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Depuis qu'il s'était ouvert à la vie de Militaire, et à la conséquente solde qui allait de pair, Anthénor s'était lâché sur ses envies refrénées depuis toujours : les jeux vidéo !

En repos pour une semaine sur la station spatiale To-47, le jeune homme avait partagé son temps entre les salles de jeux virtuels et aussi celles de sport qui le détendaient plus que les salons de massage qu'il avait pourtant appris à apprécier également.


Mais les priorités du jeune homme n'avaient jamais changé ! Aussi ses premiers appels avaient été pour sa mère, confortablement installée sur Prian, dans une villa de campagne.

- Toujours pas décidée à arrêter tes ménages, maman ? Je peux élever le montant de la rente que je t'envoie pour tes besoins quotidiens ? Moi, je n'ai guère de dépenses, je peux tout te donner !

Lyame Xendris sourit.

- Mais c'est à moi ta maman de veiller sur toi, même si tu es un grand et magnifique garçon ! Et si j'ai pu m'en sortir sans l'aide de ton père qui ne le pouvait de toute façon pas, et sans celle de Mylon qui pourtant revenait constamment à la charge pour me filer une enveloppe mensuelle ! Je crois avoir autant de fierté que votre lignée de balafrés ! J'ai simplement travaillé toute ma vie, et je ne pourrais pas rester à tricoter dans cette villa que tu m'as achetée ! Tu as déjà beaucoup fait, je l'apprécie chaque jour. Mais ton bonheur est le mien, et il passe avant tout !

Le visage de Lyame exprima une anxiété soudaine, éternelle presque.

- Tu n'as pas couru trop de dangers depuis notre dernière communication ? Tu vas bien ?

- Encore cette escale, puis un mois de Mission. Ensuite, je rentre à la maison !

- Valandra sera de retour en même temps que toi. Le Général Mylon Desteyn tient à ce que vos Missions coïncident, du moins point de vue du temps, pour que vous puissiez vous retrouver pour les trois mois de congés.

- Oui, Mylon est un parrain protecteur mais discret ! J'espère être digne du Général de la Flotte qu'il est !

- Il ne peut que l'être ! Je t'embrasse, mon fils, je dois aller au boulot !

- Prends soin de toi, maman. Je serai bientôt là !

- Je t'attends et je te préparerai un bon repas !

- Il y aura de la soupe ?

- Bien sûr !

- Miam miam !

- Anthie, un peu de distinction, tu es un Capitaine de la Flotte de Prian !

- Mais j'aime trop ta soupe !

Le fils et la mère éclatèrent de rire.


Bien qu'en pause, Anthénor s'était rendu à l'Atelier de la Flotte, s'assurer de la bonne révision de son Second.

- Son cœur d'énergie ?

- Remplacé, Capitaine, Xendris ! Votre Lothan est à nouveau opérationnel à 300% !

- J'en suis heureux. Lui et moi avons à veiller sur le Magnificent. Il va bien ? ajouta le jeune homme avec un regard pour la colonne d'entretien où se tenait son Mécanoïde Second, éteint, encore relié à tous les appareillages devant le remettre à jour.

- Il dort, si on peut dire, puisque c'est une mécanique !

- Non, c'est mon Second !

Anthénor s'avança, jusqu'à la colonne, pour poser sa main chaude sur le métal glacé du Mécanoïde figé dans son sommeil mécanique.

- Je suis là, Lothan. Je ne te laisserai jamais derrière moi. Finis tes révisions, nous avons encore le temps !

- Et nous avons encore du travail, glissa le technicien. Laissez-nous, Capitaine Xendris.

Anthénor acquiesça, se retirant, mais quittant la salle percevant comme des cliquetis d'énergie provenant de Lothan bien que supposé complètement éteint, comme des battements de cœur, et cela n'avait rien à voir avec celui d'énergie !

Mais chassant aussitôt la réflexion de son esprit, le jeune homme ne songea plus qu'au SPA, puis surtout ensuite le tournoi de jeux vidéo !


Depuis le Suprême, Valandra avait aussi contacté son compagnon.

- J'ai eu l'écho de ton détournement pour répondre à ce SOS. Je me suis inquiétée ! Mais tu as sauvé le Karyu et son équipage. Ils seront bientôt tous d'attaque ! Bel exploit, mon beau balafré !

- Je n'ai fait que remplir mon devoir.

- Toi et tes formules stéréotypées, tu ne changeras jamais, Aspirant !

Anthénor éclata de rire.

- Je ne changerai pas, Val. A bientôt, pour nos congés ! Tu me manques !

- Et toi donc !

Et par hologrammes interposés, les deux amoureux s'envoyèrent des baisers passionnés, patientant impatiemment dans celui du moment où ils pourraient physiquement se retrouver et s'aimer !