Je suis impardonnable, je le sais bien. Deux mois d'attente, peut-être plus… Je n'en sais absolument rien. Mais de vous inquiétez pas, je continue cette fic ! Bien que les écrits sur HP m'énervent plus qu'autre chose ces temps-ci, je vais faire mon possible pour vous satisfaire. Cette fic sera finie.

Merci en tout cas aux vingt personnes qui ont commenté le précédent chapitre, vos réponses seront sut mon blog ( gwinnyth . skyblog . com ). Merci aussi à Gurthwen, qui m'a aidé pour ce chapitre et qui m'aide pour la suite ! Ce chapitre n'est peut-être pas aussi long que je l'espérait, mais au moins vous avez la certitude d'une suite. Bonne Lecture !

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Chapitre 4

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« On va être en retaaaaard ! »

Habillé comme l'as de pic, les cheveux lui tombant sur le visage, Sirius s'acharnait à trouver toutes ses affaires de cours. Il gesticulait, courait d'un bout à l'autre du dortoir, bousculant ses amis, qui grognaient et ne manquaient pas de lui démontrer son manque de sang-froid.

« AH ! Voilà ma deuxième chaussette ! Je la cherchais depuis juin dernier !

- Tu veux dire qu'elle est restée là tout l'été, Ron ?

- Hey, ne me regarde pas comme ça Harry ! Ce n'est pas ma faute ! Seam' s'était amusé à la cacher je-ne-sais-où !

- Et tu ne l'avais pas retrouvé ? Ron…

- Si tu veux, je te donne mes lunettes, Ron ? déclara James avec un sourire amusé.

- Arrête de dire des bêtises, Maiden, tu ne vois déjà pas correctement avec, alors sans… »

Sirius éclata de rire à la remarque de Dean. James échangea un regard avec Harry, qui haussa les épaules. Dean avait toujours été jaloux de tout le monde, et James, qu'il soit sous sa véritable apparence ou sous sa forme d'emprunt, ne laissait personne indifférent.

« Sirius, au lieu de glousser comme une fillette, essaye de t'habiller plus correctement, ça nous arrangera, grommela James en passant machinalement une main dans ses cheveux. »

Sirius observa son accoutrement, qui n'était constitué que d'une chemise et d'un boxer, et croisa les bras, un sourire satisfait sur le visage.

« Et alors, je suis très bien comme ça, frérot ! rétorqua-t-il avec suffisance. »

Expaspéré, Harry se couvrit de sa couette, tandis que Dean s'acharnait sur Sirius avec plus de verve que la veille, si c'était possible. James observa son fils à la dérobée, tout en songeant à son soit disant lien de parenté avec Sirius. Et à leur nom de famille stupide… Quoique,celui d'Evans n'était pas mieux. Avec un sourire moqueur, James acheva de s'habiller.

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« Abercrombie, Alexia !

- Serdaigle !

- Carter, William !

- Poufsouffle !

- Turner, Alexander !

- Ca rime, grommela Sirius alors que le dénommé Alexander rejoignait la table des Poufsouffle. »

Tout du moins, ils pouvaient aisément l'imaginer. En effet, Lily, James et Sirius se trouvaient dans une salle adjacente à la Grande Salle, et écoutaient avec anxiété la Répartition des premières années. Dumbledore les avait expressément sommé de ne pas sortir sans permission de la salle dans laquelle ils étaient parqués. Bien sûr, Sirius avaient essayé, mais Lily avait la gifle facile…

« Hey, mais c'est qu'il y a une panoplie de Poufsouffles, cette année, s'écria James ! Il n'y a eu que trois Gryffondors !

- Mais que fait l'Angleterre ? ironisa Sirius en s'enfonçant dans son fauteuil.

- Oh, toi, tu n'es pas de bonne humeur.

- Quel sens de l'observation, Lilette ! »

Lily grimaça à ce nouveau surnom et se tourna vers James, qui la dévisageait depuis déjà quelques temps. Rougissant malgré elle, la jeune fille se cacha derrière ses cheveux.

James réprima un soupir. Il aimait tant Lily… Un regard éloquent de Sirius lui fit lever les yeux au ciel. Apparemment, l'adolescent avait retrouvé son sourire…

« Jamesie, tu saoules à la fin. Il suffit de fon…

- Tais-toi ! Dumbledore parle de nous je crois. »

Tous trois tendirent l'oreille, curieux et anxieux à la fois.

« … élèves qui viennent respectivement d'Australie et de France ont décidé de nous rejoindre cette année. J'espère que vous les accueillerez chaleureusement. »

La porte de la salle s'ouvrit et les trois voyageurs temporels échangèrent un regard nerveux. Sirius, en bon gentleman, laissa passer Lily, qui entra la première dans la Grande Salle, après lui avoir jeté un regard à glacer un professeur de potions acariâtre.

Les regards des élèves l'intimidèrent, mais la jeune fille s'avança courageusement jusque l'estrade. Dumbledore lui offrit un sourire chaleureux, et l'invita à passer sous le Choixpeau.

« Weber, Lily annonça-t-il. »

Lily intercepta le regard moqueur de Sirius, qui n'essayait pas de cacher son hilarité à propos du nouveau nom de famille de la jeune fille. Cette dernière préféra fermer les yeux. Elle répliqua au Choixpeau magique que Serdaigle ne lui convenait absolument pas, et serra les dents devant son entêtement. Malgré tout, le vieux bout de tissu rapiécé, comme elle aimait l'appeler, se décida à la placer à Gryffondor.

Sous les applaudissements des rouges et or, Lily s'assit à sa place, c'est-à-dire entre Hermione et Harry.

« Soulagée ? lui demanda le survivant avec un sourire amusé. »

Lily se contenta de lui tirer la langue.

« Maiden, James ! »

Ce fut au tour de l'ex-rouquine de pouffer de rire. Sirius lançait à Dumbledore des regards avadakedavrisants. Mais rien n'y fit, Dumbledore ne changea pas le nom de famille.

« Gryffondor ! »

James rejoignit Ron et fit une grimace à l'intention de Sirius, qui resta impassible, au grand étonnement de son meilleur ami. Le jeune Black s'avança dignement jusqu'au Choixpeau, et l'enfonça sur sa tête en grognant. Bientôt, il fut réparti chez les gryffondors.

« Alors, heureux ? demanda Ron tout en se goinfrant sous l'œil écoeuré de sa sœur cadette.

- Oui, et soulagés, je suppose, répondit Lily avec un sourire.

- Dans ton cas, Lilette, il n'empêche que j'étais parfaitement sûr de me retrouver à Gryffondor, répliqua Sirius avec une majesté ridicule. »

James s'étouffa dans avec son morceau de pain, et Hermione eut un toux étrange qui ressemblait au mot « serpentard ».

« Qu'as-tu dit, Mione ?

- Rien qui t'intéresse, monsieur l'imbécile. »

Sirius eut un sourire en coin qui n'échappa pas à son meilleur ami, qui avala son morceau de pain et leva les yeux au ciel.

Quelques instants plus tard, il gisait par terre, dégoulinant d'un liquide poisseux.

« Quelqu'un a un autre plat de sauce ?

- Sirius, ne fais pas l'innocent.

- Mais non, chère, je ne fais rien du tout.

- Espèce d'enfariné du bulbe libidineux complètement atrophié de la cervelle.

- Libidineux ? Si ça peut te faire plaisir… »

Hermione haussa un sourcil à cette remarque, mais ne répliqua rien, de peur de se perdre dans ses arguments. Tout sauf laisser Sirius gagner ! L'observant avec discrétion, Hermione continua son repas.

Les autres Gryffondors s'agglutinaient autour de Lily, qui était écrasée sous le poids de la curiosité gryffondoresque.. James, encore plein de sauce pimentée, étaient abandonné par tout le monde, excepté Ginny, Harry et Ron, compatissants mais hilares.

Hermione, agacée, tentait de ne pas céder à l'envie irrésistible qui la tiraillait. Sirius la dévisageait avec son plus beau regard amusé, et la jeune fille avait une terrible envie de le frapper. Préférant calmer ses pulsions meurtrières, elle se concentra sur les quelques reflets de repas subsistants dans son assiette. Elle n'avait pas lever sa fourchette que sa bouche s'ouvrait de stupéfaction. Un pied remontait doucement sa jambe…

Les yeux brillants de fureur, Hermione leva la tête vers le futur parrain de son meilleur ami. Ce dernier arborait un sourire suffisant qui agaçait la jeune fille au plus haut point. Elle tenta de dégager sa jambe mais il l'emprisonna entre les siennes, et continua ses caresses. Ecumante de rage, la Gryffondor réussit à se déplacer vers la gauche, plus près de Parvati et Lavande. Coincé entre ses camarades, Sirius ne pouvait bouger. Victorieuse mais exaspérée, Hermione détourna le regard de sa Némésis. L'année allai être longue…

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L'arrivée du groupe de garçons dans la Salle Commune fit sensation. Sirius, le premier de la troupe, chantait à tue-tête, accompagné, bien évidemment, de James. Seamus suivait en riant, et Harry et Ron fermaient la marche, mi-amusés, mi-exaspérés. Dean, jaloux et méprisant comme personne, avait préféré rester dans leur dortoir.

Le survivant s'effondra dans le sofa qu'occupaient Hermione et Lily. Les deux jeunes filles l'interrogèrent du regard sur le comportement étrange des maraudeurs, mais Harry secoua la tête, désespéré, sans dire le moindre mot. Ron prit le relais, hilare.

« Seamus a ensorcelé son baladeur, et a fait écouté quelques chansons françaises à Sirius. Il les a parodiés.

- Sirius parle français ? demanda Hermione, ébahie.

- Non ! Seamus lui a traduit les paroles.

- Ah. Oui. Je me disais, aussi. »

Lily pouffa devant l'air méprisant d'Hermione. L'ex-rouquine dévisagea Harry, qui tentait de se cacher derrière une montagne de coussin.

« Tu as tant honte que ça, Harry ? »

Le visage du jeune homme sortit de la masse de polochons, et offrit un regard suppliant à sa future mère.

« Mais faites-les taire, par pitié ! Ou alors tuez-moi !

- C'est si terrible ? demanda Hermione. Je comprends à peine les paroles…

- Faut dire qu'avec leurs voix de crécelle… »

Les deux jeunes filles s'esclaffèrent. Ron tendit l'oreille alors qu'Harry disparaissait dans sa cachette.

« Quelle est la chanson, Seam' ?

- « Elle s'ennuie » de Gérard de Palmas. Je n'aime pas, mais le baladeur est à ma sœur…

- Oui, je vois, répondit Hermione en passant une main dans ses cheveux.

- Faut dire, vu la créativité de l'auteur, dit Harry d'une voix étouffée par les coussins.

- Quoi que je dise, quoi que je fasse…

- Je ne veux pas entendre la suite.

- Elle sent l'brie ! hurlèrent avec joie les deux maraudeurs.

- Oh, non.

- D'ailleurs, pourquoi le brie ? s'étonna Lily. Ca ne sent pas, le brie.

- Cherche pas à comprendre, Lily, ils sont tout simplement cinglés.

- Que disais-tu, jolie demoiselle ?

- Rien qui te concerne, Sirius. Tu me connais, répliqua Hermione avec un grand sourire innocent. »

Tous éclatèrent de rire, et se préparèrent à aller manger. Hermione ferma son livre lorsqu'un souffle chaud sur la peau de son cou la fit frissonner.

« Ce n'est pas beau de voler les répliques des autres, 'Mione… »

Interloquée, et agacée de s'être fait avoir une nouvelle fois, Hermione regarda Sirius sortir de la salle avec un sourire moqueur. La jeune fille se mordit la lèvre de dépit, et courut pour rejoindre Lily, tout en passant devant le groupe de garçons en un coup de vent.

« Qu'y a-t-il ? la questionna Lily alors que Ginny les rejoignait.

- Je déteste ce Sirius-là, je crois que c'est un fait inébranlable. »

Lily rit doucement.

« Pourtant, j'ai eu l'impression que tu appréciais bien le « vieux » Sirius.

- Oui. Lui est plus mature ! Il sait que je déteste son côté maraudeur. »

Lily ne répondit que par un soupir, et entra dans la Grande Salle.

Hermione, appréhendant sa prochaine rencontre avec son maraudeur honni, la supplia de s'asseoir dans un coin où il ne pourrait l'embêter. Lily accepta de mauvaise grâce, et s'assit près de Parvati et Lavande, qui, comme à chaque petit-déjeuner, parlaient maquillage. Elles s'impliquaient tant dans leur conversation que Lily et Hermione n'eurent aucun mal à parler garçon sans être interrompues.

« Pourquoi es-tu de mauvaise humeur, Lily ? Je croyais que s'éloigner des garçons te permettra d'éviter James.

- Oui, mais… »

Hermione eut un sourire amusé, et Lily ne put s'empêcher de rougir.

« Mais ?

- Eh bien, James a changé, répondit Lily avec prudence, en pesant chacun de ses mots. Il me semble que notre arrivée ici l'a assagi. Il fait moins de bêtises, en tout cas, lorsque Sirius est absent. Il n'essaye plus de sortir avec moi, et je suis un peu soulagée, à vrai dire ! Il me laisse libre, tout en restant un ami. J'aime beaucoup cette situation. »

Le sourire d'Hermione s'élargit, et elle attrapa un toast sous le regard gêné de Lily.

« Je sais à quoi tu penses !

- Ah oui ?

- Tes sous-entendus sont stupides, Hermione, je n'ai pas du tout l'intention de demander à James de sortir avec moi, c'est absurde !

- Alors pourquoi cherches-tu à te justifier ? demanda Hermione avec un coup d'œil éloquent vers James. »

Lily rougit de plus belle, et resta silencieuse. Hermione n'insista pas, et changea rapidement de sujet.

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« Sirius, arrête. Tu deviens saoulant, là. »

Le concerné ne répondit pas, et continua de se taper la tête contre sa table de cours. Agacée, Hermione se concentra sur son exercice de métamorphose. Sirius, qui était assis devant elle, passa sa main droite sur son front douloureux, puis reprit sa torture.

« Ton meilleur ami est sado-maso, James, murmura Ron alors que McGonagall circulait dans un rang de Serdaigles assis à l'autre bout de la salle. »

Hermione approuva d'un signe de tête les paroles de son voisin de table.

« Ah, parce que tu en doutais ? »

Harry éclata de rire sous le regard amusé de Lily, qui, elle, avait déjà fini son exercice. James, émerveillé, dévisageait sa dulcinée avec amour et tendresse. C'est pour cette raison qu'il reçut un coup sur la tête de la part de son meilleur ami. Ce qui était extraordinaire, étant donné que Sirius avait toujours la tête aplatie contre le bois de sa table.

« Mais aïïïeuh ! Pauvre saucisson sec ! D'ailleurs, comment as-tu pu viser ?

- L'expérience, mon cher, l'expérience !

- Ne te fais pas plus intelligent que tu ne l'es, Maiden, rétorqua Hermione en appuyant bien sur le nom de famille exécré du maraudeur. »

La brune finit à son tour sa métamorphose, et rangea avec satisfaction son livre. Cette minute d'inattention permit à Sirius de se déplacer sans qu'elle s'en aperçoive.

Lorsque Hermione se redressa. Elle eut la surprise de contempler le visage de sa Némésis en très gros plan. Sirius s'appuyait sur la table de la jeune fille, et seuls deux pieds de sa chaise touchaient le sol. Il lui offrit un sourire charmeur, et Hermione e surprit à rougir. C'était si tentant de se rapprocher encore plus, de franchir les quelques centimètres qui les séparaient…

La jeune fille reprit ses esprits trop tard. Sirius, victorieux, s'était reculé, admirant cette expression de soumission sur son visage.

« Tu vois, ce n'est pas si difficile de m'apprécier, murmura-t-il, les yeux brillants. »

Choquée, Hermione ouvrit la bouche, mais son professeur se chargea de corriger le jeune homme.

« Monsieur Maiden, auriez-vous l'extrême obligeance de vous occuper de votre baguette et de votre métamorphose ? A moins que, bien sûr, vous ne vouliez voir Rusard en cours particulier, ce soir. Je suis sûre qu'il sera heureux que vous lui fassiez la cours… »

James éclata d'un rire tonitruant, suivi de près par Harry. Sirius, déconfit, empoigna sa baguette, et fit une grimace au dos de McGonagall. Lily pouffa, et se tourna vers Hermione. Bouleversée, mais amusée, la brune avait posé son sac sur sa table, et faisait semblant d'y chercher quelque chose. La voyageuse temporelle fronça les sourcils, et se promit d'éclaircir ce mystère.

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La tête posée au creux de ses mains, Lily écoutait le professeur Rogue faire l'appel. Il fit quelques commentaires à propos d'élèves absents – dès le premier jour – mais l'ex-rouquine remarqua qu'il ne répliqua rien lorsque vint le tour d'Hermione. Peut-être était-elle au-dessus de tout soupçon, elle si sage…

« Potter ?

- Prés…

- Oui, malheureusement, je le sais. N'abusez donc pas de votre salive, Potter, vos fans seraient attristés. Thomas ?

- Présent.

- Goyle ?

- 'Sent.

- Et, M… Oh, les Maiden. C'est vrai, j'oubliais que nous recevions de nouveaux élèves. Quel dommage, n'auriez-vous donc pas pu rester en Australie, messieurs ? Nous étions si bien sans votre présence… L'air était plus respirable, même si certains s'amusaient déjà à le polluer. Et Weber… Joli nom de famille. »

Lily senti ses joues s'enflammer devant le sarcasme évident de son ancien camarade de classe, et préféra ne rien répondre.

« J'espère que vous ferez mieux que vos compagnons, Miss, et que vous vous tiendrez correctement dans mon cours. Malheureusement, et soyez certain que je le regrette, vous semblez déjà contaminée… N'ai-je pas raison, Potter ? dit Rogue en dévisageant Harry, mais plus particulièrement James. »

En effet, les deux adolescents entouraient Lily. Cette dernière, les larmes aux yeux, n'osait lever la tête, de peur de croiser le regard glacial de son « professeur ».

Avec un sourire méprisant, Rogue se tourna vers les Serpentards, et commença à dicter les ingrédients de leur potion d'une voix sèche. Sans écouter les instructions de son vieil ennemi, James souleva le rideau de cheveux qui cachait le visage de sa bien-aimée, et son cœur se fendit en deux à la vue de ses yeux brillants de larmes. La jeune fille lui jeta un regard indéchiffrable, et tenta de détourner la tête. Mais James prit son visage entre ses mains, et essuya ses pleurs.

« Ce type est horrible, Lily jolie. Mais ne te laisse pas abattre. Je suis là, hmm ? »

Lily rit doucement devant l'expression faussement arrogante de James, et retourna à sa potion, non sans l'avoir remercié d'un sourire. Elle constata avec horreur qu'elle n'avait pas pris de notes à propos de la potion, mais Hermione la soulagea en lui tendant une copie de sa propre feuille. Lily partagea sa feuille d'instruction avec son voisin de table, qui en fut enchanté. Combien de fois en avait-il rêvé ?

La cloche retentit au loin, et Rogue se leva d'un bond de son fauteuil. Il passa dans les rangs, jetant çà et là quelques remarques acerbes, ne manquant pas d'ensevelir Neville de reproches, pour ne pas perdre ses bonnes habitudes. Il passa près d'Hermione en haussant un sourcil, mais n'eut pas l'occasion de sortir l'une de ses phrases fétiches. La potion des maraudeur et d'Harry fit encore une fois sensation, et Rogue en fut presque enchanté. Son expression en devant joyeuse.

Furieux contre cette erreur de la nature, comme il aimait l'appeler, James décida d'attendre la sortie des élèves. Il ne patienta pas longtemps, car chacun était pressé de partir des cachots, la vue des potions et de leur maître répugnant même les Serpentards les plus maniaques. James fit signe à Sirius de s'en aller sans lui, et s'approcha du bureau de Rogue. Ce dernier raturait ce qui ressemblait à un torchon, mais qui en vérité était un courrier de Dumbledore, à en juger par la signature.

« Maiden, je n'ai pas de temps à perdre, alors sortez.

- J'ai besoin de vous parler, professeur.

- Quelle joie de vous voir si soumis ! ricana Rogue en relevant la tête. Vous ne pouvez pas savoir combien cela est glorifiant.

- Je ne suis pas là pour discuter, Servilo. »

Ce surnom fit grimacer le maître des potions, qui se leva brusquement. James posa bruyamment ses mains sur le bureau, et dévisagea son ennemi par-dessus ses lunettes.

« Qu'est-ce que tu veux, alors, Potter ? Ta présence m'indispose fort, et j'aimerais pouvoir respirer sans manquer d'être pollué.

- Je me fiche complètement que tu m'insulte à longueur de journée, que tu me colles, Servilo, mais ne touche pas à Lily, ne lui parle pas, ne pose pas un regard sur elle. Tu la salis avec ton regard de cinglé poisseux. J'espère m'être bien fait comprendre.

- Tu oublies quelle est ta place, Potter, siffla Rogue, les yeux réduits à deux fentes.

- Eh bien je reprendrai ma place si tu me jures sur ton honneur de ne pas embêter Lily.

- Et tu crois vraiment que je vais me conformer à tes règles, Potter ? Non. C'est moi le maître, ici.

- Espèce de…

- James ! »

Le concerné se retourna vivement, et reçut une Lily furieuse en pleine poitrine. Rogue ricana avec mépris, et se rassit à son bureau. Les deux adolescents se tournèrent vers lui. Il avait l'air d'un ange noir, le visage à moitié caché par l'obscurité, les doigts entrecroisés et le sourire diabolique. Sensuel, mais terriblement effrayant

« Vous n'êtes que deux pauvres inconscients. Retournez dans votre nid, les tourtereaux ! Je n'ai pas de temps à perdre avec vous.

- Tu es vraiment ignoble, Rogue ! s'écria Lily les yeux à nouveau baignés de larmes. Que je sache, ici, nous ne t'avons rien fait ! Pourquoi t haine persiste-t-elle, alors ? Va voir nos futurs ! »

Le sourire méprisant de Rogue s'élargit, mais il ne répondit pas. D'un geste de la main, il congédia les deux adolescents, prit ses affaires, et sortit de la salle de cours, non sans un dernier ricanement. Lily, à présent sûre de la folie de son professeur, se colla inconsciemment contre James.

« Il est vraiment malade ! s'exclama ce dernier après sa sortie. »

Devant l'absence de réponse de son ami, le maraudeur baissa les yeux. Lily avait entouré sa taille de ses bras, et fixait la porte par laquelle Rogue était sorti. Résistant à la tentation de lui rendre son étreinte, James l'obligea à relever la tête.

« Hey, Lilette, qu'est-ce que tu as ?

- Rien, répondit la jeune fille après un moment de latence. J'appréhende notre prochain cours avec lui, c'est tout. »

Lily remarqua alors leur position, et s'écarta brusquement de James, cachant son embarras derrière ses cheveux. Heureux comme un imbécile James lui tendit une main, qu'elle prit avec hésitation. James l'entraîna doucement hors de la salle, et ils montèrent jusqu'à la salle commune des Gryffondors sans dire le moindre mot, de peur de briser le lien magique qui venait de se former entre eux.

La salle commune était quasiment vide lorsqu'ils entrèrent. Les rouge et or, charmés par le beau temps, étaient descendus près du lac, et seuls Hermione, Harry, et Sirius étaient dans la Salle Commune. James décida à regret de lâcher la main de Lily, et s'approcha de son soit-disant frère. Ce dernier observait Hermione, le visage soucieux.

« Bah alors, mon gars, que se passe-t-il ? demanda James en s'asseyant aux côtés de Sirius.

- Rien, je réfléchis.

- Nooon ?

- Je ne suis pas d'humeur à rire, James. »

Etonné par le soudain sérieux de son meilleur ami, James leva la main pour replacer ses lunettes, avant de se rendre compte que depuis que Dumbledore avait jeté son sortilège il ne portait plus de lunettes. Ce simple geste fit sourire Harry, qui leur indiqua le chemin du dortoir. James remercia son fils, et attrapa le poignet de Sirius. Bientôt ils furent dans le dortoir des septièmes années.

« Alors ?

- Quoi, alors ?

- Dis-moi ce que tu as ! »

Sirius soupira, et s'allongea dans son lit.

« Je ne sais absolument pas, Jamesie. C'est juste qu'Hermione est la première fille à m'avoir repoussé. Ca fait drôle.

- Maintenant tu sais ce que cela fait.

- Pourtant, j'ai l'impression que la situation évolue avec Lily, non ?

- Gnagnagna.

- Crétin.

- Alors, Hermione ?

- Je ne sais pas ce qui m'arrive, James ! Généralement, quand une fille me repousse, je repars sans inquiétude ni dépit, mais là je suis déçu… Etrange, non ?

- D'ailleurs, j'allais t'en parler, Sirius. Cette fille est de cette époque, et c'est l'amie d'Harry. Tu n'as pas à la draguer.

- Je sais, répondit Sirius avec un sourire amusé. Mais c'est plus fort que moi ! Il faut que je le fasse ! Hermione est tellement mignonne… Tiens, ça rime en plus.

- Je suis sérieux, Paddy.

- Noon ? Vrai ? Je n'y croyais pas, sur le coup… »

Sirius éclata de rire devant la moue de James.

« En fait, tu as raison, déclara-t-il après s'être calmé, je ne devrais pas. Mais je ne suis pas amoureux, donc, je peux essayer, non ? Et puis, ce n'est pas comme si je voulais lui faire du mal…

- Mouais. Mais tu risque de la blesser en sortant avec elle juste comme ça, Paddy. Et, elle te connaît, ne l'oublie pas.

- Ca, je ne risque pas de l'oublier. Je suis cuit, avec elle, faut que je déploie toutes mes capacités ! commenta Sirius avec un sourire en coin. »

James ne répondit pas immédiatement, et son meilleur ami attendit patiemment son avis.

« Je pense que tu peux sortir avec elle, Sirius, mais fais tout de même attention. Ce ne sera pas une relation comme les autres…

- Surtout qu'elle me résiste ! »

Et, sur ce, Sirius se leva, et descendit dans la Salle Commune. James resta immobile, songeur. Sirius était si imprévisible… Allait-il faire une bêtise ?