Chapitre 4
Le jour avant de déménager pour Poudlard, vers 16h, Harry revint finalement dans son appartement. Il était presque vide maintenant. Il avait vendu presque tous ses meubles et venait de rentrer après avoir aidé à emporter les derniers à l'entrepôt qui les lui avait achetés. Les seuls objets qu'il n'avait pas pu se résoudre à vendre avaient été les deux fauteuils dans lesquels lui et son amant s'asseyaient après le dîner, pour se détendre après une longue journée. Greg les avait achetés en cadeau pour Harry quand il avait emménagé dans l'appartement. Ils étaient irremplaçables.
Harry s'assit dans son fauteuil (il ne s'asseyait jamais dans celui de Greg) et frotta ses muscles douloureux. Il avait été au maximum de ses capacités physiques quand il s'entraînait pour la bataille à venir contre Voldemort. Il avait continué à s'entretenir après son départ du monde sorcier, mais il devait admettre qu'il était endolori depuis quelques jours. Il s'était levé de bonne heure pour aider les hommes de l'entrepôt à transporter les meubles. Il aurait pu utiliser la magie, mais l'exercice vigoureux et la douleur des muscles étaient une bonne distraction. Il avait besoin de la distraction d'un travail difficile et de la compagnie des travailleurs.
Cela faisait deux semaines et il ne parvenait pas à mettre fin à son chagrin. Il se raisonnait en se disant que c'était normal. Son partenaire et lui étaient ensemble depuis sept ans. Deux semaines étaient trop peu pour laisser derrière quelque chose comme ça. De plus, il était plus ou moins tout seul depuis que son amant était parti. Il avait été aux funérailles avec les parents de Greg, mais avait préféré s'isoler depuis. Peut-être serait-il capable de faire des progrès et de restreindre son chagrin, une fois qu'il commencerait à enseigner et à s'impliquer dans la préparation des cours. Il serait dans un nouvel environnement et ferait face à de nouveaux défis.
Harry se leva et alla dans la chambre. Il avait loué une chambre pour la nuit dans une auberge de Pré au Lard et n'avait pas eu le temps d'emballer ses affaires avant de se faire enregistrer pour la soirée. Il avait essayé de le faire la semaine précédente, mais n'avait pas pu. Maintenant il n'avait plus d'excuse. Il devait le faire pour partir et déménager.
Il prit une profonde inspiration et ouvrit la porte de l'armoire. Il avança la main pour caresser les vêtements de Greg. Harry commença à enlever les chemises et les pantalons mais s'arrêta rapidement. Il approcha l'une des chemises de son visage et inspira profondément. Il pouvait encore sentir l'eau de Cologne musquée sur la chemise. Il regarda les vêtements et sourit. Il n'avait jamais rencontré personne avec tant de goût différent dans le choix de ses affaires que Greg. Il portait tout, du jeans et chemises aux shorts de sport et haut militaire, des chemises et pantalons aux pantalons serrés en cuir très à la mode. Il se souvenait avoir été choqué quand Greg était venu emménager chez lui, par le nombre de vêtements qu'il possédait. Il se rappelait l'avoir aidé à ranger.
« Comment trouves-tu le temps et l'occasion de tout porter ? »
« Eh bien, apparemment, je ne les mets pas tous en même temps, mais restes dans les environs chéri et je te montrerai comment je les porte. » Répliqua Greg avec un sourire sexy.
Harry adorait ce sourire. Il abandonna la chemise qu'il s'apprêtait à ranger et épingla son amant contre la porte de l'armoire et l'embrassa passionnément, écrasant leur corps l'un contre l'autre. Ils ne rangèrent plus grand-chose après ça.
Harry s'éclaircit les idées et regarda l'heure. Il devait se dépêcher s'il voulait être à l'auberge à l'heure. Il ne pouvait pas se résoudre à donner les vêtements de Greg. Il préférerait couper son bras droit. Il les plia soigneusement et les mit dans son sac de voyage. Il les prenait avec lui. Une fois la difficile tache terminée, il lui restait peu de temps pour s'occuper de ses propres affaires. Il regarda une dernière fois la chambre vide. L'ombre de Greg était partout, en particulier dans cette pièce.
La douleur le submergea. Il avait besoin de son amant, de son partenaire, de sa moitié. Il eut une idée. Il ouvrit le sac de Greg et sortit une chemise à manche longue en coton bleue et un jean. Il sortit des chaussettes. Ils avaient une musculature similaire, légers et minces, mais bien proportionnés. Harry était plus petit de quelques centimètres.
Il enleva ses vêtements et prit la chemise. Il aperçut son reflet dans le miroir de l'armoire. En temps normal, il ne faisait pas attention à lui, après tout, il savait à quoi il ressemblait et il n'aimait pas particulièrement ce qu'il y voyait, de toute façon. Cette fois-ci, pourtant, la chemise à la main, il s'approcha de son reflet. Les muscles saillirent sous sa peau quand il bougea devant le miroir. Il avança la main pour toucher l'image.
« Des cicatrices. Tant de cicatrices. De tant de batailles. » Harry se souvenait de la première fois que Greg les avait vues. Ils revenaient d'un dîner intime et, sous l'effet d'une pulsion, Harry l'avait invité dans son appartement.
Ils s'embrassaient profondément et avec passion. Harry poussait Greg à travers l'appartement en direction de la chambre. Les mains de son futur amant tirèrent la chemise du pantalon. Greg la fit passer par-dessus sa tête et la jeta dans la chambre. Il s'arrêta pour regarder Harry. Son cœur battait à tout rompre, il était mal à l'aise. Oh Dieu, s'il te plait, ne me dis pas qu'il va partir, pensa déséspéremment Harry. Mais les mains de Greg ne quittèrent pas le corps d'Harry.
« Comment as-tu eu toutes ces cicatrices, Jason ? La pharmacologue n'est pas aussi violente, si ? »
Harry ne s'attendait pas à ce qu'il voit ses cicatrices ce soir là et il n'était pas préparé. Il essaya de réfléchir rapidement, mais son cerveau ne fonctionnait pas très bien à ce moment-là, quelque chose à voir avec les hormones.
« J'ai eu un accident de voiture, il y a quelques années. »
« Que s'est-il passé ? »
« Mon ami et moi étions dans la voiture. Il conduisait. Une voiture a fait un écart de notre côté de la route. Je ne me souviens plus très bien. Je me rappelle qu'il y avait beaucoup de cris et de grosses lumières brillantes. Et je me souviens m'être réveillé à l'hôpital une semaine plus tard. Mon ami était mort ainsi que tous ceux de l'autre voiture. J'ai eu de la chance. »
« Un accident de voiture ? »
« Oui. »
« Des cicatrices de part et d'autre de ton corps ? »
« Oui. »
« Ca a dû être l'enfer. »
« Ca l'était. »
Greg et Harry reprirent où ils s'étaient arrêtés.
Il secoua la tête pour s'éclaircir les idées. Harry enfila les vêtements de Greg. Il enroula les manches de la chemise deux fois et fit de même avec les jambes du pantalon. Pas trop mal, pensa-t-il. Il se sentait étrangement réconforté maintenant et il eut l'impression que ça lui redonnait l'énergie dont il manquait depuis deux semaines. Il rétrécit ses bagages et les deux fauteuils puis transplana à l'auberge où on lui montra la petite chambre qui serait sienne pour la nuit.
« Le dîner vous attend en bas, Monsieur, si vous êtes d'accord. Ou peut-être préférez-vous que je vous l'apporte ici ? » Demanda l'employée.
Harry n'avait pas vraiment mangé régulièrement depuis quinze jours maintenant mais il avait vraiment faim ce soir. Certainement à cause de tout le travail que j'ai accompli avec les meubles.
« Je vous suis. » Répliqua-t-il en mettant ses bagages rétrécis dans le tiroir de la table de nuit. Il s'en occuperait plus tard.
Le dîner fut ordinaire et Harry passa une soirée tranquille à discuter oisivement avec les autres clients de l'auberge. Il avait brièvement pensé manger dans sa chambre, mais il n'avait pas été en contact avec ce monde depuis sept ans et il espérait être capable d'obtenir quelques informations sur ce qui s'était passé depuis son départ. Tout ce qu'il apprit fut qu'après la défaite de Voldemort, les choses étaient plus ou moins tranquilles. Il y avait eu des rumeurs comme quoi une force ténébreuse essayait de reprendre du pouvoir et de rallier des opposants à la lumière, et chaque fois qu'un crime était commis, ces rumeurs refaisaient surface. Les gens étaient encore anxieux. Ils n'avaient pas connu la paix depuis si longtemps, qu'ils pensaient tout de suite au pire. Peux pas dire que je les blâme vraiment. Il vaut mieux être trop prudent que pas assez.
« J'espère que vous aimez ces pièces Jason. Vous êtes libre de les arranger comme il vous plaira. Changez le décor si vous le souhaitez. »
« Minerva, ces pièces sont charmantes. Merci. » Les pièces étaient réellement charmantes et déjà bien meublées. Il y avait un grand salon et une grande cheminée. Une kitchenette meublée était adjointe au salon et il y avait une chambre spacieuse reliée à la salle de bain. Il y avait, enfin, reliée au salon, une pièce que Minerva avait appelé un bureau mais qu'il pouvait utiliser comme il le désirait.
« Je vous laisse, alors. Je reviendrai vers midi moins le quart vous montrer où se déroule la réunion du personnel. » Et elle ferma silencieusement la porte derrière elle, laissant Harry admirer ses quartiers et se demander ce qu'il devait faire et par où commencer.
Le seul problème de cette suite était que les murs étaient peints en vert et argent et que les meubles y étaient assortis. La dernière personne à l'avoir occupée devait être un serpentard. Il devait changer cela. Il se concentra et libéra sa magie, laissant savoir aux murs que bleu était une couleur beaucoup plus jolie que le vert. Les pièces répondirent et bientôt les pièces et les meubles furent décorés d'une variation et d'une nuance de bleu, sa couleur préférée.
Une fois fait, il déballa ses affaires dans sa chambre, ce qui ne prit pas autant de temps qu'il s'y était attendu s'il considérait la difficulté qu'il avait eue à l'appartement. Il hésita un moment. Il tenait un cadre de photo de lui et de son amant. Il décida de le mettre dans le tiroir supérieur de sa commode. Quand il se sentirait un peu mieux, il la placerait dessus. Pour l'instant, ça le faisait trop souffrir.
Il remarqua qu'il portait toujours les vêtements de la veille et décida qu'il n'avait pas vraiment besoin de se changer. Après tout, personne ne savait qu'il avait dormi avec et il n'avait à voir le personnel que brièvement de toute façon.
La seule de bain fut sa destination suivante. En tant que chimiste, il avait toujours un stock de médicaments. Après avoir rangé ce qui appartenait à la salle de bain, il remarqua qu'il n'avait presque plus de comprimés pour la tête ni de somnifères. Il devait aller faire un tour à Londres. En tant que chimiste, les seuls médicaments qu'il prenait sans les concocter lui-même étaient les aspirines. Il préférait autrement mélanger lui-même ses propres médicaments, conçus pour ses besoins spécifiques et pour son propre corps. Il pensa que puisqu'il était ici, il pourrait préparer quelques potions qui pourraient servir ses objectifs. Il avait eu de très bonnes bases en potions pendant les années où il s'entraînait en vue de la bataille contre Voldemort. Ses entraîneurs lui avaient dit qu'il était indispensable qu'il puisse faire ses propres poisons, antidotes, sérum, médicaments, baumes apaisants, et beaucoup plus. En tant qu'étudiant du professeur Snape, Harry avait été au mieux indifférent. Avec Kingsley Shackelbolt, un auror du ministère engagé pour l'entraîner, il avait excellé dans son apprentissage. Il avait finalement poursuivi une carrière de pharmacologiste quand il avait quitté le monde sorcier.
Mais il se sentait plus à l'aise en prenant des médicaments moldus, au moins jusqu'à ce qu'il puisse s'en passer. C'est juste le temps que je me remette sur pied. Je n'en aurais plus besoin après.
Après avoir modifié le bureau pour qu'il puisse s'adapter au besoin d'un professeur et d'un chercheur (faire des plans de leçon et corriger des copies) comme des besoins d'un pharmacologiste et de fabriquant de potions, il lui restait quelques temps avant que Minerva ne vienne le chercher. Il décida de prendre son petit déjeuner pendant qu'il attendait. Il prit la valise de Greg et alla à la cuisine. Après avoir identifié le corps de son amant, il avait essayé de faire son propre café, mais il ne pouvait rien faire à la cuisine avec les ustensiles de Greg qui le dévisageaient de chaque coin de la pièce. Il les avait emballés et les avait emmenés avec lui quand il avait déménagé. Ils étaient venus avec lui à Poudlard et Harry fit attention de les placer dans la kitchenette avant de se faire des toasts et du café.
Harry connaissait déjà très bien son chemin dans Poudlard, mais il se laissa guider par Minerva qui lui présenta les différentes pièces et passages. Il acquiesçait et posait les questions polies et appropriées. Elle avançait d'un pas lent et ennuyeux parce qu'elle était inutilement inquiète de son boîtage permanent. Il n'était pas nécessaire qu'il lui dise qu'elle pouvait avancer plus vite. En fait, elle lui signala qu'elle marchait à la même allure que la dernière fois qu'elle l'avait guidé dans l'école et il ne s'était pas plaint alors.
C'était vrai, mais il tâtonnait alors, à moitié aveugle à cause des lentilles de Greg. Il était, depuis, allé chez l'ophtalmologiste et avait plusieurs étuis de lentilles colorées qui correspondaient parfaitement à sa vue, et il voyait très clairement. Il avait gardé celles de Greg dans un des tiroirs de sa table de nuit. Il soupira et se résigna à l'inquiétude de la sous-directrice.
« Et voici la salle commune du personnel. Le personnel peut l'utiliser quand il le souhaite. Nous l'utilisons aussi pour les réunions. Nous sommes donc arrivés. Laissez-moi vous présenter à tout le monde.
Et ainsi commença les longues introductions. Il connaissait déjà un grand nombre de professeurs, présents quand il était étudiant. Il y avait quelques adjonctions au personnel et Harry s'arrêta net quand il fut introduit auprès de Hermione Weasley, professeur d'arithmancie et de Ron Weasley, professeur d'études moldues. Je ne sais pas pourquoi tu es aussi surpris. Hermione aurait fait soit de la recherche soit de l'enseignement. Mais que fait Ron ici ? Et ils sont mariés ? Ca alors. Ai-je donc manqué tant de choses, pensa Harry. Il remercia mentalement l'exténuant entraînement qu'il avait dû endurer plus jeune pour paraître calme en dehors alors qu'il venait de recevoir un tel choc. Il débita l'approprié « Heureux de vous rencontrer » et fut rapidement conduit à un siège. La réunion allait commencer. Il était assis à côté du professeur Snape. Encore ma maudite chance. Jura-t-il.
Il écouta Albus faire quelques commentaires sur les rénovations à faire au château ainsi que les modifications à effectuer pour la sécurité et la défense autour du bâtiment. Quand le directeur l'introduisit officiellement au personnel en tant que nouveau professeur de Défense Contre les Forces du Mal, le professeur Snape ne put s'empêcher de l'interrompre et de demander à parler en privé avec le directeur, « Cela ne peut-il pas attendre, Severus ? »
« Non, monsieur le directeur, je ne pense pas. »
« S'il vous plait, parlez entre vous quelques minutes. » Soupira Albus alors qu'il se levait avec le professeur Snape pour aller dans un coin de la pièce. Ils discutaient à voix basse. Le professeur Snape faisait des gestes avec ses mains, jetait des regards dans sa direction et le désignait assez régulièrement pendant leur conversation.
Harry avait un certain talent pour lire sur les lèvres. Ce talent lui avait souvent rendu service pendant la guerre. Il avait été assez malchanceux pour avoir été capturé et torturé un certain nombre de fois par des personnes à la recherche d'informations. Son audition avait souvent été affectée par la douleur qu'on lui infligeait ou avait été distraite par le bruit autour de lui. Ce talent utile lui avait souvent permis de savoir ce que disaient les gens autour de lui quand ils étaient assez bêtes pour parler entre eux alors qu'il pouvait les voir. Sur un champ de bataille, où il y a du bruit partout, il est parfois difficile d'entendre ce que disaient ses camarades. Ce talent réduisait le besoin de crier quand la personne était incapable d'utiliser le langage des sourds et malentendant. Harry sourit.
« Avec tout le respect que je vous dois Albus, vous avez engagé un parfait inconnu. J'ai fait quelques recherches et personne dans le monde sorcier n'a entendu parlé de 'Jason Green'. Ne pensez-vous pas qu'un homme qui fait tant d'effort pour garder ses secrets le fait pour des objectifs sinistres ? Pensez-vous qu'il soit sage d'engager une telle personne ? »
« Nous avons déjà eu cette conversation, Severus. Vous n'aviez pas besoin d'interrompre la réunion. Nous avons presque tous des secrets mais ça ne nous rend pas indigne de confiance. » Albus regarda le maître des potions avec des yeux perçants. Il eut la grâce de paraître honteux face à cette déclaration. Le professeur Snape retourna à son siège, apparemment rendu muet par Albus, mais Harry savait que le professeur n'abandonnerait pas aussi facilement quand il avait un point à marquer.
Albus reprit la réunion, « Peut-être pourrions-nous maintenant discuter de notre programme de l'année. »
Harry écoutait les autres professeurs parlaient des plans qu'ils avaient prévu cette année. La plupart avaient repris le programme qu'ils utilisaient depuis de nombreuses années d'enseignement. Le professeur Snape par contre, avait changé son programme.
« Il change son programme tous les ans. » Murmura Minerva à Harry. Elle était assise en face de lui. « Il passe un grand nombre d'heures en recherche et expérimentation. Il change son cours tout le temps. En fait c'est embarrassant parce que nous devrions tous faire de même, mais assez franchement, je n'ai as l'énergie de le faire. » Murmura Minerva avec une crainte mêlée d'admiration et de respect. « Si vous deviez le lui dire, je nierai tout. » Ajouta-t-elle en aparté. Harry retint un sourire et écouta le professeur Snape terminer sa présentation.
« Si vous continuez à travailler aussi durement Severus, j'ai peur que nous vous perdions avant l'heure. Pour l'instant, Jason, qu'avez-vous décidé de faire ? »
« Pour être honnête Albus, je n'ai rien planifié de plus que ce que je vous ai expliqué dans votre bureau. Je pensais que puisque je suis maintenant ici, je pourrais commencer en posant des questions sur les cours de défense donnés les années précédentes et essayer de trouver des textes utiles pour mes cours. »
« Aviez-vous des personnes précises en tête. Savez-vous à qui vous voulez parler ? » Lui demanda le professeur Snape froidement.
« Non, je pensais faire une petite enquête pour découvrir qui serait susceptible de répondre le mieux à mes questions. »
« S'il vous plait, choisissez vos contacts soigneusement. Il y a beaucoup de gens sur qui nous ne savons rien ou dont l'identité est entourée par des évènements douteux et hautement suspicieux. Il serait donc imprudent de leur faire confiance. Je suis sûr que vous êtes d'accord avec moi. » Déclara le professeur en lançant à Harry un regard entendu.
Harry rencontra son regard et le soutint. Sans briser le contact, il dit, « Est-ce que cela vous dérange vraiment de ne rien savoir à mon sujet, professeur ? Pourquoi est-il si important que je donne au public tous les détails concernant ma vie ? »
« Assez Severus. Je suis désolé Jason. Je veux que vous sachiez que vous ne seriez pas assis dans cette pièce en ce moment si je pensais que vous étiez une menace pour mon personnel et mes étudiants. » Harry et le professeur Snape tournèrent leur attention vers le directeur.
« Ce n'est rien Albus. Je ne reproche pas au professeur d'être prudent. Je ressentirais la même chose si j'étais à sa place. Après tout, l'histoire nous a appris que les gens ne sont pas toujours ce qu'ils semblent être, et nous serions fous de ne pas retenir les leçons de ce que l'histoire nous a enseigné, non ? » C'était une déclaration suffisamment innocente mais elle provoqua des réactions silencieuses au sein du personnel. Le rôle du professeur Snape en tant qu'espion pour la lumière avait été gardé secret pour la sécurité et la protection du professeur. Les personnes présentes dans la pièce qui connaissaient sa double vie se demandèrent brièvement si cette déclaration lui avait été adressée. C'était absurde n'est-ce pas ? Ce nouveau membre ne pouvait pas connaître son secret. Le professeur Snape n'oublia pas le commentaire rapidement. Il étudia Jason, les yeux plissés. Que pouvait-il vouloir dire par là ? Se demanda le professeur.Hmm
Harry se félicita silencieusement de sa petite victoire. Il avait voulu que cette déclaration soit une claque sur le visage du professeur. Il n'a rien à dire. Pour l'amour de Dieu, il a été un maudit mangemort, jusqu'à ce qu'il change de côté. Il présente tant de visages au monde que je suis surpris qu'il puisse tous les garder tels quels dans sa tête ! D'un autre côté, je ne pense pas être en position de faire un sermon sur l'hypocrisie de prétendre être quelqu'un que l'on n'est pas.
Il se tourna ensuite vers Albus qui l'observait avec un regard perçant. Il le regarda droit dans les yeux, avec les siens d'une couleur artificielle marron noir et cligna innocemment des yeux. « Je voulais juste dire que la guerre contre 'Vous Savez Qui' nous avait appris quelques leçons de valeur, non ? »
« Oui, oui. Vous n'avez rien prévu d'autres pour vos cours, Jason ? » Lui demanda Albus après une courte pause. Il se dépêcha de détourner la conversation du sujet vers lequel elle se dirigeait.
« Pas vraiment Albus. J'avais l'intention de voir quel est le niveau des élèves et j'ai toujours prévu de leur apprendre comment se défendre correctement avant de faire autre chose. S'ils ne peuvent pas se défendre correctement par eux-même, je m'attends à ce qu'il y ait beaucoup de vilains accidents en classe… »
« Et vous êtes qualifiés pour enseigner ça ? » L'interrompit le professeur Snape.
« Je vous demanda pardon ? » Demanda Harry.
« La question est peut-être impertinente, mais je sais que vous n'avez pas d'expérience en tant que professeur et que vous êtes venu sans référence. Si vous ne pouvez pas leur donner un enseignement correct, vous risquez de leur faire plus de mal que de bien. »
Plusieurs membres du personnel haussèrent les sourcils à ce commentaire. Albus secoua la tête doucement. Harry n'était pas particulièrement choqué. Il connaissait assez bien la nature de son professeur de potions pour s'être attendu à une remarque de ce genre. Je suis bien meilleur que vous ne pourriez l'imaginer, espèce de chauve souris visqueuse, pensa Harry, mais il dit simplement, « Je n'ai jamais trouvé mes talents insuffisants. »
« Et pourtant vous n'avez pas de lettres de qualification ? »
Je me suis débarrassé de Voldemort, espèce de sale connard, ça va comme lettre de recommandation ? Fanfaronna silencieusement Harry. Mais il répondit, « Rien par écrit professeur. »
« Ca veut tout dire. »
« Je le pense aussi. »
« Quel est votre niveau ? »
« Severus, s'il vous plait. Je dois vous demander de cesser ce comportement. » Lui ordonna Albus. « Jason, veuillez pardonner cette impolitesse. »
« Albus, je peux dire que le professeur est un homme prudent. Son inquiétude pour le bien-être de ses élèves est tout à son honneur. » Harry s'arrêta et étouffa son rire dans sa gorge. Une fois certain qu'il pourrait parler sans rire, Harry se tourna vers le professeur Snape et dit,
« Ca dépend à quoi ou à qui vous me comparez. »
« Comparé à moi ou à n'importe qui dans cette pièce. »
« Je n'en ai aucune idée. Je vous ai rencontré pour la première fois il y a deux semaines, après mon entretient avec le directeur et je n'ai rencontré les autres personnes présentes dans cette pièce qu'aujourd'hui. »
Le professeur Snape s'arrêta.
« Où avez-vous été élevé ? »
« Je suppose que vous me demandez où j'ai reçu ma formation de sorcier. J'ai été élève d'une petite école, dans le sud. »
« Donc, vous n'avez pas reçu plus de formation, alors ? »
« Si vous pensez que seules les personnes qui ont été à Poudlard ont reçu une formation correcte, alors vous vous trompez lourdement. Je n'ai pas l'impression qu'il y ait des manques dans ma formation, comme vous le verrez quand je commencerai mes cours. »
« Pouvez-vous vous défendre seul ? »
« Bien sûr. Pourquoi ? Avez-vous prévu de me lancer un sort ? »
Snape ignora la question, « Avez-vous l'expérience d'une bataille ? »
Harry s'arrêta, « Le temps où Voldemort voulait le pouvoir a été une période sombre pour chacun d'entre nous. Je pense qu'il vous serait difficile, professeur de trouver un adulte sorcier ou sorcière qui n'ait pas été impliqué dans la bataille contre les ténèbres, d'une manière ou d'une autre. »
Harry savait qu'il était délibérément vague et que les autres professeurs pourraient penser qu'il avait quelque chose à cacher, mais il ne s'en souciait pas. Il voulait juste remettre Snape à sa place. Nous sommes sur un pied d'égalité maintenant professeur, après tout nous sommes tous les deux professeurs dans notre domaine, n'est-ce pas ? Harry parvint à rationaliser son comportement en se disant que les autres professeurs étaient certainement déjà suspicieux après avoir entendu qu'il n'avait pas de référence ou de lettres de recommandation, ou même de formateur pour recommander ses talents ou sa loyauté. Son comportement aujourd'hui ne révèlerait pas son secret.
« Severus, je dois vous demander de montrer un peu plus de courtoisie et de respect à un collègue. Je suis sûr qu'il nous servira très bien. J'ai un bon pressentiment au sujet de ce jeune homme, je me trompe rarement sur ce genre de chose, n'est-ce pas ? » Un regard privé fut échangé entre Albus et Severus, puis le professeur arrêta ses questions.
« Je pense que vous découvrirez que vous et le professeur Green avez beaucoup en commun. Voyez-vous, il était chimiste dans le Londres moldu et possédait sa propre pharmacie. » Albus se tourna vers Harry et continua. « C'est un intéressant choix de carrière Jason. Avez-vous toujours aimé la pharmacologie ? »
« J'ai commencé par étudier la médecine à l'université, mais j'ai changé de branche assez rapidement en faveur de la pharmacologie. »
« Pourquoi ? Cela n'aurait-il pas été gratifiant de sauver des vies ? » Commenta Minerva.
J'ai déjà été intimement impliqué avec la pression de sauver des vies, vous en souvenez-vous Minerva ? J'étais le champion des sorciers, j'étais censé sauver tout le monde des ténèbres. J'étais censé sauver les vies de tout le monde. Je n'ai pas sauvé la moitié de celles que j'aurais dues. Je ne voulais pas être responsable de plus de morts ! J'en avais assez, pensa Harry.
« La pharmacologie me permet plus de travaux pratiques que ne l'aurait fait la médecine et le mélange des composants peut être aussi gratifiant que de sauver des vies. Je préfère travailler derrière la scène. Je n'aime pas être devant. Trop de pression, je pense. »
« Severus, la pharmacologie n'est-elle pas semblable à l'étude des potions ? » Demanda Albus poliment plus pour faire baisser la tension dans la pièce que par réel intérêt pour la réponse.
« L'étude des potions est beaucoup plus subtile que l'étude moldue de la pharmacologie. La pharmacologie requière que le chimiste mélange divers ingrédients. Les potions demandent autant d'études des techniques que des ingrédients. »
Espèce de connard suffisant, songea Harry.
« Comme vous êtes expert en ce domaine, je dois m'en remettre à votre jugement professeur. » Dit Harry agréablement alors qu'Albus secouait la tête d'exaspération.
« Bien, je pense que nous devrions faire cinq minutes de pause. Je reviens. »
Harry regarda les personnes se lever et bouger. Harry était assez content de rester où il était, et apparemment, c'était aussi le cas du professeur Snape. Il s'étira sur son siège et étendit ses jambes pour poser ses pieds sur le siège en face de lui.
« Vos parents ne vous ont-ils pas appris qu'il était mal élevé de poser ses pieds sur le mobilier ? » Lui demanda froidement le professeur Snape.
« Mes parents sont morts quand j'étais très jeune et je suis sûr qu'un gentilhomme tel que vous serait assez poli pour excuser le fait qu'il manque quelques rudiments à mon éducation. Cependant si j'ai offensé votre sensibilité, alors je vous suggère d'aller dans une partie de la pièce où vous ne me verrez pas. » Répondit Harry tout aussi froidement. Il fut attaqué par des souvenirs douloureux, les seuls souvenirs, en fait, qu'il avait de ses parents.
« Lily! Prends Harry et vas-t-en! C'est lui! Cours! Je vais le retenir… » Cria James Potter…
« Non, pas Harry! Je vous en supplie…tuez-moi à sa place. » Cria la jeune Lily Potter en protégeant son bébé du sombre sorcier devant elle.
Une voix aiguë et froide s'écria « Avada Kedavra ! » Puis il y eut un rire cruel alors que Lily criait. Et un flash, une lumière verte mit fin à la vie de sa mère.
Cela faisait longtemps qu'il n'avait pas ressenti les émotions qui venaient de refaire surface. Ce n'était pas comme s'il avait oublié la douleur associée à leur mort et le fait qu'il n'avait jamais eu la chance de les connaître, mais sa vie avec son amant l'avait aidé à réduire la solitude qu'il ressentait. Maintenant, sans Greg, la perte de ses parents lui rappelait vivement qu'il était seul, que toutes les personnes qu'il avait aimées étaient mortes. Il semblait être destiné à être complètement seul.
Harry combattit les larmes qui menaçaient de se déverser de la vague de douleur. Il se leva et quitta la pièce. Il marcha un peu dans le couloir et se cacha dans une alcôve. Il prit de profondes et régulières inspirations pour se calmer. Une fois qu'il se sentit reprendre contrôle (ou aussi proche de ce qu'il avait été ces dernières semaines), il retourna dans la pièce et regagna son siège à temps pour que la réunion reprenne. Il ne put s'empêcher de remarquer les regards occasionnels jetés par le professeur Snape dans sa direction et son étrange regard. Harry souhaitait simplement qu'il le laisse tranquille et regarde ailleurs. Snape est tout seul. Je me demande si je finirais comme lui quand je serai plus vieux. C'est quelque chose que j'attends de voir avec impatience.
La réunion se termina finalement et Harry regagna le sanctuaire de ses quartiers.
Harry était arrivé à Pré au Lard de bonne heure pour pouvoir étudier à la bibliothèque. Il avait décidé de choisir les textes dont il aurait besoin pour ses cours aussi vite que possible et pouvoir préparer son programme. Après tout, l'école commençait dans deux semaines et il n'avait encore aucune idée de ce qu'il allait faire.
Il avait découvert que de nombreux livres avaient été écrits sur la Défense Contre les Forces du Mal. Il passa les trois jours suivants à la bibliothèque à dévorer les livres. Certains étaient bons, beaucoup disaient la même chose. L'un des livres les plus intéressants qu'il découvrit était une étude sur la nature des sorts impardonnables. Ce n'était pas vraiment approprié pour les objectifs qu'il recherchait mais il se fit une note pour demander une copie pour la bibliothèque de l'école. Il avait décidé des textes dont il aurait besoin, mais n'avait pas trouvé un seul livre qui corresponde au besoin de ses cours. Tous les livres manquaient de quelque chose. Ils semblaient adéquats pour la théorie mais ils n'examinaient pas suffisamment l'origine et le fonctionnement des sorts pour donner au lecteur une bonne compréhension. La plupart des livres ne décrivaient même pas les effets du sort correctement. Il joua brièvement avec l'idée d'écrire un livre de Défense Contre les Forces du Mal, après tout il était certainement une autorité en la matière…
Harry avait oublié à quel point le chemin de Traverse pouvait être bondé à cette période de l'année. Il fit un saut chez Fleury et Bott pour leur faire savoir quels livres ils devaient commander pour les étudiants puis passa le reste de la journée à flâner dans les magasins. Il avait beaucoup d'argent sur lui quand il entra dans « La Petite Choppe de Potions », il ne put s'empêcher d'acheter quelques-uns des ingrédients requis pour fabriquer des potions basiques contre les maux de tête ou pour dormir. Il fut ferme avec lui-même pour ne pas s'acheter le dernier modèle de balai disponible sur le marché. Il avait encore l'Eclair de Feu que Sirius lui avait offert et qu'il lui avait toujours très bien servi. Il irait très bien. Après tout, il n'allait pas participer à une compétition, en fait il l'utiliserait à peine. Cela faisait un certain temps qu'il n'avait pas volé. Il avait appris à conduire depuis qu'il s'était installé dans le Londres moldu et avait remplacé sa fascination des balais par l'amour des voitures. Il avait vendu sa voiture avant de revenir à Poudlard en se disant qu'il pourrait facilement s'en racheter une quand il reviendrait. Encore que sa petite Austin Mini lui manquait.
C'est un Harry fatigué qui s'effondra dans son fauteuil cette nuit-là, pensant à Greg. Il avait prévu d'aller dans le Londres moldu le lendemain pour faire quelques courses et terminer ses plans de cours.
Harry fut accueilli dans sa pharmacie par de nombreuses exclamations amicales de « Salut Jason ! »
« Salut Jason, qu'est-ce qui t'amène par ici ? » Lui demanda Tony, l'un de ses amis de l'université. Harry et Tony travaillaient ensemble et Harry lui avait laissé la charge de la pharmacie pendant l'année.
« Hé Tony, je voulais juste mélanger quelques anti-douleurs pour moi. »
« Dans la limite de la légalité Jason, je ne veux pas avoir d'ennuis. »
« Jamais Tony ! » Harry et Tony allèrent dans l'arrière boutique où Harry mélangea les ingrédients pour faire les comprimés pour la tête et pour dormir qu'il n'avait plus. Tony regarda Harry un long moment puis lui demanda tranquillement, « Comment vas-tu Jason, et ne mens pas, je peux le voir dans tes yeux, je veux juste que tu me dises si ce que je vois est vrai. »
« C'est dur Tony. Vraiment dur. C'est comme si je venais de perdre une grande partie de moi et mon corps entier en souffre et essaie de s'adapter au changement, essaie de réduire la douleur, mais rien ne semble fonctionner. J'irai bien. J'ai juste besoin de temps au loin, je pense. »
« Ouais, je le pense aussi. Sois simplement prudent. Je sais ce que tu es en train de faire. Ne laisse pas ces comprimés devenir tes meilleurs amis, d'accord ? Je sais que tu n'es pas stupide, Jason, mais j'avais besoin de te le dire, c'est tout. »
« Merci, Tony. Je ne les laisserai pas devenir mes meilleurs amis. C'est juste pour l'instant. Je ne les laisserai pas devenir plus que ça. Je sais ce que ça pourrait me faire. »
Après cela, ils travaillèrent ensemble dans un silence amical ne s'arrêtant que pour parler de sujet sans conséquence comme les résultats de l'équipe de foot et les chances de l'équipe d'Angleterre de cricket contre le Zimbabwe.
« Oh ouais, avant que tu ne partes, le magasin de sport a appelé. Tes affaires sont prêtes. Qu'as-tu commandé, d'ailleurs ? »
« Un équipement pour faire de l'exercice. De la gym d'appartement, Tony. Je vais devenir plus fort et plus entretenu qu'avant. Attends de voir. »
« Tu n'as pas besoin de te muscler davantage. Tu es suffisamment entretenu. Si j'étais de ce bord, tu serais en danger que je te poursuive de mes avances. »
Harry éclata de rire. Tony avait toujours été fantastique sur le fait qu'il était gay. Il avait l'air vraiment fier d'avoir un ami gay. « Ne t'inquiète pas Tony, je suis de ce bord et tu es vraiment très près de me voir te poursuivre de mes avances. »
« Je suis touché. On se voit plus tard. Ne deviens pas un étranger, d'accord ? »
Harry avait au début été très inquiet quand il avait appris que pour entrer dans un club de gym, il fallait enregistrer sa signature magique pour pouvoir identifier le possesseur. Ce processus remplace les cartes plastiques des moldus qu'ils perdent tout le temps. Enfer, non, pensa Harry. Ce serait une catastrophe. Ils sauraient qui je suis, c'est sûr. Mon charme de dissimulation est bon, mais pas aussi bon. Harry avait alors contacté un magasin qui vendait des équipements de sport. Il était près de sa pharmacie et avait donc commandé un équipement de gym d'appartement. L'argent n'était pas un problème. Il avait gagné une somme décente en vivant en tant que chimiste et avait encore une petite fortune à Gringotts.
Il s'arrêta pour admirer l'équipement et régla la note. Il adorait faire de l'exercice. C'était devenu plus qu'une vaine habitude pour lui depuis qu'il avait quinze ans. Prétendant transporter les objets dans sa voiture, il emprunta un chariot et l'emmena dans une rue déserte. Il transplana avec l'équipement à Pré au Lard et le poussa jusqu'à Poudlard. Quand il l'eut débarrassé dans un coin du salon, il se demanda brièvement si le magasin avait besoin de son chariot. Il décida qu'il le rendrait quand il y retournerait. Il se frotta les mains d'anticipation. Il n'avait pas fait de gym depuis plusieurs jours et il voulait vraiment recommencer à s'entraîner. Désireux de s'y mettre rapidement, il enleva sa chemise et commença.
Harry s'assit à l'extrême fin de la table du personnel. Par tradition, les professeurs s'asseyaient avant l'arrivée des étudiants pour être en position de les 'recevoir'. Harry avait demandé spécifiquement un siège en bout de table. Il n'aimait pas savoir qu'il ne pourrait partir en hâte. Il détestait se sentir coincé et se dit que ça devait être un résidu de son corps surentraîné. Il pouvait continuer à dire que c'était un symptôme de son énervante agoraphobie, mais son bon sens lui disait qu'il s'agissait d'un résidu de son corps surentraîné. Il avait été entraîné pour être prudent et toujours prévoir une échappatoire quoi qu'il fasse. Il se souvenait encore des paroles que répétaient souvent l'auror qui l'entraînait.
« Que la menace ne soit pas apparente ne veut pas dire qu'il n'y en ait pas. La plus innocente des situations peut se détériorer. Les gens, c'est une règle, sont imprévisibles. Tu dois donc apprendre à t'attendre à l'inattendu.
« Oui Monsieur », le gratifia mentalement Harry. Il ne jurait que par cette règle, dans la vie de tous les jours. Personne ne pouvait l'accuser de ne pas être sur ses gardes, même dans une école pleine d'enfants.
L'un des avantages de cette situation était que le professeur Snape s'asseyait habituellement à l'autre bout de la table. Ca voulait dire qu'ils étaient chacun à un bout de table et donc aussi loin l'un de l'autre que possible. De l'autre côté, il était assis à côté d'Hermione, elle-même assise à côté de Ron. Hermione et Ron entrèrent tous les deux dans la Grande Salle et firent une chose étrange. Ils avancèrent vers une grande plaque placée sur le mur derrière le siège d'Albus. Hermione embrassa deux de ses doigts et les posèrent gentiment sur la plaque pour poser son baiser dessus. Ron posa gentiment une main dessus. Ils regagnèrent ensuite leur siège. Hermione remarqua que Jason les regardait.
« Je sais que ça semble bizarre, mais ça ne l'est pas. As-tu vu la plaque ? »
« Non. »
« Vas voir et regarde. Tu ne serais pas déçu. Je te le promets. »
Harry repoussa son siège et boita jusque là-bas pour jeter un coup d'œil. Il en euT le souffle coupé et c'est une bonne chose que personne ne fut à proximité pour l'entendre. La plaque lui était dédiée.
Une aimante dédicace à Harry Potter, exemple lumineux de courage, de force et de bravoure. A travers sa lumière nous honorons la force de l'esprit humain face à l'adversité.
En plus petit caractère il puT lire, Un petit rayon de lumière dans un nuage de ténèbres.
Une plaque ? Comme c'est bizarre. C'est un geste sympas je pense mais ce n'est pas vraiment moi, si ? C'est seulement à ce moment là qu'il vit les lettres gravées, comme si quelqu'un les avait inscrites avec une paire de ciseaux, Notre plus grand héros et notre meilleur ami. Tu nous manques, Harry. Amitié Ron&Hermione.
Oh mon dieu. Vous me, manquez aussi les gars, pensa-t-il.
