Un délicieux fumet sortit Alex de la torpeur de son cauchemar. Les rayons du soleil perçaient les rideaux vert amande. Il écarquilla les yeux et scanna rapidement la chambre dans laquelle il se trouvait. Murs pastel, vêtements soigneusement posés sur une chaise, rangement impeccable, parfum de vanille. Pour sur, ce n'était pas la sienne. Alex fouilla péniblement dans sa mémoire dans l'espoir d'y trouver un micro-souvenir de la nuit passée. Il y avait du whisky, beaucoup de whisky même. Celui là même qui lui broyait le crâne et qui avait torpillé ses souvenirs. Mde… qu'est ce que j'ai fait ? Les vieux démons avaient-ils refait leur apparition ? Trônait –il piteusement dans la chambre d'une parfaite inconnue après une orgie alcoolique sexuelle?
Une ombre traversa la pièce et tira les rideaux. Le soleil englouti la chambre violement. Alex plissa les yeux et ne parvint pas à identifier la silhouette devant lui. Elle s'approcha du lit et posa un plateau sur lequel le café fumant distillait une odeur enivrante dans la pièce. Alex ouvrit un œil et découvrit que quelques tranches de brioche fraîche ainsi qu'un petit pot de confiture accompagnaient le délicieux breuvage. Il leva les yeux jusqu'à son hôte et reconnu immédiatement le joli minois qui le dévisageait. Elle portait un vieux sweat shirt défraîchi des yankees qui couvrait à peine ses hanches. Elle ouvrit le tiroir d'une commode, en sortit une barrette avec laquelle elle attacha ses cheveux en bataille. La lumière dorée irradiait sa beauté matinale. Alex se senti rougir devant ce spectacle auquel il ne s'attendait pas. Il aurait pourtant donné toutes ces heures de repos pour se trouver ailleurs.
Elle rejoignit le lit, grimpa sur le matelas et vint s'asseoir à coté de lui. Elle attrapa un mug, y versa du café et porta le breuvage à ses lèvres. Alex, qui tentait toujours tant bien que mal de démêler ses souvenirs de l'obscure migraine qui le fracassait, imita son geste. Le café chaud lui brûla la gorge. Qu'importe. Cet élixir l'extirpait de sa léthargie.
« Il y a de l'aspirine dans la salle de bain, si tu as besoin » observa-t-elle
« Je, euh… merci » Il n'osait ni la regarder, ni lui demander quelques précisions quant à leurs activités nocturnes dont il n'avait pas le moindre arrière goût.
« Tu as bien dormi ? » demanda-t-elle.
« Euh… oui » marmonna-t-il. Allez, Alex, soit un homme bordel, demande lui au lieu de rester planté là comme un co « Ecoute, Lexie, … c'est pas très facile à dire mais… »
« Tu veux savoir ce que tu as bien pu faire hier soir ? ». Elle se mit à rire.
La mine d'Alex s'assombrit dans un savant cocktail de vexation et de gêne. Il hasarda : « Est-ce qu'on a… ? »
« Mon chéri… si on avait fait quoi que ce soit de lubrique hier soir, je t'assure que tu t'en souviendrais… » dit elle en arborant un petit sourire suggestif. « Tu étais tellement imbibé par tous les cocktails que tu as épongé que je n'ai même pas essayé… et puis de toute façon si c'était pour que tu me confondes avec elle »
Alex se dressa dans le lit et regarda d'un air hébété Lexie qui laissa un échapper un nouvel éclat de rire. La panique s'empara de lui. Maudit whisky qui lui avait confisqué sa mémoire. Lexie n'était pas plus réputée pour sa chasteté que pour sa discrétion. S'il ne lui avait révélé ne serait-ce qu'une miette de ses sentiments pour Addison, tout l'hôpital en serait informé. Il n'avait pas besoin de ça.
« Qu'est-ce que je t'ai dit ? » Le ton de sa voix était dur. Le visage fermé, impassible. A l'intérieur, c'est tout son corps qui tremblait de peur.
« Rien de désobligeant. Malheureusement. Rien de bien croustillant, non plus. Juste que tu ne pouvais pas être avec celle qui avait réussi à capturer ton cœur. D'ailleurs, l'alcoolisme te rend poète… tu ne sais pas combien j'aimerais que tu parles de moi ainsi , un jour »
Alex ne pu réprimer un petit soupir de soulagement.
Depuis le soir du réveillon, il n'avait pas eu la moindre nouvelle d'Addison. Le courage se refusait obstinément à lui. Le doux souvenir de cette parenthèse téléphonique ne s'estompait pas. Les carcans de son cœur restaient solidement ancrés dans son orgueil. Dans la peur qui mordait chaque jour un peu plus son arrogance. Alex n'avait plus rien de jeune ambitieux qu'il était à son arrivée au SGH. A vrai dire, il n'était plus rien du tout. Le fantôme d'un interne arrogant et arriviste mué en résident consciencieux et submergé par le doute. Un doute qui commençait sérieusement à empiéter sur sa vie professionnelle. Un diagnostic hasardeux avait failli coûter la vie à l'une de ses patientes. Et tout ça pour quoi ? Parce qu'il ne parvenait pas à concentrer ses pensées sur autre chose qu'Addison. L'hôpital lui faisait penser à Addison. Les scalpels stérilisés semblaient encore marqués de l'empreinte de ses mains. L'asphalte détrempée portait encore les stigmates de ses talons aiguilles. Dans l'air flottait son parfum. Elle embaumait sa vie. Continuellement. Inlassablement.
Rien n'avait semblé aseptiser son absence, ni les litres d'alcool qu'il ingurgitait chez Joe, ni les heures de garde, ni les stratagèmes qu'il déployait pour éviter d'affronter sa supérieure hiérarchique… en l'occurrence la personne qui lui rappelait le plus combien il était un crétin. Combien il serait simple pour lui de décrocher ce foutu combiné téléphonique… Pour entendre SA voix. Pour lui dire quoi ? Avait-il décemment le droit de lui demander de rester ? Foutaises. Il n'en valait pas la peine.
« Alex, redescends sur Terre… tu auras bien le temps d'appeler ta dulcinée plus tard… »
« Euh, oui… désolé… » Il réfléchit un bref instant. « Je sais que je ne suis pas vraiment en position de te demander ça mais… pourquoi m'as-tu ramené chez toi ? » Pour la première fois depuis qu'il avait émergé de son sommeil, il plongea ses yeux dans les siens. Lexie n'était ni son amie, ni un bon samaritain, tout juste une collègue avec laquelle il avait opéré quelques fois. Il ne comprenait pas d'où cette soudaine bienveillance pouvait émaner.
Son sourire disparu et laissa place à une moue amère « Je sais ce que ça fait… je sais ce que c'est d'aimer et de ne pouvoir vivre de cet amour… »
Alex cru déceler quelques larmes dans ses grands yeux noisette. Tout cela avait quelque chose d'étrangement inconfortable. N'importe quel gentleman aurait sûrement pris la jeune interne dans ses bras, mais Alex n'était pas comme ça. Ni très doué pour composer avec les états d'âmes des autres, ni très riche en paroles réconfortantes. Il se contenta de hocher la tête et plongea son regard dans la marée noire qui dansait dans sa tasse.
Il n'était pas de garde aujourd'hui. Il se sentait comme amputé de toute raison de vivre. Addison était le cœur de ses envies, son boulot, le moteur de sa vie. Il avait passé la plupart de ses jours de repos à émousser sa confiance en pensant à Addison. Il avait bien tenté de suivre les conseils de Meredith et de s'employer à quelques séances de jogging. Mais il avait eu beau user ses semelles dans tous les parcs de Seattle, arpenter les dizaines d'allées fleuries, se concentrer sur les notes électriques de son Ipod, rien n'avait gommé le souvenir d'Addison.
Il avala son café, goba une tartine et se leva. « Je peux utiliser ta salle de bain ? » demanda-t-il timidement.
« Tu n'est pas obligé d'être si pressé, beau gosse… ma garde ne commence que dans 2 heures, je suis sure qu'on pourrait trouver quelque chose pour tuer le temps… »
Alex ne prononça pas un mot, mais Lexie comprit et ajouta « Première porte à droite, il y a une brosse à dent neuve dans le placard au dessus du lavabo »
Alex acquiesça et se rendit dans la salle de bain. Lexie posa sa tasse sur le plateau et s'apprêtait à ramener celui-ci dans la cuisine lorsque son regard fut attiré par un téléphone portable qui gisait au milieu de la pièce. Elle reposa le plateau sur le lit et s'empara de l'objet. Elle supposa qu'il s'agissait du téléphone d'Alex et ne pu résister à l'envie d'y jeter un coup d'œil. Elle parcourut brièvement la liste des contacts, puis s'attarda sur les textos reçus. Rien ne vint lui apporter le moindre indice sur la fameuse inconnue qui régnait sur son cœur. Néanmoins, elle remarqua qu'Alex avait conservé de vieux textos d'Izzie Stevens, qui se trouvait justement être la résidente à laquelle Lexie était attitrée. Son esprit vagabonda et arriva promptement à quelques conclusions infondées : Et si Stevens était la vipère qui l'empêchait de mettre Alex dans son lit ?
Lexie n'eut pas le temps de poursuivre son enquête, le bruit de la douche avait cessé et Alex n'allait sans doute pas tarder à sortir de la salle de bain. Elle reposa le précieux indice sur la moquette et reprit son plateau qu'elle emmena dans la cuisine.
Quelques instants plus tard, Alex décampa de l'appartement de Lexie. Le bourdonnement éthylique de sa soirée ne le quittait pas. Il aurait volontiers empalé sa boite crânienne sur le premier mur qui se présentait à lui. Sa voiture avait du rester devant chez Joe. Génial. Il ne manquait plus que ça… Il explora ses poches à la recherche de son mobile… en vain. Mer . Foutue amnésie alcoolique. Il entreprit alors une longue marche vers son domicile. Il devait rentrer et trouver un peu de sommeil. Le portable avait du rester chez Joe, comme sa vielle Ford. Ou au SGH. Qu'importe, il le trouverait bien plus tard.
Il se traîna misérablement jusqu'à la maison Grey. Maison Grey. Tout cela avait quelque chose d'incroyablement impersonnel pour désigner son propre domicile. En fait, Alex ne s'était jamais senti vraiment chez lui dans cette maison. Izzie et Meredith étaient de parfaites colocataires, mais Alex n'avait rien d'un Bambi. Il ne partageait ni leurs soirées télé, ni leur enthousiasme pour les grandes conversations. En fait, Alex n'avait pas la moindre idée de ce à quoi pouvait ressembler une discussion féminine. Il avait toujours préféré couper court à ses aventures avant que la discussion de vienne s'y installer.
Et pourtant. Pourtant il avait noué une belle amitié avec les deux jeunes femmes, et l'une comme l'autre avaient bien essayé. Essayé de lui changer les idées, essayer de lui faire avouer ce qui pouvait bien le tourmenter à ce point. Par chance, aucune n'avait fait le rapprochement avec le départ d'Addison, pas une seule allusion n'y avait été faite. Alex était comme un immense carnage sur une autoroute… tout le monde était choqué par l'ampleur des dégâts, aurait bien voulu aider mais ne savait pas comment procéder.
Il pénétra dans la cuisine. L'odeur de café chaud emplissait encore la pièce. Izzie maugréait toute seule en lisant son journal. La jolie blonde semblait avoir elle aussi vécu une nuit difficile.
« Tu n'es pas de garde ? » demanda-t-elle en levant les yeux vers Alex.
« Ma prochaine garde commence à 6h demain… et toi ? »
« Dans 1h30. J'ai autant envie d'y aller que de me pendre »
Alex s'apprêtait à s'échapper de la cuisine pour regagner son lit mais fut soudain rattrapé par le remord, bien qu'il ne soit pas très habile à ce jeu là. Il se tourna vers Izzie et lui lança : « tu veux en parler ? »
Elle sembla soudain possédée par un étrange mal être : elle baissa les yeux et marmonna un « non » entre deux gorgées de café.
Alex n'était pas un ami attentif. Il avait l'impression de graviter en permanence autour de l'univers impitoyable de Meredith, Izzie et Christina – qui occupait gracieusement le canapé depuis sa débâcle nuptiale. Elles semblaient avoir satellité tout composant masculin hors de leur monde. Meredith évitait Sheperd ; Christina aboyait férocement contre quiconque oserait s'approcher de son cœur et Izzie… à sa connaissance Izzie n'avait personne depuis Denny, mais ne parlait même plus à George. Quel était donc cet étrange mal qui les rongeait ?
Mais il avait beau ne pas les comprendre, elles avaient beau lui taper sur les nerfs à longueur du temps, Alex ne pouvait pas nier qu'il s'était pris d'affection pour ces étranges créatures. Elles étaient sa famille.
Il s'approcha d'Izzie, pris une chaise et vint s'asseoir à coté d'elle. Il posa la main sur son bras. « Izz, tu peux me parler »
« Eh ben… il t'arrive quoi ? Tu nous ferais pas une petite crise d'altruisme, toi ? »
« Arrête… je fais des efforts là… tu sais c'est pas… c'est pas facile pour moi. Je ne suis pas comme toi, ce genre de parole ne me vient pas naturellement … »
« Oh pardon » gémit-elle, la voix gorgée d'ironie. « Alex daigne me parler alors qu'il vit… pardon qu'il hante quasiment cette maison depuis plusieurs mois… quelle ingrate je fais, je devrais me sentir… »
« Izz ! »
« Pardon, Alex » Sa voix retrouva son calme habituel. « La soirée a été très difficile… la nuit n'en parlons même pas. Je n'ai presque pas dormi et je dois assurer une garde de 30 heures alors que je suis vraiment épuisée… je ne voulais pas… »
« Ce n'est rien. Moi aussi j'utilise la satire comme exutoire. » dit il dans un sourire. « Je voulais juste que tu saches… tu sais… si tu as besoin, je suis là. »
« Merci » Elle posa sa main sur la sienne, qui caressait toujours son bras gauche. « Mais tu sais… c'est à double sens, moi aussi je peux écouter tes problèmes… »
Alex endossa immédiatement son armure de macho arrogant « Il n'y a rien à dire. Rien que tu ne puisses écouter ». Il n'était pas prêt. Trop de choses à dire, pas assez de vocabulaire pour l'exprimer. Trop d'orgueil à abattre, pas assez de courage pour se confesser. Immondices… ce satané amour n'était pétri que d'immondices. Comment avait-il pu se laisser piéger et surtout, pourquoi ces sentiments étaient-ils si difficiles à digérer ? Pourquoi avait-il la constante impression de ne pouvoir respirer sans sa présence à ses côtés ? Addison
Izzie ôta sa main et le regarda intensément. Elle pouvait lire dans son regard glacé qu'il n'était pas prêt de céder à son inquisition. Elle se contenta de lui sourire. Un sourire mielleux, certes, mais compte tenu de l'état dans lequel elle se trouvait, c'était la bien meilleure offre qu'elle eut pu lui faire. Il se leva et s'apprêtait –enfin- à se ruer sous sa couette quant elle l'interpella à nouveau.
« La solitude, Alex… Je me sens seule comme jamais. Je sais que ça doit te sembler stupide parce que j'ai des amis, des collègues, l'hôpital… mais j'ai l'impression de me noyer et d'être désespérément seule » Alex ne répondit rien. Cette confidence trouvait un singulier écho dans ses propres pensées. Elle capitula : « laisse tomber… tu ne sais pas ce que c'est ». Sa voix dissimulait difficilement ses sanglots.
Alex étudia quelques microsecondes le dilemme qui s'offrait à lui : regagner sa chambre, s'affaler brutalement sur le lit et faire cesser cet affreuse migraine ou offrir le maigre soutien dont il disposait à son ami. Il opta pour le choix le plus déraisonné selon lui : il s'approcha à nouveau d'Izzie et enveloppa ses bras autour d'elle, l'invitant à se blottir contre lui. Elle se posa contre son torse, glissa sa tête sur son épaule et caressa le coton de son tee shirt avec ses doigts. Elle laissa échapper quelques larmes tandis qu'Alex caressait son dos de sa main. Il demeurèrent ainsi quelques instants. Sans le moindre mot. A bout de quelques minutes, Alex relâcha son étreinte. Izzie approcha maladroitement son visage du sien. Ses lèvres vinrent effleurer les siennes. Alex recula immédiatement.
« Izzie… euh, je suis navré, je ne peux pas »
La jeune femme semblait aussi gênée que lui. Elle balbutia quelques excuses « moi aussi, je suis désolée… je t'assures que je ne voulais pas… Je crois que la solitude me pèse un peu trop… pardon … » Elle agrippa son sac et s'évada.
Alex se sentait comme un donjon sur lequel on tirait à boulets rouges. Il tenait à Izzie. Il tenait réellement à elle. Il fut même un temps ou il avait amorcé un virage sentimental dans sa vie, grâce à elle. Mais ce temps là était révolu, l'amitié était solidement installée dans son cœur. Cette journé s'entamait décidément sous les pires auspices. Il décida de s'accorder enfin quelques heures de repos méritées, avant d'aller écumer ses remords dans les pubs de Seattle.
Il s'engouffra sous la couette, se débarrassa des vêtements qui encombraient son lit et ferma les yeux. Addison. Elle débarqua à nouveau dans ses pensées, catapulta la mésaventure Izzie vers les abysses de son esprit. Alex sentit alors que cette journée n'aurait vraiment rien de reposant et qu'il était loin d'avoir balayé la tornade rousse de sa vie. Qu'il allait encore passer sa journée – et sûrement sa nuit- à se demander s'il devait ou non l'appeler. Lui demander de rester. Libérer enfin son cœur et donner une chance à cet amour qui ne connaissait d'accalmie. Vider ses pensées des remords qui le harcelaient, bannir ce foutu orgueil. Addison. Il n'avait même pas son numéro.
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Izzie arriva au Seattle Grace et pénétra d'un pas décidé dans l'enceinte de l'hôpital. Elle salua quelques collègues, évita soigneusement de rencontrer George et alla se changer. Elle assigna quelques tâches et à ses internes et se dirigea vers les urgences. Elle croisa Meredith au détour d'un couloir. Elle agrippa le bras de celle-ci.
« Eh ! Qu'est ce qu'il t'arrive ? » S'enquérait Meredith, visiblement accablée par 28 heures de gardes qui semblaient ne pas finir.
« J'ai… j'ai fait une connerie. » avoua Izzie.
Lexie semblait dotée d'un radar pour les ragots. La moindre info croustillante était ingurgitée et aussitôt colportée. Elle avait un don pour ça, elle n'y pouvait rien. Elle repérait les commérages, les situations gênantes à des kilomètres à la ronde. Elle avait pisté Izzie Stevens depuis son arrivée au SGH, bien décidée à savoir si oui ou non celle-ci s'avérait une rivale de taille dans la conquête d'Alex. Qu'importe qu'elle soit sa supérieure ou non, qu'importe qu'un conflit entre elles deux puisse entacher son internat. Lexie n'était pas femme à se contenter d'un refus. Et ce n'était pas Alex Karev qui allait mettre un terme au succès de son opération : collection des plus beaux spécimen du SGH. Hors de question d'envisager cette option. Lorsqu'elle entendit l'ébauche de confidence faite par Stevens à son amie, elle ne put résister à l'envie de tendre l'oreille davantage.
« Dis moi, tu as fait quoi ? » questionna Meredith, inquiète et stupéfaite
« J'ai embrassé Alex… »
Lexie esquissa un sourire amer en entendant la confession. Elle avait maintenant la certitude d'avoir trouvé un pion à éliminer dans son nouveau terrain de chasse. Stevens était une adversaire de taille, mais à sa portée. Et rien n'avait jamais barré la routé de Lexie depuis son arrivée à Seattle.
Elle poursuivit son chemin avant d'en entendre davantage. Cet aveu suffisait largement à étayer sa théorie.
« Tu as quoi ?? » s'étonna Meredith
« Enfin non, pas vraiment embrassé, mais disons que c'était limite »
« Vous avez remis le couvert tout les deux ?… »
« Mais non… c'est justement ça le problème… j'ai pas du tout l'intention de me remettre avec lui… ce n'est pas pour lui que j'ai des sentiments… enfin bref… j'ai fait ça dans un moment d'égarement, c'est tout… du coup tu imagines le malaise… »
« C'est sur. Tu lui as parlé ? »
« Oui. Enfin, si on veut… »
« On en reparlera plus tard mais à mon avis ce n'est rien de grave. Il a réagit comment ? »
« Bah il m'a… plutôt repoussée » avoua t-elle en grimaçant.
« Bah alors ? Où est le problème ? Vous mettez les choses au clair et c'est réglé. »
« Moui… c'est vrai après tout, tu as raison. En fait je crois que j'avais juste besoin d'être rassurée ».
Meredith leva les yeux au ciel et reprit son chemin.
Plus tard Izzie croisa Lexie qui lui assena un regard noir, presque… guerrier. Un peu interloquée, elle poursuivit son chemin tandis que la jeune interne échafaudait déjà un plan pour évincer sa potentielle « rivale ».
Alex, qui ne se doutait pas de cette mascarade infantile et inutile, avait enfin réussi à trouver un repos salvateur. Pas un cauchemar ne vint ponctuer son odyssée onirique dans laquelle il trouvait enfin le courage de rejoindre Addison. Un rêve, certes… mais une source d'inspiration, certainement.
