en train de se passer.

Le colonel se réveilla, observa son second puis fit un énorme sourire, l'embrassa avec beaucoup d'entrain sur la bouche, avant de lui dire: "Bonjour chérie".

Puis il se leva, laissant Sam abasourdie dans le lit, qui avait du mal à se remettre de ce qui venait juste de se produire.

Au bout de quelques minutes, elle se décida tout de même à se lever et rejoint le colonel au rez-de-chaussée, qui, ce qui l'étonna, était déjà habillé.

Elle n'eut pas le temps de s'en étonner, que déjà celui-ci lui dit:

"Sarah, va t'habiller, on va faire une petite promenade matinale..."

Sous les yeux étonnés de Sam, il lui lança un regard insistant, ce qui la convainquit d'obéir.

Quelques minutes seulement plus tard, ils sortirent à deux de la maison, puis marchèrent, main dans la main, durant un long moment, sans mot dire.

Tout d'un coup, Jack lâcha la main de Sam et s'arrêta brusquement.

"On est observés, Carter."

"Qu'est-ce qui vous fait dire ça, mon colonel?"

"Ils savent toujours ce qu'on fait, quand, comment... regardez les mots qu'ils nous laissent, et les coups de fil... la maison doit être surveillée, le quartier aussi peut-être." (il évita le regard de sa partenaire pour finir sa phrase:) "D'où mon comportement ce matin à notre réveil. Il faut qu'ils croient qu'on prend leurs ordres au pied de la lettre. Qu'on agit comme mari et femme."

Le monde de Sam était en train de s'effondrer intérieurement: c'était donc pour ça que Jack l'avait embrassée. Juste pour ces inconnus. Pas pour elle. Elle avait pourtant espéré qu'ils s'étaient rapprochés ces derniers jours, mais rien. Tout n'était que mensonge. Ils continuèrent à marcher en restant chacun dans leurs pensées. Ils finirent de faire le tour de la banlieue dans laquelle se trouvait leur logement quand Jack regarda sa montre.

"On devrait rentrer, Sarah."

Il se retourna pour regarder Sam, mais celle-ci l'avait déjà dépassé et continuait toujours d'avancer, droit devant, sans se retourner. Il l'avait blessé, mais ne s'en rendait pas compte.

Il se mit à marcher derrière elle, accélérant le pas pour la suivre, sans remarquer les gouttes qui perlaient aux yeux de Sam.

Arrivés à la maison Sam monta directement dans sa chambre et redescendit presque aussitôt en tenue de sport tandis que Jack était assis, pour ne pas dire affalé dans le canapé en train de siropter une bière. Elle laça ses chaussures puis se leva quand Jack compris qu'elle allait courir. Il lui demanda si elle voulait qu'il l'accompagne mais elle lui répondit sèchement avant de sortir en claquant la porte: "Non, pas la peine."

A suivre