Après une absence dans le fandom d'une longueur terrifiante, me revoilà avec un nouvel OS pour ce recueil. Il a été inspiré par le visionnage de Age of Ultron qui a été une déception monumentale pour toute l'attente que j'en avais. Tout le côté exceptionnel du premier avait disparu pour être remplacé par un banal film d'action aux excellents effets spéciaux et à la romance si présente qu'on se serait cru dans une comédie romantique.

Je suis écœurée parce que mes attentes ont été piétinées. Heureusement, le fandom est toujours là et je peux garder mes merveilleux souvenirs du premier. Cet OS ne contient aucun spoiler, uniquement des éléments que vous avez pu voir en bandes-annonces (j'y ai veillé) et j'ai même carrément diverger du canon pour partir dans mon petit univers parfait tant les couples m'ont dégoûté par leur impossibilité (sérieusement, ce film on dirait une fanfiction dans laquelle seuls les crack!shippers auraient eu le droit de choisir les couples). Bref.

Je vous laisse savourer ce petit OS et espère qu'il vous plaira. Inspiré par What would it take, encore une vidéo de la sublime Zelynxia (après tout, c'est le thème du recueil).

A écouter avec la musique de la vidéo, Louder than Thunder de The Devil Wears Prada.


What would it take

For things to be quiet

Quiet like the snow

Du sable. Du sang. De la sueur. De l'eau. Une brûlure, deux, dix. Des hurlements, à s'en arracher la gorge. La chaleur, toujours plus forte. Le vent qui déchire la peau. Le métal, les scalpels et l'électroaimant. Et puis le vrombissement d'un missile. Encore le vent, contre l'armure. Le noir, les étoiles. Tant d'étoiles. Le sifflement de la mort en marche. L'explosion. Le noir. Le noir.

Tony se réveilla en sursaut, figé dans une coque de terreur sourde, le dos plaqué contre le matelas et la sueur ruisselant sur son front. Incapable de bouger, il resta là à regarder le plafond en tentant de chasser les immondes tentacules noires de ses cauchemars. Ils revenaient en masse, chaque soir, sans que rien ne paraisse pouvoir l'en débarrasser.

Pepper avait été la première à fuir la poigne morbide que le sommeil avait sur Tony. Puis ses coéquipiers avaient compris qu'il n'était définitivement pas quelqu'un à prendre à revers après une nuit où il était parvenu à fermer les yeux. Les Avengers avaient du respect pour son sacrifice et si respecter Tony voulait dire le laisser en paix, ils se faisaient une joie d'obtempérer.

L'homme avait été laissé à contempler la vie agir lentement sur les autres héros, faisant et défaisant les attaches, ramenant toujours de nouvelles personnes de leur petit cercle de privilégiés. D'abord Jane, puis Darcy, Sam, récemment Bucky. Le Faucon et sa Veuve tissaient lentement leur toile dans le nid qu'offrait la Tour.

Et Tony était seul. Pepper et Rhodey, avant d'être sa petite-amie et son conseiller personnel de l'armée, étaient surtout ses meilleurs amis. Ils n'avaient pas trouver de meilleur moins pour composer avec Tony que de se mettre ensemble. Il ne l'avait pas vu venir mais avait décidé de ne pas leur en tenir rigueur. Chacun gérait les problèmes à sa façon. Quant à lui, il ne les gérait tout simplement pas.

Les cauchemars n'étaient que la face immergée de la vie noirâtre que Tony menait désormais. Peu en avaient connaissance mais tous s'en doutaient. Quant l'ingénieur n'était pas le nez et les mains dans les circuits de son armure ou dans les programmes de JARVIS, il faisait parfois des décentes parmi les fins pensionnaires de sa Tour. Les Avengers ne manquaient jamais de remarquer la fatigue dans ses traits, la pâleur de sa peau et les lunettes de soleil qui ne semblaient jamais quitter ses yeux.

Thor avait été le plus choqué par les ravages que la bataille de New-York – et son passé en général – causaient à la santé de Tony. Pour un dieu qui ne vieillissait pas et ne pouvait pas mourir, la vision de l'ingénieur était terrifiante. Lorsqu'il était revenu avec Loki pour que celui-ci puisse réparer les dommages causés à la ville avant d'être enfermé à Asgard, Thor avait en fait pris une heure pour isoler le milliardaire et lui demander quelle « affection mortelle pouvait affliger ces terribles effets à son corps ».

Tony avait haussé les épaules, baragouiner quelque chose à propos de la petite taille de la vie humaine et des conneries sur le fait qu'on meurt bien tous un jour. Thor avait compris qu'il était en train de mourir et avait immédiatement couru prévenir les autres Avengers. Une ou deux explications embarrassantes plus tard, Loki avait été – curieusement – celui qui l'avait sauvé de la situation.

Le dieu n'avait jeté qu'un œil à Tony pour comprendre l'ampleur du problème et décider, quelles que soient ses raisons, d'intervenir. Si le milliardaire n'avait pas été aussi fatigué et stupidement déprimé par l'inquiétude de ses coéquipiers, il aurait volontiers éclaté de rire. Parce que Loki n'avait rien trouvé de mieux pour détourner l'attention que de feindre un évanouissement.

Un Thor terrifié par la possibilité d'une maladie contagieuse que Tony aurait éventuellement transmise à son frère plus tard, l'ingénieur était déjà six étages plus bas dans son atelier. Les cauchemars n'étaient pas partis, mais les Avengers le laissaient maintenant tranquille grâce à Loki.

Les souvenirs avaient fait des miracles pour apaiser Tony qui réussit à se lever de son lit. Faisant une note mentale de mettre ses draps à laver en voyant l'humidité de la transpiration qui les tâchait, il quitta sa chambre. L'éclat du réacteur ark illumina le couloir alors qu'il se dirigeait vers le penthouse. JARVIS alluma les douces lumières qui parsemaient le bas de murs pour guider la progression de son créateur et Tony le remercia à mi-voix.

La sensation d'oppression qui suivait ses cauchemars augmentait doucement et le contour du réacteur, irrité, le démangeait horriblement. Se frottant pensivement la poitrine, il rentra dans l'immense pièce ouvrant sur la baie-vitrée. Il fut accueillit par la lumière de la lune et des étoiles sur la vitre et détourna le regard. La vision pourtant apaisante ne fit que gêner Tony davantage.

Il se laissa tomber sur le grand canapé installé depuis que les Avengers avaient emménagé et fixa le marteau de Thor posé sur la table basse. Se levant doucement, il posa une main tremblante sur le manche et tenta de le soulever encore une fois, toujours sans succès. La soirée avait été la pierre angulaire de la découverte que Vision ferait définitivement un bon roi d'Asgard.

Wolverine avait refusé de se prêter au jeu et Spider-Man dormait de toute façon depuis un bon moment, aussi les premiers Avengers avaient été les seuls à s'essayer à l'exercice, en plus du robot. Quelle merveilleuse façon de lui rappeler qu'il n'était de toute façon digne de rien.

Un crissement le fit sursauter et il se retourna violemment, la respiration déjà erratique. Il tendit instinctivement la main à la recherche d'un propulseur, ne trouva que de l'air et sentit la panique monter en lui. Tony se leva et contourna le canapé, s'approchant de la balustrade de verre qui surplombait l'étage inférieur du penthouse. Là, adossé à la vitre qui reflétait les étoiles terrifiantes qui hantaient les rêves de l'ingénieur, se trouvait Loki.

Tony retint son souffle. Le dieu l'avait remarqué, sûrement depuis qu'il était entré dans la pièce. Quant à savoir pourquoi il n'avait pas bougé... sa peau bleue, ses yeux rouges et la gangue de glace dans laquelle il semblait emprisonné pouvaient être une bonne explication. Loki était assis en tailleur et le givre le recouvrait presque jusqu'à la taille. Ils se fixèrent, le mordoré perçant le vermillon d'un regard millénaire.

Le dieu détailla les cernes, les dernières perles de sueur et les mains tremblante. Tony contempla la rage et la fatigue qui se mélangeaient, les volutes noires sur la peau bleu profond. Finalement, Loki tapota doucement la place immaculée à ses côtés et l'homme vint le rejoindre sans dire un mot.

Aucun ne parla alors que Tony prenait place, se tenant aussi près de Loki que la glace le lui permettait. Puis il posa sa tête dans le creux du cou du dieu qui entoura ses épaules de son bras en retour. Un frisson les parcourut tous les deux. L'un fixait la lumière bleutée du réacteur sur la peau blanche, quand l'autre détaillait la lueur blanche de la lune sur la peau bleue.

Le silence rampa dans la pièce, se coula dans les coins sombres pour se nicher ensuite dans le cœur soudain reposé des deux hommes. Il tomba lentement sur leurs épaules, sa légèreté comme un baume alors qu'il engloutissait les cauchemars de feu et de glace, de désert et de palais doré, d'espace étoilé et d'univers déchiré.

I don't think I deserve it

Selflessness

Find your way into my heart


J'espère vraiment que ça vous a plu, j'ai pris beaucoup de plaisir à l'écrire. Je serais bientôt de retour sur le fandom avec plein d'updates sur mes histoires et d'autres OS pour ce recueil. En attendant, vous pouvez toujours me dire ce que vous en avez pensé avec une petite review !

Je vous embrasse,

Amako.