Et voilà le chapitre 4. Le démarrage est peut être lent, mais j'ai besoin de mettre certaines choses en place afin que la suite ne soit pas trop précipitée. So enjoy !

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Chapitre 4 :

- Bonjour Kairi !

Une jeune fille aux cheveux lit de vin vint taper deux bises sur les joues d'Aqua, confortablement installer devant son chocolat chaud et ses deux tartines miel confiture. Les deux mélangés. Je n'avais jamais vu personne pratiquer ce genre de mélange, mais après tout, pourquoi pas. Et puis, cela n'avait pas l'air de lui poser problème.

- Bonjour bonjour !répondit la dénommée Kairi en passant de tête en tête pour faire la bise à toute la tablée.

La tablée se résumait à Terra qui remuait doucement ses céréales, visiblement pas très frai le matin, Aqua, qui rayonnait déjà d'une puissance et d'une jovialité surhumaine, Xion qui gardait les yeux rivés vers son verre de jus de fruit et sa tasse de café, incapable de réagir à quoi que ce fut, Demyx, qui élaborait en se mordillant la lèvre des statuts en mis de pain, Sora, qui souriait de plus en plus au fur et à mesure que Kairi se rapprochait de lui, et moi, occupé à beurrer mes tartines grillées. Je haussai légèrement les sourcils lorsque la nouvelle venue embrassa sur les lèvres mon colocataire sponsorisé Colgate. Alors ce deux là sortaient ensemble ? Cela ne m'étonnait pas vraiment, en vérité. J'avais repéré Kairi comme étant une sacré petite bavarde, toujours à l'affût de la moindre information à se mettre sous la dent, et Sora comme le rigolo de service. Une sacré équipe, à n'en pas douté.

- Oh, alors te voilà, toi !s'écria finalement Kairi, le bras de Sora toujours enroulé autour de la taille.

- Bonjour, la saluai-je en souriant.

Elle s'approcha alors de moi et me plaqua deux bises sans que je ne m'y attende.

- J'étais au courant de ton arrivée, et j'avais grand hâte de savoir à qui nous aurions à faire !s'exclama-t-elle.

- J'espère ne pas te décevoir alors, lui répondis-je, amusé.

La jeune fille lâcha un rire.

- Il n'a pas encore crucifié Demyx, ça devrait le faire, lâcha Terra, moqueur.

Le rockeur tourna vers lui une moue vexée.

- Mais tais toi un peu, on s'entend très bien !rétorqua-t-il. Si bien qu'on ira tous les deux sacrifier des petits chats roux à la plaine lune.

- Mais qu'as tu contre les roux, à la fin ?s'agaça Kairi en croisant les bras contre sa poitrine.

Demyx haussa les épaules, l'air parfaitement détaché.

- Ce n'est pas de ma faute si ta teinture est ratée, soupira-t-il simplement, avec toute la compassion du monde.

- Ce n'est pas roux !s'énerva la jeune fille. C'est lit de vin !

Elle avait viré au rouge, en colère. Et toute la tablée éclata de rire, sous les yeux boudeurs de la pauvre Kairi, qui cherchait désespérément un brin de soutient chez son petit ami, visiblement trop occupé à se fendre la poire au dessus de son petit déjeuner. Elle finit par poser son plateau sans rien dire, et s'asseoir devant en gonflant ses joues comme une enfant. Cela me donna presque envie de les lui pincer, chose dont je me retins difficilement.

Au bout de plusieurs minutes, une blonde aux lèvres pincées fit son entrée dans le réfectoire encore assez vide si tôt le matin. Je l'identifiais aussitôt comme étant Larxène, chose qui me fit sourire. Elle m'amusait, perchée sur des talons dès le matin. J'avais presque l'envie folle de la connaître. Lorsqu'elle passa à côté de notre table, Demyx lui fit son plus grand sourire, alors qu'Aqua levait les yeux au ciel de la manière la moins discrète possible.

- Larxène, mon ange, joins toi donc à nous !lui proposa le rockeur en papillonnant des cils.

La blonde lui jeta un regard empli d'un tel dédain que je la crus capable de lui cracher dessus à cet instant précis.

- Vas voir dans le couloir si j'y suis, abruti, lâcha-t-elle en poursuivant son chemin, désabusée.

- Tout de suite, ma douce, lui répondit le jeune homme en souriant de toutes ses dents.

Je haussai un sourcil, alors que la princesse ne prêtait pas la moindre attention au regard transi d'amour de son chevalier servant.

- Elle le cache très bien, mais elle m'adore, me confia Demyx.

Je ne pus me retenir de hocher la tête. Sans doute avait il raison d'y croire.

ooo

- Allez, à vos places, s'il vous plaît !nous cria le prof de maths de sa toute petite voix.

Aussitôt, je m'exécutai, quittant le bureau de Terra avec qui je discutais tranquillement en attendant le début du cours de ce mardi matin. Je vins me placer au deuxième rang, près de la fenêtre et du radiateur, à côté de Xion. La jeune fille me sourit agréablement lorsque je pris place, visiblement contente que je partage sa table. Derrière nous il y avait Demyx et Aqua, et devant, Terra et Sora, qui se battaient pour je ne sais quel crayon miraculeux. Presque sans m'en rendre compte, je parcourais la classe du regard pour repérer les places de chacun. Kairi était un peu plus loin, perdue au milieu d'un groupe de filles que je n'avais pas encore eu le loisir de connaître, et Larxène se limait les ongles à côté d'un garçon aux cheveux roses qui dormait à moitié. Sans vraiment savoir pourquoi, je fronçai les sourcils en constatant l'absence d'Axel. La rousse n'était assise nulle part. Un instant, je me demandais pourquoi. Car cela ne me rassurait pas non plus de ne pas avoir ce « danger » sous les yeux, quand j'y réfléchissais. Cela me donnait la désagréable impression de pouvoir la voir surgir de n'importe où à n'importe quel moment.

Finalement, je tournai mon regard vers la fenêtre, alors que le professeur de maths attaquait son cours en espérant le rendre intéressant. Je n'avais jamais vraiment aimé les maths, malgré le fait que ce soit une des matières dans laquelle j'excellais. Il n'y avait pas d'autre termes, étant donné que je n'avais aucune difficulté à assimiler fonctions ou formules de trigonométrie. Cela ne semblait en revanche pas être le cas de Xion, qui commençait déjà à se tenir le crâne au bout de quelques minutes, la mine concentrée, son stylo entre les dents. Elle le mordillait nerveusement dès que le prof reprenait la parole, lui infligeant une torture mentale parfaitement visible. Moi, je n'avais pas ce problème. Mais je n'arrivais pas à aimer cela. Ce n'était pas assez concret, cela n'avait pas assez de sens de nous faire apprendre tout cela, à mes yeux. La science physique, en revanche, me passionnait. Et je n'avais qu'une hâte, retrouver ce cours là, durant lequel je buvais les paroles du prof.

Un mouvement à l'extérieur attira mon regard, et je fronçai les sourcils. Je n'eus aucun mal à reconnaître la silhouette toute de noire vêtue d'Axel. Je tendis un peu plus le cou. Elle avait l'air de se disputer avec quelqu'un, en bas du bâtiment principal, à en juger par les grands gestes que faisait son vis à vis, que j'identifiais comme le punk qui la tenait par la taille la dernière fois que je l'avais vu. Je ne pus alors me retenir de suivre la scène au lieu de suivre le cours, les regardant tous les deux se parler sans aucun doute avec violence. Cela dura un petit moment sans qu'aucun des deux n'abdique. J'avais à présent les sourcils bien froncés. Je n'avais jamais aimé la violence, et le fait que cette fille la prône avec autant de zèle me faisait presque de la peine. Je sursautai d'ailleurs lorsqu'elle aligna un coup de poing serré au garçon qui lui faisait face, alors qu'il avait posé une main contre son épaule pour visiblement la retenir. Je fus impressionné par la rapidité et la spontanéité du geste de la jeune fille. Même vu du deuxième étage, il ne m'avait pas semblé à un seul instant qu'elle avait réfléchi avant d'agir. Elle s'était jusque là retenue de le frapper, mais dès lors qu'il l'avait touché, elle lui avait brisé la mâchoire. Action réaction.

- Dites, le nouveau, il faut le dire si ça ne vous intéresse pas.

La voix claquante du prof me ramena à la réalité, et je tournai immédiatement la tête vers le tableau. Je fus alors surpris de l'avancée du cours dont je n'avais même pas noté le titre. Je ne parvins même pas à formuler des excuses convenables.

- Tu devrais suivre, tu sais, me chuchota Xion. Ses contrôles ne sont vraiment pas évidents.

Elle grimaça pour accompagnée sa déclaration. Décidément, elle ne devait vraiment pas affectionner cette matière.

- Les maths ont l'air de te poser des problèmes, osai-je alors en me penchant plus vers elle pour être discret.

- Hum … Oui, avoua la petite brune, presque gênée.

Cela me fit malgré moi sourire.

- Je pourrais t'aider si tu veux, lui proposai-je alors, regardant de temps à autre le tableau pour m'assurer que le prof ne nous regardait pas.

Xion allait répondre, mais la porte s'ouvrit si violemment qu'elle lui coupa la parole. La pauvre fille assise juste à côté sursauta, et la classe entière sembla pâlir lorsqu'une rousse habillée d'un blouson de cuir rentra dans la salle, écrasant ses rangers sur le parquet sans la moindre féminité. Le professeur déglutit, chose qui me fit hausser un sourcil. Alors tout le monde, tout le monde avait réellement peur d'elle ? C'était une chose dont elle avait sans aucun doute conscience, vu qu'elle n'avait même pas pris la peine de frapper avant d'entrer avec près d'une demi heure de retard. Elle avança un geste pour aller s'installer au fond de la classe lorsque le prof émergea.

- Axel, vous pourriez vous excuser de votre retard !s'agaça-t-il.

Il se voulait menaçant, pourtant sa nervosité de lisait très clairement tant dans ses gestes que dans sa posture trop rigide. Axel haussa d'ailleurs un sourcil en se tournant vers lui, et croisa les bras contre sa poitrine.

- Putain, mais qu'est ce que vous avez à me saouler pour ça !s'énerva-t-elle. Et quand vous allez croiser l'amant de votre femme entrain de se la faire sur votre lit, vous allez lui demander de s'excuser ?!

- Pardon ? !

Les yeux du prof de maths s'était ouvert tellement grands que je crus qu'ils allaient sortir de leurs orbites. Il devint plus blanc encore, et ses mains se mirent soudainement à trembler.

- Faites pas comme si c'était pas évident, reprit Axel en souriant, carnassière. Suffit de se balader le mercredi aprem' pour les voir écumer tous les hôtels de la ville.

Et elle partit d'asseoir comme si de rien n'était, se laissant tomber sur une chaise du fond de la salle pour poser ses pieds sur l'autre. Et commencer à se rouler une cigarette. Plus personne n'osait bouger dans la classe. Les élèves étaient figés sur leur chaise, respirant à peine, alors que le professeur semblait avoir cessé de vivre, devant son tableau, son diaporama sur les suites numériques sautant de temps à autre. Je me sentais assez mal. Je ne comprenais presque rien. Comment faisait elle ? Aqua avait raison. Cette fille connaissait la vie de tout le monde. Je ne savais pas comment. Cela était peut être simplement dû à la chance. La seule chose dont tout le monde ici était sûr, c'était qu'elle ne gardait pas les petits secrets des autres pour elle. Elle savait parfaitement quoi en faire.

- Co... Comment elle a su qui était son épouse ?finis-je par murmurer, dans l'espoir que Xion me réponde.

Cette dernière tourna vers moi des petits yeux tristes.

- C'est notre professeur de philosophie, ce n'est un secret pour personne, marmonna-t-elle, visiblement très touchée par ce qu'il venait de se produire.

- Pourquoi elle a dit ça ?ne pus-je me retenir de soupirer à haute voix.

Xion hocha négativement la tête, mimant une incompréhension sans doute égale à la mienne.

- Parce que c'est Axel, chuchota-t-elle.

Cela semblait tout justifier, dans cette classe. Cela faisait à peine deux jours que j'avais débarqué ici, et déjà, j'avais l'impression d'avoir compris comment tout fonctionnait. Une petite despote à qui on excusait tout sous prétexte que personne ne pouvait rien contre elle. Elle s'était créée un personnage contre qui il devait être impossible de lutter.

Finalement, le prof de maths décolla du parquet. Pour se diriger vers la sortie de cette salle maudite et en claquer brutalement la porte, nous laissant seuls avec son cours, complètement anesthésiés. Je me passai une main dans les cheveux. Elle lui avait détruit le moral en une phrase. Je ne savais pas si nous allions le revoir. J'en doutais sérieusement pour aujourd'hui, vu le visage décomposé qu'il avait arboré avant de sortir. Et je ne pus que me retourner lorsqu'un rire me parvint du fond de la salle.

- Cela te fait rire ?

Les mots m'avaient échappé. Et tous les regards de la classe s'étaient tournés vers moi. Y compris celui de Larxène, ayant perdu toute sa supériorité caricaturale. A mes côtés, Xion s'était littéralement glacée sur sa chaise, et derrière Aqua passait de moi à Axel, la bouche entre ouverte, stupéfaite.

- Oh oui, tu n'as pas idée ma blondinette, railla Axel sans même relever les yeux de son tabac.

Je me sentis agacé par ce surnom.

- C'est de la méchanceté gratuite, assénai-je, pris d'un courage ou d'une simple pulsion suicidaire que je ne me connaissais pas. Tu n'avais pas besoin de lui dire ça.

Cette fois ci, Axel releva vers moi ses deux grands yeux verts désabusés. Et rempli d'un certain mépris et d'une colère soudaine qui me glaça les os.

- Attends, je croyais t'avoir dit de ne pas me parler ?éluda-t-elle en plissant les yeux. Alors ta gueule.

J'allais répliquer, je ne savais trop pourquoi. Mais le regard qu'elle me balança m'en dissuada fortement.

- Ta gueule, répéta-t-elle, la mine de plus en plus noire. Si tu commences déjà à m'emmerder au bout de deux jours, je peux t'assurer une chose.

Elle marqua une pose, collant les deux morceaux de la feuille de sa clope.

- Tu vas pas vivre longtemps ici, acheva-t-elle en plongeant son regard dans le mien.

Je sentis un frisson de peur me parcourir l'échine. Je ne sus me l'expliquer. Elle avait une telle manière de percer les gens d'un seul coup d'oeil qu'on ne pouvait que s'incliner devant elle. Même si je ne le voulais pas, je sentais que je n'avais pas intérêt à dire autre chose.

Sans que personne ne s'y attende, Axel se releva, sa cigarette entre les lèvres, et commença à déambuler entre les tables, faisant trembler les pauvres âmes à côté desquelles elle passait. Xion serra même ses petits poings si fort contre ses jambes qu'elle en froissa son jean. Finalement, la rouquine s'arrêta devant Larxène. La blonde releva le plus lentement possible les yeux vers la jeune fille, le visage pâle.

- Larxène, lâcha-t-elle comme si elle s'adressait à un vulgaire animale. Lève toi.

La blonde lui lança un regard noir. Sans bouger. Cela sembla déplaire à la rousse, qui empoigna alors le col de son vis à vis, qui crispa nerveusement les doigts, sans pour autant se saisir des deux mains qui la tenait. Et Axel la leva sans autre forme de procès, chose à laquelle Larxène ne s'opposa que trop peu de résistance. Pourtant, elle paraissait blessée. Les sourcils froncés, le regard baissé, elle ne se rassit même pas quand Axel la lâcha. Sans que je ne sache réellement pourquoi, voir la blonde réduite à cela par cette garce me serra le cœur. Ma gorge était sèche. Je ne me sentais pas bien. En colère. Oui, c'était une garce. Dans l'état actuel des choses, je n'avais pas d'autres mots qui me venaient.

- Tu vois, tout le monde m'écoute !balança Axel dans ma direction, un petit sourire aux lèvres.

Je serrai les dents.

- Et tu vas faire pareil, cracha-t-elle.